République Démocratique du Congo Le guide de la médecine et de la santé en RDC  


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Prélable


Parler de 150 cas de maladies à soigner, par des procédés phytothérapeutiques, relève, à première vue et en toute évidence, d'une ambition démesurée. Et soigner effectivement ces maladies avec succès, ne l'est pas moins.
Cependant, il convient de signaler que entre ambition et prétention, il y a une démarcation réelle à franchir. Mais quel est cet homme dit moderne vivant dans le monde actuel, qui admettrait de vivre dans le reniement de toute ambition aussi modeste soit-elle ? Ne dénierait-il pas lui-même dans ce cas, son humanité ? Il est évident que cent cinquante cas, en tout état de cause, ramène la barre très haute, surtout pour un homme apparemment modeste et aux moyens visiblement maigres dépassant à peine son probable savoir-faire, quelques rudiments de matériels traditionnels du métier de guérisseur et, tout naturellement, les variétés infinies de plantes mises à sa portée par la Bonté Providentielle. Mais, on pourrait se demander à ce niveau si la vie humaine, dans ses multiples facettes, ne trouverait-elle pas une bonne part de son sens dans le soulagement, ne serait-ce que d'un cas, des souffrances dues aux maladies émergentes dites nouvelles, totalement ignorées autrefois, à celles qui persistent et qui nous sont familières et encore à celles qui ont fait leur résurgence alors que déclarées, pourtant, totalement vaincues ?

C'est sur ce terrain là que voudrait s'engager votre serviteur, un certain Lokondo Hamed. Un terrain non pas d'ambitions prétentieuses mais celui de contributions, un tant soit peu, à la santé de nos semblables. Pour cette raison combien noble relative à la santé, Lokondo, votre serviteur, s'abstient a priori de toute attitude de triomphalisme et de débat académique, dont il ne dispose du reste d'aucune qualification requise. Il voudrait, en toute modestie, en revanche agir, et agir uniquement, car pour lui c'est l'action qui compte avant toute autre considération en ce sens qu'elle constitue le fondement essentiel de ses activités. De sorte que les résultats qui en découlent sont plus parlants que le discours lui-même.
En fait, ces précisions méritent d'être faites dès le départ. S'engageant à traiter des maladies, dont certaines jusqu'à nos jours réputées incurables par la médecine dite moderne, avec des procédés aussi simples qu'élémentaires, on s'attend ordinairement à un amalgame de réactions, allant de la dérive à la raison, de la part du public en général, habituellement très exigeant et surtout répugnant de tout ce qui n'entre pas d'emblée dans ses grilles socioculturelles, des spécialistes et professionnels des questions biomédicales en particulier. Il ne saurait en être autrement pour tous ceux qui s'intéressent aux vertus des plantes et leurs implications dans les pratiques culturelles différentielles en matière de guérison. A ce sujet, le soin est laissé à toute personne ayant les capacités requises, scientifiques, techniques, financières ou décisionnelles, et intéressée par les expériences présentées dans cet exposé, de procéder à l'approfondissement des études pouvant déboucher sur l'établissement des principes naturels qui président au métabolisme des vertus des plantes considérées, non seulement pour leur systématisation mais aussi pour isoler dans les laboratoires modernes les molécules de ces substances qui portent la propriété curative et qui déboucherait sur la mise au point des produits pharmaceutiques modernes à ranger dans les rayons des pharmacies et hôpitaux des différentes régions proches et éloignées de par le monde. A ces propos, votre serviteur, LOKONDO, qui n'en est pas à sa première expérience, offre d'ores et déjà toute sa franche collaboration.

A titre illustratif, il évoque le cas d'une pathologie connue, l'anémie qui se définit platement comme le déficit des composantes sanguines essentielles observé, pour l'une ou l'autre cause principale ou opportuniste, dans le corps d'une personne malade, un adulte ou un enfant. Comme nous le verrons plus loin, il suffit de soumettre le patient à quelques bains d'eau rendue rougeâtre par la sève d'écorce d'un arbre, pendant deux à trois jours, selon les cas, pour qu'il soit soulagé. Ce traitement qui s'est avéré concluant pour l'essentiel, sinon dans tous les cas, a bénéficié de la contribution de certains centres de santé qui ont pris en charge les tests biomédicaux de laboratoire et le suivi des patients dans les milieux hospitaliers jusqu'à la guérison totale. Ce qui leur a permis d'adopter ce mode de traitement pour le moins efficace, mais visiblement grossier.
Aussi, faudrait-il souligner à ce niveau que par delà l'intérêt qu'il pourrait susciter auprès des professionnels de la santé, la rédaction d'un pareil exposé conviendrait mieux à un spécialiste des questions médicales, un médecin, un pharmacien, un botaniste à orientation médicale ou, à la limite, un sociologue de la santé ou un anthropologue médical. Monsieur Mozouloua Dieudonné, le rédacteur du présent exposé, n'est ni l'un ni l'autre de tout cela, sinon un débutant dans le domaine de l'anthropologie de la santé. On se retrouve ici devant un cas de figure qui, à vrai dire, fait appel abondamment à une solution pluridisciplinaire. Ce qui aurait rendu, à coup sûr, cet exposé beaucoup plus technique et par conséquent plus intéressant en ce qui concerne non seulement la forme de présentation, d'approche d'analyse et d'interprétation, mais aussi celle relative à la nomenclature conventionnelle des maladies, des plantes et des modes de traitements. L'absence des telles ressources hautement idéales n'aurait pas moins d'interférences restrictives sur le contenu de cet exposé qui s'obstine à évoluer vers une amélioration significative. Une pareille contrainte majeure, certes, mais tout de même surmontable, ne nous parait pas, par contre, comme un facteur de dissuasion, pas plus que de résignation, sinon de stimulation ayant poussé à préparer, avec les moyens de bord, ce deuxième "volume" désormais à la portée de mains. C'est dans ce contexte que des noms entiers sont exprimés en Boba, la langue vernaculaire et de travail de votre serviteur, Lokondo, pour désigner certaines plantes, notamment, dont les expressions conventionnelles nous échappent. Ne pas le faire, même dans ces conditions précaires de travail, en taisant implicitement toutes ces informations ne serait-il pas un gâchis ?

Les lecteurs sont donc priés de nous en excuser. Et les intéressés conviés à se mobiliser pour l'approfondissement des questions abordées dans ce document seront les bienvenus. A eux reviendrait la lourde tâche de poursuivre cette oeuvre désormais mise en chantier.
Mais en fait, qui est Lokondo ? Quelle expérience draine-t-il en matière de phytothérapie traditionnelle de souche Bomboma ? Qu'en est-il de ses secrets et particularités dont il se réclame détenir "les clés" de 150 cas de maladies ?
Autant de préoccupations qu'un lecteur averti et surtout intéressé, est forcément astreint de soulever à propos de ce personnage a priori énigmatique, de ses pratiques et secrets sur la guérison par les plantes. Mais en attendant, voici comment nous les abordons ici.

 

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