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Ceci est valable dans les pays du tiers monde où les dons d'organes
et la médecine légale ne sont pas encore développés, mais aussi
dans les pays développés, l'utilisation pédagogiques, scientifique
et thérapeutique de la dépouille mortelle rencontre pas mal de problèmes
éthiques et moraux si bien que l'on se demande si certaines sociétés
ou certains peuples pourront intégrer dans leur culture ce développement
salvateur de la médecine.
Si la laïcité nous oblige à ne pas citer au départ que corps et
esprit forment un tout indivisible chez l'homme, le constat lui,
nous montre que, de part l'histoire de l'humanité, l'homme a un
droit inaliénable sur son corps et peut même sacrifier son intégrité
par ses convictions notamment religieuses. Cependant le corps humain
ne peut être considéré comme un bien et est par conséquent hors
commerce. Il peut néanmoins être affecté au profit du prochain dans
un acte de charité par exemple par le don des organes ou des tissus
(sanguins par exemple).
Après la mort - ici disons après arrêt de la vie - il ne reste
de l'homme que sa dépouille mortelle, le cadavre qui demeure l'objet
des divers sentiments : respect, croyances,…
Les droits inhérents au cadavre émanent en premier lieu de l'individu
lui - même qui, de son vivant, peut prendre des dispositions quant
au sort de sa dépouille mortelle. Il peut s'agir de l'abandon du
cadavre à un institut d'anatomie par exemple.
Mais alors, comme de son vivant, la société a aussi des droits sur
sa dépouille mortelle, elle peut par exemple décider de :
- Détruire la dépouille mortelle si elle représente un risque
pour la société (maladies contagieuses)
- Prélever des organes pour le service d'un tiers (transplantation)
- Enterrer les cadavres abandonnés ou décider tout autre utilisation
selon les lois et/ou la culture. (institut d'anatomie, laboratoire
de recherche,…).
Si nous parlons des lois, nous n'ignorons pas qu'elles ne sont
pas connues de tout le monde mais elles existent.
Peut-on prétendre établir des lois uniques pour toutes les sociétés
? Oui mais difficile.
Ici le problème reste celui des croyances religieuses ou autres,
mais aussi de cultures très hétérogènes dans le monde.
Mais alors ne faudrait t- il pas avoir des recommandations éthiques
qui serviraient de garde-fou ?
Ceci s'avère nécessaire car malgré le respect dû à l'être humain
et surtout le respect à la vie humaine, l'enseignement de l'anatomie
humaine nécessite l'utilisation de la dépouille mortelle.
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Spécialement les pays du tiers-monde, dont le Rwanda, ont plus
que besoin d'une loi relative à la dépouille mortelle et le prélèvement
des organes. Ce besoin se fait de plus en plus sentir car l'évolution
médicale actuelle exige certains dons d'organes qui sont hautement
salvateurs.
Par ailleurs, l'utilisation pédagogique, scientifique et thérapeutique,
loin d'être dévalorisante pour la dépouille mortelle, est extrêmement
valorisante car elle montre que la générosité et l'utilité ne s'arrête
pas à la mort de l'homme.
Si la législation rwandaise, mais aussi d'un bon nombre d'autre
pays, est muette en la matière, il serait nécessaire de se doter
d'un cadre légal qui assurerait le développement des laboratoires
d'anatomie et les services de transplantation tant au Rwanda, que
dans ces autres pays. C'est à nous, et à vous chers collègues médecins
que cette tache incombe en premier par notre souci de procurer les
soins de qualité et d'appoint aux patients.
A la fin de cette réflexion purement personnelle on peut se poser
diverses questions :
- Accepterons-nous qu'un être humain encore en vie, vende son
corps à un laboratoire d'anatomie par exemple ?
- Un hôpital, une institution de science de la santé, a t'il le
droit d'utiliser la dépouille mortelle ramassée sur la route (qui
n'est réclamée par personne), à des fins scientifique, pédagogique
ou thérapeutique ?
- Ne faut-il pas craindre des dérapages de la pratique de dons
d'organes à type d'homicides mercantilistes ?
Pour cette dernière il nous semble important que des gardes-fou
soient établis, et qu'un bilan rétrospectif soit fait à visée
de faire disparaître les soupçons et de prévenir des dérapages
possibles dans l'avenir.
Ces gardes-fous devraient répondre aux impératifs suivants :
- Le respect de la loi
- Le respect de la dignité humaine en traitant la dépouille mortelle
avec dignité et respect : par l'abord scientifique de la dépouille,
la mise en état du reste de la dépouille, le respect de l'intimité
de la dépouille en évitant toute exposition.
- L'organisation obligatoire des funérailles selon les dernières
volontés du disparu et en accord avec les membres de la famille.
Ceci permet aux membres de la famille de se recueillir et de rendre
hommage au disparu.
Butare le 15 avril 2003 Marc TWAGIRUMUKIZA. twamarc@yahoo.fr
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