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Editorial Avril 2002 par Marc TWAGIRUMUKIZA

La douleur : De la subjectivité à l'objectivité

Mes chers internautes,
Nous abordons aujourd'hui, ce sujet aussi complexe, aussi vaste et souvent mystérieux qu'est la douleur.
La douleur est aussi ancienne que l'humanité. En effet nous citons avec plaisir et fierté notre maître HIPPOCRATE : " c'est cette sensation qui donna place aux médecins ".

En effet si l'on demandait à un médecin de définir la douleur sans avoir recours aux termes techniques il commencerait par cette définition simple mais riche : " c'est la plainte majeure qu'entendent mes oreilles du matin au soir ".
La douleur est quelques fois ambiguë, son ambiguïté repose sur sa subjectivité : Elle est plus souvent mal expliquée, mal localisée souvent même simulée ce qui rend encore plus grande sa complexité.

Ensuite la douleur localisée peut relever de plusieurs affections organiques, sans oublier qu'il est souvent difficile de trouver sa cause. On dira alors qu'il y a des douleurs sine materia, c'est-à-dire dont la cause n'est peut-être pas absente mais difficile à trouver, et il existe des pathologies indolores.
Devant cette problématique de la douleur, les scientifiques, médecins ou non, se sont attelés à la définition quantitative de la douleur, ipso facto à son traitement et à sa surveillance.

Nous essayons dans cette édito, de vous renvoyer à des liens et références utiles plutôt que chercher à être exhaustifs ou à constituer des notes de cours pour nos lecteurs, étudiants ou non.
Cet éditorial veut ainsi être, un bâton de tambour pour inciter encore une fois nos lecteurs à réfléchir sur le rôle de tout un chacun dans la prise en charge de la douleur.

Commençons par définir la douleur et pour ce faire référons-nous à cette définition donné par ADEMA (association pour le développement de l'enseignement médical par audiovisuel) fournie sur le site www.douleur.com.fr/dfinitio.htm. "

Il s'agit de sensation et d'émotion désagréables, associées à des lésions présentes ou potentielles. La douleur dépend à la fois d'une sensation, perception d'un stimulus algogène, et d'une expérience affective, c'est à dire un sentiment d'inconfort responsable de réactions variables selon les individus.
· Douleur aiguë :Il s'agit d'un symptôme à considérer en tant que signal d'alarme, comme une brûlure.
· Douleur chronique : dans ce cas la douleur persiste au-delà de 3 à 6 mois, et il s'agit alors d'un syndrome lié à une pathologie évolutive, comme le cancer et le SIDA ou à une pathologie séquellaire comme les lombalgies ".

Pour la quantification de la douleur, un certain nombre de scores ont été définis, dont certains offrent l'avantage d'exclure des simulations en tenant compte du faciès.

L'évaluation de la douleur : Elle est relativement facile chez l'adulte et le grand enfant. Il existe deux méthodes utilisables en pratique quotidienne : Elles sont basées sur l'auto-évaluation de la douleur par le patient. L'avantage de ces méthodes est de permettre de prendre en compte l'ensemble du vécu douloureux du patient.
L ' EVS ou Echelle Verbale Simple : Cette échelle est cotée de 0 à 3. On demande au patient de quantifier sa douleur en employant des mots précis.
L ' EVA ou Echelle Visuelle Analogique Il s'agit d'une méthode d'auto-évaluation de la douleur faisant appel à une réglette comportant deux faces. On présente la réglette au patient qui indique avec le curseur l'intensité de sa douleur, puis on lit au verso la valeur chiffrée indiquée par le curseur qui est cotée de 0 à 10 ou de 0 à 100.
Echelle DOLOPLUS - Evaluation comportementale de la douleur chez la personne âgée Celui-ci inclut le retentissement somatique, psychomoteur et psychosocial.

D'autres échelles sont disponibles, comme l'échelle numérique (EN ) et des échelles comportementales de grande utilité lorsque le rapport verbal est difficile à recueillir (réveil post- anesthésique, accouchement,…)

Il y aussi les QUESTIONNAIRES DE QUALIFICATIFS : comme Mc Gill Pain Questionnaire (MPQ) , le QDSA (Questionnaire Douleur Saint- Antoine) qui est une adaptation française du MPQ, réalisée en utilisant une méthodologie similaire à celle de MELZACK ET TORGESON pour le MPQ.
On peut allonger cette liste et surtout y apporter d'autres détails en consultant les archives du Centre d'évaluation et de traitement de la douleur- Hôpital Saint - Antoine, www.fnclcc.fr/-gen/clcc/dijon/eth95c.htm

Nous ne pouvons pas boucler cet éditorial sans aborder le volet capital de ce sujet qui est la prise en charge de la douleur. Que faire devant la douleur, en tant que médecin ? Voilà une question qui semble banale mais d'une profondeur immense.
D'emblée nous vous entendons crier fièrement : " il faut traiter ".
Non, si vous disiez au moins : " il faut soulager ", car soulager ne veut pas nécessairement dire traiter -sil faut comprendre le mot comme utiliser des moyens médicamenteux.
Non encore, car traiter n'est pas le premier geste à poser. Les collègues seront d'accord avec moi que devant la douleur la démarche n'est pas absolue.
En effet elle dépend de la douleur en question, de la personne en question mais aussi des circonstances (le moment, l'endroit, …)

TOUTEFOIS IL FAUT SOULAGER… C ' EST CE QUE LE PATIENT ATTEND DE VOUS.
Nous apportons une nuance à ce soulagement impératif car souvent il faut commencer à stabiliser le psychisme du patient avant de sauter sur les drogues.

Aussi souvenons-nous que certains drogues antalgiques peuvent masquer la pathologie et rendre difficile la démarche diagnostique. C'est le cas le plus fréquent dans l'appendicite.

Nous venons de répondre à la question, du moins sommairement : Quand soulager ? Attaquons-nous à celle plus pertinente encore : " Comment soulager " ?

Pour commencer parlons sommairement de la démarche à suivre, laquelle démarche doit être adaptée, selon le cas.
Premièrement il faut décrire la douleur, la caractériser (siège, type, début, déclenchée par, calmée par, horaire et durée).

Deuxièmement il faut alors chercher à l'objectiver et la quantifier, et par-là commencer la démarche étiologique (bilan complémentaire, etc.)

Troisièmement il faut chercher à la soulager :
- D'abord stabiliser le psychisme du patient (souvent un rapport verbal suffit !).
- Ensuite faire recours aux drogues, et pour ces drogues trois paliers sont à distinguer, en partant de la quantification ci-dessus.
www.douleur.com.fr/traitement.htm

Nous ne développerons pas de détails sur ces drogues afin de ne pas encourager l'automédication.

Mes chers lecteurs, avant de vous quitter pour vous fixer rendez-vous le mois prochain, tirons la conclusion à cet éditorial, qui je le répète ne constitue ni un polycopié de cours ni un document exhaustif.

La seule conclusion simple est d'inviter mes collègues à bien prendre au sérieux toute douleur signalée par le patient, et avoir comme premier but de soulager. Ensuite cet éditorial qui, je l'espère, suscitera des discussions et réactions, reste ouvert.
J'attends vos commentaires chers collègues.

Butare le 15 Avril 2002 Marc TWAGIRUMUKIZA. twamarc@yahoo.fr

 

 
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