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En effet si l'on demandait à un médecin de définir la douleur sans
avoir recours aux termes techniques il commencerait par cette définition
simple mais riche : " c'est la plainte majeure qu'entendent mes
oreilles du matin au soir ".
La douleur est quelques fois ambiguë, son ambiguïté repose sur sa
subjectivité : Elle est plus souvent mal expliquée, mal localisée
souvent même simulée ce qui rend encore plus grande sa complexité.
Ensuite la douleur localisée peut relever de plusieurs affections
organiques, sans oublier qu'il est souvent difficile de trouver
sa cause. On dira alors qu'il y a des douleurs sine materia, c'est-à-dire
dont la cause n'est peut-être pas absente mais difficile à trouver,
et il existe des pathologies indolores.
Devant cette problématique de la douleur, les scientifiques, médecins
ou non, se sont attelés à la définition quantitative de la douleur,
ipso facto à son traitement et à sa surveillance.
Nous essayons dans cette édito, de vous renvoyer à des liens et
références utiles plutôt que chercher à être exhaustifs ou à constituer
des notes de cours pour nos lecteurs, étudiants ou non.
Cet éditorial veut ainsi être, un bâton de tambour pour inciter
encore une fois nos lecteurs à réfléchir sur le rôle de tout un
chacun dans la prise en charge de la douleur.
Commençons par définir la douleur et pour ce faire référons-nous
à cette définition donné par ADEMA (association pour le développement
de l'enseignement médical par audiovisuel) fournie sur le site www.douleur.com.fr/dfinitio.htm.
"
Il s'agit de sensation et d'émotion désagréables, associées à
des lésions présentes ou potentielles. La douleur dépend à la fois
d'une sensation, perception d'un stimulus algogène, et d'une expérience
affective, c'est à dire un sentiment d'inconfort responsable de
réactions variables selon les individus.
· Douleur aiguë :Il s'agit d'un symptôme à considérer en tant que
signal d'alarme, comme une brûlure.
· Douleur chronique : dans ce cas la douleur persiste au-delà de
3 à 6 mois, et il s'agit alors d'un syndrome lié à une pathologie
évolutive, comme le cancer et le SIDA ou à une pathologie séquellaire
comme les lombalgies ".
Pour la quantification de la douleur, un certain nombre de scores
ont été définis, dont certains offrent l'avantage d'exclure des
simulations en tenant compte du faciès.
L'évaluation de la douleur : Elle est relativement facile chez
l'adulte et le grand enfant. Il existe deux méthodes utilisables
en pratique quotidienne : Elles sont basées sur l'auto-évaluation
de la douleur par le patient. L'avantage de ces méthodes est de
permettre de prendre en compte l'ensemble du vécu douloureux du
patient.
L ' EVS ou Echelle Verbale Simple : Cette échelle est cotée de 0
à 3. On demande au patient de quantifier sa douleur en employant
des mots précis.
L ' EVA ou Echelle Visuelle Analogique Il s'agit d'une méthode d'auto-évaluation
de la douleur faisant appel à une réglette comportant deux faces.
On présente la réglette au patient qui indique avec le curseur l'intensité
de sa douleur, puis on lit au verso la valeur chiffrée indiquée
par le curseur qui est cotée de 0 à 10 ou de 0 à 100.
Echelle DOLOPLUS - Evaluation comportementale de la douleur chez
la personne âgée Celui-ci inclut le retentissement somatique, psychomoteur
et psychosocial.
D'autres échelles sont disponibles, comme l'échelle numérique (EN
) et des échelles comportementales de grande utilité lorsque le
rapport verbal est difficile à recueillir (réveil post- anesthésique,
accouchement,…)
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Il y aussi les QUESTIONNAIRES DE QUALIFICATIFS : comme Mc Gill
Pain Questionnaire (MPQ) , le QDSA (Questionnaire Douleur Saint-
Antoine) qui est une adaptation française du MPQ, réalisée en utilisant
une méthodologie similaire à celle de MELZACK ET TORGESON pour le
MPQ.
On peut allonger cette liste et surtout y apporter d'autres détails
en consultant les archives du Centre d'évaluation et de traitement
de la douleur- Hôpital Saint - Antoine, www.fnclcc.fr/-gen/clcc/dijon/eth95c.htm
Nous ne pouvons pas boucler cet éditorial sans aborder le volet
capital de ce sujet qui est la prise en charge de la douleur. Que
faire devant la douleur, en tant que médecin ? Voilà une question
qui semble banale mais d'une profondeur immense.
D'emblée nous vous entendons crier fièrement : " il faut traiter
".
Non, si vous disiez au moins : " il faut soulager ", car soulager
ne veut pas nécessairement dire traiter -sil faut comprendre le
mot comme utiliser des moyens médicamenteux.
Non encore, car traiter n'est pas le premier geste à poser. Les
collègues seront d'accord avec moi que devant la douleur la démarche
n'est pas absolue.
En effet elle dépend de la douleur en question, de la personne en
question mais aussi des circonstances (le moment, l'endroit, …)
TOUTEFOIS IL FAUT SOULAGER… C ' EST CE QUE LE PATIENT ATTEND DE
VOUS.
Nous apportons une nuance à ce soulagement impératif car souvent
il faut commencer à stabiliser le psychisme du patient avant de
sauter sur les drogues.
Aussi souvenons-nous que certains drogues antalgiques peuvent masquer
la pathologie et rendre difficile la démarche diagnostique. C'est
le cas le plus fréquent dans l'appendicite.
Nous venons de répondre à la question, du moins sommairement :
Quand soulager ? Attaquons-nous à celle plus pertinente encore :
" Comment soulager " ?
Pour commencer parlons sommairement de la démarche à suivre, laquelle
démarche doit être adaptée, selon le cas.
Premièrement il faut décrire la douleur, la caractériser (siège,
type, début, déclenchée par, calmée par, horaire et durée).
Deuxièmement il faut alors chercher à l'objectiver et la quantifier,
et par-là commencer la démarche étiologique (bilan complémentaire,
etc.)
Troisièmement il faut chercher à la soulager :
- D'abord stabiliser le psychisme du patient (souvent un rapport
verbal suffit !).
- Ensuite faire recours aux drogues, et pour ces drogues trois paliers
sont à distinguer, en partant de la quantification ci-dessus.
www.douleur.com.fr/traitement.htm
Nous ne développerons pas de détails sur ces drogues afin de ne
pas encourager l'automédication.
Mes chers lecteurs, avant de vous quitter pour vous fixer rendez-vous
le mois prochain, tirons la conclusion à cet éditorial, qui je le
répète ne constitue ni un polycopié de cours ni un document exhaustif.
La seule conclusion simple est d'inviter mes collègues à bien prendre
au sérieux toute douleur signalée par le patient, et avoir comme
premier but de soulager. Ensuite cet éditorial qui, je l'espère,
suscitera des discussions et réactions, reste ouvert.
J'attends vos commentaires chers collègues.
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