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Le document que vous avez désormais sous les yeux fait suite à la
première version mise en circulation en avril 2003, sous le même
intitulé à titre strictement préliminaire, dans lequel seuls les
traitements de quelques dix maladies étaient exposés. Si la thèse
de précipitation est à écarter en mettant en son temps cet exposé
préliminaire en circulation, celle d'éviter de perpétuer le constat
de Amodou Apateba, quand qu'il disait que "lorsqu'un sage africain
meurt, c'est une bibliothèque qui disparaît", est non seulement
à envisager mais surtout à admettre. Un tel constat ne pouvait que
nous pousser à prendre le risque afin d'assurer un début à cette
initiative. Car mieux vaut commencer pour améliorer à la longue,
que de multiplier les reports qui aboutissent la plupart des cas
à la résignation.
Dans ce deuxième "volume", le répertoire des traitements et des
maladies auxquels ils sont destinés s'est élargi considérablement
pour tenter, au-delà des contraintes objectives, d'exposer le maximum
des cas possibles en fonction des circonstances et des conditions
actuelles de travail. De dix maladies dans la production précédente,
nous sommes passés à 83 affections suivies d'au moins d'un traitement
pour chacune d'elles. Cet effort sera maintenu et poursuivi de sorte
que le répertoire de 150 maladies soit atteint avant d'envisager
d'aborder d'autres étapes à effectuer jusqu'à l'aboutissement final
de cette initiative. Les noms en français de la plup art
des maladies sont totalement ignorés de notre guérisseur. Les descriptions
des signes cliniques en langue locale ne permettent pas toujours
une identification facile préalable à la traduction française. Il
en est de même de certaines plantes mal identifiées en langue vernaculaire
du guérisseur, soit par ignorance, soit par oubli ; ce qui fait
que le déplacement sur le terrain s'impose pour rencontrer les professionnels
de santé de l'Hôpital de la mission catholique Bokonzi, un médecin
et quelques infirmiers bien connus. L'avantage de cette rencontre
est que ces personnes sont des locuteurs natifs de la langue Boba
(langue de travail du guérisseur Lokondo) et qui jouent habituellement,
dans les circonstances identiques, le rôle de traducteurs de certaines
maladies en français.
L'occasion serait aussi utile à Lokondo, qui pourrait bénéficier
des services de l'un de ses collaborateurs de tous les temps, notamment
Samuel Mazenge, aide et infirmier traditionnel, resté au village,
"érudit" de son état, connu pour sa forte connaissance de toutes
les plantes nominalement identifiées en langue Boba. Les étapes
ultérieures ne seront envisagées que lors que toutes ces informations
seront réunies. Elles consisteront notamment à déterminer, avec
l'apport des spécialistes en taxonomie végétale contactés à cet
effet, la systématisation scientifique des plantes mises à contribution
dans les pratiques phytothérapeutiques traditionnelles africaines
de la culture Bomboma essentiellement, telles qu'exposées dans ce
modeste document, avant de penser, dans la mesure du possible, à
l'amélioration de la forme matérielle classique à donner à ce document.
Il importe de signaler, en effet, que le guérisseur fait preuve
des capacités particulières en plus des traitements communiqués,
lorsqu'il se livre, à sa manière, à quelques exercices qui l'amènent
sur le terrain de la description des signes cliniques des certaines
maladies, des caractéristiques évolutives du malade sous traitement,
en allant jusqu'à donner plus ou moins grossièrement la composition
chimique des substances médicamenteuses qui impliquent tel mode
de préparation des remèdes et des doses à administrer aux malades,
au-delà des pronostics découlant des résultants de la consultation
en fonction des cas. C'est pourquoi les lecteurs constateront que
nous insistons sur les moments de consommation des médicaments,
de fréquence leur prise et, surtout en ce qui concerne la préparation
de certaines potions, lors que nous disons par exemple de "bouillir
suffisamment". Pareille insistance découle justement des particularités
des substances que renferment les plantes quant aux effets relativement
"dangereux" qu'elles pourraient entraîner chez le malade. Mais lors
que le danger est réel et significativement redoutable, nous tachons
donner des précisions sur les limites et interdictions inhérentes,
en signalant entre autre "de ne pas prendre de l'alcool" sou peine
de décès. Comme les compétences mises à contribution jusque-là ne
nous permettent pas d'apporter une appréciation objective sur ces
détails, nous avons évité de les aborder ; aussi parce que le moment
n'est pas encore venu.
En attendant, nous remercions notre guérisseur, Lokondo Hamed (Bilambo),
pour sa disponibilité et son esprit d'ouverture qui le pousse chaque
fois qu'il en avait besoin, de recourir à des bouts de papiers qui
portent les prescrits des traitements des maladies précises. Notes
prises, a-t' il dit, chaque fois après avoir expérimenté avec succès
les vertus d'un remède acquis par achat, par don ou de toute autre
minière, en plus de son propre répertoire de plus en plus abondant.
A ce sujet, il déclare que Beti Paul et Binyingo Dix sept, autres
guérisseurs restés aux villages, sont des collaborateurs précieux
auprès de qui il s'est abondamment ressourcé pour l'acquisition
de certains traitements. Merci aussi au docteur FARRA Alain, jeune
médecin ressortissant de l'Université de Bangui, exerçant actuellement
comme Assistant au cabinet de Pédiatrie et Puériculture du Docteur
BOBOSSI au quartier Castors, pour son apport, notamment dans la
traduction française de certaines maladies dans leurs noms techniques.
Dieudonné MOZOULOUA
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