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Revue de presse

Ulcère de l’estomac : la consultation du Dr Sya - 14/03/2018 - L'observateur - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Caractérisé par une douleur particulière qui se calme par la prise d’aliments ou de médicaments, l’ulcère est un mal, très souvent récurrent, qui touche beaucoup de personnes. Comme beaucoup d’autres maladies, l’ulcère, diagnostiqué et traité tôt, est guérissable. Sur cette gastrite, courent également de nombreuses idées reçues. Dans cette interview réalisée le mardi 13 mars 2018, le Dr Lydie Sya, hépato-gastro-entérologue en service au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) Paul VI, lève le voile sur tous les contours de l’ulcère.

Qu’est-ce qu’un ulcère ?

On entend par ulcère une perte de substances de la paroi de l’estomac ou duduodénum.Cette perte de substances est assez profonde parce qu’elle concerne plusieurs couches de la paroi et va jusqu’à la musculeuse. On différencie l’ulcère des lésions superficielles de l’estomac ou du duodénum.

Y a-t-il différents types d’ulcères ?

Oui. Déjà en fonction du siège, on distingue :

  • l’ulcère gastrique, qui évolue au sein de la muqueuse de l’estomac ;
  • l’ulcère du duodénal, qui siège au niveau de la paroi du duodénum. Mais il est bon de savoir que sur tous les segments du tube digestif, il peut y avoir un ulcère. Cela veut dire que l’œsophage peut être le siège d’un ulcère, de même que l’estomac, l’intestin ou le duodénum.

En fonction du siège également, il y a des ulcères aigus, c’est-à-dire des ulcères qui ne durent pas plus d’un mois, et des ulcères chroniques, qui sont d’ailleurs les plus fréquents, évoluant pendant des mois, voire des années. Dans ce cas, on parle de maladies ulcéreuses gastro-duodénales.

Entre l’ulcère gastrique et celui duodénal, lequel est plus fréquent dans notre contexte ?

Nous ne disposons pas de chiffres précis, mais selon nos consultations, l’ulcère le plus fréquent est le duodénal, notamment son stade chronique. Une étude d’un de nos professeurs a révélé que l’ulcère gastrique représente 14% des maladies de l’estomac et l’ulcère duodénal 60% des maladies du duodénum.

Quelles sont les causes de l’ulcère ?

La maladie ulcéreuse est multifactorielle. Il y a plusieurs facteurs qui, mis ensemble, conduisent à l’ulcère. Mais sa cause réelle est le déséquilibre entre les facteurs d’agression de la muqueuse de l’estomac et du duodénum. Prenons le mucus de l’estomac qui est un mucus acide sécrété pour la digestion. Lorsque l’organisme s’affaiblit, il peut devenir très acide pour la muqueuse et causer des ulcères. Quand il y a donc ce déséquilibre entre les facteurs d’agression du mucus et de protection de la muqueuse, l’ulcère gastro-duodénal apparaît. Le déséquilibre peut être dû à une infection à hélicobacter pylori, une bactérie qui colonise la paroi de l’estomac. Plus de 90% des patients ont cette bactérie dans l’estomac. D’autres causes peuvent être la prise de certains anti-inflammatoires (ibuprofène, diclofénac..., ndlr) et la consommation de tabac qui constituent des facteurs pouvant générer l’ulcère gastro-duodénal.

L’alcool ne constitue-t-il pas un facteur de risque ?

L’alcool ne constitue pas de facteur de risque mais plutôt un facteur aggravant. Une fois l’ulcère installé, la prise d’anti-inflammatoires, la consommation de tabac, d’aliments épicés ou aigres constituent également des facteurs aggravants.

Y a-t-il des personnes à risques ?

Il y a des facteurs génétiques dont des maladies qui peuvent prédisposer à l’ulcère gastro-duodénal. Mais ces maladies sont devenues tellement rares qu’on n’en fait plus cas.

D’aucuns estiment que le stress ou la colère peuvent déclencher une crise d’ulcère. Est-ce vrai ?

Le stress ou tout autre facteur psychologique ne constituent pas une cause de l’ulcère. Certes, en cas de stress, on peut avoir une sécrétion plus importante de l’acide dans l’estomac qui peut aggraver ou augmenter les symptômes mais le stress, en lui-même, n’occasionne pas l’ulcère. En tout cas, ça n’a pas été scientifiquement démontré.

Et la consommation de piment ?

La consommation de piment, l’excès d’épices (poivre, fêfê, aïl) pourraient fragiliser la muqueuse et favoriser la survenue d’ulcères.

Quels peuvent être les symptômes de l’ulcère ?

S’agissant de l’ulcère, on parlera plus de syndromes que de symptômes, car il y a tout un groupe de signes. Cependant, le syndrome typique ulcéreux est une douleur du creux épigastrique qui est la zone qui se situe en dessous du sternum, en haut de l’abdomen. Cette douleur est à type de crampes ou de faim. Elle est calmée par la prise d’aliments ou de certains médicaments. La douleur est aussi rythmée par les repas, c’est-à-dire que la douleur qui est calmée par la prise d’aliments revient 3 à 4 heures après. Cette douleur évolue aussi par poussées spontanées. Cela signifie que, pendant des semaines, la personne atteinte a mal chaque jour, mais, de façon fortuite, la douleur va disparaître pendant des mois avant de reprendre. On dit que la douleur évolue par poussée rémission.

Il y a, en plus, la forme asymptomatique de l’ulcère ; là, on découvre la maladie de façon fortuite lors d’un examen. La douleur peut également ne pas siéger au niveau du creux épigastrique mais au niveau de la zone sous-costale. A ce moment, on parle d’une douleur abdominale péri ombilicale.

L’ulcère peut enfin être révélé par des complications.

Comment se fait le diagnostic ?

Il ne faut pas confondre tout mal de ventre à des ulcères dont les caractéristiques sont la douleur type qui siège au niveau du creux épigastrique et le type de douleur qui se manifeste par des brûlures, des crampes ou la faim. La douleur à type de spasme n’est pas seulement ulcéreuse.

Le diagnostic de l’ulcère va être fait à l’endoscopie digestive. Il s’agit d’une sonde munie d’une petite caméra lumineuse qu’on va introduire par la bouche et aller examiner la muqueuse de l’estomac et de la première portion de l’intestin.

S’il y a un ulcère, on le diagnostique, ce qui permettrait de faire des biopsies pour rechercher l’infection à hélicobacter pylori.

L’endoscopie est redoutée par beaucoup de patients qui le trouvent désagréable mais ce n’est pas un examen douloureux ni dangereux.

Y a-t-il un traitement ?

Oui, et on en guérit. C’est un traitement qui consiste à soigner la plaie mais aussi la cause, c’est-à-dire la bactérie hélicobacter pylori qui est la principale cause d’infection.

A quel moment faut-il recourir à la chirurgie ?

La chirurgie est rare mais il arrive qu’on y recoure en cas de complications

Quelles sont ces complications ?

  • L’hémorragie : à ce stade de la maladie, les vomissements et les selles sont accompagnés de sang, ce qui va mettre en jeu le pronostic vital du patient ;
  • la sténose : l’ulcère, après un certain temps, peut cicatriser mais, en cicatrisant, il peut devenir fibreux et rétrécir la lumière de l’estomac et de l’intestin si bien que les aliments ne peuvent pas passer. Il faut alors recourir à la chirurgie pour élargir ou, à défaut, enlever la partie sténosée pour rétablir la continuité afin de soulager le patient ;
  • la cancérisation : l’ulcère gastrique peut cancériser (cancer de l’estomac) mais jamais l’ulcère duodénal.
  • la perforation : l’ulcère peut perforer l’estomac, le tube digestif ; dans ce cas, la chirurgie est une urgence.

Des malades se plaignent trop souvent de traiter leur ulcère qui refait surface quelque temps après. Comment éviter les récidives ?

Vu que la cause de l’ulcère est l’infection, il faut surtout éviter cette infection à hélicobacter pylori qui est liée, tout comme dans le cas de la fièvre typhoïde, à l’hygiène alimentaire.

Ainsi, pour éviter les ulcères, il faut améliorer son hygiène alimentaire en faisant bien cuire les repas et en se lavant les mains avant de manger, manger équilibré (moins de protides : viande), beaucoup de légumes, de fibres et de fruits, éviter les excitants (l’alcool, le tabac), pratiquer le sport et boire beaucoup d’eau.

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