| Un moyen de contraception
pas comme les autres... Le collier
Le Gouvernement rwandais a intégré la maternité
à moindre risque et la planification familiale parmi les
composantes de la santé de la reproduction. Plusieurs activités
ont été réalisées dans ce sens au profit
de la population cible.
Citons à titre illustratif la redynamisation de la planification
familiale, la mobilisation de toute la communauté à
suivre ce programme, l'introduction de la méthode des jours
fixes parmi d'autres méthodes de la planification familiale
offerte par les prestataires des services au Rwanda comme la pilule,
les injectables, le stérilet, les préservatifs et
les méthodes d'auto-observation.
Le Collier en élargit la gamme.
Cette nouvelle méthode utilise un outil communément
appelé "urunigi", ou collier du cycle de la femme.
Pour une double protection, la femme peut combiner deux méthodes
comme le collier et le préservatif. Tout ceci dépend
du choix informé.
Selon un reportage de Mr Mutangana B.Steven de l’Office Rwandais
de l’information (Orinfor) ; cette année 2004,
le Ministère de la Santé, à travers sa Direction
des soins de santé, a effectué trois études,
en matière de la Maternité sans risque, l’une
de ces études portait sur les benefice et l’efficacité
du "collier".
La première, qui porte sur "les raisons qui poussent
les femmes à accoucher à domicile", a pour objectif
de déterminer le profil des femmes qui accouchent à
la maison et dégager les stratégies appropriées
pour réduire les risques encourus. De cette étude
ressort que le nombre d'accouchements à domicile est de 76.57%,
22.34% se sont déroulés dans une formation sanitaire
et 0.9% en cours de route.
Parmi les principales raisons, les femmes citent les problèmes
économiques dans 26% des cas, les croyances et les habitudes
dans 16.7% des cas ainsi que la survenue surprenante du travail
dans 25.05% des cas. Le nombre d'enfants par femme est de 4 à
5 enfants. Les antécédents de morts-nés surviennent
dans 4.7% des cas, les césariennes dans 0.27% alors que les
avortements sont évalués à 5.38%.
La deuxième étude concerne l'"Evaluation des
soins obstétricaux d'urgence". A ce niveau, il était
question, entre autre, de déterminer les capacités
de la communauté et des agents de santé à reconnaître
les signes de dangers obstétricaux majeurs et à en
rechercher les soins en cas d'urgence. Il a été constaté
que les obstacles liés aux services de ces soins sont instamment
les coûts, les croyances traditionnelles, le système
de référence et l'attitude des hommes qui préfèrent
les accoucheuses traditionnelles.
L'utilisation du collier présente beaucoup d'avantages.
La troisième étude a été restituée
dans le cadre de la redynamisation de la planification familiale
(PF) en général. Il s'agit de "l'évaluation
à mi-parcours de l'introduction de la méthode des
jours fixes (MJF) au Rwanda". Cette étude a été
menée pour savoir si cette méthode est une option
de planification familiale acceptable et faisable dans le pays.
Parmi les résultats mis à jour, notons qu'en utilisant
le collier, les relations conjugales sont renforcées, le
climat de dialogue et de confiance est stimulé et l'état
de santé de la femme et de l'enfant sont améliorés.
Ce qui est un impact positif sur la famille.
Quant à la gestion des 12 jours fertiles, 90.2% des hommes
interviewés et 95% des femmes les gèrent facilement
: 66.7% s'abstiennent, 19.6% utilisent le condom, tandis que 11.7%
pratiquent le retrait (coït interrompu). La plupart des femmes
vont continuer la MJF les prochains mois et sont soutenues par leurs
maris car ces derniers les aident par exemple à déplacer
l'anneau ou à marquer le premier jour des règles sur
le calendrier.
Si le collier est pour le moment offert dans 28 formations sanitaires
du Rwanda, il faudrait prendre des mesures permettant d'étendre
ce programme dans d'autres endroits.
Butare, ce 8 décembre 2004
par Dr TWAGIRUMUKIZA Marc
twamarc@yahoo.fr |