Authentiquement définie comme "l'art de sauver la vie", cette définition
de la médecine a basculé vers "l'art de guérir" et enfin vulgairement
à "soulager".
C'est en effet en restant dans cette optique de soulager que l'on
pourrait comprendre l'euthanasie dans le sens de soulager le patient.
Cette façon de concevoir les choses dépend de la conscience
de chacun, et ce coté moral de la médecine reste difficile à discerner
car la conscience individuelle reste impénétrable.
Pour pallier à cette difficulté, la médecine doit se doter d'un
cadre légal et éthique pour non seulement harmoniser la pratique
médicale mais aussi servir de garde-fous et fournir une voie de
sortie dans des situations de perplexité.
L'aspect juridique de cette discussion semble aussi difficile pour
plusieurs raisons : d'abord il n'existe pas de définition juridique
de la mort. Seules sont prévues des procédures de constatation de
la mort. [voir l'édito de
septembre 2001]
Ensuite même dans les pays développés ces discussions
restent sans réponse unanime, voire même devant les experts de la
loi. Ainsi la loi contre l'euthanasie se réfère aux
codes pénaux classiques dans divers pays du tiers mondes.
Dans certains pays l'euthanasie est toléré ou est
autorisée sous conditions (Pays-bas, Australie du nord, Colombie,
Etats-unis,…). [Carine DIEBOLT - Droits pour tous 2002]
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Enfin nous avons un peu fouillé la législation rwandaise pour savoir
ce qui est dit sur l'euthanasie ou soins palliatifs et si l'on peut
y trouver une mention.
Nous retiendrons uniquement que ces textes, qui sont par ailleurs
archaïques, s'inspirent des lois du code pénal relatif à l'homicide
et aux actes de donner volontairement la mort à autrui.
Quel sera alors l'attitude d'un médecin devant des cas désespérés
souffrant de sarcome ou d'hépatocarcinome métastasé au stade terminal
?
Que fera t-on d'un testament demandant explicitement l'euthanasie,
écrit par un patient lui même en état critique et avec des
douleurs atroces rebelles aux morphiniques ?
Voilà une discussion que j'aimerais soulever par cet éditorial,
non seulement dans le corps médical rwandais mais aussi dans les
ordres des médecins des pays en voie de développement.
Dans ces pays, la non modernisation de la pratique médicale fait
souvent oublier les aspects si importants de la bioéthique
médicale.
Puissions-nous garder espoir que l'Ordre National des Médecins
du Rwanda qui verra le jour ce 31 mai 2003 se penchera sur ces aspects,
en vue de créer un cadre légal opportun ?
Fait à Butare ce 22/05/2003 Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr
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