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Avortement clandestin : Comment et quoi combattre
?
Chers visiteurs de Santé tropicale,
Vous m'excuserez d'avoir hésité depuis si longtemps, à aborder
un sujet aussi pertinent que l'avortement clandestin.
Cela aurait du être, en effet, mon premier éditorial au mois d'Août,
mais si j'ai tardé à parler de ce sujet c'était pour essayer de
l'aborder avec beaucoup plus de tact. C'est ce que, humblement,
je vous propose de faire maintenant.
L'avortement clandestin constitue, et a toujours constitué, un
sujet difficile à aborder, tant sur le plan scientifique, qu'épidémiologique,
culturel et religieux.
Parlons-en quand-même, ne fusse que de manière générale, faute de
statistiques, lesquelles risqueraient d'ailleurs de nous alarmer.
La pertinence et la délicatesse de ce sujet n'est pas seulement
fonction des complications maternelles et sociales dues à cet acte
" médical " effectué dans un milieu septique, souvent même sans
assistance, mais aussi et surtout, à cause de l'ampleur du
problème dans nos pays du tiers-monde.
Nous remarquons de plus en plus de diagnostic tels que " avortement
incomplet ", "choc hémorragique post-abortum " ou encore " choc
septique post-abortum ", dans les archives de fiches émanant du
service de Gynéco-obstétrique.
En outre on voit que " ce fléau " s'attaque plus à la jeune population
féminine et le pic de fréquence se situe entre 18 ans et 25 ans.
L'heure n'est pas de condamner ces jeunes femmes, mais de lutter
contre le mal en le prenant par la racine.
Certains facteurs, sinon tous, peuvent être combattus.
Citons la prostitution et la corruption des mœurs, l'infidélité
masculine, la déliquance juvénile…
Mais, plus que tout, l'ignorance et la pauvreté.
En effet l'usage d'un préservatif -soyons simpliste- lutterait,
non seulement contre les grossesses non désirés, mais aussi contre
la propagation de la pandémie VIH/SIDA.
Pour gagner, et le combat et la bataille, une coalition et des efforts
tous azimuts sont nécessaires.
Puisse cet éditorial réveiller le corps médico-sanitaire et le
motiver pour se positionner à l'avant-garde .
Sinon, faudra t'il nous résoudre à penser qu'une légalisation de
l'interruption volontaire de la grossesse pourrait régler bien des
problèmes dans nos pays du tiers-monde ?
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