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Avant de parler de l'état actuel des choses au
Rwanda, parlons de ces médicaments dits antirétroviraux.
Si la découverte d'un vaccin contre le Virus de l'Immunodéficience
Humaine (VIH) est encore à l'étape d'essais, les antirétroviraux
(ARV) combinés, en améliorant l'état général et l'espérance de vie
des séropositifs de façon transitoire, s'imposent actuellement comme
les seuls traitements de référence.
En effet ces nouveaux médicaments anti-VIH abaissent
la charge virale jusqu'à ce qu'elle devienne presque imperceptible
(réduction moyenne du nombre de copies du génome viral) et renforcent
l'état immunologique des patients (hausse de la synthèse de nouveaux
lymphocytes T CD4, cellules qui coordonnent les défenses immunitaires).
Les ARV s'attaquent aux différentes étapes de réplication du virus
qui sont des cibles potentielles d'actions.
Ces antirétroviraux se divisent en deux familles
complémentaires :
- Les Inhibiteurs de la transcriptase inverse
- Analogues nucléosidiques
Ces antirétroviraux agissent sur la transcriptase inverse
(enzyme nécessaire à la copie d'ARN viral en ADN) en bloquant
la première étape de réplication du virus dans certaines cellules
comme les lymphocytes CD4+.
Ces médicaments sont [par Dénomination Commune Internationale,
DCI, (SIGLE), nom de la spécialité] :
- zidovudine (AZT)
- Retrovir®
- Didanosine (ddi)
- Videx®
- Zalcitabine (ddC)
- Hivid®
- lamivudine (3TC)
- Epivir®
- stavudine(d4T)
- Zerit®
- Analogues non-nucleosidiques
Ils ont les mêmes sites d'action que les nucléosidiques mais
une structure différente qui leur permet d'être directement
liés à l'enzyme sans passer par une transformation.
Ces antirétroviraux sont :
- nevirapine ou Viramune®.
- Delavirdine ou Rescriptor®
- Efavirenz (DMP-266) ou Sustiva®
- Les antiprotéases ou les inhibiteurs de la protéase
Ils agissent sur la protéase (enzyme du virus actif dans les prémisses
de la traduction de l'ARN messager viral) lors de la phase de
réplication du virus dans les cellules en désorganisant la production
des nouvelles protéines virales. Les nouveaux virus ainsi créés
ne sont plus fonctionnels.
Liste des antiprotéases :
- saquinavir
- Invirase®
- ritonavir
- Norvir®
- indinavir
- Crixivan®
- nelfinavir
- Viracept®
Les monothérapies utilisant ce type de produits sont désormais
fortement déconseillées car elles entraînent des résistances du
virus et même parfois des résistances croisées à d'autres ARV (seul
le traitement à l'AZT pour prévenir la transmission de la mère à
l'enfant s'utilise en monothérapie).
L'efficacité de ces ARV étant transitoire, leur utilisation se
pratique généralement en association avec des antirétroviraux d'autres
familles.
Les premières bithérapies alliaient deux inhibiteurs de la transcriptase
inverse.
C'est avec la découverte des antiprotéases en 1996 et leur association
avec les inhibiteurs de la transcriptase inverse que le traitement
s'est rendu le plus efficace face aux résistances avec un ralentissement
de la charge virale plus durable.
Puis la trithérapie a été mise en place avec deux inhibiteurs de
la transcriptase inverse et une antiprotéase.
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Les résultats cliniques se révélèrent spectaculaires
avec une amélioration de l'état immunologique, une disparition presque
totale des maladies opportunistes et une présence presque indétectable
de la charge virale.
D'autres traitements ciblent les maladies opportunistes du Sida
et complètent les autres thérapies (voir tableau ).
La maîtrise de ces infections opportunistes est capitale pour rendre
effectifs les ARV car ce sont ces infections qui profitant de leurs
faiblesses immunitaires sont la principale cause de mortalité des
séropositifs.
Comme je l'ai déjà signalé dans mon article paru
dans cette rubrique d'actualité de la santé au Rwanda, Lutte
acharnée contre la transmission verticale du VIH /SIDA au Rwanda,
l'infection à VIH/SIDA n'a fait qu'augmenter depuis 1983, date de
la découverte du premier cas au Rwanda.
Les médicaments anti-rétroviraux n'ont commencé à être utilisés
officiellement dans le pays qu'en janvier 1999. Avant cette date,
ces médicaments étaient d'usage plutôt restreint pour des patients
particuliers surtout à cause de leur prix qui était exorbitant.
Si les prix sont actuellement plus abordables,
c'est grâce aux efforts de l'état à travers l'ancien PNLS (Programme
National de Lutte contre le Sida, devenue actuellement TRAC) qui
a mené des négociations auprès des firmes pharmaceutiques pour la
réduction des prix mais aussi pour la suivi des séropositifs sous
antirétroviraux car une surveillance de la charge virale dans un
laboratoire bien équipé est nécessaire. Actuellement tout se fait
au Laboratoire de Référence National du TRAC à KIGALI.
Tableau des médicaments disponibles
et actuellement utilisés officiellement au Rwanda
Les schémas de traitement au Rwanda sont fortement
soumis à la sagesse du prescripteur (le médecin) et a la capacité
financière du patient.
N° 1. AZT+EPIVIR+CRIXIVAN(40 808 Frws soit 79.86
$ par mois)
N° 2. COMBIVIR+CRIXIVAN(50 083 Frws soit 98.01 $ par mois)
N° 3. COMBIVIR+EFFAVIRENZ (34 906 Frws soit 68.31 $ par mois)
Ces chiffres ont beaucoup changé depuis septembre
2000, (favorablement) grâce aux efforts de négociations continues,
fournies par les autorités compétentes et le programme
ACCESS auquel le Rwanda a suscrit depuis janvier 2001.
La liste de ces antirétroviraux n'est pas exhaustive, les pharmacies
privées pouvant disposer d'autres produits.
Trois formations sanitaires ont été choisies pour
livrer les anti-rétroviraux dans le pays.
Il s'agit de l'Hôpital Militaire de Kanombe(HMK) dans la capitale
Kigali, il s'agit aussi du Centre Hospitalier Universitaire de Kigali
(ancien CHK) au centre de la capitale, et Centre Hospitalier Universitaire
de Butare (CHU-BUTARE ancien HUB) au sud du pays.
Les médecins responsables pour cette prescription
sont (la liste n'est pas exhaustive) Dr Abel KAGAME, Dr MUGABEKAZI
J., Dr MUKABATSINDA C , au CHU Kigali , Dr NGABONZIZA François et
Dr.MUSEMAKWERI André au CHU Butare.
Ceci pour pouvoir dégager les résultats et éviter que ces médicaments
puissent se donner vaille que vaille et par n'importe qui comme
cela commençait à se faire ici et là dans le pays.
Au Centre Hospitalier Universitaire de Kigali (ancien
CHK), au bout de 19 mois de traitement anti-rétroviral (janvier
1999 à août 2000) au total 222 patients séropositifs ont suivi le
traitement. Quelques résultas révèlent qu'il y a eu au cours du
traitement 12 cas de décès (5.4%) et 21 patients perdus de vue (9,4
%) et une bonne évolution chez les autres qui sont encore en observation.
D'autres résultats plus détaillés ont été apportés
par l'étude
de Dr KIBIBI Didier et al (Mémoire original, Faculté de Médecine
de l'UNR- 2002)
Le traitement aux antirétroviraux est un traitement
a vie.
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