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Editorial Novembre 2003 par Marc TWAGIRUMUKIZA

La vie à domicile des personnes vivants avec le VIH/SIDA
Le rapport sur la prise en charge à domicile des personnes vivants avec le VIH/SIDA nous alerte !

 

L'infection à VIH/SIDA n'atteint pas seulement le corps mais affecte à un niveau supérieur la Santé dans l'ensemble de ses dimensions : médicale, sociale, psychologique, économique, etc.

Les personnes vivant avec le VIH/ SIDA au Rwanda, (PVVIH), sont confrontées à des problèmes innombrables parmi lesquels l'inaccessibilité aux soins médicaux.
En effet, la grande majorité des Rwandais, mais surtout ceux vivant avec le virus du SIDA, présentent un sérieux problème de manque de ressources matérielles et financières. A ce problème s'ajoute aussi celui de manque de personnes devant assurer, comme au niveau des services médicaux, la prise en charge à domicile des personnes infectées par le SIDA.

Leur vulnérabilité augmente selon qu'il y a, au niveau de la société rwandaise, des situations d'abandon et de stigmatisation des personnes contaminées du VIH /SIDA par les familles et leurs proches par peur d'être infectées.
Pour justifier qu'il y ait une discrimination, un rapport de l'évaluation de base de la prise en charge à domicile des PVVIH a fait un commentaire démontrant l'ampleur en ces termes : "bien que 100% des PVVIH et 99% des personnes qui s'occupent d'elles savent que le VIH/SIDA se transmet par des rapports sexuels, certaines d'entre elles ont cité des modes de transmission erronés : ainsi,

  • "la piqûre de moustique" a été citée par 16% des PVVIH et 21% des personnes qui s'occupent d'elles,
  • "dormir sur un même lit avec une PVVIH" par 9% des PVVIH et 8% des personnes qui s'occupent d'elles,
  • "porter un vêtement d'une PVVIH" par 9% des PVVIH et 10% des personnes qui s'occupent d'elles,
  • "le partage de la vaisselle avec une PVVIH" par 7% de PVVIH et 6% des personnes s'occupant d'elles,….

Ceci démontre bien le niveau des connaissances de PVVIH et des personnes qui s'occupent d'elles sur le VIH/SIDA qui risque de compliquer les activités des prestataires dans le domaine du SIDA, surtout si l'on ne continue pas à former les gens (infectés et non-infectés) sur la pandémie du SIDA et sa prise en charge".

Dans ce travail de prise en charge à domicile des PVVIH, le rapport précise également que les PVVIH et personnes s'occupant d'elles font face à des problèmes innombrables à savoir :

  • le manque de moyens financiers,
  • le manque de moyens pour les soins médicaux,
  • manque d'aliments,
  • le manque de kits (des mesures de température, les paracétamols…) qu'on donne aux volontaires s'occupant de la prise en charge à domicile,
  • problème de dissémination,
  • manque de formation en counselling,
  • manque de formation sur la prise en charge à domicile et la nervosité de certains malades.

Selon Monsieur Vincent BAYIGANWA, vice-président de l'Association Nationale de Soutien aux personnes vivant avec le VIH/SIDA (ANSP+), association qui a produit ledit rapport, ils essayent dans ce processus de payer les frais exigés au niveau des mutuelles de santé pour les PVVIH regroupées dans les associations.
Il a toutefois précisé que l'ANSP+ offre son assistance aux personnes vivant avec le VIH/SIDA en commençant par les plus vulnérables.

"Ce sont les associations des personnes vivant avec le virus du SIDA qui nous aident à faire le choix des personnes les plus vulnérables et qui doivent être aidées prioritairement", informe Monsieur Vincent Bayiganwa en rappelant que dans leurs activités, ils luttent contre l'isolement dont les personnes infectées au Rwanda étaient régulièrement victimes.

"De leur côté, rappelle-t-il, les personnes infectées du SIDA ont commencé à cesser d'avoir peur de se manifester. Le fait de cacher qu'on est infecté par le VIH SIDA est un comportement à risque qui augmente d'autre part les risques de l'expansion de la pandémie".

L'ANSP+ compte actuellement 109 associations des personnes vivant avec le VIH/SIDA œuvrant dans les différentes provinces du Rwanda. Selon toujours son Vice-président, Monsieur Vincent BAYIGANWA, ils vont continuer à travailler étroitement avec les dirigeants de différentes instances afin de contribuer à la promotion du bien-être des personnes vivant avec le virus du SIDA.

Butaré, ce 5 novembre 2003
Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr

 

 
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