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LES PATIENTS SOUS ANTI-RETROVIRAUX AU RWANDA
L'OMS dans sa déclaration signée OMS/04 du 09 février 2001, reconnaît que le coût des médicaments est l'un des facteurs limitant l'accès aux soins prolongeant la vie des personnes atteintes par le VIH/SIDA.
Ainsi s'est-elle félicitée des rapports faisant état de la possibilité de mettre les trithérapie à la disposition des personnes atteintes de VIH/SIDA en Afrique pour 600 dollars US ( ou moins) par an et par personne.
Mais il faut dire que dans les pays d'Afrique sub-saharienne où sévit particulièrement le pandémie, les antirétroviraux restent chers, au-delà même de 1000 dollars US par an et par malade.
Certains pays dont le Rwanda, ont adhéré à un programme nouveaux " Accelerating Access Initiative" permettant de réduire les prix des antirétroviraux.

Avant de parler de l'état actuel des choses au Rwanda, parlons de ces médicaments dits antirétroviraux.
Si la découverte d'un vaccin contre le Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH) est encore à l'étape d'essais, les antirétroviraux (ARV) combinés, en améliorant l'état général et l'espérance de vie des séropositifs de façon transitoire, s'imposent actuellement comme les seuls traitements de référence.

En effet ces nouveaux médicaments anti-VIH abaissent la charge virale jusqu'à ce qu'elle devienne presque imperceptible (réduction moyenne du nombre de copies du génome viral) et renforcent l'état immunologique des patients (hausse de la synthèse de nouveaux lymphocytes T CD4, cellules qui coordonnent les défenses immunitaires).
Les ARV s'attaquent aux différentes étapes de réplication du virus qui sont des cibles potentielles d'actions.

Ces antirétroviraux se divisent en deux familles complémentaires :

  • Les Inhibiteurs de la transcriptase inverse
    • Analogues nucléosidiques
      Ces antirétroviraux agissent sur la transcriptase inverse (enzyme nécessaire à la copie d'ARN viral en ADN) en bloquant la première étape de réplication du virus dans certaines cellules comme les lymphocytes CD4+.
      Ces médicaments sont [par Dénomination Commune Internationale, DCI, (SIGLE), nom de la spécialité] :
      • zidovudine (AZT)
      • Retrovir®
      • Didanosine (ddi)
      • Videx®
      • Zalcitabine (ddC)
      • Hivid®
      • lamivudine (3TC)
      • Epivir®
      • stavudine(d4T)
      • Zerit®
    • Analogues non-nucleosidiques
      Ils ont les mêmes sites d'action que les nucléosidiques mais une structure différente qui leur permet d'être directement liés à l'enzyme sans passer par une transformation.
      Ces antirétroviraux sont :
      • nevirapine ou Viramune®.
      • Delavirdine ou Rescriptor®
      • Efavirenz (DMP-266) ou Sustiva®
  • Les antiprotéases ou les inhibiteurs de la protéase
    Ils agissent sur la protéase (enzyme du virus actif dans les prémisses de la traduction de l'ARN messager viral) lors de la phase de réplication du virus dans les cellules en désorganisant la production des nouvelles protéines virales. Les nouveaux virus ainsi créés ne sont plus fonctionnels.
    Liste des antiprotéases :
      • saquinavir
      • Invirase®
      • ritonavir
      • Norvir®
      • indinavir
      • Crixivan®
      • nelfinavir
      • Viracept®

Les monothérapies utilisant ce type de produits sont désormais fortement déconseillées car elles entraînent des résistances du virus et même parfois des résistances croisées à d'autres ARV (seul le traitement à l'AZT pour prévenir la transmission de la mère à l'enfant s'utilise en monothérapie).

L'efficacité de ces ARV étant transitoire, leur utilisation se pratique généralement en association avec des antirétroviraux d'autres familles.
Les premières bithérapies alliaient deux inhibiteurs de la transcriptase inverse.

C'est avec la découverte des antiprotéases en 1996 et leur association avec les inhibiteurs de la transcriptase inverse que le traitement s'est rendu le plus efficace face aux résistances avec un ralentissement de la charge virale plus durable.
Puis la trithérapie a été mise en place avec deux inhibiteurs de la transcriptase inverse et une antiprotéase.

Les résultats cliniques se révélèrent spectaculaires avec une amélioration de l'état immunologique, une disparition presque totale des maladies opportunistes et une présence presque indétectable de la charge virale.
D'autres traitements ciblent les maladies opportunistes du Sida et complètent les autres thérapies (voir tableau ).
La maîtrise de ces infections opportunistes est capitale pour rendre effectifs les ARV car ce sont ces infections qui profitant de leurs faiblesses immunitaires sont la principale cause de mortalité des séropositifs.

Comme je l'ai déjà signalé dans mon article paru dans cette rubrique d'actualité de la santé au Rwanda, Lutte acharnée contre la transmission verticale du VIH /SIDA au Rwanda, l'infection à VIH/SIDA n'a fait qu'augmenter depuis 1983, date de la découverte du premier cas au Rwanda.
Les médicaments anti-rétroviraux n'ont commencé à être utilisés officiellement dans le pays qu'en janvier 1999. Avant cette date, ces médicaments étaient d'usage plutôt restreint pour des patients particuliers surtout à cause de leur prix qui était exorbitant.

Si les prix sont actuellement plus abordables, c'est grâce aux efforts de l'état à travers l'ancien PNLS (Programme National de Lutte contre le Sida, devenue actuellement TRAC) qui a mené des négociations auprès des firmes pharmaceutiques pour la réduction des prix mais aussi pour la suivi des séropositifs sous antirétroviraux car une surveillance de la charge virale dans un laboratoire bien équipé est nécessaire. Actuellement tout se fait au Laboratoire de Référence National du TRAC à KIGALI.

Tableau des médicaments disponibles et actuellement utilisés officiellement au Rwanda

Les schémas de traitement au Rwanda sont fortement soumis à la sagesse du prescripteur (le médecin) et a la capacité financière du patient.

N° 1. AZT+EPIVIR+CRIXIVAN(40 808 Frws soit 79.86 $ par mois)
N° 2. COMBIVIR+CRIXIVAN(50 083 Frws soit 98.01 $ par mois)
N° 3. COMBIVIR+EFFAVIRENZ (34 906 Frws soit 68.31 $ par mois)

Ces chiffres ont beaucoup changé depuis septembre 2000, (favorablement) grâce aux efforts de négociations continues, fournies par les autorités compétentes et le programme ACCESS auquel le Rwanda a suscrit depuis janvier 2001.
La liste de ces antirétroviraux n'est pas exhaustive, les pharmacies privées pouvant disposer d'autres produits.

Trois formations sanitaires ont été choisies pour livrer les anti-rétroviraux dans le pays.
Il s'agit de l'Hôpital Militaire de Kanombe(HMK) dans la capitale Kigali, il s'agit aussi du Centre Hospitalier Universitaire de Kigali (ancien CHK) au centre de la capitale, et Centre Hospitalier Universitaire de Butare (CHU-BUTARE ancien HUB) au sud du pays.

Les médecins responsables pour cette prescription sont (la liste n'est pas exhaustive) Dr Abel KAGAME, Dr MUGABEKAZI J., Dr MUKABATSINDA C , au CHU Kigali , Dr NGABONZIZA François et Dr.MUSEMAKWERI André au CHU Butare.
Ceci pour pouvoir dégager les résultats et éviter que ces médicaments puissent se donner vaille que vaille et par n'importe qui comme cela commençait à se faire ici et là dans le pays.

Au Centre Hospitalier Universitaire de Kigali (ancien CHK), au bout de 19 mois de traitement anti-rétroviral (janvier 1999 à août 2000) au total 222 patients séropositifs ont suivi le traitement. Quelques résultas révèlent qu'il y a eu au cours du traitement 12 cas de décès (5.4%) et 21 patients perdus de vue (9,4 %) et une bonne évolution chez les autres qui sont encore en observation.

D'autres résultats plus détaillés ont été apportés par l'étude de Dr KIBIBI Didier et al (Mémoire original, Faculté de Médecine de l'UNR- 2002)

Le traitement aux antirétroviraux est un traitement a vie.

 

Dossier transmis le 3 septembre 2001 et mis à jour le 20 janvier 2003 par Marc TWAGIRUMUKIZA - twamarc@yahoo.fr

Les médicaments disponibles au Rwanda actuellement utilisés officiellement sont :

DCI
Firme pharmaceutique
détentrice du brevet
Nom de spécialité
Les prix sont en rapport avec la
firme pharmaceutique productrice sous-mentionnée
Prix* mensuel**
en Franc Rwandais (FRWS) estimations de conversions à un taux de change du 25 /01/2003
où 1$ oscille autour de 511 Frws
Les inhibiteurs de la transcriptase reverse
Zidovudine (AZT)
GlaxoSmithkline
Retrovir (300mg´2/jour)
Cipla (Inde)
8 937 (17.49 $)
Didanozine (DDI)
Wellcome/gouv.USA
Videx (200mg´2/jour)
Aurobindo (Inde)
8 769 (17.16 $)
Stavudine (D4T)
Bristol Myers Squibb
Zerit (40 mg´2/jour)
Cipla (Inde)
2 024 (3.96 $)
Lamivudine (3TC)
IAF Biochem
Epivir (150mg´2/jour)
Aurobindo (Inde)
4 216 (8.25 $)
Efavirenz
Merck
Stocrin (200mg´2/jour)
Aurobindo (Inde)
22 428 (43.89 $)
Combivir
(Association AZT+3TC)

GlaxoSmithkline
Combivir (450mg´2/jour)
Aurobindo (Inde)
12 479 (24.42 $)
Les anti-proteases
Indinavir
Merck
Crixivan (400mg´3/jour)
Merck
27 655 (54.12 $)

*Les prix sont repris tel qu'ils étaient depuis octobre 2001, les taxes y compris.

**Des fluctuations minimes se sont opérées depuis octobre 2001, et par exemple le prix mensuel d'une trithérapie de Combivir + Stocrin coûte 47 800 Frws au CHU Butare.

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