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L'infection
à VIH/sida est une catastrophe aux conséquences lourdes que connaît
le monde. Des efforts fournis par les pays africains pour tendre
vers un développement durable réel se voient ainsi anéantis par
ses ravages. La mobilisation à travers le monde pour réduire ou
endiguer son expansion suscite plusieurs interrogations qui sont
loin d'être résolues efficacement par l'approche purement médicale
ou clinique. Ces interrogations touchent à l'éthique, aux
pratiques culturelles, aux conditions de la vie socio-économique,
aux rôles des acteurs économiques, politiques, religieux ainsi que
des tradi-praticiens dans la recherche des solutions durables.
Etant entendu qu'il n'existe pas de traitement curatif et surtout
que le traitement aux antirétroviraux, mis au point par les
industries pharmaceutiques du nord, est coûteux et trop dispendieux
pour une frange importante de la population africaine et n'est,
du reste, pas disponible partout.
En milieu kinois, une certaine opinion considère le porteur de
l'infection à VIH (PVV) comme une personne vouée à la mort. Le caractère
fatal de la maladie et la peur qu'elle entraîne sont à l'origine
de la stigmatisation des personnes vivants avec le VIH/SIDA. C'est
pourquoi, les patients PVV recourent aux pasteurs en des églises
de réveil et à la médecine traditionnelle dans la recherche d'une
éventuelle guérison après la révélation de leur statut sérologique.
En effet, l'annonce de la séropositivité peut s'accompagner des
quelques troubles neuro-psychiatriques notamment des symptômes cognitifs,
des troubles de l'humeur comme la dépression, des troubles du sommeil
ou de fatigue chronique, etc.
Les faits, ci-haut énumérés, rendent difficile la prise en charge
médicale ou sociale de PVV. C'est pour cette raison qu'll est nécessaire
que les recherches sur le VIH/Sida puissent prendre en compte la
dimension neuro-psychiatrique de l'infection en vue de rendre efficace
les actions à entreprendre à l'endroit des PVV.
A cet effet, il importe donc de :
- identifier les réseaux informels de prise en charge des PVV
et leurs acteurs ;
- proposer une formation pour les tradi-praticiens et les pasteurs
qui savent lire et écrire en vue de les impliquer dans les stratégies
de lutte contre le VIH/Sida et dépression mentale en RDC ;
- créer une synergie d'actions entre les animateurs du PNLS en
RDC, les spécialistes des sciences sociales, le personnel de santé,
les mondes des églises et des tradi-praticiens dans le succès
de ces actions sur le terrain.
Joël IPARA MOTEMA - Le 7 mai 2004
imotema@yahoo.fr
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