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Parler de 150 cas de maladies à soigner, par des procédés phytothérapeutiques,
relève, à première vue et en toute évidence, d'une ambition démesurée.
Et soigner effectivement ces maladies avec succès, ne l'est pas
moins.
Cependant, il convient de signaler que entre ambition et prétention,
il y a une démarcation réelle à franchir. Mais quel est cet homme
dit moderne vivant dans le monde actuel, qui admettrait de vivre
dans le reniement de toute ambition aussi modeste soit-elle ? Ne
dénierait-il pas lui-même dans ce cas, son humanité ? Il est évident
que cent cinquante cas, en tout état de cause, ramène la barre très
haute, surtout pour un homme apparemment modeste et aux moyens visiblement
maigres dépassant à peine son probable savoir-faire, quelques rudiments
de matériels traditionnels du métier de guérisseur et, tout naturellement,
les variétés infinies de plantes mises à sa portée par la Bonté
Providentielle. Mais, on pourrait se demander à ce niveau si la
vie humaine, dans ses multiples facettes, ne trouverait-elle pas
une bonne part de son sens dans le soulagement, ne serait-ce que
d'un cas, des souffrances dues aux maladies émergentes dites nouvelles,
totalement ignorées autrefois, à celles qui persistent et qui nous
sont familières et encore à celles qui ont fait leur résurgence
alors que déclarées, pourtant, totalement vaincues ?
C'est sur ce terrain là que voudrait s'engager votre serviteur,
un certain Lokondo Hamed. Un terrain non pas d'ambitions prétentieuses
mais celui de contributions, un tant soit peu, à la santé de nos
semblables. Pour cette raison combien noble relative à la santé,
Lokondo, votre serviteur, s'abstient a priori de toute attitude
de triomphalisme et de débat académique, dont il ne dispose du reste
d'aucune qualification requise. Il voudrait, en toute modestie,
en revanche agir, et agir uniquement, car pour lui c'est l'action
qui compte avant toute autre considération en ce sens qu'elle constitue
le fondement essentiel de ses activités. De sorte que les résultats
qui en découlent sont plus parlants que le discours lui-même.
En fait, ces précisions méritent d'être faites dès le départ. S'engageant
à traiter des maladies, dont certaines jusqu'à nos jours réputées
incurables par la médecine dite moderne, avec des procédés aussi
simples qu'élémentaires, on s'attend ordinairement à un amalgame
de réactions, allant de la dérive à la raison, de la part du public
en général, habituellement très exigeant et surtout répugnant de
tout ce qui n'entre pas d'emblée dans ses grilles socioculturelles,
des spécialistes et professionnels des questions biomédicales en
particulier. Il ne saurait en être autrement pour tous ceux qui
s'intéressent aux vertus des plantes et leurs implications dans
les pratiques culturelles différentielles en matière de guérison.
A ce sujet, le soin est laissé à toute personne ayant les capacités
requises, scientifiques, techniques, financières ou décisionnelles,
et intéressée par les expériences présentées dans cet exposé, de
procéder à l'approfondissement des études pouvant déboucher sur
l'établissement des principes naturels qui président au métabolisme
des vertus des plantes considérées, non seulement pour leur systématisation
mais aussi pour isoler dans les laboratoires modernes les molécules
de ces substances qui portent la propriété curative et qui déboucherait
sur la mise au point des produits pharmaceutiques modernes à ranger
dans les rayons des pharmacies et hôpitaux des différentes régions
proches et éloignées de par le monde. A ces propos, votre serviteur,
LOKONDO, qui n'en est pas à sa première expérience, offre d'ores
et déjà toute sa franche collaboration.
A titre illustratif, il évoque le cas d'une pathologie connue,
l'anémie qui se définit platement comme le déficit des composantes
sanguines essentielles observé, pour l'une ou l'autre cause principale
ou opportuniste, dans le corps d'une personne malade, un adulte
ou un enfant. Comme nous le verrons plus loin, il suffit de soumettre
le patient à quelques bains d'eau rendue rougeâtre par la sève d'écorce
d'un arbre, pendant deux à trois jours, selon les cas, pour qu'il
soit soulagé. Ce traitement qui s'est avéré concluant pour l'essentiel,
sinon dans tous les cas, a bénéficié de la contribution de certains
centres de santé qui ont pris en charge les tests biomédicaux de
laboratoire et le suivi des patients dans les milieux hospitaliers
jusqu'à la guérison totale. Ce qui leur a permis d'adopter ce mode
de traitement pour le moins efficace, mais visiblement grossier.
Aussi, faudrait-il souligner à ce niveau que par delà l'intérêt
qu'il pourrait susciter auprès des professionnels de la santé, la
rédaction d'un pareil exposé conviendrait mieux à un spécialiste
des questions médicales, un médecin, un pharmacien, un botaniste
à orientation médicale ou, à la limite, un sociologue de la santé
ou un anthropologue médical. Monsieur Mozouloua Dieudonné, le rédacteur
du présent exposé, n'est ni l'un ni l'autre de tout cela, sinon
un débutant dans le domaine de l'anthropologie de la santé. On se
retrouve ici devant un cas de figure qui, à vrai dire, fait appel
abondamment à une solution pluridisciplinaire. Ce qui aurait rendu,
à coup sûr, cet exposé beaucoup plus technique et par conséquent
plus intéressant en ce qui concerne non seulement la forme de présentation,
d'approche d'analyse et d'interprétation, mais aussi celle relative
à la nomenclature conventionnelle des maladies, des plantes et des
modes de traitements. L'absence des telles ressources hautement
idéales n'aurait pas moins d'interférences restrictives sur le contenu
de cet exposé qui s'obstine à évoluer vers une amélioration significative.
Une pareille contrainte majeure, certes, mais tout de même surmontable,
ne nous parait pas, par contre, comme un facteur de dissuasion,
pas plus que de résignation, sinon de stimulation ayant poussé à
préparer, avec les moyens de bord, ce deuxième "volume" désormais
à la portée de mains. C'est dans ce contexte que des noms entiers
sont exprimés en Boba, la langue vernaculaire et de travail de votre
serviteur, Lokondo, pour désigner certaines plantes, notamment,
dont les expressions conventionnelles nous échappent. Ne pas le
faire, même dans ces conditions précaires de travail, en taisant
implicitement toutes ces informations ne serait-il pas un gâchis
?
Les lecteurs sont donc priés de nous en excuser. Et les intéressés
conviés à se mobiliser pour l'approfondissement des questions abordées
dans ce document seront les bienvenus. A eux reviendrait la lourde
tâche de poursuivre cette oeuvre désormais mise en chantier.
Mais en fait, qui est Lokondo ? Quelle expérience draine-t-il en
matière de phytothérapie traditionnelle de souche Bomboma ? Qu'en
est-il de ses secrets et particularités dont il se réclame détenir
"les clés" de 150 cas de maladies ?
Autant de préoccupations qu'un lecteur averti et surtout intéressé,
est forcément astreint de soulever à propos de ce personnage a priori
énigmatique, de ses pratiques et secrets sur la guérison par les
plantes. Mais en attendant, voici comment nous les abordons ici.
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