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Rwanda : souvenez-vous, la lèpre est encore là
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Sans doute l'un des maux aussi vieux que l'humanité, la lèpre n'a
pas totalement disparu sur la terre : les 50èmes journées mondiales
dédiées à la maladie ont rendues des rapports étonnants, surtout
dans les pays du tiers monde dont le notre, le Rwanda.
Le programme national intégré de lutte contre la tuberculose et
la lèpre au Rwanda (PNILP) rapporte 6 nouveaux cas, récemment recensés
dans le districts de Cyangungu (5 cas) et Kibuye (1 cas). Ceci porte
à 15 le nombre total des cas jusque-là recensés au Rwanda.
Avant de survoler la région de grands lacs où sévit encore particulièrement
la maladie de la lèpre, revoyons la maladie dans son ensemble sans
prétendre, néanmoins, constituer avec cet éditorial des notes de
cours.
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La lèpre nous l'avons dit, est l'un des plus vieux maux de l'humanité,
au même titre, sinon plus, que la tuberculose (surtout les localisations
typique comme le mal de Pott), le paludisme, le pian et autres.
Son histoire remonte aux temps ancien où, dans les sociétés, la
lèpre était considérée comme une malédiction de l'éternel.
Au temps de Jésus Christ, nous décrit bien la bible, la lèpre était
l'image du péché (Bible selon les textes de Louis Segond , Lévetiques
: 13,1-4).
Il s'agissait de la maladie appelée en hébreux Sara'ath, mais il
convient de signaler que les auteurs modernes dont Sir Risdom Bennet
(Diseases of the bible, pp 15 - 52 ) discutent pour savoir si le
terme "lèpre" de la bible désigne bel et bien la hansénose. (Le
nouveau dictionnaire biblique, Editions Emmaüs).
C'est une maladie infectieuse endémique due au Bacille de Hansen,
à tropisme cutanéo-muqueux et nerveux.
La dissémination se fait par des formes multi bacillaires, bacillifères
mais les modalités exactes en sont mal connues.
La transmission se ferait probablement par voie aérienne supérieure
et par voie percutanée, à travers la peau lésée.
La transmission congénitale est aussi possible lorsque les mères
sont atteintes d'une forme lépromateuse multi bacillaire.
La plupart des malades se contaminent dans l'enfance bien que la
maladie se déclare à l'age adulte.
L'expression clinique et para-clinique de la maladie de Hansen
est le reflet de la réponse immunitaire vis à vis du mycobactérium
leprae. De cette réponse immunitaire, la physiopathologie de la
maladie ouvre un large spectre, où tous les aspects sont possibles.
Aussi a t'on classé la maladie différemment : des formes pauci bacillaires
aux formes multi bacillaires (classification de Ridley et Jopling
-1962, et OMS - 1982).
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La découverte de la sulfone-mère (DDS, ou 4-4-diamino-diphenyl
sulfone ou Dapsone®) en 1943 ouvre une ère nouvelle dans la prise
en charge de la maladie par la chimiothérapie.
La maladie serait originaire de l'inde selon Marc GENTILINI (Maladies
tropicales, M. GENTILINI, p 289).
La maladie frappe le pays indien vers la VIème siècle avant Jésus
Christ. Elle frappe le monde entier par endémo-épidémiologie, surtout
les zones tropicales : par exemple en Amérique latine et aux Antilles,
mais son incidence tend actuellement à baisser.
L'Afrique tropicale et subtropicale est largement atteinte avec
des zones où la taux de prévalence est parfois supérieur à 40 %.
Aussi 13% des malades se recensent en Afrique.
Au Rwanda la maladie à ravagé le pays à l'époque précoloniale et
les décès se comptaient par milliers, surtout liés à son caractère
contagieux mais aussi à l'absence des médicaments.
La situation perdure même à l'époque coloniale (qui s'étend de 1900
à 1962) et à l'époque post coloniale avec l'arrivée de la médecine
moderne.
Des cas sporadiques continuent à être recensés dans le pays.
Il faut surtout signaler que des cas se recensent dans les zones
frontalieres avec la ceinture d'atteinte de la région des grands
lacs, constituée par les pays autours du lac Tanganyika et Kivu
en partie : il s'agit d'une partie du République démocratique du
Congo, une partie du Burundi et du Rwanda.
Actuellement le PNILP insiste sur la détection précoce des symptômes
de la maladie pour une consultation adéquate et la limitation de
la contagion.
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