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Butare, province située au sud du Rwanda compte quatre districts
sanitaires : Nyanza, Kabutare, Gakoma et Kibilizi. Chaque district
dispose d'un hôpital de district, à l'exception de Kibilizi où l'hôpital
est en cours de construction. Il devrait être fonctionnel à la fin
de l'an 2004, selon les prévisions. D'autres formations sanitaires
existent. Les centres de santé et dispensaires. Le district de Nyanza
en compte huit, celui de Kabutare seize, celui de Gakoma quatre
et celui de Kibirizi sept. Le grand hôpital provincial dit "hôpital
de référence" est l'hôpital universitaire.
C'est l'hôpital de référence qui a la plus grande maternité et
la mieux équipée. Les autres formations sanitaires savent aussi
prendre des dispositions pour accompagner une grossesse et la mener
à son terme. Cependant, elles ne sont pas habilitées à traiter les
cas particulièrement difficiles. Pour ce faire, toutes les situations
gynéco-obstétriques particulièrement compliquées sont soumises à
l'hôpital universitaire. Cependant, tout part des consultations
prénatales pour le meilleur des cas et des complications survenues
à la maison ou en cours de route pendant la grossesse ou après l'accouchement
à domicile dans le pire des cas.
Des consultations prénatales à 89,8%
La couverture moyenne des consultations prénatales a été de 60.9%
en 2001, de 89.4% en 2002, de 81% en 2003 et de 89.8% au premier
trimestre 2004. Les femmes ayant totalisé 4 consultations prénatales
sont de l'ordre de 6.7% pour l'année 2001, de 11% en 2002, de 9%
en 2003 et de 8.2% au premier trimestre 2004.
Les femmes enceintes devraient recevoir jusqu'à cinq vaccinations
anti-tétaniques avant l'accouchement. Celles ayant reçu les 5 vaccinations
sont au nombre de 3997. Les femmes protégées jusqu'à l'accouchement
sont 21841 soit 68.5%, en l'an 2003.
Au cours de ces dernières années, le taux d'utilisation des services
de maternité est passé de 9.6% à 17.3%.
Bien des raisons pour une césarienne
Marie Karamaga, responsable de la maternité de l'hôpital universitaire
estime que les cas d'accouchements par césarienne ne sont guère
en progression, malgré l'opinion publique qui, elle, estime que
la courbe serait ascendante.
"Au Rwanda, il y eût des périodes de disette et les filles qui sont
nées en ces temps là ont hérité de bassins rétrécis ou limités à
cause de la malnutrition. Cependant, des facteurs anatomiques autres
que ceux liés à la malnutrition sont, bien souvent aussi, les causes
d'accouchement par césarienne".
En effet, les disproportions pédo-péruviennes, la présentation du
fœtus dans la position qui n'est pas la bonne au moment de l'accouchement,
la procidence du cordon ombilical, l'état de santé du fœtus sont
autant des raisons qui conduisent à la césarienne.
L'avortement volontaire est strictement interdit et réprimé par
la loi en la matière, au Rwanda.
Les avortements accidentaires, involontaires sont pris en charge
à l'hôpital de référence. Ils sont pour la plupart dus au paludisme,
au stress, etc..
"Il est difficile de savoir qui avorte volontairement et qui avorte
accidentellement. Néanmoins, à y regarder de très près, nous pouvons
faire la différence. Mais nous ne sommes pas des policiers. Notre
travail, c'est de sauver la vie", affirme l'infirmière en chef,
responsable de la maternité.
Un service de maternité à moderniser
Depuis l'histoire de la vie humaine, les sages femmes ont été les
pionnières de l'accouchement assisté et à moindres risques. Aujourd'hui,
avec les progrès de la science, les infirmières peuvent suivre une
formation de sage-femme et intégrer les maternités. Il y a à peine
deux ans que les infirmières de niveau A1 sont arrivées à l'hôpital
universitaire avec en plus, une formation de sage-femme grâce au
Kigali Health Institute (KHI : Kigali Health Institute). Il n'en
existe que quatre au CHUB (Centre Hospitalier Universitaire de Butare),
ce qui est encore dérisoire au vu du besoin que les hôpitaux ont
d'elles. Madame Karamaga estime pourtant que les infirmières-sages-femmes
devraient prendre totalement en charge les salles d'accouchement.
Dans la salle d'accouchement du CHUB, il n'y a que trois tables
ne pouvant donc recevoir simultanément que trois futures mères.
"Nous aurions souhaité qu'on nous construise une meilleure maternité,
de manière à isoler les femmes, l'une de l'autre. Notre maternité
est très ancienne, étroite et fatigante avec ses couloirs et ses
escaliers".
Il est des femmes qui accouchent si facilement qu'elles préfèrent
le faire toutes seules chez elles. D'autres par contre ne veulent
pas dépenser leur argent ou sont carrément surprises à la maison
ou en cours de route. Elles accusent bien souvent des ruptures utérines,
des fissures vésico-vaginales, des rétentions placentaires ou encore
des hémorragies post-partum.
La barrière financière est une réalité pour beaucoup de paysannes.
Ne pouvant pas payer les frais d'une maternité médicalement assistée,
elles préfèrent se battre toutes seules à domicile. D'autres encore
habitent si loin de la plus proche formation sanitaire et connaissent
de vraies problèmes de transport.
Les femmes enceintes qui sont éloignées des transports en commun,
dans les milieux ruraux (Nshili, Kigembe, Mugusa, Gikongoro, etc)
et celles pour lesquelles l'ambulance n'arrive pas assez vite, accouchent
à la maison ou en route vers le lieu d'accouchement. Dans le cas
des accouchements sans problèmes, les futures mères se rendent au
centre de santé le plus proche ou au district sanitaire et y accouchent
normalement. Cependant les infrastructures médicales restent très
insuffisantes.
"Il nous faut moderniser le service de maternité. Pour l'échographie
par exemple, nous sommes obligées de l'effectuer en service de médecine
interne - consultation. L'appareil est unique pour tout l'hôpital.
Le monitoring obstétrical qui permet notamment de surveiller les
mouvements cardiaques du fœtus, des durées et espacements des contractions
de la future mère lui, en plus d'être unique, tombe souvent en panne.
Nous n'avons pas de sabots non plus, pour nous protéger les pieds",
fait constater l'infirmière en chef, responsable de la maternité.
Dix centres de dépistage du Sida
Les cas de viol ont pris une proportion très inquiétante depuis
environ cinq ans. Petites et jeunes filles, adolescentes et femmes
sont systématiquement la cible de violeurs qui sont en majorité
de jeunes gens ou pire des hommes adultes et " responsables ". Chaque
semaine, au CHUB, une à deux personnes violées viennent en consultation,
le plus souvent amenées par la brigade. D'autres femmes viennent
accoucher sans qu'on ne leur connaisse un mari officiel. Malgré
de très fréquentes arrestations par la police, le phénomène prend
de l'ampleur.
"Cela a surgi à un certain moment de manière très brutale, il y
a quelques années. C'est devenu un sujet d'actualité dans tout le
pays. Je pense que ce phénomène est dû à un certain déséquilibre.
Après la guerre, il y a eu beaucoup de problèmes psychologiques.
Certaines personnes atteintes de maladies vénériennes ou du SIDA
sont convaincues qu'en violant les petites filles, ils en guérissent.
Les fumeurs de chanvre et autres drogués sont tout autant violeurs
et pédophiles". Deux cas de filles de ménages qui ont violé des
petits garçons de 3 à 4 ans ont été signalés, après que les petites
victimes aient eu le sexe enflé et contracté des infections urinaires.
Ce drame de viol et de pédophilie prend une mesure beaucoup plus
inquiétante avec les risques accrus de contraction de la pandémie
du VIH SIDA.
Après une campagne contre le SIDA qui dure bientôt une vingtaine
d'années à travers le monde, au Rwanda et à Butare, les femmes enceintes,
pour protéger leur progéniture se font volontairement passer un
test de dépistage du virus HIV. Il existe désormais des méthodes
qui servent à protéger le bébé naissant d'une mère séropositive
: counselling -pré test - test, résultats et obtention de la carte
de liaison dont la femme prête à accoucher se munit avant d'entrer
en salle d'accouchement. Au début du "travail" pour celles atteintes
de la maladie- elles reçoivent de la nivérapine en comprimés. L'enfant
nouveau-né dans les 72 heures en reçoit à son tour via un sirop.
Il est baigné dans de l'eau contenant du chloréxédine à 0.5%. Les
épisiotomies, les ruptures de poche des eaux sont évitées en vue
d'un maximum de protection du bébé à naître. Plus tard à 15 et 18
mois, les bébés vont en consultation pédiatrique pour des examens
de suivi.
Dans la province de Butare, il existe dix centres de dépistage volontaire
du VIH/SIDA (Hôpital Kabutare, CHUB, ARBEF, DUSHISHOZE, Hôpital
Nyanza, Hôpital Gakoma, Centre de santé Gikonko, Kibilizi, Kansi
et la Ligue universitaire de lutte contre le SIDA).
Cinq centres de protection de la transmission du VIH/SIDA de la
mère à l'enfant lors de la naissance (PMTCT) sont opérationnels.
Il s'agit du Centre Universitaire de Santé Publique (CUSP), des
centres de santé de Gikonko, Matyazo et Kansi.
Les supervisions sont faites régulièrement par des agents du TRAC
en collaboration avec les Districts Sanitaires et leurs partenaires.
Les échantillons pour le contrôle de qualité sont acheminés chaque
mois au laboratoire de contrôle de qualité à Kigali. Une rétro information
est régulièrement envoyée. Les résultats des examens effectués révèlent
une prévalence élevée, comprise entre 2.7% et 19.3% pour les VCT,
et entre 5.6% et 11.1% pour les PMTCT.
Sur 100.000 naissances dans les formations sanitaires, 241 à 316
femmes meurent chaque année suite à l'accouchement.
Quand la mère sort de l'accouchement saine et sauve et qu'elle travaille
pour le compte d'une entreprise ou à la Fonction Publique, elle
a droit à un congé de maternité. Ce sont les médecins qui signent
les congés de maternité.
La femme concernée a droit à 2 semaines de congé pré-natales et
à 10 autres post-natales et à une heure par jour d'allaitement pendant
une année et demie.
Du clonage…
Ce procédé scientifique est un sujet controversé et à polémique.
Il est pourtant le recours de couples stériles et dont certains
en ont connu le succès, devenant parents alors que la moindre espérance
était inconcevable.
"J'estime que ce procédé est artificiel et contre-nature. Heureusement,
ce procédé est loin d'être arrivé au Rwanda. Mais je reconnais qu'il
appartient aux couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants de faire
leur choix en connaissance de cause", conclut Madame Marie Karamaga.
A noter que ce procédé n'est pas encore arrivé au Rwanda.
Texte d'Arnaud Nkusi / la Nouvelle Relève B.P 83 ORINFOR 50, Boulevard
de la Révolution, Kigali Plateau. Email lnr2020@yahoo.fr
Butare, ce 27 septembre 2004
par Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr
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