|
La maladie du paludisme continue à devenir un fléau dans nombre
des pays du monde mais plus particulièrement dans les pays africains.
C'est pour cette raison que dans plusieurs pays où le paludisme
constitue une menace majeure à la vie des populations, on développe
des programmes particuliers visant à son éradication.
Pour ce qui concerne le Rwanda, certains programmes visant le changement
du traitement médical du paludisme ont été amorcés. Par exemple
en 1987, les instances qui étaient impliquées dans la prise en charge
du paludisme avaient décidé que cette maladie soit traitée en premier
lieu par la chloroquine. Le sulfadoxine pyriméthamine (fansidar)
pouvait intervenir en deuxième lieu selon les recherches de 1987.
Comme il s'avérait que la malaria au Rwanda développait une résistance
non-négligeable vis-à-vis de la chloroquine, d'autres recherches
ont été amorcées en vue de voir quel médicament pourrait être plus
efficace que la chloroquine dans le traitement du paludisme. Ces
recherches ont été faites dans les années 1999 et 2000 au niveau
de cinq centres de santé (Kivumu, Rwaza, Mashesha…) uvrant
dans les différentes provinces du Rwanda. Selon le Programme National
intégré de Lutte Contre le Paludisme (PNLP), ces cinq centres de
Santé constituent un échantillon représentatif de
la situation de la malaria dans le pays.
Ces dernières recherches ont permis de conclure que la chloroquine
(monothérapie) doit être rayée de la liste des médicaments qui doivent
traiter le paludisme au Rwanda à cause de son inefficacité.
D'autres traitements ont été envoyés afin de voir leur efficacité
; l'amodiaquine + sulfadoxine pyriméthamine, amodiaquine
+ artésunate et l'artésunate + sulfadoxine pryriméthamine.
Les conclusions ont été divulguées à différents experts dans le
domaine du paludisme en Février 2001. Ces derniers ont approuvé
ces recommandations et ils ont d'ailleurs demandé leur mise en exécution.
Après une expérimentation de ces nouveaux traitements faite aux
centres de Santé de Kicukiro (ville de Kigali), Mushesha (Cyangugu)
et Rukara (Umutara) il s'est avéré, selon les nouvelles recherches
que l'amodiaquine + sulfadoxine pyriméthamine est le meilleur médicament
pour le traitement du paludisme au Rwanda. La politique de traitement
du paludisme par ce dernier traitement combiné (Amodiaquine + Sulfadoxine
pyriméthamine) a été proclamée officiellement par le MINISANTE en
Décembre 2001. Des mesures de mise en exécution de cette politique
ont été mises en place.
Difficultés
Depuis que cette nouvelle politique de traitement du paludisme
a commencé à être appliquée, elle se heurte à différentes difficultés.
Cela est confirmé par le Docteur Claude Emile Rwagacondo, Coordinateur
du PNLP lors d'une conférence de presse tenue ce mercredi 24 Mars
2004 à l'hôtel Novotel/Umubano avec les journalistes tant de la
presse publique que privée. Avant de préciser les contraintes dans
la mise en œuvre de cette politique, il a rappelé qu'elle vise à
faire le traitement rapide du paludisme ainsi qu'à réduire sensiblement
le taux d'infection en virus du paludisme et le taux de mortalité
à cause de cette pandémie. Cela vise aussi, dit-il, à combattre
l'anémie. D'autre part, il a fait comprendre aux journalistes qu'ils
ont remarqué dans leurs recherches que le traitement amodiaquine
+ Sulfadoxine pyriméthamine (fansidar) a été efficace jusqu'à
100% là où il a été bien utilisé par les personnes qui souffraient
du paludisme.
"Certains patients qui utilisent ce nouveau traitement éprouvent
des problèmes de démangeaisons", annonce-t-il pour préciser les
motifs empêchant certains patients à prendre ce nouveau traitement.
Parlant des contraintes dans la lutte contre paludisme, M. Claude
Emile Rwagacondo a souligné que beaucoup de personnes ne veulent
pas rejoindre les services médicaux au cas où elles souffrent du
paludisme, "d'autres personnes qui sont en souffrance viennent consulter
tardivement", rappelle-t-il. Il a cependant ajouté que le traitement
du paludisme auprès des charlatans constitue un autre obstacle majeur
dans la lutte contre le paludisme. En effet, il a encore précisé
que certains médicaments sont remis aux patients au niveau des pharmacies,
centre de santé et cliniques privées et conduisent au développement
de la résistance notoire du paludisme au Rwanda.
Effets indésirables
Les questions des journalistes dans cette conférence de presse
ont porté sur les effets indésirables du nouveau traitement
(amodiaquine + sulfadoxine pyriméthamine). En effet, les
journalistes ont souligné que les personnes qui reçoivent
ce traitement au niveau d'un service médical et qui parviennent
à l'utiliser éprouvent des difficultés énormes liées aux effets
indésirables dudit traitement "à tel point que quelques unes
arrivent à renoncer à ce traitement", rappellent-ils pour exprimer
les plaintes des populations face à ce nouveau traitement du paludisme.
"Tout médicament a un effet indésirable", note le Dr Claude Emile
Rwagacondo en rappelant que les effets de ce nouveau traitement
du paludisme ne sont pas différents des effets que peuvent causer
d'autres médicaments traitant d'autres maladies. "Le traitement
que nous utilisons a été approuvé par l'O.M.S.", déclare-t-il pour
assurer que les effets indésirables ne peuvent pas être à l'origine
d'autres problèmes majeurs sur la santé de ceux qui prennent ce
traitement. Il a rappelé aux journalistes qu'ils sont aussi confrontés
à un autre problème sérieux, celui des agents médicaux qui soutiennent
des malades dans leurs réclamations au sujet des effets indésirables
du nouveau traitement du paludisme. Toutefois, M. Rwagacondo assure
qu'ils vont continuer à faire les essais d'autres traitements du
paludisme afin de voir s'ils ne peuvent pas trouver un traitement
moins cher et qui ne peut pas causer des effets indésirables importants
sur les malades.
"Le vaccin contre le paludisme est en train d'être essayé"
répond M. François Niyitegeka, chargé des interventions à base communautaire.
En effet, il confirme qu'il n'y a pas une somme importante qu'on
alloue dans la recherche du vaccin. M. François a cité différentes
raisons qui sont à l'origine de ce phénomène.
Dans leurs réponses aux questions des journalistes, les responsables
du PNLP (Dr. Rwagacondo et M. Niyitegeka) ont insisté sur l'usage
des moustiquaires imprégnées d'insecticide. "Beaucoup d'habitants
rwandais n'ont pas encore compris l'importance d'utilisation des
moustiquaires. D'autres ne sont pas en mesure de se procurer ces
moustiquaires", confirment ils en déclarant que le traitement du
paludisme à lui seul ne suffit pas. Toutefois, le Dr Rwagacondo
a fait connaître que dans certains coins du pays où on utilise les
moustiquaires imprégnées d'insecticide, l'infection du virus de
malaria a largement diminué. Il a donné l'exemple d'un habitat regroupé
à Gikongoro où ils avaient essayé de remettre à certains habitants
des moustiquaires.
"Au niveau de cet habitat, nous avons remarqué que ceux qui utilisent
ces moustiquaires ne souffraient pas du paludisme comme ceux qui
n'en utilisaient pas", explique-t-il en disant que cette étude a
été suspendue pour différentes raisons. M. Rwagacondo a annoncé
qu'un projet visant à fournir des moustiquaires imprégnées d'insecticide
qui doit durer 4 ans est en cours de préparation. "Normalement,
et ailleurs, une moustiquaire du genre est vendue à 6 dollars. Mais
au Rwanda nous l'offrirons aux habitants moyennant 500 Frws", révèle-t-il
en précisant que les femmes enceintes en auront moyennant 200 Frws.
Ceci serait pour répondre aux attente de la population, surtout
celle des zones rurales les plus défavorisées comme
nous l'avions signalé dans notre éditorial "SOS
moustiquaires imprégnées".
Texte inspiré par le reportage de Mr Rugaba Félix (ORINFOR) sur
la conférence de presse tenu par le PNLP ce mercredi 24 mars 2004
à l'hôtel NOVOTEL/UMUBANO avec les journalistes tant de la presse
publique que privée.
Transmis, le 3 avril 2004
par Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr
|