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Résumé de mémoire soutenu en vue de l’obtention du diplôme
D’Etudes Approfondies en anthropologie (D.E.A.)
Option : anthropologie médicale
Université de Yaoundé I
Par Joel Ipara Motema - Mail : imotema@yahoo.fr
Ce travail s’intéresse à la dynamique des modèles thérapeutiques endogènes au contact des savoirs biomédicaux dans un contexte urbain. Malgré les progrès de la biomédecine, il s’observe une consultation parallèle des patients : la consultation des tradipraticiens et des églises de guérison pour leurs problèmes de santé. L’étude a cherché à savoir pourquoi la population continue à fréquenter la médecine traditionnelle ? A ce questionnement, nous avons montré que le recours aux systèmes de santé traditionnel tient d’abord à sa proximité culturelle, sociale et relativement économique. Dans les faits sanitaires qui caractérisent Kinshasa, le modèle traditionnel et le modèle moderne évoluent parallèlement et tendent aujourd’hui, par certains phénomènes tels que la médecine, à se rencontrer. L’essor de la médecine traditionnelle à Kinshasa est tributaire de la politique d’authenticité qui avait déclenché la valorisation du patrimoine culturel national et à des apports culturels des populations venues de l’arrière-pays. Par ailleurs, le pouvoir de l’argent, tout comme les contraintes de la vie en ville en tant que nouvelles donnes qui secouent remarquablement les relations thérapeutiques entre patient et soignant.
L’étude a cinq chapitres : Le Chapitre 1 : l’état des lieux de la médecine traditionnelle congolaise, l’ancrage du débat dans un cadre théorique approprié, nouveauté apportée à partir de la récession des travaux antérieurs. Le Chapitre 2 se focalise sur l’organisation du système médical congolais et ses diverses tentatives à vouloir enliser la médecine traditionnelle. Le Chapitre 3 montre que la médecine traditionnelle constitue une source de savoirs particuliers de par sa logique de fonctionnement, les modes d’élection de ses acteurs et ses conceptions de la santé ou maladie. Le Chapitre 4 dévoile par ailleurs qu’à partir des interactions entre les savoirs endogènes et la culture urbaine, le rôle de la médecine traditionnelle dans l’offre de soins connaisse quotidiennement des réaménagements. Le Chapitre 5 montre que si l’intégration ne se réalise pas dans le respect de la spécificité de la médecine traditionnelle, elle peut anticiper l’éviction des pratiques médicales endogènes en arguant leur manque de dose, d’hygiène et de bases scientifiques. L’étude a abouti aux résultats selon lesquels : d’une part, la population se soigne à la médecine traditionnelle parce qu’elle croit à une origine invisible de leur mal et au pouvoir qu’il y a dans les tradipraticiens à mettre en route des thérapies susceptibles a vaincre les esprits maléfiques. D’autre part, les tradipraticiens incarnent le pouvoir des ancêtres au sein du corps social qu’ils officient et qu’ils ont non seulement la capacité, de conférer le sens à des maux affectant la population, mais surtout à indiquer la causalité qui lie divers événements biologiques ou non, affectant le social. Etant donné les relations parfois antinomiques ou ambivalentes, dues à leurs conceptions divergentes de la maladie et santé, ainsi qu’à leurs approches thérapeutiques opposées, la collaboration entre la médecine traditionnelle et moderne ne peut se concevoir et se réaliser que très progressivement.
ABSTRACT
The present research on “Traditional Medicine in Democratic Republic of Congo : An anthropological Study of Medical Systems in Kinshasa” focuses the changes affecting local therapeutic models in contact with biomedical knowledge in the urban area. It is widely observed that despite the benefits achieved by biomedicine; many patients are still going for traditional medicine and prayers sessions in Kinshasa. The main question of this study is formulated as such: Why do patients still going for traditional medicine? The tentative response to this question is that the seeking of traditional medicine depends primarily their sociocultural proximity and to the affordability of their services.The medical reality in Kinshasa is characterised by the parallel evolution of traditional and modern forms of medicine. The strength of traditional medicine in Kinshasa is the outcome of the “politics of authenticy”, which promotes the valorisation of national cultural patrimony and the cultural values cherished by population from the remotes parts of the country. Moreover, the power of money, as well as live constraints in the city, also determined therapeutic relations between patients and healers.
The study is divided into five chapters. Chapter One disowns the concepts, linked to debate in an appropriate theoretical framework. Chapter Two shows that traditional medicine is a source of knowledge particular to its logical operating modes of choice of its actors, its conceptions of health and disease. Chapter Fourth chapter also shows that with the combination of endogenous knowledge and urban culture, traditional practitioners are consulted by patients of various backgrounds in Kinshasa. Chapter Five states that if the integration process does not respect the specificity of traditional medicine, it can anticipate the eviction of locale medical practices in case the issues of lack of dosage, hygiene and scientific bases are considered. Overall speaking, the findings of the study indicate that: people seek traditional medicine because they believe in an invisible source of evil and the power it has in the traditional practitioners. The traditional healers own the ancestors power in the society and they are able to give meanings to the disease affecting the individual body indicating causation that links various biological events or otherwise affecting the individual and society.
Given the relations sometimes hostile or ambivalent due to the divergent conceptions of disease and health as well as opposed therapeutic approaches, the collaboration between traditional and modern medicines can only be progressively planned and achieved.
Joël IPARA MOTEMA - Le 1er décembre 2008
imotema@yahoo.fr
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