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Le Rwanda dans le programme access : les antirétroviraux à coût abordable
La diminution du prix des antirétroviraux et des médicaments contre les infections opportunistes est l'un des objectifs fondamentaux pour améliorer l'accès des personnes vivants avec le VIH à des soins efficace [OMS/04 déclaration du 9/02/2001].
Les nations unies, les gouvernements nationaux, les firmes pharmaceutiques, les organisations non gouvernementales impliquées et d'autres institutions poursuivent cette stratégie depuis 1996. Le gouvernement Rwandais a commence des discussions pour adhérer à cette stratégie depuis 1999.
L'aboutissement de ces discussion est entre autre l'adhésion au programme ACCESS depuis 2001.

Le programme ACCESS (Accelerating Access Initiative) a été lancé en mai 2000 avec cinq laboratoires et cinq organisations mondiales, dont l'Onu sida et la Banque mondiale, l'OMS, UNICEF et le Fonds des Nations Unies pour le développement des populations.
Grâce à ce programme une réduction de prix entre 80% à 95% est accordée aux états africains.

En avril 2001, six pays ont signé ces accords et de nombreux autres accords devraient être signés d'ici à la fin de l'année. Si le processus a été long à se mettre en place, c'est que de nombreux pays n'ont pas encore mis la lutte contre le Sida en tête de leurs priorités nationales car ils n'ont pas les structures permettant une utilisation rationnelle des antirétroviraux, difficiles à manier.

Dans ce cadre, Bristol Myers Squibb s'est engagé à mettre à la disposition des pays africains qui souhaitent participer à ce programme, ses deux antirétroviraux : didanosine-Videx, Stavudine-Zerit, en dessous de leur prix de revient, soit 1 dollar américain par jour pour la bithérapie, ce qui équivaut à une réduction de 95% des prix moyens pratiqués en Amérique du nord et en Europe.
Bristol Myers Squibb avait déjà réduit de 40% les prix de ses antirétroviraux en Afrique dès 1994 et de 80% dès le lancement du programme Access en mai 2000.
Pour le moment, six pays (Sénégal, Rwanda, Ouganda, Côte d'Ivoire, Cameroun, Mali) se sont engagés à assurer un accès au traitement à leurs malades diagnostiqués séropositifs et bénéficient de ces prix.
Par ailleurs Bristol Myers Squibb est en discussion avec une trentaine d'autres gouvernements de pays africains. De plus, ce laboratoire n'a déposé aucun brevet pour ses deux antirétroviraux dans les pays d'Afrique, à l'exception de Zerit (stavudine) en Afrique du sud, qu'il a récemment décidé de suspendre.
Enfin, le programme "Secure the future" lancé par Bristol Myers Squibb en 1999 pour favoriser la recherche, l'éducation et le travail des associations locales dans cinq pays d'Afrique sub-sahariennes vient d'être étendu à l'Afrique francophone (annonce du 14 mars 2001), portant à 115 millions de dollars (800 millions de francs) la totalité de l'aide consentie.

GlaxoSmithKline est également l'un des cinq laboratoires pharmaceutiques qui offrent des antirétroviraux à prix réduits dans le cadre du programme ACCESS.
Depuis un an, dans ce cadre, GSK a conclu un accord avec six pays africains : Sénégal, Rwanda, Ouganda, Côte d'Ivoire, Cameroun, Mali. Ce tarif préférentiel concerne l'AZT (Retrovir®), le 3TC (Epivir®) et l'association combinée de ces deux produits (Combivir).
La réduction consentie est de l'ordre de 90% par rapport au prix moyen dans les pays occidentaux. Le tarif pour Combivir® est ainsi de l'ordre de 2 dollars par jour.
Depuis février 2001, les prix pratiqués dans le cadre de ce programme sont également consentis à des organisations à but non lucratif à même de fournir des soins aux patients dans ces pays. Il s'agit notamment de vente en direct aux organisations humanitaires et aux institutions des Nations Unies qui utilisent ces produits dans leurs propres programmes.
Enfin, cette offre est également accessible pour les employeurs dans les pays d'Afrique offrant des soins et des traitements anti-VIH/sida à leur personnel par le biais de structures sanitaires intégrées à leur entreprise. Pour GSK cette dernière offre s'inscrit dans la continuité d'une politique de réduction des prix des antirétroviraux et de donation engagée depuis plusieurs années.
En 1997, notamment, une réduction de 75% du prix de l'AZT (Retrovir®) a été annoncée dans l'indication "réduction du risque de transmission de l'infection par le VIH de la mère à l'enfant", et une donation à l'UNICEF équivalente à 30000 mois de ce traitement a été faite pour lancer ces programmes.
GSK a également initié depuis plusieurs années un programme international d'aide aux personnes vivant avec le VIH/SIDA (Positive Action) et a lancé en France une Fondation d'entreprise dont la mission est de soutenir et de financer des programmes de prise en charge des personnes atteintes d'infections par le VIH dans les pays en voie de développement (Afrique en particulier). Cette fondation soutient et finance aujourd'hui la réalisation de 12 programmes de soins dans 7 pays d'Afrique.

Dès le mois de mars dernier, la firme pharmaceutique Merck & Co a, de son côté, significativement baissé les prix de Crixivan et de Stocrin, destinés aux traitements de l'infection par le VIH, pour les pays en voie de développement.
Les nouveaux prix sont de 600 dollars par patient par an pour Crixivan et de 500 dollars par an et par patient pour Stocrin ; et Merck & Co ne réalisera pas de profit sur la vente de ses médicaments dans ces pays.

Dans le cadre de l'Accelerated Access Initiative annoncée le 11 mai 2000, avec 4 autres laboratoires pharmaceutiques, Boehringer-Ingelheim s'est également engagé à, d'une part, baisser le prix de Viramune dans la proportion d'environ 85% par rapport au prix français pour les trithérapies en traitement chronique et, d'autre part, à fournir gratuitement (annonce du 7 juillet 2000) le Viramune pendant 5 ans aux pays en voie de développement qui le demandent, dans le cadre de la prévention de la transmission mère-enfant.
Ces deux volets de la politique de Boehringer-Ingelheim sont associés à un certain nombre de critères d'éligibilité pour les partenaires de ces programmes = pays concernés, Onusida et autres acteurs de santé.

Abbott a, quant à lui, annoncé le 27 mars 2001 qu'il baissait le prix de ses médicaments contre le sida en Afrique après négociation avec chacun des pays qui les demandent. Le Kaletra (lopinavir/ritonavir) et le Norvir (ritonavir) seront vendus à prix coûtant. Le groupe pharmaceutique fera de même pour son test Determine HIV-1/2 qui permet de détecter l'infection.

L'implication de Roche concernant l'accès aux soins des personnes atteintes du sida en Afrique et plus largement dans les pays en voie de développement, s'articule autour de 3 axes principaux :

  • Il privilégie la collaboration avec les partenaires impliqués localement afin de mettre en œuvre des programmes viables qui puissent répondre durablement et globalement aux problèmes. Ainsi, depuis déjà de nombreuses années, au travers de son programme " Blue Sky " il participe activement aux actions de prévention et d'amélioration des soins du programme "Share "de l'International AIDS Society's.
    Il soutient le projet HIV-NAT en Asie en fournissant des équipements diagnostiques et participe au programme ONU sida (Access Initiative). Récemment Roche a conclu un partenariat avec PharmAccess international dont l'objet est de prendre en charge l'accès global aux soins pour une population donnée de 4 pays d'Afrique : Côte d'Ivoire, Kenya, Sénégal, Ouganda. Ceci recouvre la fourniture de tests diagnostiques, de médicaments antirétroviraux et un programme de formation du personnel médical et para médical.
    Dans le cadre de ce partenariat Roche travaille à l'optimisation et à l'adaptation des traitements en fonction des spécificités et de l'environnement du pays permettant d'assurer une meilleure observation des traitements.
  • L'information/formation des équipes médicales sur l'utilisation des antirétroviraux pour, in fine améliorer l'adhésion et l'observance des malades aux traitements est le deuxième axe.
  • Enfin, a été mise en place une politique de prix préférentiels de ses médicaments (Fortovase?, Viracept? ) équitable et transparente, communiquée à l'ONU, et qui porte sur une réduction de prix très significative.

Fin mars, le ministre de la santé du Cameroun a annoncé un accord avec des laboratoires aboutissant à une baisse de 72% des médicaments contre le sida.
Le Mali a annoncé le 7 avril 2001 la conclusion d'accords avec quatre groupes pharmaceutiques (GlaxoSmith Kline, Merck Sharp et Dohme, Bristol Myers Squibb et Boehringer Ingelheim) permettant l'accès aux médicaments antirétroviraux à des prix pouvant atteindre une réduction de 90% par rapport aux prix pratiqués.

Ces efforts certes à encourager et à féliciter sont néanmoins à augmenter pour réserver un espoir de vie à nos frères séropositifs.
Un des moyens de réduire ces prix reste celui d'avoir des antirétroviraux génériques à bas prix.

Ici nous faisons un appel aux firmes pharmaceutiques de ne ménager aucun effort pour s'implanter en Afrique sub-saharienne, ce qui réduirait encore plus les prix des tous les médicaments en générales et des antirétroviraux en particulier et améliorerait sensiblement l'accès au soins de santé au populations rurale défavorisée. Dr TWAGIRUMUKIZA Marc Butare, ce 20 Janvier 2003.

 

Dossier transmis le 20 Janvier 2003 par le docteur Marc TWAGIRUMUKIZA - twamarc@yahoo.fr

 

 
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