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Le Réseau
Rwandais des Personnes Vivant avec le V.I.H. ( RRP+) : 603
associations membres !
Selon les données ONUSIDA environ 42 000 000 personnes
vivent avec l'infection dont 30 000 000 vivent en Afrique subsaharienne
et plus de la moitié sont de sexe féminin. Le Rwanda
se trouve au 7ème rang mondial en ce qui concerne l'infection
à VIH/SIDA avec un taux global de séropositivité
dans la population générale allant de 7-11% dans les
régions urbaines à 2-4 % dans les régions rurales.
Environ 500 000 personnes vivent avec l'infection et plus de 260
000 enfants sont orphelins à cause de ce fléau.
Nous rappellerons également comme nous l’avions cité
dans notre éditorial
de décembre 2002 que le taux de séropositivité
se repartit inégalement entre les provinces : nous comptons
un taux global de 12 % à Cyangugu, de 7 % à Ruhengeri
mais ici certains chiffres restent alarmants comme dans ce centre
de dépistage où sur 2700 personnes qui se sont fait
tester, 17 % se sont révélés séropositifs.
Depuis 1998, presque ¼ de ces séropositifs étaient
recensés dans l'unique association au niveau national l'ANSP+
(Association Nationale des Séropositifs), qui est elle-même
une fédération de 80 associations locales de séropositifs,
à l’époque dirigé par Madame WIBABARA
Dorothy GATERA. Actuellement cette association a donné naissance
a un Réseau Rwandais des Personnes Vivant avec le V.I.H.
( RRP+) dirigé par Mme Olive Gatesi.
Ce Réseau Rwandais des Personnes Vivant avec le V.I.H. (
RRP+) a organisé un atelier de 3 jours au Centre ISANO de
Gikondo dans la Ville de Kigali, dans l’objectif de doter
le réseau d'un plan stratégique pour une période
de 5 ans. Dans son intervention, la présidente du Réseau,
Mme Olive Gatesi, a rappelé la problématique actuelle
de lutte contre le VIH/SIDA au Rwanda, la genèse de la mise
en place du RRP +, ses objectifs, les raisons majeures qui ont motivé
l'organisation de l'atelier à savoir la dotation du réseau
d'un plan stratégique quinquennal.
Mme Agnès Binagwaho, qui fut l'invité d'honneur en
tant que Secrétaire Exécutif de la CNLS (Commission
Nationale de Lutte contre le SIDA) a souligné avec insistance
le rôle des ombrellas mis en place qui est d'être le
lieu primordial entre les différentes instances du pays et
les communautés de base. Ces ombrellas, dont le RRP+ qui
sont sur la ligne de front doivent arrêter la chaîne
de transmission du VIH /SIDA. Elle a rappelé que les moyens
mis à la disposition de ces intervenants doivent arriver
auprès des communautés bénéficiaires.
A travers les différentes interventions du réseau,
les membres doivent se rappeler qu'ils sont le point d'encrage des
solutions de lutte contre le VIH/SIDA notamment par les mesures
de prise en charge des PVIH. En clôturant son intervention,
Mme Binagwaho a demandé que le plan stratégique 2005-2009
soit conçu de manière à répondre aux
attentes des associations membres du réseau.
Le Secrétaire Exécutif du RRP+, Mlle Shakila Kazimbaya
Umutoni, a présenté aux participants le bilan actuel
du réseau depuis sa mise en place. En effet, c'est en mai
2000 qu'a eu lieu une Conférence Nationale des PVVIH (Personnes
Vivant avec le VIH) organisée par le MINISTANTE, le PNUD,
l'ONUSIDA et ONGs qui recommanda la création d'un réseau
national des PVVIH. En mars 2003, il y a eu une Assemblée
constituante du RRP+ sous les auspices de la CNLS. En novembre 2003,
il y eut adoption des statuts et règlement d'ordre intérieur
par son Assemblée Générale. En mai 2004, le
RRP+ a été doté du staff et le réseau
fut opérationnel. Il est né avec mission principale
de servir d'organe de coordination et d'orientation des interventions
des associations des PVVIH, compte tenu de la politique nationale
de lutte contre le SIDA.
| Provinces |
Nombre d'associations |
Total |
| |
Fondatrices |
Adhérentes |
|
| Umutara |
8 |
30 |
38 |
| Kibungo |
8 |
44 |
52 |
| Kigali Ngali |
22 |
24 |
46 |
| Kigali Ville |
45 |
123 |
168 |
| Gitarama |
15 |
29 |
44 |
| Butare |
16 |
26 |
42 |
| Gisenyi |
13 |
35 |
48 |
| Ruhengeri |
6 |
24 |
30 |
| Kibuye |
7 |
13 |
20 |
| Cyangugu |
15 |
29 |
44 |
| Gikongoro |
6 |
22 |
28 |
| Byumba |
14 |
29 |
43 |
| Total |
175 |
428 |
603 |
Entre autres réalisations, RRP+ a élaboré
le statut, le ROI ainsi que le plan d'action. Il s'est équipé
en mobilier, informatique, véhicules et frais de fonctionnement.
Il a mis en place son Secrétariat Exécutif et élaboré
un plan de constitution de base des données sur les membres
du RRP+.
Il a signé beaucoup de protocoles d'accord avec ses partenaires
(FHI, Impact Rwanda, MAP, PACFA, …) et formé des volontaires,
etc. Toujours selon Mlle Shakila, certains programmes sont en cours.
Citons, entre autres : la prise en charge (PEC) à domicile
des PVVIH, distribution des Kits scolaires, cotisations aux mutuelles
de santé pour les familles les plus vulnérables, dons
en espèces aux associations pour visiter les malades, payement
des frais scolaires aux élèves démunis, appui
institutionnel et psychosocial, projets générateurs
des revenus, construction du siège administratif du réseau,
distribution des vélos aux volontaires, financement des micro
projets, et renforcement du contrôle de la tuberculose.
Concernant les contraintes, le Secrétaire Exécutif
a relevé celles liées à la couverture d'intervention
aux associations qui restent trop petites, un paquet insuffisant,
moyens très limités, faible coordination des associations
et la duplication des interventions. Les défis principaux
sont l'identification incomplète des membres, couverture
petite, incomplète et dispersée des projets de PEC
(nutritionnel, micro finance, soins médicaux, …) beaucoup
de PVVIH non membres des associations, pauvreté accrue des
PVVIH, stigmatisation et discrimination aux PVVIH persistantes,
faibles capacités organisationnelles et techniques des PVVIH,
gestion non saine dans certaines associations, absence de cadre
( légal et autres ) d'harmonisation de couples discordant,
manque d'assistance juridique aux PVVIH, …
Pour finir sa présentation, elle a évoqué
quelques perspectives d'avenir à savoir élargir et
harmoniser la PEC des PVVIH, rechercher des appuis financiers et/ou
matériels pour les projets d'autofinancement des associations
et de leurs membres, renforcer le partenariat avec différents
intervenants, exhorter et faciliter les PVVIH, exercer une campagne
anti-propagation du VIH/SIDA autour d'eux pour briser la chaîne
de transmission, asseoir un système de communication efficace
entre le Secrétariat Exécutif national les organes
décentralisés et les associations du RRP+ pour une
meilleure coordination.
Les débats qui ont suivi les présentations ont permis
aux participants d'échanger sur la complémentarité
des différents intervenants en matière de lutte contre
le SIDA, au niveau national, provincial ainsi que les orientations
des interventions stratégiques du réseau par rapport
aux axes stratégiques de la CINLS. Deux groupes ont travaillé
sur les faiblesses, les menaces, les obstacles et les contraintes
au moment où deux autres groupes se sont penchés sur
les forces, les succès, les potentialités et les opportunités.
Dans les travaux en groupe, bien des problèmes ont été
identifiés. Citons entre autres la stigmatisation et la discrimination,
la faible capacité des associations, l'accès difficile
aux soins et aux tests, le manque d'information, de logement et
de l'habitat, l'analphabétisation et la scolarisation des
enfants pauvres, manque de budget de fonctionnement, de capacité
d'élaboration des projets, d'accès aux médicaments,
de collaboration entre différents intervenants, …
A tous ces problèmes identifiés, des solutions concrètes
ont été proposées par les participants.
Texte inspiré des éléments du reportage
de Mr Jean Claude Rubingisa, journaliste du bimensuel gouvernemental
« La nouvelle Relève »
Butare, ce 20 juillet 2005
par Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr |