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Editorial Janvier 2003 par Marc TWAGIRUMUKIZA

Rwanda : S.O.S. Moustiquaires imprégnées de pyréthrinoïdes !

Première cause de morbidité et de mortalité de tous les âges et de tous les temps au Rwanda, le paludisme est une érythrocytopathie parasitaire due à un hématozoaire du genre de Plasmodium.
Cette endémie parasitaire majeure est appelée paludisme (de palus = marais) ou malaria (= mauvais air).
De toutes les espèces de plasmodium, le Plasmodium falciparum est le plus redoutable car lui seul est capable d'entraîner l'accès palustre pernicieux.

Le vecteur de l'hématozoaire est un moustique femelle Culicidés de la sous-famille des Anophélinés (hématophage).
(Consultez la taxonomie du vecteur de paludisme)

Ce moustique femelle est donc connu sous le nom d'anophèle. Plusieurs espèces sont incriminées selon les régions.
(Consultez la liste non limitative des principaux vecteurs du paludisme par région)

Anopheles gambiae est le vecteur essentiel, sinon exclusif, du paludisme au Rwanda (S. Aldighiéri, comm. pers.).

Cependant, Jacques Brunhes et Coll. (Les anophèles de la région afro-tropicale, logiciel ORSTOM Ed., 1998) recensent 20 espèces anophéliennes différentes dans le pays :

  • Anopheles ardensis,
  • Anopheles christi,
  • Anopheles coustani,
  • Anopheles cydippis,
  • Anopheles demeilloni,
  • Anopheles funestus,
  • Anopheles gambiae s.l.,
  • Anopheles garnhami,
  • Anopheles gibbinsi,
  • Anopheles implexus,
  • Anopheles letabensis,
  • Anopheles marshalii,
  • Anopheles moucheti moucheti,
  • Anopheles natalensis,
  • Anopheles paludis,
  • Anopheles pharoensis,
  • Anopheles squamosus,
  • Anopheles tenebrosus,
  • Anopheles wellcomei s.l.
  • Anopheles ziemanni.

La répartition varie beaucoup avec la situation géo-climatique du Rwanda.
(Consultez les faciès épidémiologiques du paludisme au Rwanda)

Pour ce qui est de la situation épidémiologique du pays, le Rwanda se trouve dans la 3ème zone, c'est à dire une zone endémique où la chloroquino-résistance a été reconnue.
Ceci est une information capitale pour les voyageurs.
(Informations pour le voyageur concernant le paludisme au Rwanda)

La prise en charge de cette endémie se fonde essentiellement sur les volets curatifs et préventifs incluant aussi la chimioprophylaxie.
Le traitement curatif, dont les détails ne seront pas donnés ici de peur que cet édito ne constitue un outil à l'automédication, fait appel aux antipaludéens.

Il convient seulement de signaler que la politique nationale a institué depuis 2001 la bi-thérapie constituée de l'AMODIAQUINE + FANSIDAR pour le paludisme simple excluant ainsi la chloroquine dans les antipaludéens curatifs.

Ce traitement s'avère suffisamment efficace mais se heurte à une mauvaise compliance de la part des patients, aux mauvaises pratiques d'automédications et consultations tardives, aux recours aux guérisseurs traditionnels, etc.

Ainsi cette politique bien qu'efficace, n'a malheureusement pas fait perdre au paludisme sa première place dans la morbidité.
C'est pourquoi les moyens préventifs restent l'arme le plus efficace.

Ces mesures préventives comprennent :

  • Eloignement des étangs et eaux stagnantes autours des maisons
  • Lutte contre l'entrée des moustiques dans les maisons en fermant toutes les fenêtres le soir
  • Consultations précoces
  • Usages des moustiquaires imprégnées de pyréthrénoïdes ou autres insecticide rémanent.

De nombreuses études, on apprend le rôle non négligeable des moustiquaires imprégnés pour abaisser la morbidité due au paludisme par usages.

Au Rwanda des études sont en cours mais les constations sont plutôt en avance en ce qui concerne la nette diminutions de la morbidité.

Ceci a incité plus d'un dans la population à chercher à se procurer des moustiquaires, malheureusement les population rurales défavorisées n'ont pas accès à ces moustiquaires.
La situation économique du Rwanda, en particulier des populations rurales très reculées restent médiocres.
(Consultez les indices de développement du Rwanda)

En effet le coût d'une moustiquaire imprégnée est évalué à 2500 Frws/1 Moustiquaire et, s'il faut compter qu'il faut au moins 4 moustiquaire par famille, le prix s'élève à 10000 Frws (soit 19.57 USD à un taux de change du 10/01/2003 qui est de 1 USD = 511 Frws).
Alors que le revenu mensuel par habitant ne dépasse pas en général 1 USD.

La population souhaiterait voir les autres institutions et organismes internationaux tant gouvernementaux que non gouvernementaux s'impliquer dans l'accessibilité des moustiquaires.

Par là nous reconnaissons et remercions le PSI ( Population Service International) et le PNLP ( programme nationale de lutte contre le paludisme) pour leur efforts dans ce domaine.

C'est sur cet appel que nous vous fixons rendez-vous le mois prochain.

Butare le 14 janvier 2003 Marc TWAGIRUMUKIZA. twamarc@yahoo.fr

 

 
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