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Santé Rwanda

Editorial Septembre 2006

La maladie hémorroïdaire : maladie à ne pas négliger !

Note de l'auteur : Ce texte n'est ni un article scientifique, ni une note de cours. Il s’agit d’un texte vulgarisé à l'intention du grand public.

Les hémorroïdes sont une dilatation des veines de la zone anale (anus et rectum) et du tissu les entourant, un phénomène semblable aux varices qui peuvent apparaître sur les jambes.

Produites par des dilatations dont la grosseur est variable d’un individu à l’autre, les hémorroïdes peuvent être internes (à l’intérieur de l’anus) ou externes (sur le pourtour de l’anus) en fonction de leur localisation. Elles constituent des structures anatomiques normales et ne revêtent un aspect pathologique que lorsqu’elles évoluent vers une maladie hémorroïdaire.

Un diagnostic précis à faire

Des saignements, des démangeaisons, la perception d'une boule, ou encore d'une douleur au niveau de l'anus sont souvent liés à la maladie hémorroïdaire. Néanmoins ces signes peuvent aussi être liés à d'autres problèmes, par exemple :

  • En cas de saignements, en l'absence d'hémorroïdes apparentes, il faut éliminer une maladie inflammatoire du tube digestif (maladie de Cröhn, recto-colite hémorragique).
    Le cancer du côlon ou du rectum peut aussi se révéler par des pertes de sang isolées ;

  • Les démangeaisons peuvent être liées à une infection locale, ou encore un eczéma ;

  • Une boule au niveau de l'anus n'est pas forcément veineuse, il peut s'agir de ce qu'on appelle un prolapsus muqueux, issue anormale du rectum (descente d'organe), également majorée par l'effort. Rarement il peut aussi s'agir d'un nodule cancéreux ;

  • Une douleur anale peut aussi être due à un abcès infectieux, une fissure anale, etc.

Faits & Chiffres : Les hémorroïdes

  • Une personne sur deux en souffre au-delà de 50 ans
  • Sur 500.000 personnes traitées de par le monde, 20% le sont chirurgicalement

Facteurs favorisant le risque d’hémorroïdes :

  • Les troubles du transit intestinal : constipation et diarrhée
  • Certains agents irritants médicamenteux : certains laxatifs et suppositoires utilisés dans les cas de constipation
  • Certaines habitudes alimentaires : alimentation pauvre en fibres, épices, alcool,…
  • La grossesse et l'accouchement

Signes et symptômes de la maladie hémorroïdaire :

  • Saignements
  • Ecoulements de mucus
  • Prolapsus : sortie des hémorroïdes par l’anus
  • Douleurs et démangeaisons
  • Formation d’un caillot de sang (thrombose)
Comment prévenir la maladie hémorroïdaire ?
  • Augmentez la quantité de fibres dans votre alimentation. Les fibres ramollissent les selles. Les fruits frais, les légumes feuillus, les céréales et les pains de grains entiers sont d'excellentes sources de fibres.

  • Évitez les aliments constipants faibles en fibres, par ex. crème glacée, fromages, pain blanc et viandes.

  • Buvez beaucoup de liquides (excepté l'alcool). Idéalement, buvez huit verres d'eau par jour.

  • Faites de l'exercice régulièrement.

  • Il peut s'avérer utile de prendre des laxatifs qui augmentent le volume des selles, par ex. le son, le psyllium (Metamucil, Fibrepur, Novo-Mucilax, Prodiem (nature)) et autres (Fibyrax).

  • L'usage des laxatifs doit être occasionnel sauf s'ils augmentent le volume des selles.

  • Eviter les périodes prolongées en position assise ou debout Eviter de rester longtemps assis aux toilettes Eviter de forcer en allant à la selle Aller aux toilettes uniquement lorsque l’on en ressent le besoin.

  • Si vous éprouvez le besoin de faire une selle, n'attendez pas trop longtemps. Plus vous attendez, plus votre selle devient dure et sèche.

Traitements

De nouvelles solutions existent pour les traiter efficacement, discrètement et confortablement ! Au-delà de 50 ans, une personne sur deux souffre d’hémorroïdes. Cependant, aujourd’hui encore, trop de malades éprouvent une véritable gêne à en parler à leur médecin. Pourtant, les hémorroïdes ne sont pas une "maladie honteuse"; il s’agit même de l’une des affections les plus banales et les plus répandues à travers le monde. Heureusement, elles se soignent efficacement.

La maladie hémorroïdaire se présente sous deux formes. Les hémorroïdes internes sont situées dans le rectum, mais il arrive qu'une hémorroïde interne puisse se dilater au point de sortir par l'anus. C'est ce que l'on appelle un prolapsus hémorroïdaire ou une hémorroïde prolabée (hémorroïde externe). Elle peut alors devenir douloureuse ou provoquer une démangeaison lors de la formation d’un caillot de sang (thrombose). Les hémorroïdes peuvent également se fissurer et saigner.

Cette pathologie totalement bénigne peut ainsi s’avérer très invalidante et très douloureuse Il est ainsi indispensable de consulter un médecin afin qu’il puisse évaluer le stade d’avancement des hémorroïdes et prescrire le traitement adéquat. En effet, le traitement des hémorroïdes dépend de la gravité de celles-ci. Il peut être médical par une application locale (crème, suppositoire) ou générale (anti-inflammatoire), instrumental par la réalisation de scléroses, coagulation ou ligatures au cabinet même du médecin ou chirurgical en milieu hospitalier.

Un mot sur la phytothérapie

D’une région à une autre, de culture diverse, les personnes qui souffrent d’hémorroïdes ont espéré la guérison par la phytothérapie. Il convient néanmoins de fustiger ce traitement qui parfois n’a aucun fondement scientifique, mais qui par contre peut contribuer à la croissance de la maladie vers des complications. Voici quelques plantes que nous retrouvons dans la littérature africaine :

  • Ail : Le genre Allium est un genre de plantes monocotylédones de la famille des Alliacées (certains auteurs l'ont classé dans les Liliacées). C'est un genre important dans l'alimentation humaine, qui comprend de nombreuses plantes alimentaires, condimentaires et aux vertus médicinales. C'est à ce genre qu'appartiennent le poireau, l'oignon, l'ail cultivé, l'échalote, la ciboule et la ciboulette.
    En général, ce sont des plantes à bulbes. Certaines espèces présentent en plus de la reproduction sexuée par graines un mode de multiplication végétative par bulbilles au niveau de la souche ou bien des inflorescences.

  • Cyprès : Le cyprès de Provence (Cupressus sempervirens) encore appelé cyprès toujours vert ou cyprès d'Italie est un arbre de la famille des Cupressaceae. C'est un arbre originaire d'Asie. Leur pollen est très allergène. Utilisé en huile essentielle (extraite à partir des rameaux), pour ses propriétés sur la circulation veineuse et lymphatique. Manger le cône fructifère du cyprès permettrait d'améliorer son dynamisme vasculaire.
  • Fragon : Le fragon faux houx (Ruscus aculeatus) encore appelé petit houx est un arbuste de la famille des Asparagaceae. C’est un arbuste rhizomateux, très ramifié, aux rameaux secondaires alternes transformés en cladodes ovales terminés par une épine, aux petites fleurs verdâtres à 6 pétales. Les fruits sont des baies rouges.
    Il est utilisé localement lors de la fête des Rameaux comme substitut aux branches de buis. Les jeunes pousses sont comestibles, crues ou cuites, comme les asperges sauvages, par contre, les baies sont toxiques. Le rhizome a des vertus circulatoires, d'où le surnom de "plante des jambes légères".
  • Autres plantes : Marronnier d'Inde, Myrtille, Pissenlit, Sauge, etc.

Traitement médical

Les traitements des hémorroïdes sont la plupart du temps à base de crèmes, que l'on applique avec la main (dans le cas de crise hémorroïdaire externe) ou avec un embout spécifique (dans le cas de crise interne). Ces traitements sont la plupart du temps efficaces, bien que ne supprimant pas totalement le problème. En effet, d'autres crises peuvent survenir dans le temps. Pour une disparition totale et définitive des crises, la consultation d'un médecin est nécessaire, celui-ci dirigera le malade vers un chirurgien.

Traitement Chirurgical

La technique du docteur Longo est une méthode chirurgicale moins contraignante aux suites opératoires simples. Elle est réalisée à l’aide d’un dispositif à usage unique pour des conditions d’hygiène maximales. A l'inverse des techniques classiques qui entraînent des lésions importantes du canal anal, à l'origine de vives douleurs et de saignements, la technique du docteur Longo préserve l'anatomie du canal anal. Le chirurgien n’enlève pas les hémorroïdes, mais corrige le prolapsus muco-hémorroïdaire en réalisant une sorte de "lifting" de la muqueuse rectale au moyen d'un agrafage circulaire mécanique.

L’intervention de Longo est réalisée en 20 à 30 minutes. Elle n'entraîne aucun risque de lésion sphinctérienne ni de plaie au niveau du canal anal, partie extrêmement sensible. Les soins locaux disparaissent donc, et l'administration d'antalgiques est fortement réduite. La durée d'hospitalisation est plus courte, deux jours en moyenne contre 4 jours avec la méthode classique, et la reprise professionnelle plus rapide. De même, certains chirurgiens pratiquent l’opération en hôpital de jour, c'est-à-dire en une journée, permettant ainsi au patient de rentrer chez lui le soir-même.

Que concluons-nous ?

En général, les hémorroïdes se soignent efficacement à l’aide de traitements symptomatiques simples qui atténuent la douleur et réduisent l’inflammation. Il sera également important de veiller à réguler le transit intestinal que le patient soit constipé ou non (enrichissement de l'alimentation en fibres alimentaires +/- laxatifs agissant sur la consistance des selles du type mucilages). Enfin, une attention particulière doit être accordée à l’hygiène de la région anale, sans toutefois tomber dans l’excès, le savon pouvant aussi être une cause d’irritation. Toutes ces mesures permettent de résoudre la crise puis d'en prévenir d'autres dans plus de la moitié des cas.

Il existe d’autres traitements en cas de complications :

Les injections sclérosantes, qui provoquent la sclérose des vaisseaux hémorroïdaires grâce à l’injection d’une substance irritante. Cette technique permet de soulager rapidement le patient ; La photo-coagulation par infrarouges, qui agit sur les vaisseaux en fixant la muqueuse ; Les ligatures élastiques, qui provoquent par strangulation une dévitalisation des tissus et permet ensuite leur destruction par une autre technique (par congélation par exemple) ; Enfin, si la maladie hémorroïdaire est à un stade très avancé, on peut envisager une intervention chirurgicale sous anesthésie locale ou générale en fonction de l’acte à effectuer.

Concernant une hémorroïde thrombosée, quand celle-ci devient douloureuse, elle est facilement opérable. Dans la plupart des cas, avec une alimentation adaptée (toujours l'enrichissement en fibres), celle-ci disparaît par elle-même.

Dr Marc TWAGIRUMUKIZA
Butare, ce 02 septembre 2006
twamarc@yahoo.fr

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