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Médecine traditionnelle au Rwanda
Au Rwanda, comme dans la plupart des pays en voie de développement
et du Tiers-monde, les considérations mythiques sur la maladie ne
sont pas encore éteintes.
S'il faut accuser l'ignorance pour une grande part, il ne faudra
pas minimiser la part des autres facteurs.
Nous citerons entre autres, les croyances, religieuses ou non, et
surtout la peur de l'être humain face à la mort.
Nous nous articulerons sur ces trois sujets: l'ignorance, les croyances
et la peur de tout être humain devant la mort.
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Il n'est pas facile ici de définir l'ignorance, surtout s'il faut
considérer tous ses aspects.
Nous optons pour l'alphabétisation comme indicateur majeur de l'ignorance
dans une population, sans oublier effectivement d'autres indicateurs.
Au Rwanda le taux d'alphabétisation se situait à 63 % en 1997 dans
la population générale(données publiées sur www.nur.ac.rw/rwanda2_fr.htm),
voire même moins (jusqu'à 44%) dans certaines régions rurales.
Ceci constitue une entrave majeure aux programmes IEC (Information-Education-Communication)
de santé publique, qui sont les seuls moyens de " conscientiser
" la population sur la prise en charge de leur propre santé et d'information
sur les programmes sanitaires préventifs en cours (par ex. les programmes
d'hygiène et assainissement, programme verticaux de lutte : SIDA,
Paludisme, Tuberculose et Lèpre, etc.).
Ces programmes si bien conçus, attendent longtemps pour donner
les résultats ou restent lettre morte, car me semble-t-il, la population
n'étant pas informée suite aux contraintes ci-haut citées, n'y contribue
pas.
L'autre obstacle aux programmes IEC, est constitué par les croyances
de toute sortes qui sont encore présentes dans certaines communautés:
Il s'agit des croyances religieuses, traditionnelles, etc..
En effet selon ces croyances, une maladie relève d'une malédiction
divine ou des esprits mauvais.
Dans ce sens, certaines maladies, si non toutes, sont dites"traditionnelles"et
ne seront adressées en premier lieu qu'au guérisseur.
La ligne de démarcation entre les maladies " traditionnelles " et
" modernes " n'existe pas ou si elle existe, elle est floue.
Devant cette imbroglio, le gouvernement rwandais s'acharne a promouvoir
les programmes IEC, ainsi chaque communauté de base dispose actuellement
d'un animateur de santé et d'un centre d'alphabétisation parfois.
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Ici il conviendrait de dire
qu'un effort est encore à fournir pour focaliser les initiatives dans
le domaine de la recherche médicale traditionnelle.
En effet, le seul établissement officiellement reconnu dans ce
domaine est le CURPHAMETRA (Centre de Recherche sur la Pharmacopée
et la Médecine Traditionnelle au Rwanda) qui est une branche de
la I.R.S.T. (Institut de Recherche scientifique et Technologique)
sise à Butare au sud du pays.
Cet établissement a pour objectif: Recherche développement et production
de médicaments à base de plantes médicinales et de la médecine traditionnelle
rwandaise.
Certains de ses produits ont montré leur efficacité mais les études
de confirmations sont encore nécessaires pour obéir aux normes internationales
de mise sur marche.
C'est le cas de BATANKOR®, sirop antitussif fabriqué à partir d'une
plante connue: Plantago lanceolata (ikibatana en kinyarwanda).
C'est le cas aussi d'autres produits médicamenteux comme CALENDULAR®
(pommade anti-inflammatoire à base d'extrait de calendula officinalis),
GIFURINA® ( sirop antispasmodique à base de teinture de stramoine
extrait de la plante datura stramonium, rwiziringa en kinyarwanda)
etc....
Malheureusement cet établissement affronte actuellement de sérieux
problèmes financiers et logistiques, et bon nombre d'initiatives
restent disséminées sur les collines ; ceci accorde une chance de
survie aux guérisseurs partisans de la magie noire.
Les efforts sont ainsi nécessaires pour encourager cette "modernisation"de
la médecine traditionnelle rwandaise et le CURPHAMETRA représentera
réellement la recherche scientifique sur les plantes médicinales
au Rwanda.
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