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Il nous faut encore des programmes de luttes, des moyens pour aider
nos frères atteints, mais surtout une grande détermination
pour barricader notre porte d'entrée et interdire l'accès
à ce fléau.
Notre pays a déclaré le premier cas de SIDA en 1983.
En 1999, les archives hospitalières seules recensaient 21
951 patients séropositifs dans tout le pays. Il faut noter
que la vitesse de progression de la maladie dans la campagne est
supérieure à celle observée dans le milieu
urbain.
A titre d'exemple, à BIRYOGO ( quartier de NYAMIRAMBO, ville
de KIGALI ) le taux de séropositivité passe de 37.2%
en 1996 à 17.7% en 1999.
Alors qu'à NYAGATARE ( province de UMUTARA, nord-ouest du
pays ) ce taux passe de 5,6% à 19%.
Aux vues de l' évolution de cette situation, le pays s'est
doté d'une commission Nationale de lutte contre le SIDA en
1986.
En 1987, un programme vertical national de lutte contre le SIDA
(appelé PNLS à l'époque, actuellement TRAC)
fut mis sur pied.
Ces deux instances, lanceront un premier plan quinquennal de lutte
et de prise en charge de l'infection à VIH/SIDA en 1988.
Ce programme se poursuivra jusqu'en 1992.
Un deuxième programme lancé en 1992, qui devait se
poursuivre jusqu'en 1997 fut gravement perturbé par la guerre
et le génocide de 1994.
Malgré ces difficultés, un troisième programme
de cinq ans fut commencé, pratiquement de zéro en
1998 et prit fin en 2001.
C'est à ce programme que nous devons la grande offensive
contre le SIDA, et la prise en charge de l'infection elle-même
par l'introduction de la tri-thérapie antirétrovirale.
On en a déjà parlé d'ailleurs dans l'article
disponible dans notre rubrique quoi qu'une mise à jour de
cet article soit nécessaire.
(voir LES PATIENTS SOUS
ANTI-RETROVIRAUX AU RWANDA)
Voilà dans quelle atmosphère, du 28 au 30 avril 2002,
une réunion s'est tenue à KIGALI dans le but de promulguer
un quatrième plan quinquennal de lutte contre l'infection
à VIH/SIDA.
Cette réunion s'est articulée autour de la situation
socio-démographique du Rwanda, de la pauvreté et du
changement des murs et cultures qui sont considérés
comme le support par excellence de la haute progression du fléau.
Commençons par la situation démographique du Rwanda.
Le Rwanda est un des pays africains les plus peuplés, avec
une densité de 336 hab/ km2.
60 % de sa population a moins de 20 ans (49 % moins de 15 ans).
La population adulte de plus de 65 ans ne dépasse pas 3 %.
La population féminine représente 54 % et une grande
majorité de la population est analphabète : 43 % des
hommes et 67 % des femmes. (Données tirées du journal
gouvernemental IMVAHO :1349 dans un reportage de Mr BAHIZI UWINEZA
Olivier).
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Une autre caractèristique de cette population à ne
pas oublier est la grande ampleur des phénomènes migratoires,
marqués surtout par les réfugiés et déplacés
des guerres mais aussi par l'exode rural.
Un autre aspect beaucoup plus complexe que le premier a été
aussi abordé : la pauvreté.
Le Rwanda se compte dans les pays sous-développés,
plutôt en voie de développement, par excellence.
Le PNB par habitat se chiffre à 252 $ , dans une population
où 92 % sont des cultivateurs.
Des cultivateurs avec l'agriculture rudimentaire,à la houe
et à la machette).
Les investisseurs nationaux constituent 15%, et les rwandais qui
utilisent les banques se chiffrent à 2%.
Malgré les phénomènes migratoires, la croissance
urbaine est encore plus basse (6 % en 1999 , 12 % en 2000).
La croissance économique en 2000-2003 se situe à 4-5%.
Pour améliorer l'accès aux soins de santé et
la santé en générale, il nous faudrait une
croissance d'au moins 7- 8% dans les 25 ans à venir.
Parmi les facteurs qui contribuent à l'augmentation de la
progression de l'infection à VIH/SIDA le changement des murs
et cultures surtout de la sexualité ont été
signalés.
Notons aussi que l'infection à VIH/SIDA se retrouve dans
biens d'autres indicateurs de la santé,et se partage la scène
avec d'autres grandes épidémies.
La mortalité générale est de 16.7 % au Rwanda,et
la mortalité néonatale est de
107 / 1000 ,la mortalité maternelle est de 800 / 100 000
femmes, l'espérance de vie se situe entre 48 - 50 pour l'homme
alors qu'elle est de 49 ans pour la femme (Données 1998 :
même source).
Parmi les causes de mortalité le paludisme vient en tête
avec 31.1%.
Encore une fois chers internautes qui s'intéressent au rubrique
santé au Rwanda, voilà sur quel terrain le quatrième
programme de lutte et prise en charge de l'infection VIH/SIDA vient
se dérouler jusqu'en 2006.
Ce programme, qui ne sera pas détaillé ici, sera
axé sur la vulgarisation du préservatif et la sensibilisation
aux rapports protégés.
Il met l'accent sur la continuation et le renforcement des programmes
déjà entamès de lutte, de prise en charge et
de recherche de moyens.
Il se situera sur deux niveaux : National et provincial.
Il sera adapté à la politique nationale de bonne gouvernance
et de décentralisation.
Voilà dans quelle optique le Rwanda espère canaliser
ses efforts pour contrer ce fléau, non seulement au Rwanda,
mais aussi dans la sous - région des grands lacs.
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