| Les sueurs : quand ça devient gênant !
Ce texte est inspiré de documents et publications émanant de médecins spécialistes du domaine, notamment Docteur Benohanian, Docteur Philippe Abimelec et autres. Une liste entière est donnée à la fin du document. Le docteur Benohanian traite des cas d’hyperhidrose depuis 1978. Il a conçu des formulations innovatrices à base de chlorure d’aluminium et d’acide salicylique qui ont aidé plusieurs personnes à éviter la chirurgie.
Eh oui, on transpire toujours ! On transpire quand il fait chaud, quand on fait un effort physique, mais aussi quand on est ému.
Ce n’est pas moins médical de dire que, quand on est enfant, la transpiration ne se sent pas. Mais arrivé a l’adolescence, elle devient très abondante et surtout prend une odeur très désagréable particulièrement sous les bras où les poils retiennent la sueur qui macère et favorise le développement des bactéries.
Les pieds eux se sont les pires surtout quand il fait chaud ca sent une odeur acre !!! La transpiration n’a rien avoir a un manques d’hygiène comme le pense certaine personne ! Je vous assure ne les croyez pas !
D’autres questions : Quel déodorant prendre pour se sentir tout à fait frais ? Spray ou stick ? C’est une question de goût vraiment ? Le spray se prête et s’emprunte. Pas le stick ni la bille vu qu’il ya un contact avec le corps ! Il faut choisir un produit qui ne parfume pas trop non plus sinon il va entrer en concurrence avec ton parfum !!
Voilà autant de questions sur lesquelles nous allons apporter une vision médicale.
La sueur, ce liquide qui nous est important mais parfois gênant.
La transpiration est un phénomène normal. Ce n'est que lorsqu'elle devient excessive, qu'elle devient une maladie. On parle alors d'hyperhidrose. Cette transpiration peut être la cause de différents problèmes. Heureusement il existe des traitements.
Le rôle de la transpiration est de concourir à la régulation thermique afin de maintenir la température du corps à la valeur stable de 37°C. On parle d'hyperhidrose (HH) lorsque la quantité de sueur produite dépasse de façon considérable le volume requis pour la thermorégulation.
Prévalence: très peu de données en Afrique, et pourtant biens des cas existent.
La croyance populaire qui prédomine est qu'il est normal de transpirer, peu importe la quantité, car il s'agit là d'un phénomène physiologique qu'il faut respecter, même s'il en résulte un préjudice esthétique ou un inconfort. Il s'en suit que le nombre de cas de consultations pour une transpiration abondante est beaucoup moins élevé que celui estimé. Plusieurs personnes affectées souffrent en silence car elles sont gênées de divulguer leur malaise, considéré comme un tabou par la société contemporaine. Il n’existe pas de prédilection entre hommes et femmes même si les femmes consultent plus souvent.
L’incidence d’HH est plus élevée chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Selon les données publiées, environ 1% de la population souffre d’HH importante. 10% de celle-ci sous sa forme généralisée et 90% sous sa forme localisée (focale). La forme localisée affecte surtout les aisselles, les mains et les pieds, mais parfois aussi le front et l'aine. 25 % des individus atteints d'HH palmaire ou plantaire en souffrent aussi aux aisselles. Les antécédents familiaux d’HH sont souvent positifs.
Selon le texte de Dr Antranik Benohanian, une enquête récente menée aux USA révèle qu’environ 2,8% de la population souffre de transpiration excessive. Cela signifie 8 millions de personnes aux USA et 800 000 au Canada. Plus de 60% de ces individus n’ont jamais consulté un professionnel de la santé. De plus, l’enquête dévoile que les aisselles sont touchées auprès de la moitié de ces victimes tandis que le quart en souffre au niveau des mains.
90% de la population nord américaine consomme une multitude d’antisudorifiques et de déodorants pour contrer la transpiration ou l’odeur corporelle. Ces produits s’avèrent inefficaces chez les personnes victimes d’HH.
L’impact de l’HH sur la qualité de vie :
Une étude récente menée par Naumann sur la qualité de vie des personnes atteintes d’HH révèle que 8% n’en sont pas affectées, 54% sont dérangées occasionnellement, 26% sont dérangées souvent et 12% en tout temps. 75% de ces patients étaient obligés de changer leurs vêtements plusieurs fois par jour. Une grande majorité se prive d’activités sociales et familiales par crainte de révéler leur HH.
Au niveau des pieds
L’HH constitue un milieu propice pour déclencher des maladies telles que : la kératolyse ponctuée, la bromidrose, le tinea pedis, l'eczéma, l’eczéma dyshidrotique (pompholyx), la dermite de contact, les bulles par friction, les verrues, les engelures chez les skieurs et les personnes travaillant à l'extérieur, en présence d’une température inférieure à zéro, les cors mous entre les 4e et 5e orteils et même des ongles incarnés. Par ailleurs, les souliers seront usés et brûlés par la sueur à un rythme accéléré.
Des infections causées par des bactéries Gram négatif et de mycose au niveau du pied ont déjà résisté à l’antibiothérapie intraveineuse, en présence d’HH.
Au niveau des mains
L’HH tache les papiers et les livres qu’on manipule, rend difficile l’usage du clavier de l’ordinateur et même la maîtrise du bâton de base-ball, de golf ou des raquettes de tennis. Les mains rendues glissantes par la sueur échappent facilement des objets. Aussi, serrer la main à une nouvelle rencontre devient embarrassant. Le travail manuel devient moins performant et le danger de blessure augmente chez les personnes ayant les mains humides à cause d’un manque de maîtrise des instruments.
Au niveau des aisselles
La transpiration abondante tachera et abîmera les chemises et les vêtements dispendieux, en plus de créer de l’embarras. Certaines professions deviennent difficiles à exercer en présence de mains moites. C’est le cas des coiffeurs, des barbiers et des professionnels de la santé.
De plus, un contact manuel froid et humide ne favorisera pas le climat de confiance professionnelle souhaité. Le problème chez les travailleurs de la cafétéria, les pâtissiers et les boulangers n’est pas moindre. L'HH peut même handicaper les musiciens. Aussi, le politicien, l’orateur ou le conférencier qui sue du front, ne pourra pas être convainquant à son auditoire, car la sueur projette l’image d’anxiété, d’un manque de confiance ou d’incompétence.
Classification de l'HH
L'HH est arbitrairement classée en HH localisée lorsque la région affectée ne dépasse pas 100 cm2, ou d'HH généralisée lorsque cette surface dépasse 100 cm2.
L'HH localisée (ou focale)
L'HH localisée est aussi appelé primaire, idiopathique ou essentielle et même parfois émotionnelle car la sueur est souvent déclenchée par l'anxiété et la peur. Elle peut aussi être déclenchée par certaines substances comme la caféine, le thé, le cola, le chocolat et les mets épicés. Dans ce type d'HH, les endroits les plus fréquemment touchés sont les paumes, les plantes et les aisselles, mais le front, les aines et la zone du périnée pourraient en être affectées. L’HH primaire est toujours bilatérale. D’ailleurs, une HH unilatérale doit toujours faire l’objet d’une investigation approfondie pour mettre en évidence une pathologie sous-jacente. L’activité des glandes eccrines se manifeste surtout le jour. La sudation nocturne peut être un signe accompagnateur de tuberculose, de brucellose ou de lymphome.
L'HH généralisée
Le déclenchement de transpiration généralisée survient suite à l'élévation de la température ambiante, une forte fièvre ou encore un effort physique pénible et prolongé.
L'investigation de l'HH généralisée : l’HH généralisée pourrait être un signe accompagnateur de plusieurs pathologies. Comme elle fait partie des symptômes généraux lors de l’interrogatoire, au même titre que les frissons et la fièvre, presque toutes les disciplines médicales se trouvent impliquées dans son investigation, en passant par la médecine générale, la médecine interne, l'endocrinologie, la neurologie, la neurochirurgie, la dermatologie et la psychiatrie pour ne nommer que quelques-unes. Pour poser un diagnostic d'HH, on n'a qu'à se fier à l'histoire du patient. La sueur peut être observée sous forme de gouttelettes sur la peau ou de taches sur les vêtements. Les mesures qualitatives et quantitatives de la sueur ne sont habituellement pas nécessaires.
La régulation de la transpiration
La sueur est sécrétée par les glandes eccrines qui jouent un rôle crucial dans la thermorégulation. Les personnes dépourvues de glandes eccrines ont de la difficulté à maintenir une température normale stable. Il existe cependant des régions telles que les paumes et les plantes où la transpiration n'aide vraiment pas à la thermorégulation. La transpiration à ces endroits est déclenchée souvent par les émotions que par la chaleur. De plus, chez les personnes très émotives, le "flushing" vient s'ajouter à l’HH rendant une situation déjà embarrassante, encore pire.
La surface totale de la peau contient environ 3 millions (1.6 à 4 millions) de glandes eccrines. Leur densité varie d'une région à l'autre et se chiffre à 64 glandes /cm2 au niveau du dos, 108 glandes/ cm2 à l'avant-bras, 181 glandes/ cm2 au front et enfin 600 à 700 glandes / cm2 au niveau des paumes et des plantes. Le thermostat sensible à la température sanguine est situé au niveau de l’hypothalamus. Lorsque cette température dépasse un certain degré, le processus de transpiration se déclenche par l’intermédiaire du système sympathique, des nerfs vasodilatateurs cutanées et des nerfs assurant la sécrétion sudorale. Dans le cas d'HH primaire, les impulsions nerveuses déclenchées par les émotions atteignent l’hypothalamus qui active la transpiration.
Quelle sont les causes de l'hyperhidrose ?
Globalement :
L'hyperhidrose résulterait d'une suractivation du système nerveux sympathique. La portion du système nerveux sympathique contrôlant les glandes sudoripares s'appelle la chaine ganglionnaire thoracique. Elle se situe dans la cavité thoracique, le long de la colonne vertébrale.

Photo source : http://hyperhidrose.free.fr/
On distingue les hyperhidroses primitives ou essentielles (sans cause reconnue) des hyperhidroses secondaires à des maladies. La plupart des hyperhidroses localisées aux aisselles, aux mains ou aux pieds sont essentielles et on ne sait pas pourquoi les patients sont atteints. En cas d'hyperhidrose généralisée ou d'hyperhidrose localisée dans une zone inhabituelle (autre que les paumes, les plantes ou les aisselles), il est indispensable de consulter le médecin pour en rechercher la cause, surtout si la transpiration excessive est survenue récemment.
On pense que l'hyperhidrose essentielle est secondaire à un fonctionnement excessif des circuits réflexes impliqués dans la sudation eccrine. Les cas familiaux d'hyperhidrose ne sont pas rares, mais la transmission est mal connue. L'hyperhidrose essentielle débute souvent à la puberté, culmine entre la troisième et la quatrième décennie et décroît ensuite avec l'âge. L'hyperhidrose palmo-plantaire (des pieds et des mains) prédomine chez les hommes. L'hyperhidrose est le plus souvent intermittente et majorée par le stress. Il se forme souvent un cercle vicieux, car la transpiration excessive des mains ou des aisselles est souvent embarassante et génère un stress qui la majore.
La sudation excessive est un problème esthétique et gênant qui peut devenir franchement handicapant, voire paralysant. En cas d'hyperhidrose axillaire, les vêtements humides se décolorent et les tissus se détériorent. L'hyperhidrose plantaire favorise la prolifération bactérienne et accélère la détérioration des chaussures. L'hyperhidrose des mains est la plus invalidante, le patient en éprouve une gêne sociale, il redoute de serrer les mains ou de toucher des papiers.
Causes des hyperhidroses localisées1 :
- Chaleur, fièvre, émotion
- Gustative : Café, chocolat, acide citrique, beurre de cacahouète, épices et aliments épicés
- Olfactive
- Lésions neurologiques : Hyperhidrose du visage après ablation de la parotide (syndrome de Frey) ou après sympathectomie
Causes des hyperhidroses généralisées1 :
- Chaleur, fièvre
- Emotion
- Exercice physique
- Ménopause
- Obésité
- Maladies neurologiques
- Neuropathie diabétique
- Syringomyélie
- Hémiplégie
- Tabes
- Syndrome de Ross
- Syndrome du défilé costo-claviculaire...
- Hyperactivité sympathique
- Douleurs
- Syndrome de sevrage en alcool, aux opiacés et à la cocaïne
- Certains médicaments dans certains cas
- Antidépresseurs tricycliques
- Acétaminophène
- aspirine
- béta-bloqueurs
- Insuline
- Mépéridine
- Niacine
- Physostigmnine
- Pilocarpine
- Tamoxifène...
- Maladies endocriniennes
- Hyperthyroïdie
- Diabète
- Phaeochromocytome
- Hyperpituitarisme
- Autres maladies
- Hypolycémie
- Choc hypovolémique
- Cancers
1Source : Dr Antranik Benohanian MD, FRCPC (www.hyperhidrosis.ca)
Quels sont les traitements de la transpiration excessive ?
2 grands types de traitements : les non-chirurgicaux et les chirurgicaux.
Traitements non-chirurgicaux
Les anti-transpirants : Ils sont recommandés en première intention. L'agent le plus efficace semble être le chlorure d'aluminium (20-25%), en application 2-3 fois par semaine. Ce traitement est généralement suffisant dans les cas modérés d'hyperhidrose. Ils sont disponibles en pharmacie/parapharmacie. Ou en vente par internet.
L'ionophorèse : C'est un instrument qui peut aider ceux souffrant d'hyperhidrose des mains ou des pieds. Les mains ou les pieds sont immergés dans une bassine d'eau. Deux électrodes permettent de faire passer un courant de 20 mA. La séance dure 20 minutes et est à répéter chaque semaine. Cette méthode semble efficace chez un certain nombre de patients. La machine s'achète en pharmacie.
Les médicaments : Il n'existe pas de médicaments réellement spécifiques de l'hyperhidrose. Cependant, certains médicaments peuvent avoir une action bénéfique. Consultez votre medecin.
Autres :
Psychothérapie : notament la TCC (thérapie comportementale et cognitive), permet de mieux assumer son hyperhidrose et de réduire dans une certaine mesure la transpiration liée aux émotions.
L'hypnose, l'acupuncture et l'homéopathie peuvent donner des résultats.
Traitements chirurgicaux
La principale méthode : La sympathectomie thoracique endoscopique. Cette technique apparait comme la méthode radicale et définitive. Elle consiste à aller détruire spécifiquement le ganglion sympathique qui contrôle la transpiration. Ce n'est pas une chirurgie très invasive car elle se fait par voie endoscopique : le chirurgien fait deux petites incisions par lesquelles il passe ses instruments.
Que penser de cette méthode ? C'est effectivement une méthode radicale, qui donne de très bon résultats. Le net est rempli de témoignages de personnes qui avaient tout essayée sans succès jusque là et qui on pu revivre grâce à cette intervention. Malheureusement, cette opération (comme toute intervention chirurgicale) n'est pas dénuée de tout risque. Le principal risque est la possibilité de développer une hyper-sudation compensatoire, mais qui ne concerne pas les mêmes sites que l'hyperhidrose : elle a lieu sur les jambes et le dos. Ce phénomène est assez bien vécu par ceux qui en souffrent, par rapport aux bénéfices qu'ils ont retirés de l'opération. Par contre, il peut y avoir dans un certain nombre de cas des effets secondaires nettement plus génant, allant de la fatigue chronique à une réduction des capacités physiques...
La décision d'une telle opération dépend donc du rapport Bénéfices envisagés/Risques encourus...
Les autres méthodes chirurgicales :
- Ablation des glandes sudoripares... Aurait des résultats sur la transpiration axillaire.
- Sympathectomie à thorax ouvert... Chirurgie assez invasive.
En conclusion en ce qui concerne les traitements :
A l'heure actuelle, la stratégie conseillée serait : Essayer en première intention les anti-transpirants à base de chlorure d'aluminium ou la ionophorèse. En cas d'échec, essayer d'y associer un traitement médicamenteux, les deux plus logiques étant les beta-bloquants (avlocardyl) et les anti-dépresseurs. Si l'hyperhidrose résiste à tout et dégrade réellement les conditions de vie, discuter un éventuel traitement chirurgical.
De toutes les manières, il est conseillé de CONSULTER un médecin, réceptif à l'hyperhidrose et ne la considérant pas comme une simple manifestation exagérée du stress. L'aide apportée par une Thérapie Comportementale et Cognitive peut aider à assumer ces transpirations excessives. Se rapporter à la rubrique de liens pour des informations plus précises.
Références et autres ressources utiles
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Liens et adresses utiles
- Dr Antranik Benohanian MD, FRCPC. Membre du Conseil scientifique de l’association France Hyperhidrose, Dermatologue à l’Hôpital Saint-Luc du Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (www.hyperhidrosis.ca)
- International Hyperhidrosis Society : understanding hyperhidrosis, treatment options, working with a doctor, news and research as well as a physician finder. A section is devoted to health care professionnals
- Le docteur Philippe Abimelec, Dermatologue à à l’hôpital Saint-Louis, Paris (http://www.abimelec.com/transpiration_excessive.html)
Dr Marc TWAGIRUMUKIZA
Butare, ce 14 juin 2006
twamarc@yahoo.fr
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