| Rwanda, Province de
Cyangugu : la mortalité infantile maitrisée,
mais des efforts restent à fournir…
La région sanitaire de Cyangugu compte 4 districts sanitaires.
Chaque district est équipé d'un hôpital et on
trouve 24 centres de santé dans tous ces districts.
Comme nous l’indique le reportage de Mr Didier SEMANYENZI
(journaliste du journal hebdomadaire IMVAHO) la province connaît
- comme ailleurs au Rwanda - le problème d’équipement
et d’infrastructures sanitaires. Ainsi par exemple, les quatre
centres de santé placés près des hôpitaux
n'ont pas des chambres de maternité car les femmes se rendent
directement à l'hôpital.
Souvent les consultations prénatales et l'accouchement se
font au niveau des centres de santé. On fait recours aux
hôpitaux en cas de complications ou d'autres problèmes.
Ces informations reçues au niveau de la direction de santé
à Cyangugu révèlent qu'aucun centre de santé
n'est en mesure de faire des opérations chirurgicales liées
à la maternité. Ceci revient à dire qu'ils
sont sous-équipés en matériel et en personnel.
Ce problème se retrouve également au niveau des quatre
hôpitaux de Cyangugu à savoir Gihundwe, Mibirizi, Bushenge
et Kibogora.
A certains endroits, on a pu s'assurer que les équipements
et les matériels de base comme des gants, des pinces, des
ciseaux,… sont là et en quantité suffisante.
Quant aux équipements de spécialité à
la maternité, ils sont insuffisants. On cite les couveuses
et les ventouses qui ne sont pas en bon état et qui seraient
insuffisantes en cas de plusieurs accouchements. Particulièrement
à Cyangugu, les gynécologues sont absents et peu de
médecins présents sont souvent obligés de mener
les activités d'administration au niveau des districts sanitaires.
Parlant des femmes qui se rendent aux centres de santé et
aux hôpitaux, le Directeur (a.i.) chargé de la santé,
genre et affaires sociales, Mélan Mporanzi, affirme que leur
nombre a évolué au cours de ces dernières années.
Cette augmentation est aussi favorisée par la présence
des mutuelles de santé. En effet, à Gihundwe où
on a initié ces mutuelles, on a pu remarquer que le nombre
de visites médicales a évolué durant les sept
mois de lancement de ces mutuelles de santé. Avant, tant
les femmes enceintes que d'autres malades n'avaient pas l'habitude
de se rendre aux centres de santé en imitant leurs voisins
congolais chez lesquels, la guérison traditionnelle est développée
; Ainsi . le nombre de consultations prénatales et d'accouchement
à des centres de santé a évolué dans
la province de Cyangugu.
Parlant encore du personnel médical intervenant au niveau
des maternités, le Directeur Mporanzi trouve qu'il y en a
en quatre catégories à Cyangugu. Il s'agit des infirmiers,
des sages femmes, des accoucheuses traditionnelles et des médecins.
Pour les sages femmes, il s'agit des infirmières spécialisées
dans ce domaine et graduées au premier cycle de formation
académique (A1). Elles sont aussi peu nombreuses à
Cyangugu que les médecins. Quant aux accoucheuses traditionnelles,
elles atteignent quelques centaines dans toute la province. Dans
ces jours, la direction de santé appuyée par l'ONG
"CARE" leur a réservé une formation pour
qu'elles se spécialisent dans leurs activités. Elles
vont également bénéficier des notions de base
sur la transmission du VIH/SIDA de la mère à l'enfant.
Dans le souci de prévenir cette transmission, les techniques
modernes ont été initiées dans cette province.
Néanmoins, le dépistage volontaire (qui avance toutes
les activités liées à cette prévention)
n'est pas souvent bien accueilli dans les esprits des gens de la
région. Ceci se remarque souvent chez les hommes qui manifestent
une faible participation.
Si l'on veut évaluer l'évolution de la population
en matière de la santé, particulièrement en
ce qui concerne la maternité, on fait recours aux indicateurs
sociaux comme le taux de mortalité infantile et le taux de
mortalité maternelle. Le Directeur Mélan Mporanzi
nous a révélé qu'en 2003, sur 5.351 naissances
connues, 5177 n'ont connu aucun problème, 68 ont été
réalisées difficilement, 21 enfants sont morts à
la naissance et 85 autres étaient déjà morts.
Il s'agit respectivement de 96.7%, 1.2%, 0.39% et 1.5%.
Pour cette année 2004, dans son premier trimestre, on a compté
1262 naissances réalisées sans difficultés,
11 réalisées avec des difficultés, 3 décès
à la naissance et 19 morts "in utero" c'est à
dire avant la naissance. La cause principale de ces derniers cas
est le retard alors qu'en cas de décès à la
naissance, c'est la fatigue. Quant aux décès maternels
on a connu un cas l'année passée et un autre cette
année au niveau des centres de santé et 18 cas dans
les hôpitaux. Ces décès maternelles s'étendent
sur la durée de la grossesse, en accouchement et même
à une année après la naissance de l'enfant.
Dans les perspectives de la direction de santé pour améliorer
les opérations chirurgicales liées à la maternité,
on prévoit le recrutement du personnel qualifié dans
ce domaine, la formation des accoucheuses traditionnelles et la
maximisation du nombre des femmes enceintes qui se rendent à
des hôpitaux et des centres de santé. Sur ce, l'ONG
MEMISA/CORDAID qui appuie les institutions de santé dans
la région, a prévu des motivations pour des cas d'accouchements
enregistrés. Ces sommes allant de 2000 à 2200 frw
au niveau des centres de santé et de 4000 à 6000 en
cas de transfert aux hôpitaux, sont considérés
comme des subventions pour motiver le personnel et décourager
les naissances à domicile.
Comme dans cette province, une Association des Districts et des
Villes pour l'Amélioration de la Santé, ADVAS, vient
de voir le jour et on espère que ces problèmes liés
à ce domaine seront résolus de plus en plus. La maternité
devra y prendre place, étant donné que son niveau
actuel n'est pas moindre.
Butare, ce 7 janvier 2005
par Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr |