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IXèmes journées médicales de Butare
29 et 31 juillet 2004
Université Nationale du Rwanda
FACULTE DE MEDECINE - B.P. 30 - BUTARE
Tél : (250) 530 475 - Fax : (250) 530 328
E-Mail : facmed@nur.ac.rw

Résumés des communications

1ère Séance : Pédagogie médicale

Exposé introductif sur l’organisation des stages à la Faculté de Médecine

A. Nyakayiro

Cet exposé introductif passe en revue, promotion par promotion du programme des stages cliniques. Nous donnons un aperçu succinct du contenu du carnet individuel des stages. Le déroulement des stages commence en Préclinique II jusqu’au Doctorat IV.

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Problématique des stages à la Faculté de Médecine

A. Musemakweri, A. Nyakayiro, C Baribwira,C.. Kamanzi

Le stage à la faculté de médecine fait partie du programme de formation des étudiants en médecine. Cette partie pratique comprend les activités cliniques, les analyses de laboratoire et la santé communautaire.
Les stages concernent les étudiants depuis la Préclinique II (2ème année) jusqu’en Doctorat IV.
Tous les enseignants concernés interrogés reconnaissent qu’ils sont confrontés aux problèmes d’encadrement des étudiants dont les effectifs sont passés d’environ 250 étudiants en 1995 à plus du double c’est-à-dire plus de 500 en 2004, alors que le nombre des encadreurs est resté stationnaire, voire diminué avec un ratio de 1 encadreur pour 15étudiants.

Parmi les problèmes souvent cités, on retrouve certaines classes pléthoriques de plus de 100 étudiants, la carence en médecins spécialistes pour les encadrer, l’inadéquation des moyens financiers alloués aux stages, l’impossibilité pour la faculté de médecine d’organiser un programme soutenu de supervision des sites de stages à travers le pays, l’insuffisance des hôpitaux capables d’encadrer les stagiaires, la durée de stage insuffisante, notamment en Doctorat IV, etc…

Les solutions proposées se heurtent parfois à des difficultés apparemment insurmontables. En effet, comment réduire les effectifs des étudiants sans s’opposer à la politique du Ministère de la Santé et celle de l’UNR qui voudraient former assez de médecins pour le pays et les hôpitaux de districts ? Comment mobiliser plus de moyens financiers quand l’UNR voit son budget diminuer chaque année ? Comment augmenter la durée des stages sans risquer d’allonger l’année académique ? Voilà autant de questions que la faculté se pose aujourd’hui. Il y a certainement des solutions !

L’intérêt de cette présentation est de susciter les débats et les discussions pour trouver justement des solutions urgentes et concrètes à la problématique des stages à la Faculté de Médecine.

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Evaluation pédagogique des enseignements à l’U.N.R. : Cas de la Faculté de Médecine

G. Mudaheranwa

L’Université Nationale du Rwanda (UNR), à travers le Service des Enseignements et de la Pédagogie Universitaire (SEPU), a réalisé une enquête auprès des étudiants pour évaluer la qualité des enseignements dispensés dans les différentes unités d’enseignement. Cette enquête nous permet d’apprécier le pas franchi en matière pédagogique et d’envisager ce qui peut être fait pour aider les enseignants à s’interroger sur leurs performances pédagogiques en vue d’améliorer la qualité de leurs méthodes d’enseignement. L’objectif primordial n’était pas d’évaluer les enseignants mais plutôt évaluer les enseignements pour apprécier à juste titre la manière dont le message pédagogique a été véhiculé par les enseignants et perçu par les étudiants.

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2ème Séance : Infection au VIH/SIDA

Les maladies sexuellement transmissibles (dont le VIH) dans les mondes psychiatrique et du retard mental

V. Reckmans

Objet : Devant l'importance prise par la vie affective et sexuelle dans ces secteurs, face au constat alarmant de rares enquêtes (Diederich-Greacen, Charmasson) accréditant l'idée d'un groupe particulièrement vulnérable au VIH, nous avons développé une enquête portant sur la vie affective et sexuelle dans les hôpitaux psychiatriques, dans les institutions pour handicapés mentaux et dans les établissements d'enseignement spécialisé gérés par les Frères de la Charité en Belgique au travers d'un échantillonnage statistiquement significatif de patients ou résidants ou élèves, de leurs familles et des membres du personnel. Ce protocole dresse un état des lieux des maladies sexuellement transmissibles (MST), dont le VIH, dans ces mêmes structures et par ces mêmes échantillons.

Méthodologie : Un questionnaire de base a été établi pour chacun de ces échantillons. Ces questionnaires ont fait l'objet d'un développement paradigmatique en interne et en externe notamment par la réflexion d'un échantillonnage des populations cibles qui a travaillé à la lisibilité et à la bonne compréhension du questionnaire et a examiné l'exhaustivité et la pertinence des questions posées. Une mise en concordance a été réalisée avant l'approbation de l'enquête et des procédures par les comités d'éthique. Un prétest permit d'affiner les procédures. Nous vous présentons ici les premiers résultats significatifs émanant des collaborateurs des centres psychiatriques.

Résultats : Après délimitation d'un échantillonnage aléatoire et significatif, les questionnaires ont été envoyés à 581 collaborateurs des centres psychiatriques. Nous avons reçu 355 réponses (61%) dont 35 refus motivé. 82.1% des répondants travaillent en contact direct avec le patient, 41.8% des réponses émanent d'infirmiers, la durée moyenne de carrière dans le secteur psychiatrique est de 11 ans et 7 mois.
Le personnel juge à 60% que le centre psychiatrique n'a pas de politique d'(in)formation en matière de sexualité en général, de procréation (65%), de contraception (60%) et de protection contre les MST (65%). Mais ce même centre psychiatrique se soucie assez de la vie affective (85%), de l'intimité  physique (83%) et de la solitude (91%). Concernant les relations sexuelles à l'hôpital ou dans le service en principe, 56.8% et 62.2% les estiment interdites, 5.6% et 3.7% permises, 13.4% et 13.4% parfois permises et 21.5% et 17.5% reconnaissent ne pas savoir. 19% des collaborateurs estiment qu'aucun patient n'exerce sa sexualité intra-muros et 66% estiment que c'est le fait d'une minorité. La masturbation solitaire est le comportement sexuel le plus représenté. La masturbation en groupe concerne 42.1% des patients, les rapports oraux 39.6%, les rapports vaginaux 36.5% et les rapports anaux 35%.53.7% estiment que les patients ont des partenaires multiples, 18% parlent de relations homosexuelles (64% abstentions) et 45% évoquent des rapports sexuels avec des prostituées. En ce qui concerne la violence sexuelle, 4.6% des répondants parlent de viols vaginaux parfois, 9% de viols anaux parfois alors que 64% /55.9% estiment que les viols vaginaux/oraux n'ont jamais lieu.
A propos des MST, 50% disent y avoir été confrontés (39% hépatite B et 16% autres que VIH et hépatite B, 0% de VIH). 65% estiment qu'il s'agit d'un problème potentiel pour le centre psychiatrique.60% estiment que les patients ne sont pas informés du risque MST avant et pendant l'hospitalisation.70% des collaborateurs recommandent l'usage du préservatif comme moyen de protection.50% estiment qu'une très grande majorité des patients savent ce qu'est un préservatif et 14% que les patients sont capables de l'utiliser effectivement. 67% souhaitent leur mise à disposition.
80% des collaborateurs estiment connaître les précautions universelles, 57% disent les appliquer et 39% ne les respectent pas ou les estiment ne pas être d'application pour eux alors que 79% estiment que le sida peut être responsable d'accidents de travail et 91% pour l'hépatite B.Une détection sérologique systématique doit être faite à l'entrée (57%) avec le consentement du malade (30%)

Conclusions : Le taux de réponses peut indiquer une réelle préoccupation des collaborateurs face à ces problématiques. En comparaison avec les données provenant d'enquêtes similaires, nous pouvons présupposer que les résultats reflètent bien les réalités du terrain.
Si certains estiment que l'éducation  à la vie sexuelle est une tâche pédagogique pour laquelle les centres psychiatriques ne sont  pas mandatés, la présence de nombreux malades chroniques souvent sans famille, l 'existence d'une sexualité effective non négligeable, la présence de retardés mentaux et la réalité non négligeable de la violence sexuelle indiquent le besoin d'une préoccupation plus grande de cette réalité. On constate une grande discordance dans l'application de la vie affective vis-à-vis de la vie sexuelle. La question du tabou sexuel n'y est pas étrangère. S'il est classiquement entendu que les relations sexuelles sont interdites sur le principe à l'hôpital, un document interne " Quelques avis concernant les relations et la sexualité dans les soins de santé mentale " en admet implicitement l'existence et rappelle leur importance lors de longues hospitalisations. Toutefois, la position de principe est insuffisamment connue. Or, les relations sexuelles intra-muros sont bien une réalité. Cela rejoint les chiffres obtenus lors d'enquêtes analogues.
Du point de vue de la prévention des MST, les rapports oraux, vaginaux et anaux peuvent être considérés comme des facteurs de risque. Parmi les comportements à risque, le multipartenariat et l'homosexualité incitent à la mise en place méthodique d'une véritable  politique d'(in)formation tout comme le manque d'(in)formation sur les MST des patients avant et pendant leur séjour. Relativement à la violence sexuelle, il est coutumier d'estimer que les enquêtes sous-estiment ce problème, les collaborateurs ayant tendance à étouffer ces faits de moeurs.  Les collaborateurs estiment que la question des MST est un problème réel (50%) et potentiel (60%). Nous sommes septiques  devant l'absence de cas de sida. Soit le secret est bien gardé, soit cette pathologie n'est pas systématiquement recherchée. Si le préservatif est privilégié comme moyen de protection, peu de patients savent l'utiliser correctement. L'observation des précautions universelles paraît gravement lacunaire laissant entendre le besoin d'une politique de sensibilisation. Enfin, il y a une grande discordance entre les avis des collaborateurs et les recommandations déontologiques des Conseils de l'Ordre où des prescriptions légales en ce qui concerne l'obtention du consentement préalable à une détection sérologique systématique.

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Estimation and Reporting of HIV Prevalence in Rwanda

Dr. Ir. Louis Munyakazi MS (Director of Treatment and Research AIDS Center), Alphonse Rukundo (Biostatistics/ICT Treatment and Research AIDS Center)

The ability to produce reliable estimates of HIV and AIDS presents serious challenges in all countries including Rwanda. Any prevalence estimate aught to be shared with stakeholders and collective feedback incorporated in the final estimate before it is officially adopted. This presentation intends to provide statistically based estimates of the HIV prevalence in Rwanda. The analysis uses data collected by the surveillance/epidemiology department at Treatment and Research AIDS Center (TRAC). In the future, other data sources, such as pMTCT data, and data from population survey (DHS+ survey) must be integrated to add value to the current ANC surveillance.
An Analysis Of Variance (ANOVA) approach is used to partition total variability (SST) into components in order to facilitate comparisons between primary factors of interests and their interaction. Many statistical models are available. The statistical mixed model TRAC uses is based on combination of fixed and random effects. These two are different primarily in their inference values. The elements to describe the observed measurements include fixed effects of Years (1998, 2002, and 2003), Environment (rural vs. urban), and Age Groups as defined by the WHO. The random effects are represented by Site in which measurements are made. In particular, the analysis exploited the existing repeated measures structure to account for potential positive correlations between measurements of the same site over the years To that effect, a first-order autoregressive covariance (AR(1)) structure was implemented. This allowed precise estimates in terms of smaller standard errors
The results indicated that rural areas have much lower prevalence rates than urban areas (p < 0.0001). However, such differences were not consistent from year-to-year (p<0.019), and from age group to age group (p<0.012). Similarly, age group differences change over the years (p<0.0006) especially in the last two years in which the differences are lower compared to 1998. Based on these premises, and many other considerations, a summary variable based on Confidence Interval is preferred to that based on point Estimate. Therefore, it is proposed that the national estimate of HIV prevalence be in terms of a range that covers both rural and urban areas. The analysis has shown that such an interval is between 2% and 10%.

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Etude sur les coûts des services VCT au Rwanda

J. Kagubare, P. Basinga, L. Musango

Le VIH/SIDA constitue un problème majeur de santé publique. Le Rwanda est l’un des pays très atteints par la pandémie. Le conseil et le test volontaire (VCT) au VIH est une des stratégies actuellement utilisée et a déjà prouvé son efficacité dans la prévention et de contrôle de l’épidémie du SIDA. Le gouvernement rwandais a négocié et obtenu le financement du GLOBAL FUND pour la mise en place du projet « VCT Intégré » qui va assurer qu’au moins 117 centres de santé, à raison de 3 dans chacun de 39 districts Sanitaires, offrent des services accessibles de VCT intégré à la population.
La question de la pérennisation du financement des services VCT à la fin du financement extérieur se pose surtout a la fin du projet VCT Intégré. Cette étude sur les coûts et financement des services VCT au Rwanda est une étude rétrospective et quantitative qui pour a pour objectif global d’estimer les coûts fixes et coûts variables d’un site de VCT tant pour son implémentation que pour son fonctionnement, et d’identifier les sources de financement potentielles dont notamment la contribution des mutuelles de santé pour assurer la pérennisation des services VCT.

Résultats
Les coûts des services VCT pour l’année 2002 ont été de 205.153.152 Frw, le coût récurrent moyen annuel d’un site VCT est de 4.482.641 Frw. Le coût moyen d’investissement par client est de 10 $US et le coût moyen récurrent par patient est de 5,5 $US.
Pour l’année 2002, les centres de santé ayant un contrat avec les mutuelles SPP ont eu un taux de recouvrement moyen de 101% (95-107%) avec un solde global négatif de 5.674.083 Frw.

Recommandations
Vu les coûts des services VCT et l’état financier des mutuelles de santé les recommandations suivantes sont émises à l’issue de cette étude :
L’Etat devra prendre en charge la totalité des coûts d’investissement et la population sera mise en contribution dans le financement des coûts récurrents particulièrement dans le recouvrement des consommables et de réactifs de laboratoire qui sont estimés à 1.8$ par client de VCT.
Les mutuelles de santé ne peuvent pas à l’état actuel intégré les services de VCT dans le paquet offert aux membres, sauf si la cotisation annuelle par membre est majorée sans dépasser 300 Frw par membre par an.

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Enquête sur la satisfaction des clients (es) des centres de counselling et dépistage volontaire de VIH au Rwanda

M. Bucagu, C. Munyanshongore, J. Condo

Introduction
Depuis 2001, le Gouvernement Rwandais, avec l’appui du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme « GLOBAL FUND », a mis en œuvre le projet « VCT Intégré » en vue de rendre disponible et accessible les services de « VCT » au niveau national. Ces trois maladies, à elles seules causent la mort de plus de 6 millions de personnes chaque année dans le monde. Ce projet a donc comme but de mettre en place des services de conseil et dépistage volontaire « VCT » dans 3 centres de santé de chacun des 39 districts de santé opérationnels du pays, soit 117 sites de « VCT ». L’objectif principal de cette étude est d’évaluer le niveau de satisfaction des clients dans les CS et ou Sites de VCT/PMTCT déjà opérationnels dans tout le Rwanda.

Matériel et Méthodes
C’est une étude transversale et ponctuelle à visée descriptive et exploratoire. Elle a été réalisée au niveau de tous les CS (Publics, agrées et prives) du Rwanda offrant le service de VCT/PMTCT. La collecte des données a duré 1 mois allant du 18 août 2003 au 11 septembre 2003. L’étude a utilisé deux méthodes d’enquêtes : la méthode quantitative et qualitative. La méthode quantitative « exit interview » a consisté à interviewer tout client ayant fait le test, reçu les conseils et le résultat au sortir de la consultation. Au total 515 client(e) s dans tous les 35 centres de « VCT/PMTCT » actuellement opérationnels dans le pays ont été interviewés. La méthode qualitative ou Groupe de Discussion Focalisé, « FGD » a été utilisée dans le but de renforcer les informations reçues lors de l’approche quantitative. Au total 9 groupes de discussion ont été organisés, composés chacun de 10 participants, dont les jeunes, les femmes enceintes et les personnes vivant avec le VIH aussi bien dans le milieu rural, semi-urbain que le milieu urbain.

Résultat
L’analyse de la satisfaction des clients a été faite en fonction du statut du centre (public versus agréé/privé). Les client(e) s sont essentiellement des jeunes et 57% d’entre eux (elles) sont âgé(e)s entre 20 et 30 ans. Plus de 3 client(e) s sur 4 sont de sexe féminin. L’accès géographique des centres reste encore limité ; 41,6% des client(e)s font plus d’une heure de route pour arriver au centre de « VCT/PMTCT » de leur choix. Le nombre moyen de conseillers par consultation était de 2 pour « VCT » ; 5 pour « PMTCT » et 2 « VCT/PMTCT ». La majorité (73,7%) des client(e) s reçoit les résultats de leur test en moins d’une journée. L’effectif total des client(e)s testés dans les centres concernés en 2002 est de 80964 ; parmi eux la proportion de client(e)s séro-positifs (ves) est de 6905 (8,5%). La proportion des client(e)s qui ne sont pas revenus chercher leurs résultats était en moyenne de 16% par centre. Les résultats du FGD ont montré, quant à eux, que les raisons qui poussent les clients à consulter les services de VCT/ PMTCT sont principalement le changement de comportement et la connaissance du statut sérologique. La peur, le stigma, les moyens financiers et la non accessibilité géographique constituent les facteurs de blocage aux services de VCT/PMTCT. Le comportement de la communauté vis à vis des PVV reste encore à améliorer. Les propositions des 3 groupes de FGD sont notamment, la réduction du coût de consultation et la création d’autres sites de VCT/PMTCT.

Conclusion
L’étude de «  Satisfaction des clients » a été réalisée dans 35 CS ou sites offrant le service de VCT/ PMTCT au rwanda. Au total 515 clients ont été interviewés dont la majorité est constituée des jeunes âgés de 20 à 30 ans. L’accès géographique des CS constitue un des obstacles de la non accessibilité des ces services, évoqué par les clients. En plus de ceci, les participants aux FGD ont aussi ajouté que la peur des résultats et le stigma figurent parmi les facteurs de blocage à ces services. Les client(e)s attendent relativement moins longtemps dans les centres publics, non seulement pour voir leur conseiller mais aussi pour recevoir leurs résultats. La proportion de client(e)s séro-positifs(ves) est de 8,3% pour tous les clients testés en 2002 et celle des client(e)s qui ne sont pas revenus chercher leurs résultats reste élevée ; elle est en moyenne de 16% par centre. Parmi les raisons qui poussent les clients à consulter les services de VCT/PMTCT sont le changement de comportement et la connaissance du statut sérologique. Bien que le stigma existe dans la communauté, elle reste minime. La réduction du coût de consultation pour les services de VCT, l’attraction des ces sites, surtout pour les jeunes sont des points à améliorer pour faciliter l’accès à ces services.

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PMTCT ou PTME au CHU/BUTARE

J.C. Sibomana, P. Habarugira, J. Schouten, A. Kanimba, S. Balaga, J. Walasa, E. Manzi

La gravité de l’infection à VIH dans la population en général et chez la femme en particulier est très alarmante, surtout quand on pense aux implications en matière de santé de la reproduction .L’infection à VIH est un véritable problème de santé publique, concerne plus de 3 millions d’enfants dont plus de 90% sont infectés à travers la transmission mère enfant (TME).Le taux de séropositivité au VIH chez les femmes enceintes ne cesse de croître. D’après l’enquête sentinelle, ce taux est passé de 2 à 8% en milieu rural et de 8 à 13% en milieu semi urbain entre 1992et 1996.
Le programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) devrait être compris dans l’ensemble minimum de soins de routine offerts aux femmes enceintes.
Le service de G.O a intégré ce programme au mois de février 2003.Cela a permis de constater que nous avions tardé à commencer parce que le service fut utilisé de façon
satisfaisante, ceci malgré les problèmes d’absence de locaux appropriés et de personnel.
A titre d’exemple, toutes les femmes conseillées (61) au mois de février 2003 ont été testées et sont revenues pour les résultats. Parmi celles-ci seulement une seule était séropositive (soit 1,6%) et elle a eu sa provision de névirapine. Malheureusement aucun partenaire des 61 femmes n’est venu au cours du même mois. En mars 2003, 53 femmes ont été conseillées, testées et ont récupéré leurs résultats. 3 femmes sur 53, étaient séropositives (soit 5,7%) et 3 partenaires (5,7%) étaient venus aussi se faire tester. Parmi ces trois couples, un des couples était discordant (33%).En 2004, au mois d’avril,68 femmes étaient venues en CPN,62 (91%) ont été conseillées et testées ; 58 sur 62 femmes conseillées sont revenues pour les résultats (soit 93,5%). 7 femmes sur 62 ont étaient positives au VIH (11%), 4 femmes sur 4 qui devaient avoir une provision de névirapine l’ont eu ( 100%) ; 27 partenaires sur 62 se sont faits tester (43,5%) et 2 couples sur 27 étaient discordants (7,4%).3 femmes ont accouché à la maternité mais provenaient des autres sites de dépistage du VIH ; leurs enfants ont eu leur doses de névirapine.
Au mois de Mai 2004, 104 femmes sur 120 nouvelles inscrites en CPN, ont été conseillées. 93 d’entre elles ont été testées (soit 89% des conseillées) ; 4 femmes sur 93 étaient séropositives (càd 4%). 35 partenaires des 93 femmes étaient venus se faire tester (37,6%), 4 des 35 partenaires étaient séropositifs (11%) et 2 couples sur 35 étaient discordants (5,5%).Au cours du même mois, nous attendions 2 femmes séropositives pour l’accouchement et elles sont venues (100%). Les mesures de prévention de la transmission mère- enfant ont été prises pour les deux.
Il se dégage de ces chiffres qu’il y a beaucoup à améliorer surtout l’adhésion des hommes dans le programme, l’écart entre femmes venues en CPN, femmes conseillées et femmes testées ; nous en sommes conscients mais les conditions de travail y sont pour beaucoup: cabinets de consultation utilisés par 2 services (Chirurgie et G.O), une seule conseillère, pas de matériel audiovisuel pour le site, salle de counselling inappropriée, etc.
Nous recommandons, si nous voulons améliorer la qualité de ce service de PTME au CHUB, une construction de salles de consultation propres au service de G.O avec au moins 2 salles appropriées de counselling, une salle pour IEC de groupe et augmenter le nombre de conseillers jusqu'à 2, au minimum, pour commencer.

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Cancers associés au VIH

L. Ngendahayo

La pandémie du SIDA entre dans sa vingt quatrième année et le nombre de personnes vivant avec le virus HIV ne cesse d’augmenter. Deux tiers de personnes infectées sont recensés en Afrique.
A la fin de l’année 2003, on estimait dans le monde entre 34,6 millions et 42,3 millions de personnes atteintes par l’infection à HIV. Plus de 20 millions sont décédés à cause du SIDA selon le rapport du Programme des Nations Unies sur HIV/SIDA (UNAIDS) de juillet 2004.
La situation épidémique diffère selon les pays africains avec des cas comme celui du Botswana où la prévalence chez les adultes est de 37,3%. Parmi les neufs pays les plus touchés dans le monde, huit sont situés en Afrique Sub Saharienne : Afrique du sud (5,3 millions), Nigeria (3,6 millions), Zimbabwe (1,8 millions), République Unie de Tanzanie.
La durée de l’infection sans le traitement prend entre 9 et 11 ans en moyenne avant le décès. Des espoirs sont fondés de prolonger la vie des personnes infectées avec l’avènement de la trithérapie active (HAART).
Chez les personnes atteintes du HIV/SIDA, les tumeurs malignes associées initialement reconnues par le CDC constituent le Sarcome de Kaposi (KS), les lymphomes malins non hodgkiniens, le cancer invasif du col utérin ainsi que le lymphome de Hodgkin.

L’objectif de la communication est de faire le point sur les facteurs qui expliquent la pathogenèse des tumeurs malignes chez les patients HIV/SIDA. Parmi lesquels les virus le Human Herpes Virus-8 (HIV-8) est à l’origine du KS ainsi que le rôle du virus d’Epstein Barr Virus dans le développement des lymphomes malins d’origine lymphocytaire B.
Les autres tumeurs malignes associées à l’infection à HIV sont le cancer du poumon, le cancer anal, les tumeurs des cellules germinales, les tumeurs mélaniques de la peau ainsi que le léiomyosarcomme chez l’enfant.
En l’absence de guidelines tirées de l’«evidence-based medecine », les approches thérapeutiques utilisées.
Enfin, les recommandations seront formulées sur le développement du traitement anticancéreux dans le pays.

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Pratiques actuelles dans les domaines du diagnostic et de la prescription d’antituberculeux chez les enfants dans les services de Pédiatrie du CHUB et du CHU/CHK

J.L. Nkurikiyinfura, C. Baribwira

En dépit des mesures de prévention et de traitement, la tuberculose demeure un problème majeur de santé publique dans les pays en voie de développement.
Le diagnostic de la tuberculose infantile est souvent un exercice difficile. Il repose plus souvent sur des arguments de présomption que sur des arguments de certitude.
Le traitement basé sur les tranches pondérales fait apparaître la possibilité de sous dosage des médicaments antituberculeux chez l’enfant.
Devant ces difficultés, notre étude s’est proposé de relever les critères cliniques, radiologiques et biologiques retenus pour débuter le traitement antituberculeux et de vérifier l’exactitude des doses prescrites aux enfants dans les services de Pédiatrie du C.H.U.B. et du C.H.U.K.
Notre travail est une étude rétrospective, descriptive et analytique sur une période de 3 ans et 5 mois (Janvier 2000 à Mai 2003) dans les services de Pédiatrie du C.H.U.K. et du C.H.U.B. Cette étude a porté sur les enfants traités pour tuberculose.

Notre travail a permis de retrouver 411 patients traités pour tuberculose avec une prédominance des patients âgés de moins de cinq ans (64,23%).Le sex ratio était de 1,322.
Dans le diagnostic de la tuberculose infantile, la présence des signes cliniques, la recherche d’une notion de contage, la radiographie pulmonaire et la bactériologie ont été les critères retenus chez respectivement 100%, 37,47%, 89,8% et 10,42% d’enfants.
La fièvre prolongée, la douleur thoracique et la prise pondérale insuffisante sous réhabilitation nutritionnelle ( dans les cas de malnutrition grave) ont été les symptômes statistiquement associés à une bactériologie positive.
Les anomalies de l’auscultation pulmonaire et les adénopathies périphériques ont été les signes physiques ayant une association significative avec la bactériologie positive.
Les signes radiologiques les plus associés à la bactériologie positive ont été les cavernes, les adénopathies associées aux opacités et les atélectasies.
L’Isoniazide a été l’unique médicament antituberculeux concerné par le sous dosage chez 24 patients (7,59%) selon le protocole en vigueur dans notre pays. Cependant, le sous dosage de l’Isoniazide et de la Rifampicine concerne respectivement 382 enfants (92,84%) et 29 enfants (7,03%) quand les doses prescrites sont confrontées au schéma thérapeutique de l’American Academic of Pediatrics.
57 enfants (13,87%) ont été perdus de vue et 30 patients (7,30%) sont décédés.
En conclusion, l’accessibilité des patients aux moyens de diagnostic paracliniques disponibles contribuerait à la résolution du défi diagnostic qu' est la tuberculose infantile.
Une plus grande attention devrait être réservée aux doses d’antituberculeux prescrites à l’enfant pour éviter le sous dosage de ces médicaments, facteur possible d' échecs thérapeutiques et de résistances particulièrement dans notre contexte de prévalence élevée de l ' infection à VIH.

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