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Cet article est le résumé du mémoire de licence
que nous avons présenté au seuil de notre formation en anthropologie
à l'Université de Kinshasa.
La problématique de cette étude a été articulée autour de l'expérience
professionnelle du tradi-praticien MUMPONO MISIAKILA, fondateur
du Centre de Recherche et de Traitement en Phytothérapie MUMPONO
"CRPM".
Pour ce faire, nous sommes partis d'un constat selon lequel, malgré
la confiance dont bénéficient les tradi-praticiens auprès de la
population, certains patients affichent une attitude de méfiance
à l'égard des formes galéniques des recettes médicinales traditionnelles
notamment les décotés, les macérés et les infusés à cause de leurs
modes de conservation, de stockage et de présentation qui ne comportent
généralement pas d'indication sur le mode d'administration.
A la suite de ces observations, nous nous sommes posé les questions
suivantes :
- Quels sont les pesanteurs et les obstacles à vaincre pour faire
sortir la médecine traditionnelle de son isolement par rapport
au système de santé officiel ?
- Quelles sont les difficultés auxquelles sont confrontés les
tradi-praticiens dans l'exercice de leur métier ?
- Quelles sont les modalités de collaboration entre les tradi-praticiens
et le personnel de santé officiel qu'il faut promouvoir ?
Pour élucider cette problématique, nous avons émis une hypothèse
selon laquelle la médecine traditionnelle dans son fonctionnement
actuel se heurte à certains obstacles et pesanteurs pour son rayonnement.
Ces obstacles et pesanteurs seraient liés à certains préjugés qui
estiment que la médecine traditionnelle est inefficace parce qu'elle
manque d'hygiène et de dose d'une part et d'autre part, elle relève
d'une pratique fétichiste.
A cet effet, notre étude a comporté quatre chapitres.
Le premier chapitre a été consacré à l'état des lieux de la médecine
traditionnelle en RDC. Il nous a permis de situer la place en médecine
traditionnelle dans les stratégies sanitaires en RDC. A ce niveau,
nos investigations ont révélé que la médecine traditionnelle n'est
pas encore intégrée dans les stratégies sanitaires en RDC. Cette
situation est due au fait que le statut de tradi-praticien n'est
pas encore bien défini au sein de la communauté congolaise.
Dans le deuxième chapitre, nous avons relevé quelques
contraintes à l'exercice de la médecine traditionnelle dans la ville
de Kinshasa. Ces contraintes portent notamment sur l'attitude du
personnel médical vis-à-vis de la médecine traditionnelle, les problèmes
de dose et de l'approvisionnement en plantes médicinales.
Par ailleurs, plusieurs critiques continuent à être formulées à
l'endroit de cette médecine de ne pas respecter les closes et les
normes d'hygiène sanitaire.
Le troisième chapitre présente le centre du phytothérapie Mumpono
Masiakila. Ce dernier vient d'introduire des innovations dans l'amélioration
des formes galéniques des médicaments particulièrement par la production
du licaastheme qui est anti-asthmatique. Par ailleurs, il vient
de surmonter certains obstacles par la mise sur le marché de ce
produit. Et cela en l'absence d'un financement extérieur.
Le quatrième chapitre a porté sur les modalités de collaboration
entre tradi-praticiens et professionel de santé officielle. A ce
niveau, notre étude a démontre que malgré les souhaits de l'O.M.S.
d'incorporer les activités de la médecine traditionnelle dans le
programme de soins de santé primaires, il n'existe pas pour le moment
une législation susceptible de couvrir le métier du tradi-praticien
et de garantir la sécurité sanitaire du malade. Pour favoriser cette
collaboration, notre étude a suggéré qu'il faudrait d'abord créer
un climat de confiance entre tradi-praticiens et personnels de santé.
Cette confiance consisterait à rassurer les tradi-praticiens que
s'ils acceptent la collaboration, ils continueront à exercer leur
métier en toute liberté.
Pour ce qui est des contraintes, notre étude a identifié : l'attitude
du personnel médical, le problème de dose, l'approvisionnement en
plantes médicinales, la conservation des médicaments traditionnels,
la gestion administrative de cette médecine, le manque de législation
adéquate, la préparation de ces médicaments ainsi que leur analyse
en laboratoire. Quant aux pesanteurs, nous avons répertorié : la
non-acceptation des médicaments traditionnels sur le marché local
et international, la rareté de certaines plantes médicinales, le
manque de financement des activités de la médecine traditionnelle
ainsi que la production industrielle de ces médicaments.
Pour surmonter ces obstacles et pesanteurs, nos investigations
ont abouti aux conclusions selon lesquelles : si l'on veut améliorer
les prestations des tradi-praticiens pour obtenir les résultats
escomptés dans le domaine de la médecine africaine, on doit tenir
compte de ce qui existe pour améliorer ce qui reste à faire. En
ce qui concerne par exemple la cueillette des plantes médicinales,
il faut tenir compte de leur mode opératoire, c'est-à-dire : le
moment, l'heure de la récolte des plantes, les conditions de conservation
(frais, sec), les modes d'administration (voie orale, anale ou nasale).
Notre préoccupation au cours de cette étude a été de plaider pour
faire bénéficier la médecine traditionnelle des progrès de la science
et de la technologie en vue de la rendre plus accessible et plus
compétitive.
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