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Une page sur le paludisme : les efforts de lutte…
Une conférence panafricaine sur le paludisme s'est ouverte le 14 novembre dernier à Yaoundé en présence de 1.500 chercheurs, responsables et experts qui ont fait le point sur la lutte contre la maladie.
Ces spécialistes de 65 pays, ont fait le point sur la réponse mondiale actuelle de lutte contre le paludisme et les actions requises pour les dix prochaines années, afin de réduire les décès dus à la maladie selon les objectifs du millénaire.
L'introduction de nouvelles stratégies basées sur des traitements plus performants, association de deux médicaments pour le traitement curatif et traitement préventif plus actif chez la femme enceinte, et la diffusion à large échelle des moustiquaires imprégnées d'insecticide ont fait l'objet de communications montrant qu'une étape nouvelle du contrôle du paludisme est atteinte. De plus les financements rendus disponibles par le fonds mondial contre les trois maladies (VIH/SIDA, Tuberculose et Paludisme) permettent de mener des actions de grande envergure notamment au Cameroun.
Cette conférence panafricaine de l'Initiative multilatérale contre le paludisme (MIM), a été immédiatement suivie, les 18 et 19 novembre, du 5e Forum du partenariat "Faire reculer le paludisme" (Rollback Malaria). Créé en 1998 par l'OMS, l'Unicef, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale, "Faire reculer le paludisme" regroupe les gouvernements des pays affectés par la maladie, des bailleurs de fonds, des ONG, des instituts de recherches et des universités.
Les partenaires et les gouvernements, dans l'appel de Yaoundé, produit à l'issue du forum, se sont engagés à appliquer pour le paludisme, comme pour le Sida, les trois principes: un seul programme, une seule instance de coordination et un seul système de suivi évaluation, actant que l'ampleur des financements devrait permettre d'aboutir aux objectifs ciblés.
L'Initiative Multilatérale sur le Paludisme (Multilateral Initiative on Malaria/MIM) (www.mim.su.se), lancée à Dakar, au Sénégal en 1997, est une alliance internationale d'organismes et d'individus cherchant à maximiser l'impact de la recherche scientifique sur le paludisme en Afrique, afin de s'assurer que les découvertes des recherches rapportent des avantages pratiques au niveau de la santé. Le Secrétariat de la MIM a été chapeauté antérieurement, pour des périodes de trois ans, par le Wellcome Trust (R-U) et le Fogarty International Center (FIC) de l'Institut National de la Santé des États-Unis (National Institutes of Health/NIH), (États-Unis). En 2003, le Secrétariat a déménagé à Stockholm, en Suède, où il est chapeauté par l'Institut Karolinska et l'Université de Stockholm.
Prenant parole dans la soirée du 18 novembre 2005 – lors de la clôture, Andreas Heddini, Coordinateur du Secrétariat de la MIM, a déclaré : « Nous sommes très satisfaits et fiers que cette Conférence ait été tellement réussie. Comptant le nombre de participants, la Conférence de cette année est la plus grande Conférence sur le paludisme dans l’histoire. Il y a eu plusieurs présentations intéressantes des chercheurs scientifiques pendant la Conférence et nous sommes très contents qu’autant d’entre eux, montrant des résultats extraordinaires, soient d’Afrique. Après avoir eu cette réussite du point de vue scientifique, je suis heureux de voir que la Conférence de la MIM transcende en 5e Forum mondial du Partenariat Faire reculer le paludisme, fortifiant le lien entre la recherche sur le paludisme et le contrôle du paludisme ».
On se souviendra que – dans cette rubrique d’effort dans la lutte contre le paludisme - les États-Unis ainsi que d'autres pays avaient soumis une résolution portant sur le paludisme à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, qui l'a adoptée le 28 décembre 2005.
Dans cette résolution, l'Assemblée générale demande instamment à tous les États membres de l'ONU touchés par le paludisme de renforcer leur politique nationale de prévention de sorte que 80 % de ceux qui risquent de contracter cette maladie ou de ceux qui en sont déjà atteints puissent bénéficier de mesures importantes d'ici à 2010. En outre, elle demande à toute la communauté internationale de poursuivre ses efforts en vue de réduire de 75 % la charge que constitue le paludisme d'ici à 2015.
Cette maladie, qui est l'une des maladies infectieuses les plus dévastatrices dans certaines parties du monde, est aussi une des principales causes de décès dans de nombreux pays en développement.
Faut-il encore ajouter que depuis le 15 décembre la maison blanche a déclaré que - Quelque 500.000 Angolais seront les premiers bénéficiaires de l'aide accordée dans le cadre de l'initiative du président en faveur de la lutte contre le paludisme. En Angola, on estime que près de trois millions et demi de personnes font un épisode de malaria et que parmi 20.000 personnes meurent chaque année de malaria.
Annoncée le 30 juin 2005, cette initiative américaine vise à réduire de 50 % le nombre des décès causés par le paludisme dans 15 pays africains d'ici à la fin de 2010. L'Angola, la Tanzanie et l'Ouganda seront les premiers pays à bénéficier de cette nouvelle aide.
Le poids de la maladie en Afrique… les espoirs
Selon les données OMS (2004), chaque année, on recense dans le monde entre 300 et 500 millions de cas de paludisme et la maladie tue plus d’un million de personnes. Plus de 90 % des décès liés au paludisme concernent l’Afrique subsaharienne. Environ 3 000 personnes meurent des suites du paludisme chaque jour, et la plupart sont des enfants de moins de 5 ans. Dans les pays à forte endémie, le paludisme maternel est un facteur important de petit poids de naissance – l’une des principales causes de mortalité néonatale.
Les femmes vivant dans des pays d’endémie courent quatre fois plus de risques de présenter des symptômes d’une atteinte de paludisme lorsqu’elles sont enceintes.

Les deux dernières décennies ont vu une hausse de la morbidité et de la mortalité liées au paludisme, due à divers facteurs tels que la détérioration des systèmes de santé, une résistance croissante aux médicaments et aux insecticides, des changements climatiques, des troubles civils, les migrations humaines et les déplacements de population.
La progression rapide de la résistance aux médicaments antipaludiques, associée à une pauvreté généralisée, à des infrastructures sanitaires déficientes et, dans certains pays, à des troubles civils, explique pourquoi la mortalité due au paludisme continue d’augmenter en Afrique. Nous croyons que la grande majorité de ces décès sont évitables.
L’OMS préconise une approche en quatre volets, s’appuyant sur des interventions efficaces et peu coûteuses, pour réduire la mortalité et la morbidité à travers un meilleur travail de prévention et de prise en charge. Ces quatre volets sont les suivants :
-accès rapide à un traitement, en particulier pour les jeunes enfants ;
-prévention et lutte contre le paludisme chez la femme enceinte (par des traitements préventifs -intermittents et la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide) ;
-lutte contre les vecteurs par l’utilisation de moustiquaires imprégnées, surveillance et endiguement des épidémies.
Actuellement un bon nombre de pays africains attendent avec impatience voir leur protocole de traitement national changer au lendemain de la dite conférence panafricaine sur le paludisme qui s'est close le 18 novembre 2005 à Yaoundé.
Fait à Gand, ce 12 janvier 2006
Dr Marc TWAGIRUMUKIZA
twamarc@yahoo.fr
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