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Editorial Mai 2002 par Marc TWAGIRUMUKIZA

L'infection a VIH/SIDA au Rwanda : un programme quinquennal établi…

Mes chers internautes,
Du jour au lendemain, le grand fléau contemporain nous ravit des âmes…..
De toute la terre, de toutes les nations, les cris ne cessent, mêlant larmes des déshérités et slogans des dirigeants pour lutter.
Mais la route semble être encore longue pour en finir avec cette grande pandémie

Il nous faut encore des programmes de luttes, des moyens pour aider nos frères atteints, mais surtout une grande détermination pour barricader notre porte d'entrée et interdire l'accès à ce fléau.

Notre pays a déclaré le premier cas de SIDA en 1983.
En 1999, les archives hospitalières seules recensaient 21 951 patients séropositifs dans tout le pays. Il faut noter que la vitesse de progression de la maladie dans la campagne est supérieure à celle observée dans le milieu urbain.

A titre d'exemple, à BIRYOGO ( quartier de NYAMIRAMBO, ville de KIGALI ) le taux de séropositivité passe de 37.2% en 1996 à 17.7% en 1999.
Alors qu'à NYAGATARE ( province de UMUTARA, nord-ouest du pays ) ce taux passe de 5,6% à 19%.

Aux vues de l' évolution de cette situation, le pays s'est doté d'une commission Nationale de lutte contre le SIDA en 1986.
En 1987, un programme vertical national de lutte contre le SIDA (appelé PNLS à l'époque, actuellement TRAC) fut mis sur pied.

Ces deux instances, lanceront un premier plan quinquennal de lutte et de prise en charge de l'infection à VIH/SIDA en 1988. Ce programme se poursuivra jusqu'en 1992.

Un deuxième programme lancé en 1992, qui devait se poursuivre jusqu'en 1997 fut gravement perturbé par la guerre et le génocide de 1994.

Malgré ces difficultés, un troisième programme de cinq ans fut commencé, pratiquement de zéro en 1998 et prit fin en 2001.
C'est à ce programme que nous devons la grande offensive contre le SIDA, et la prise en charge de l'infection elle-même par l'introduction de la tri-thérapie antirétrovirale.
On en a déjà parlé d'ailleurs dans l'article disponible dans notre rubrique quoi qu'une mise à jour de cet article soit nécessaire.
(voir LES PATIENTS SOUS ANTI-RETROVIRAUX AU RWANDA)

Voilà dans quelle atmosphère, du 28 au 30 avril 2002, une réunion s'est tenue à KIGALI dans le but de promulguer un quatrième plan quinquennal de lutte contre l'infection à VIH/SIDA.

Cette réunion s'est articulée autour de la situation socio-démographique du Rwanda, de la pauvreté et du changement des mœurs et cultures qui sont considérés comme le support par excellence de la haute progression du fléau.

Commençons par la situation démographique du Rwanda.
Le Rwanda est un des pays africains les plus peuplés, avec une densité de 336 hab/ km2.
60 % de sa population a moins de 20 ans (49 % moins de 15 ans).
La population adulte de plus de 65 ans ne dépasse pas 3 %.
La population féminine représente 54 % et une grande majorité de la population est analphabète : 43 % des hommes et 67 % des femmes. (Données tirées du journal gouvernemental IMVAHO :1349 dans un reportage de Mr BAHIZI UWINEZA Olivier).

Une autre caractèristique de cette population à ne pas oublier est la grande ampleur des phénomènes migratoires, marqués surtout par les réfugiés et déplacés des guerres mais aussi par l'exode rural.

Un autre aspect beaucoup plus complexe que le premier a été aussi abordé : la pauvreté.
Le Rwanda se compte dans les pays sous-développés, plutôt en voie de développement, par excellence.
Le PNB par habitat se chiffre à 252 $ , dans une population où 92 % sont des cultivateurs.
Des cultivateurs avec l'agriculture rudimentaire,à la houe et à la machette).

Les investisseurs nationaux constituent 15%, et les rwandais qui utilisent les banques se chiffrent à 2%.
Malgré les phénomènes migratoires, la croissance urbaine est encore plus basse (6 % en 1999 , 12 % en 2000).
La croissance économique en 2000-2003 se situe à 4-5%.
Pour améliorer l'accès aux soins de santé et la santé en générale, il nous faudrait une croissance d'au moins 7- 8% dans les 25 ans à venir.

Parmi les facteurs qui contribuent à l'augmentation de la progression de l'infection à VIH/SIDA le changement des mœurs et cultures surtout de la sexualité ont été signalés.

Notons aussi que l'infection à VIH/SIDA se retrouve dans biens d'autres indicateurs de la santé,et se partage la scène avec d'autres grandes épidémies.

La mortalité générale est de 16.7 % au Rwanda,et la mortalité néonatale est de
107 / 1000 ,la mortalité maternelle est de 800 / 100 000 femmes, l'espérance de vie se situe entre 48 - 50 pour l'homme alors qu'elle est de 49 ans pour la femme (Données 1998 : même source).
Parmi les causes de mortalité le paludisme vient en tête avec 31.1%.

Encore une fois chers internautes qui s'intéressent au rubrique santé au Rwanda, voilà sur quel terrain le quatrième programme de lutte et prise en charge de l'infection VIH/SIDA vient se dérouler jusqu'en 2006.

Ce programme, qui ne sera pas détaillé ici, sera axé sur la vulgarisation du préservatif et la sensibilisation aux rapports protégés.
Il met l'accent sur la continuation et le renforcement des programmes déjà entamès de lutte, de prise en charge et de recherche de moyens.
Il se situera sur deux niveaux : National et provincial.
Il sera adapté à la politique nationale de bonne gouvernance et de décentralisation.

Voilà dans quelle optique le Rwanda espère canaliser ses efforts pour contrer ce fléau, non seulement au Rwanda, mais aussi dans la sous - région des grands lacs.

Butare le 14 Mai 2002 Marc TWAGIRUMUKIZA. twamarc@yahoo.fr

 

 
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