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Oeil du médecin : la mort guette...
Selon l'hôpital ou clinique privée consideré, le médecin
est appelé plus de dix fois par jour, pour poser un diagnostic.
Il s'agit pour la plupart du temps d'une maladie et, dans de rares
cas, d'un décès.
Si j'ai choisi de discuter de ce dernier cas, ce n'est pas seulement
parceque la plupart des médecins se sentent " génés " par la situation
elle-même, mais aussi parceque le diagnostic de la mort reste sujet
à polémique…
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En effet le diagnostic de la mort semble moins évident que celui
d'une borréliose, ou celui d'un abcès profond, splénique
par exemple.
Dans le premier cas de borréliose, une symptomatologie superposable
à celui du paludisme égare souvent le médecin.
Et dans le second cas, l'on mettra longtemps à traiter une septicémie
-si l'on s'est orienté vers cette piste- ou une fièvre typhoïde,
ou une hépatite et que le diagnostic ne sera porté, au final, que
par une échographie abdominale proposée en dernier lieu.
Dans notre cas de décès, la littérature actuelle semble
s'accorder sur le fait que le diagnostic est porté en cas d'association
des trois critères suivants :
- Absence totale de conscience et d'activité motrice spontanée,
- Abolition de tous les réflexes du tronc cérébral,
- Absence totale de ventilation spontanée vérifiée par une épreuve
d'hypercapnie. L'attestation du caractère irréversible de la destruction
encéphalique apportée par l'examen paraclinique fait par deux électroencéphalogrammes
(EEG) et Angiographie.
Si je me suis permis de rappeler ici ces données de textes légaux,
c'est pour montrer -encore une fois- que dans bon nombres des pays
en voie de développement, aucun moyen paraclinique n'est
à la disposition du médecin pour apporter le diagnostic légal.
Il ne sera amené alors qu'à apporter le diagnostic cliniquement,
d'abord celui de la mort cérébrale puis l'examen clinique qui doit
être pratiqué lorsque le malade est stable sur le plan circulatoire
et réchauffé au delà de 35°C.
En effet, l'hypothermie donne un tableau clinique de mort encéphalique.
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Les signes cliniques à rechercher sont :
- un coma profond aréactif et hypotonique
- l'absence de tout mouvement spontané ou déclenché par des stimuli
douloureux
- l'absence de réactions lors des stimulations des paires crâniennes.
Viendront ensuite les signes d'apparition tardive comme la lividité,
la froideur cadavérique, etc.
Combien de médecins sont-il à l'aise pour pratiquer cet examen ?
Heureusement que c'est souvent l'infirmière qui apporter la mauvaise
nouvelle au Docteur qui se trouve dans son bureau...
Remarquez que ma discussion n'atteint pas encore l'arrêt
cardio-respiratoire, ni l'étape que les médecins qualifient de profane
qui consiste à déterminer qui meurt avant l'autre
entre le cœur et le cerveau chez l'homme.
Et pourtant on se demande plus souvent s'il faut un massage cardiaque
externe ou pas, s'il faut arrêter la perfusion d'ephedrine, etc.
Mais l'étape primordiale est celle qui consiste à annoncer
le décès à la famille.
Souvent, l'on constate une fuite de responsabilités du médecin
et c'est à l'infirmière que revient cette triste tâche.
N'est-ce pas au médecin de partager cette douleur avec la
famille ?
Cette petite réflexion doit encore réveiller les discussions
entre médecins, pour assumer leurs responsabilités, car ceci réconforte
bien la famille éprouvée.
Enfin, si cette réflexion provoque des réactions, ce sera pour
moi un honneur d'en recevoir par le biais de mon e-mail.
Qu'elle puisse réveiller les esprits pour rendre plus souples
mais plus fiables les textes légaux et les textes régissant les
Ordres nationaux des médecins, selon des moyens diagnostics dont
disposent les pays.
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