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Editorial Octobre 2006

La CNLS dans la XVIème Conférence Internationale sur le SIDA à Toronto

Photo : Commission Nationale de Lutte Contre le SIDALa délégation de la Commission Nationale de lutte contre le SIDA (CNLS) conduite par son Secrétaire Exécutif, le Dr Agnès Binagwaho a participé à la XVIème conférence Internationale sur le SIDA qui s’est tenue à Toronto/Canada du 13 au 18 août 2006, avec pour thème « Passons aux actes ». Cette conférence organisée par la Société Internationale sur le SIDA (International Aids Society) a rassemblé plus de 25000 participants venus du monde entier, incluant les chercheurs, les personnes vivant avec le VIH, les politiciens, les professionnels de la santé, les médias et les communautés.

Le Secrétaire Exécutif de la CNLS, le Dr Agnès Binagwaho a fait différentes présentations où elle a eu l’occasion de présenter les réalisations du Rwanda dans les différents domaines de la lutte contre le VIH et le SIDA. Dans chacune de ses présentations, elle a situé les actions du Gouvernement Rwandais dans le cadre général de l’histoire récente du Rwanda, la politique de l’Etat, la Vision 2020, l’atteinte des objectifs du millénaire, l’usage des fonds du SIDA pour lutter contre la pauvreté et l’ignorance, le renforcement des différents secteurs avec un accent particulier sur la durabilité et l’association de la lutte contre le SIDA avec les autres problèmes de santé publique tels que la Malaria et la Tuberculose (les «The 3 Ones for the Big 3»).

Elle a aussi insisté sur le fait que les succès enregistrés étaient dus à (1) l’implication directe du soutien du leadership rwandais au plus haut niveau, (2) une généralisation des contrats basés sur les performances, (3) une grande flexibilité dans la recherche de solutions et leur mise en œuvre, (4) une tolérance zéro pour la corruption, (5) une politique agressive pour l’égalité des sexes, la décentralisation et l’alignement des partenaires sur les programmes nationaux «The 3 Ones».

Au cours de ce forum, le Secrétaire Exécutif de la CNLS a cité les résultats obtenus jusqu’en juillet 2006, à savoir le passage en 1999 de 1 site PMTCT à 230 et de 3 sites de délivrance des ARV à 94 actuellement, la mise de près d’un million de Rwandais parmi les plus vulnérables sous mutuelle de santé et le bénéfice du financement des projets générateurs de revenus. Cette tribune a également été l’occasion pour le Dr Binagwaho de signaler l’inertie de certains partenaires dont certaines agences des Nations Unies notamment celles chargées d’appuyer les pays dans la lutte contre la faim et l’accès à l’autosuffisance alimentaire.
La première session à laquelle le Dr Binagwaho a participé le 12 août était une session de réflexion sur les moyens de mobilisation et de plaidoyer pour les vaccins organisée par « International AIDS Vacine Initiative (IAVI) ». Elle a commencé son intervention en transmettant aux organisateurs et aux participants les encouragements et le soutien de la part de la Première Dame du Rwanda, Mme Jeannette Kagame.

Le Dr Binagwaho a par ailleurs expliqué que le vaccin est la seule solution d’avenir qui amènera l’égalité des chances pour les deux sexes. Il faudra donc, a-t-elle poursuivi, rénover les stratégies de mobilisation des ressources, car ces recherches vont durer et coûter très cher, et il faut aussi mobiliser les populations du monde entier car sans la participation des communautés les recherches ne peuvent pas se faire. Elle a lancé un appel aux leaders africains pour qu’ils s’impliquent davantage dans le plaidoyer à l’instar des dirigeants rwandais.

Le Conseiller Technique de la CNLS, Mlle Jeanne Françoise Kayibanda a présenté deux posters : le premier est celui de l’abstract de l’étude menée par la CNLS en collaboration avec Lux développement sur l’évaluation du coût de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Le deuxième avait pour titre, "Rwanda : Reaching Women Affected by the HIV/AIDS Epidemic Through Alternative Sources of Livelihood".
Les grandes recommandations sorties de cette conférence sont (1) la prévention, (2) la prise en charge, (3) l’accès universel aux soins de santé, (4) le renforcement de la prise en charge pédiatrique, (4) l’application de la trithérapie pour les femmes enceintes séropositives, (5) la prise en compte de la dualité TB/VIH et (6) le respect des droits des femmes.

Depuis le début de l’épidémie, il existe plusieurs stratégies de prévention qui ont été mises en application pour stopper l’avancée de l’épidémie. Au cours de la conférence, il a été mentionné de nouvelles stratégies dont les recherches sont en cours, notamment les essais sur l'efficacité de la circoncision masculine, les nouvelles méthodes mécaniques de prévention pour les femmes: diaphragmes et microbicides ainsi que le traitement du virus de l'Herpès, etc.

Alors que les résultats de ces études sont tant attendus (beaucoup sont prévus en 2007 ou en 2008), il existe de nombreux défis en ce qui concerne la mise en oeuvre de ces essais sur la prévention, notamment l'acceptabilité des interventions, l'observance, le maintien des cohortes, les taux d'incidence du VIH, les exigences culturelles ainsi que les coûts. Bien que la recherche d'un vaccin préventif contre le VIH, à la fois sûr et efficace, continue, les options de prévention cités auparavant donnent de l'espoir à ceux qui doivent utiliser la stratégie ABC (abstinence, fidélité, préservatif) dans la prévention de la transmission sexuelle du VIH, même si cette stratégie (ABC) ait été fort critiquée au cours de cette conférence surtout dans la session portant sur les résultats de la stratégie ABC en Afrique. Selon une représentante des personnes vivant avec le VIH venue d’Ouganda, l’application de cette stratégie n’a pas fait reculer l’épidémie en Afrique. Elle a souligné que la stratégie d’abstinence est irréaliste et que les efforts devraient être mises dans la promotion de l’utilisation du condom.

Selon Mlle Kayibanda Françoise, le Rwanda devrait intégrer les nouvelles stratégies de prévention reconnues dans cette conférence et continuer la politique visant l’accès universel au traitement afin de suivre le rythme de lutte contre le VIH et le SIDA. Le principal défi réside dans le financement des activités de lutte contre le VIH et le SIDA vu que certains projets de lutte contre le SIDA arrivent à leur terme. L’autre défi selon Mlle Kayibanda, concerne les ressources humaines, les structures et équipements nécessaires pour d’une part, assurer l’accès universel et assurer un bon suivi des malades sous ARVs et, d’autre part, pour la mise en œuvre de nouvelles stratégies de prévention notamment la circoncision masculine. Par ailleurs, le Rwanda devra promouvoir la recherche pour avoir les outils de contrôle de l’épidémie et les bases de planification des activités de lutte contre le VIH et le SIDA.

Source : Commission Nationale de Lutte Contre le SIDA (CNLS)
http://www.cnls.gov.rw

Texte et Photo © Copyright 2005 - Commission Nationale de Lutte Contre le SIDA

Dr Marc TWAGIRUMUKIZA
Kigali ce 14 octobre 2006
twamarc@yahoo.fr

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