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Depuis
que la situation socio-sanitaire des congolais est devenue préoccupante
à cause de l'inaccessibilité des structures officielles de santé,
une fraction importante de la population des communes semi-urbaines
de Kinshasa recourt à une consultation parallèle à la bio-médecine
à savoir la consultation des tradi-praticiens et des églises de
guérison pour leurs problèmes de santé.
La République Démocratique du Congo se retrouve
ainsi en face d'une situation où fonctionnent deux systèmes de santé,
à savoir, la médecine traditionnelle et la médecine moderne. Cette
dernière, représente le système de santé officielle depuis l'époque
coloniale. La médecine occidentale dans son fonctionnement actuel
présente une contradiction entre les besoins de santé de la population
et l'offre des services.
En effet, non seulement que les structures sanitaires
sont insuffisantes ou vétustes, mais aussi prohibitives pour une
frange de la population à cause de son coût élevé. Cette situation
est à la base du regain des activités de la médecine traditionnelle.
A l'heure actuelle, la médecine traditionnelle
refait surface après l'éclipse de la période coloniale et connaît
un regain spectaculaire particulièrement en milieu urbain.
Malgré les souhaits émis par l'Organisation Mondiale
de la Santé (O.M.S), lors des assises tenues à Alma Ata en septembre
1978 pour intégrer les acteurs de la médecine traditionnelle dans
les structures de soins de santé primaires, en République Démocratique
du Congo, cette stratégie pose problème pour sa mise en application
à cause notamment du statut du tradi-praticien qui n'est pas clairement
défini et de l'attitude de méfiance du personnel médical vis-à-vis
des recettes de la médecine traditionnelle. En effet, cette attitude
considère que les recettes médicinales des tradi-praticiens manquent
de dose, d'hygiène ou constituent simplement une pratique fétichiste.
Nous constatons à ce niveau que pour le personnel
médical la médecine traditionnelle n'offre aucune utilité, alors
que les utilisateurs estiment que les tradi-praticiens sont en mesure
d'apporter une contribution dans l'amélioration de leurs conditions
de santé.
Joël IPARA MOTEMA - Le 4 mars 2004
imotema@yahoo.fr
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