| Les
mutuelles de santé au Rwanda : un espoir de succès
Les mutuelles de santé communautaires
sont de plus en plus employées pour financer des services
de santé en Afrique sous-saharien (Bennett, Health Policy
and Planning 19, 147–158; 2004).
L'intérêt croissant pour ce mécanisme
de financement provient d'un certain nombre de raisons. D'abord,
beaucoup de pays manquent de la capacité de prélever
les recettes fiscales suffisantes de la population afin de financer
un système fiable de santé.
Les arrangements d'assurance offrent un canal alternatif pour mobiliser
les ressources financières. En second lieu, les arrangements
de mutuelles de santé communautaires peuvent créer
un marché intérieur dans le système de santé
et favoriser une approche client-orientée, autorisant finalement
les clients (World Development Report, 2004) pour s'occuper de la
qualité du soin et pour influencer la livraison de service
de santé pour satisfaire leurs propres besoins (OMS 2004).
En plus, en raison des buts de développement de millénium,
des issues de santé sont accordées.
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Photo : Copyright ©
ORINFOR 2007, la Nouvelle Rélève No 608 du 12
au 18 Fevrier 2007 |
Une priorité plus élevée par
des décisionnaires et des manières innovatrices sont
cherchées de prolonger l'assurance d'assurance médicale
maladie au delà du secteur formel.
Les déclarations récentes de l'Assemblée
de santé du monde (World Health Assembly, 2005) ont renforcé
l'exécution des arrangements de Mutuelles de Santé
Communautaires.
Des schémas d'assurance maladie, basés
sur la communauté ont été instaurés
au Rwanda en 1999 et couvrent en ce moment 27% de la population.
En général ces mutuelles prennent en charge le paquet
minimum d’activités complet offert au niveau des centres
de santé.
À l’hôpital de district elles
couvrent : la consultation chez un médecin, l’hospitalisation,
les accouchements dystociques, les césariennes et la prise
en charge du paludisme grave. Pour bénéficier de ces
soins une cotisation de 7,9 $ EU ($ des États-Unis) par an
pour une famille de sept personnes est demandée, puis 1,5
$ EU par membre additionnel et 5,7 $ EU pour un célibataire.
Le ticket modérateur est de 0,3 $ EU pour chaque épisode
de maladie et la période d’attente d’un mois
avant de bénéficier des avantages du système
de mutualisation
Il convient néanmoins de signaler qu’à
cause de la pauvreté très étendue, le degré
auquel les couches pauvres de la population peuvent contribuer à
ce système n'est pas clair.
Une étude a investigué le niveau auquel la population
rwandaise peut contribuer financièrement pour l'obtention
d'une assurance médicale. Dans cette étude”Intitulé
: “Les seuils de l'assurance maladie au Rwanda : Qui paie
quoi et combien ?” de Jean-Olivier Schmidt, Jean K. Mayindo,
Andreas Kalk; 2006, les auteurs ont exploré de façon
plus spécifique les relations entre mobilisation de ressources
pour le système de santé et l'habilité à
procurer une assurance de santé basée sur la communauté
pour toutes les couches socio-économiques.
Les données de six enquêtes de familles
ont été analysées et ont révélé
un profile consistant : les objectifs pour maximiser les revenus
de la santé et pour maximiser la participation à une
assurance maladie basée sur la communauté s'excluent
mutuellement. Cependant, les 3/4 de la population rwandaise avec
le niveau de vie le plus élevé sont capables de contribuer
pour 1 dollar US par capital par an. Afin de pouvoir étendre
la couverture d'assurance au quart restant de la population la plus
pauvre, un subside équivalent devrait être considéré
pour les années à venir.
C'est pour débattre de ce nouveau défis
qu’en collaboration avec le Gouvernement rwandais, la Rwandaise
d’Assurance Maladie (RAMA) vient d’organiser une conférence
internationale articulée sur l’assurance maladie.
Ce 06 février 2007, à l’Hôtel
des Mille Collines à Kigali, les délégués
de la Fédération des Mutualités Socialistes
Syndicales Belges, ont eu des entretiens avec les différents
représentants des institutions rwandaises tant publiques
que privés, ayant l’assurance maladie dans leurs attributions.
Lors de l’ouverture de cette conférence,
le Ministre rwandais des Finances et de la Planification Economique,
M. James Musoni, s’est réjouit de cette activité
qui devrait enrichir des connaissances aux acteurs rwandais dans
le domaine des assurances. En essayant de donner l’image des
activités d’assurance maladie au Rwanda, le président
de la Commission Nationale des d’Assurance- CNA, M. François
Xavier Ngarambe, a reconnu que l’assurance maladie reste à
un stade embryonnaire. En effet, le Rwanda a connu pour la première
fois une institution d’assurance au cours des années
post-indépendance. Etant qu’une institution publique,
cette compagnie ne s’est limitée que sur l’assurance
des personnes et leurs biens meubles. Elle a opéré
durant presque deux décennies en monopole pour avoir des
concurrents qui ne s’intéressaient qu’à
des produits identiques.
Vers la fin du 20 ème siècle et au
début du 21 ème siècle, les entreprises internationales
d’assurance maladie ont gagné le Rwanda. En 2001, la
RAMA a vu le jour. Celle-ci a démarré ses activités
en rendant ses services aux agents du secteur public pour atteindre
plus tard, les acteurs des institutions privées. Les statistiques
au niveau de la RAMA montrent que les fonctionnaires publics se
réservent la majorité à 77% suivis des établissements
paraétatiques atteignant 29% et enfin, des institutions privées
qui n’ont que 4%.
D’après François-Xavier Ngarambe,
la situation actuelle des institutions d’assurance au Rwanda
contribue faiblement au Produit Intérieur Brut (PIB) par
rapport aux autres pays de la sous région. Sa contribution
est de 0,07% reste bas contre ceux des autres pays comme le Kenya
ou la Zimbabwe qui atteignent 2%. A noter que le taux d’adhésion
à l’assurance maladie au Rwanda s’élève
actuellement à 75%.
En parlant des réalisations en matière
de l’assurance maladie au Rwanda, les différents orateurs
lors de cette conférence, se sont réjouis de l’étape
franchie dans un laps de temps. Actuellement, trois institutions
d’assurance purement maladie sont opérationnelles dans
le pays à savoir la RAMA, MMI (Military Medical Insurance
) et la Mutuelle de Santé. Dans le cadre de renforcer les
activités à ces institutions, le ministre James Musoni
a révélé que le gouvernement rwandais a l’ambition
de combiner les activités de ces institutions où le
Rwanda jouira d’une seule compagnie d’assurance maladie.
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| Docteur Innocent Gakwaya. Photo : Copyright
© ORINFOR 2007, la Nouvelle Rélève No 608
du 12 au 18 Fevrier 2007 |
Le Directeur Général de la RAMA (photo),
le Docteur Innocent Gakwaya, a aussi souligné l’importance
de cette activité, car le désordre sera combattu.
Il répondait en fait à la question liée aux
plaintes des adhérents à la RAMA qui contestent de
régler les frais d’assurance maladie doublement ; tantôt
à la RAMA tantôt aux Mutuelles de Santé dans
leurs villages respectifs.
Etant donné que le Rwanda jouit actuellement d’une
législation en matière des assurances maladie, cette
conférence a été une occasion d’échanger
les idées pour améliorer ce service au Rwanda. Les
pas déjà franchis semblent prometteurs mais toutefois,
la qualité prime comme le stipule le Directeur Général
de la RAMA : « L’idéal dans ces opérations
est d’atteindre le maximum de la population pour leur rendre
des services de qualité. En matière des assurances
maladies, la qualité est de garantir tous les soins médicaux
à un adhérent et à ses dépendants ».
Si on revient sur les mutuelles communautaires, voici jusqu’en
2002, une carte montrant l’adhésion aux mutuelles de
santé :
Pour conclure, au Rwanda comme dans la plupart des pays africains
au sud du Sahara, les populations des zones rurales, périurbaines
et urbaines ont difficilement accès, d’une part, aux
centres de santé de référence modernes, localisés
généralement dans les métropoles et dans les
grandes villes et d’autre part à certains des types
de services et soins médicaux et ceci à cause de leur
pouvoir d’achat faible et niveau de vie bas.
Devenu conscient de leur vulnérabilité et de la précarité
de leur situation, certaines communautés villageoises et
périurbaines ont commencé à s’organiser
et créent soit des caisses d’épargne et crédit,
soit des mutuelles de santé soit enfin couplent les différents
types d’organisations dans leur stratégie de développement.
Le Ministère de la santé a épaulé
cette initiative en créant récemment une politique
de mutuelles de sante communautaire couvrant tout le pays. Néanmoins,
bien qu’un espoir de succès est réel, des efforts
restent à fournir tant en ressources humaines compétentes
en gestion, qu’en aide financière.
Dr Marc Twagirumukiza
Gand, ce 25 février 2007
twamarc@yahoo.fr
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