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La maladie
La tuberculose (TB) est une maladie infectieuse causée par une
bacille Mycobacterium tuberculosis. La transmission se fait par
l'intermédiaire des gouttelettes infectieuses issues d'une personne
infectée par la tuberculose pulmonaire ouverte et transportées par
l'air. Le risque de contamination dépend de la sensibilité individuelle
et la durée d'exposition aux dites gouttelettes. L'individu contaminé
peut le rester plusieurs années et même sa vie entière. On
estime que environ 90% de personnes infectées par M.tuberculosis
si elles ne sont pas VIH positives ne développent pas la
tuberculose.
La tuberculose constitue un problème majeur de santé publique dans
le monde. On estime qu'aujourd'hui il y a environ 100 millions de
cas de tuberculose à travers le monde, avec 9 - 10 millions de cas
qui s'ajoutent chaque année (1). Dans les pays en voie de développement,
la maladie s'avère parmi les plus meurtrières pour les adultes.
C'est en effet dans ces pays où 95% de tous les cas de TB sont diagnostiqués
et 98% de décès enregistrés. Elle devient un handicap pour ces pays
à faibles revenus du fait qu'elle affecte, dans environ 75% de cas,
des personnes économiquement actifs (15 - 45 ans). Le problème s'est
compliqué ces derniers temps par l'avènement du SIDA. L'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS) estime 90% des 30 millions de VIH séropositives
se trouvent dans les pays en voie de développement. Un tiers
sont infectés par M. tuberculosis, la majeure partie (~70%) vivent
en Afrique sub-saharienne. En effet la co-infection VIH/TB varie
entre 30 et 60% dans nos pays sub-sahariens (2).
Traitement et problème chimiothérapeutique
Le traitement de la tuberculose repose sur la polychimiothérapie.
Les médicaments de première ligne étant la rifampicine (R), l'isoniazide
(H), la pyrazinamide (Z) et l'ethambutol (E). Le traitement se fait
en deux phases dites phase initiale de traitement intensif (environ
2 mois) et phase de continuation (entre 4 et six mois). Ces médicaments
ont été longtemps utilisés séparément. Le malade devait
prendre entre 9 et 16 comprimés par jour pendant les deux mois de
la phase initiale suivis de 3 - 9 comprimés par jour pendant 4 à
6 mois de phase de continuation. Il y a eu beaucoup de cas de résistance
qui seraient due au fait que ces médicaments étaient mal prescrits
et surtout mal pris suite à leur nombre.
L'OMS et l'Union Internationale Contre la Tuberculose et les Maladies
Respiratoires (UICTMR) avec leurs partenaires ont alors recommandé
l'usage des combinaisons à doses fixes (CDF). Actuellement un certain
nombre de ces combinaisons sont employés : RH, RHZ, RHZE… dans les
programmes nationales de lutte contre la tuberculose. Cependant,
la variable et faible biodisponibilité de la rifampicine en présence
de l'isoniazide a été rapportée comme étant à l'origine des résistances
qui sont survenues suite à l'usage de ces combinaisons. Dans une
étude in vitro réalisée en 1999, Shishoo et col. rapportent que
en milieu acide la rifampicine se décomposait à environ 7% dans
45 minutes, alors que cette décomposition était de l'ordre de 23%
en présence d'isoniazide. Le mécanisme qui expliquerait
cette décomposition est la formation du 3-formylrifampicine SV,
un produit insoluble et peu absorbable (3). Alors seuls les 77%
seraient disponibles pour l'organisme. Suite aux procédures de fabrication
et les conditions de stockage et de transport, il est fort probable
que les dits 77% ne soient même pas atteints, la décomposition pouvant
aller jusqu'à 60% en cas d'exposition aux conditions climatiques
de hautes températures et humidité (4) (cas du climat tropical).
Dans le cas de la combinaison RHZE, les comprimés doivent faire
l'objet d'une attention particulière suite à l'humidité que l'ethambutol,
étant hygroscopique, peut entraîner au sein de la formulation
(5). Alors l'OMS / UICTMR ont recommandé que pour les combinaisons
contenant la rifampicine, seuls ceux dont la biodisponibilité de
la rifampicine a été démontrée par les études sur les volontaires
sains peuvent accéder au marché. Les services nationaux en charge
de l'achat des antituberculeux sont tenus à inclure cette clause
dans les termes de contrat d'achat. Le fournisseur doit s'engager
à soumettre une déclaration précisant que depuis la réalisation
du dernier test de bioéquivalence de la rifampicine, l'origine et
la nature des matières premières sont toujours les mêmes, que les
méthodes de fabrication n'ont pas changé et que les tests
de dissolution ont été réalisés à chaque lot successif, et que les
résultats sont satisfaisants (si demandés il doit les fournir)(6).
Cependant malgré cette interpellation, les études effectuée sur
les antituberculeux utilisés sur le marché ont montré que certains
ne sont pas conformes aux normes de l'OMS / UICTMR matière de bioéquivalence
(7).
Conclusion
Les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose doivent
faire attention quant au choix des fournisseurs, tenir compte des
exigences de l'OMS / UICTMR et rester à la page pour d'éventuelles
découvertes sur les formulations réduisant au minimum ces risques
ci-haut évoqués.
Références
1. D.A. Ahlburg (2000) The economic impacts of tuberculosis : stop
TB initiative 2000 series. WHO/CDS/STB/2000.5. WHO, Geneva.
2. Ministère rwandais de la Santé, Fondation Damien (2002) Manuel
technique de la tuberculose.
3. C.J. Shishoo, S.A Shah, I.S. Rathod, S.S. Savale, J.S. Kotecha,
P.B. Shah (1999) Stability of rifampicin in dissolution medium in
presence of isoniazid. Int j pharmaceutics 190 : 109-123.
4. S.Singh, B.Mohan (2003) A pilot stability study on four-drug
fixed-dose combination anti-tuberculosis products. Int j tuberc
lung dis 7(3) : 298-303.
5. S.Singh, B.Bhutani, T.T.Mariappan, Harpinder Kaur, M.Bajaj, S.P.Pakhale
(2002) Behaviuor uptake of moisture by drugs and excipients under
accelerated conditions of temperature and humidity in the absence
and presence of light. 1. Pure anti-tuberculosis drugs and their
combinations. Int j pharmaceutics 245 : 37 - 44.
6. A.Treburcq, C.Rambert (2001) A guide for the procurement of anti-tuberculosis
drugs pp 9-10.
7. G.Pillai, P.B. Fourie, N.Padatchi, P.C.Onyebujoh, H.Mclleron,
P.J.Smith, G.Gabriels (1999) Recent bioequivalence studies on FDC
anti-tuberculosis drug formulations available on the global market.
Int j tuberc lung dis 3(11) : S 309-S316.
Par Pierre Claver KAYUMBA, MSc pharm.
Lab of pharmaceutical technology Gent university 9000 Gent - Belgium
Tel +32(0) 474 380 934 - e-mail : pierre.kayumba@ugent.be
Transmis, le 10 mars 2004
par Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr
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