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Editorial juin 2008

L'accès aux anti-rétroviraux ne suit pas le rythme de propagation de l'épidémie du SIDA

Selon le rapport ONUSIDA, « Le point sur l’épidémie 2007 », chaque jour, le VIH infecte plus de 6800 personnes et plus de 5700 personnes meurent du sida, essentiel­lement parce qu’elles n’ont pas un accès correct aux services de prévention et de traitement de l’infection à VIH. La pandémie de VIH reste le défi infectieux le plus grave en matière de santé publique.

Et pourtant beaucoup a été fait et déjà on remarque des importants progrès. En 2007, les progrès méthodologiques relatifs aux estimations des épidémies de VIH, appliqués à une gamme élargie de données nationales, ont conduit à des modifications importantes du nombre estimé de personnes vivant avec le VIH à travers le monde. L’interprétation de la gravité et des conséquences de la pandémie a néanmoins fort peu changé. On estime à 33,2 millions [30,6 millions-36,1 millions] le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde en 2007, soit 16% de moins que l’estimation de 39,5 millions [34,7 millions - ­47,1 millions] publiée en 2006 (ONUSIDA/OMS, 2006).

La contribution la plus importante à cette réduction a été l’effort considérable visant à estimer l’épidémie de VIH en Inde, qui a entraîné une révision majeure à la baisse des estimations pour ce pays. D’autres révisions des estimations, notamment en Afrique subsaharienne, ont aussi eu leur importance. Six pays (Angola, Inde, Kenya, Mozambique, Nigéria et Zimbabwe) contribuent pour 70% à la différence entre les estimations publiées en 2006 et celles de 2007. Au Kenya et au Zimbabwe, il y a des signes croissants qu’une partie de cette différence est due à une diminution du nombre de nouvelles infections – elle-même attribuable à une diminution des comportements à risque.

Parmi les points essentiels positifs listés par le rapport ONUSIDA on note :

  • une stabilisation de la prévalence mondiale de l’infection à VIH (pourcentage de personnes infectées par le VIH), même si le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde augmente à cause tant de l’accumulation de nouvelles infections que de la survie prolongée des personnes infectées, au sein d’une population qui elle-même continue de croître ;
  • une diminution localisée de la prévalence dans certains pays ;
  • une diminution du nombre de décès liés au VIH, attribuable en partie à l’extension récente de l’accès au traitement ; et une diminution du nombre annuel de nouvelles infections à VIH au niveau mondial.

L’examen des tendances mondiales et régionales laisse à penser que l’épidémie comporte deux grands schémas :

  • des épidémies généralisées qui persistent au sein de la population générale de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, en particulier dans la partie australe du continent ; et
  • dans le reste du monde, des épidémies affectant essentiellement les populations les plus exposées au risque d’infection, notamment les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les consommateurs de drogues injectables, les professionnel(le)s du sexe et leurs partenaires sexuels.

Malheureusement, force est de constater que ces efforts ne sont pas suffisants et ces progrès cachent une autre image de l’épidémie.
Ceci a été – entre autre, évoqué lors de la réunion de haut niveau sur le VIH et le SIDA 2008 s’est tenue au siège de l’ONU à New York du 10 au 11 juin 2008. Pendant les trois jours de la réunion, le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, les Chefs d'Etat et plus de 80 ministres, des hauts fonctionnaires, des représentants des organisations internationales, ont passé en revue les progrès vers les buts fixés par la Déclaration d'engagement sur le VIH/SIDA ainsi que par la Déclaration politique sur le VIH/SIDA. Les discussions ont également porté sur les défis qui subsistent et exploré les moyens possibles d'y répondre.

Au cours de cette réunion, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a présenté un rapport dans lequel il a annoncé une diminution des infections par le virus du SIDA et du nombre de décès dus au VIH durant la dernière décennie. Le Dr Ban Ki-moon a souligné cependant que l'augmentation de l'accès aux anti-rétroviraux ne suit pas le rythme de propagation de l'épidémie. Ce rapport du Secrétaire général de l’ONU s’est basé sur les rapports transmis par 147 pays à ONUSIDA à la fin de janvier 2008.

Les détails de ce rapport ONUSIDA ci-haut mentionné, montre aussi que l'accès aux anti-rétroviraux a augmenté de 42% l'année dernière, atteignant 3 millions de personnes dans les pays à faibles et moyens revenus, soit environ 30% de ceux qui en ont besoin. Le pourcentage de femmes infectées recevant un traitement de prévention contre la transmission du VIH de la mère à l’enfant est passé de 14% en 2005 à 35% en 2007.

L'Afrique subsaharienne est la plus touchée avec 68% des adultes infectés, 90% des enfants porteurs du virus et 76% des décès causés par le SIDA dans le monde. Le nombre de nouvelles infections a globalement reculé sauf en Chine, Indonésie, Russie et l’Ukraine, indique le rapport.
Au cours de cette réunion le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, a attiré l'attention sur l'importance de la prévention : "Tous les jours, près de 7.000 personnes sont infectées par le virus du SIDA car elles n'ont pas accès à la prévention", a-t-il dit.

Il faut souligner la présence des représentants du Rwanda –dans cette réunion, parmi lesquels la Première Dame Mme Jeannette Kagame, le Secrétaire Exécutif de la CNLS, le Dr Agnès Binagwaho et 4 délégués de la Société civile rwandaise.

Sources :

  • 1. ONUSIDA/07.27F / JC1322F (version française, décembre 2007)
    Version originale anglaise, UNAIDS/07.27E / JC1322E, décembre 2007 :
    AIDS epidemic update: December 2007
  • 2. Commission Nationale de Lutte contre le SIDA(C.N.L.S)
    Tel. : (00250)503980 | Fax : (00250)503979 | E-mail:cnls@rwanda1.com | B.P. 7162 Kigali-Rwanda
    http://www.cnls.gov.rw

 

Par Dr Marc Twagirumukiza,
Gand, Belgique
25 Juin 2008
twamarc@yahoo.fr

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