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Santé Rwanda

Editorial Janvier 2005 par le docteur Marc Twagirumukiza

Rwanda, Province de Cyangugu : la mortalité infantile maitrisée, mais des efforts restent à fournir…

La région sanitaire de Cyangugu compte 4 districts sanitaires. Chaque district est équipé d'un hôpital et on trouve 24 centres de santé dans tous ces districts.
Comme nous l’indique le reportage de Mr Didier SEMANYENZI (journaliste du journal hebdomadaire IMVAHO) la province connaît - comme ailleurs au Rwanda - le problème d’équipement et d’infrastructures sanitaires. Ainsi par exemple, les quatre centres de santé placés près des hôpitaux n'ont pas des chambres de maternité car les femmes se rendent directement à l'hôpital.
Souvent les consultations prénatales et l'accouchement se font au niveau des centres de santé. On fait recours aux hôpitaux en cas de complications ou d'autres problèmes. Ces informations reçues au niveau de la direction de santé à Cyangugu révèlent qu'aucun centre de santé n'est en mesure de faire des opérations chirurgicales liées à la maternité. Ceci revient à dire qu'ils sont sous-équipés en matériel et en personnel. Ce problème se retrouve également au niveau des quatre hôpitaux de Cyangugu à savoir Gihundwe, Mibirizi, Bushenge et Kibogora.
A certains endroits, on a pu s'assurer que les équipements et les matériels de base comme des gants, des pinces, des ciseaux,… sont là et en quantité suffisante. Quant aux équipements de spécialité à la maternité, ils sont insuffisants. On cite les couveuses et les ventouses qui ne sont pas en bon état et qui seraient insuffisantes en cas de plusieurs accouchements. Particulièrement à Cyangugu, les gynécologues sont absents et peu de médecins présents sont souvent obligés de mener les activités d'administration au niveau des districts sanitaires.
Parlant des femmes qui se rendent aux centres de santé et aux hôpitaux, le Directeur (a.i.) chargé de la santé, genre et affaires sociales, Mélan Mporanzi, affirme que leur nombre a évolué au cours de ces dernières années. Cette augmentation est aussi favorisée par la présence des mutuelles de santé. En effet, à Gihundwe où on a initié ces mutuelles, on a pu remarquer que le nombre de visites médicales a évolué durant les sept mois de lancement de ces mutuelles de santé. Avant, tant les femmes enceintes que d'autres malades n'avaient pas l'habitude de se rendre aux centres de santé en imitant leurs voisins congolais chez lesquels, la guérison traditionnelle est développée ; Ainsi . le nombre de consultations prénatales et d'accouchement à des centres de santé a évolué dans la province de Cyangugu.
Parlant encore du personnel médical intervenant au niveau des maternités, le Directeur Mporanzi trouve qu'il y en a en quatre catégories à Cyangugu. Il s'agit des infirmiers, des sages femmes, des accoucheuses traditionnelles et des médecins. Pour les sages femmes, il s'agit des infirmières spécialisées dans ce domaine et graduées au premier cycle de formation académique (A1). Elles sont aussi peu nombreuses à Cyangugu que les médecins. Quant aux accoucheuses traditionnelles, elles atteignent quelques centaines dans toute la province. Dans ces jours, la direction de santé appuyée par l'ONG "CARE" leur a réservé une formation pour qu'elles se spécialisent dans leurs activités. Elles vont également bénéficier des notions de base sur la transmission du VIH/SIDA de la mère à l'enfant.
Dans le souci de prévenir cette transmission, les techniques modernes ont été initiées dans cette province. Néanmoins, le dépistage volontaire (qui avance toutes les activités liées à cette prévention) n'est pas souvent bien accueilli dans les esprits des gens de la région. Ceci se remarque souvent chez les hommes qui manifestent une faible participation.
Si l'on veut évaluer l'évolution de la population en matière de la santé, particulièrement en ce qui concerne la maternité, on fait recours aux indicateurs sociaux comme le taux de mortalité infantile et le taux de mortalité maternelle. Le Directeur Mélan Mporanzi nous a révélé qu'en 2003, sur 5.351 naissances connues, 5177 n'ont connu aucun problème, 68 ont été réalisées difficilement, 21 enfants sont morts à la naissance et 85 autres étaient déjà morts. Il s'agit respectivement de 96.7%, 1.2%, 0.39% et 1.5%.
Pour cette année 2004, dans son premier trimestre, on a compté 1262 naissances réalisées sans difficultés, 11 réalisées avec des difficultés, 3 décès à la naissance et 19 morts "in utero" c'est à dire avant la naissance. La cause principale de ces derniers cas est le retard alors qu'en cas de décès à la naissance, c'est la fatigue. Quant aux décès maternels on a connu un cas l'année passée et un autre cette année au niveau des centres de santé et 18 cas dans les hôpitaux. Ces décès maternelles s'étendent sur la durée de la grossesse, en accouchement et même à une année après la naissance de l'enfant.
Dans les perspectives de la direction de santé pour améliorer les opérations chirurgicales liées à la maternité, on prévoit le recrutement du personnel qualifié dans ce domaine, la formation des accoucheuses traditionnelles et la maximisation du nombre des femmes enceintes qui se rendent à des hôpitaux et des centres de santé. Sur ce, l'ONG MEMISA/CORDAID qui appuie les institutions de santé dans la région, a prévu des motivations pour des cas d'accouchements enregistrés. Ces sommes allant de 2000 à 2200 frw au niveau des centres de santé et de 4000 à 6000 en cas de transfert aux hôpitaux, sont considérés comme des subventions pour motiver le personnel et décourager les naissances à domicile.
Comme dans cette province, une Association des Districts et des Villes pour l'Amélioration de la Santé, ADVAS, vient de voir le jour et on espère que ces problèmes liés à ce domaine seront résolus de plus en plus. La maternité devra y prendre place, étant donné que son niveau actuel n'est pas moindre.

Butare, ce 7 janvier 2005
par Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr

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