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Antirétroviraux dans la Prophylaxie
de Transmission de la mère à l'Enfant ou PTME
Au Rwanda, il est recommandé de réaliser la prévention de la
transmission du VIH de la mère à l'enfant ou PTME.
Les critères d'inclusion de la femme enceinte
séropositive doivent être :
- la séropositivité confirmée et annoncée à la femme (rôle du
counselling)
- Un suivi obstétrical documenté médicalement
- l'acceptation de la femme séropositive à pratiquer la PTME
Un bilan paraclinique doit être réalisé
par la femme séropositive avant le début du traitement prophylactique
: c'est le bilan prénatal classique :
- Hémogramme complet
- Créatininémie ou urée, glycémie, transaminasémies
- Sérologies : hépatite B, syphilis, rubéole, toxoplasmose
Avant l'accouchement, la seule stratégie
d'intervention recommandée est la Névirapine à raison d'un comprimé
de 200 mg à la mère pendant le travail, puis une dose unique de
2 mg/kg au nouveau-né 48 à 72 h après la naissance.
Le choix de cette stratégie est justifiée pour sa bonne tolérance,
son coût abordable voire sa gratuité et surtout sa facilité d'administration
dans la mesure où la majorité des femmes est vue tardivement au
moment de l'accouchement. La PTME pose le problème du traitement
de la mère séropositive. Ainsi, il impose d'évaluer les critères
cliniques et immunologiques de mise sous traitement antirétroviral.
En général, le traitement antirétroviral de la mère est celui
d'un adulte. Mais, l'Efavirenz et le Hivid sont contre-indiqués
à cause de leur foeto-toxicité documentée. Par ailleurs, le manque
de recul sur la toxicité des autres molécules, impose de différer
autant que possible le traitement antirétroviral jusqu'au deuxième
trimestre de grossesse. Mais, si ce traitement ne peut pas être
différé (déficit immunitaire profond), il convient de traiter
la mère avec des régimes sans Efavirenz ni DDC, mais traiter avec
des régimes à base de Névirapine ou de zidovudine, seules molécules
aux résultats documentés dans les pays africains. Leur association
dans une trithérapie est possible (AZT + 3TC + IDV).
Après l'accouchement :
- Les femmes séropositives doivent faire l'objet d'une évaluation
clinique et biologique (CD4, hémogramme, créatinémie, glycémie,
transaminases) un mois après l'accouchement. Si pas de traitement
ARV, refaire le CD4 dans 3-6 mois. Celles qui répondent aux critères
de traitement, seront adressées à un centre agréé pour bénéficier
d'une trithérapie si possible. Celles qui ont débuté le traitement
antirétroviral au cours de la grossesse le poursuivront.
- Les nouveau-nés bénéficieront d'un bain à la chlorhexidine dès
la naissance. Puis, ils recevront la névirapine suspension à raison
de 2 mg/kg en dose unique dans les 48 à 72 premières heures de
vie. Ils doivent être pris en charge par le pédiatre ou un autre
médecin en vue d'une évaluation clinique et biologique.
- L'alimentation de l'enfant pose le problème de l'allaitement
maternel. Au Rwanda, l'allaitement artificiel est recommandé.
Mais, en pratique, en raison des contraintes de l'allaitement
artificiel (accès, coût, stérilisation et conservation des biberons)
mais également de la qualité nutritionnelle du lait maternel,
on admet que l'un ou l'autre mode d'allaitement soit pratiqué
en fonction de la situation socio-économique de chaque femme séropositive.
Toutefois, l'allaitement mixte est déconseillé.
Antirétroviraux en Prophylaxie Post-exposition
L'accident avec exposition au sang ou AES se définit par un contact
avec du sang ou un liquide biologique contaminé par du sang, lors
d'une piqûre avec une aiguille, une coupure avec un objet tranchant
ou par contact avec du sang ou du liquide contaminé sur une plaie,
une peau lésée ou une muqueuse.
Au Rwanda, en milieu de soins, tout AES lors d'un geste professionnel
doit imposer une prophylaxie post-exposition ou PPE. Celle-ci
comprend :
- Des gestes immédiats à réaliser
le même jour et au lieu du travail :
- Rincer à l'eau propre pendant 5 mn en cas de projection
sur les muqueuses
- Nettoyer la plaie à l'eau savonneuse, puis désinfecter
pendant au moins 5 mn (Dakin ou eau de Javel diluée, ou
alcool ou bétadine), puis rincer à l'eau propre.
- La prophylaxie antirétrovirale
à proposer dans les 4 h et avant 48 heures qui suivent la survenue
de l'accident.
Au Rwanda, il est recommandé :
- la trithérapie, 2 INRT + 1 IP, notamment l'association
: Combivir (1 cp 2 fois/jour) + Crixivan (800 mg 3 fois
par jour). L'alternative est Combivir + Efavirenz (600 mg/j).
La durée de traitement est de 1 mois.
- La bithérapie peut être utilisée également dans certaines
conditions :
- AZT + 3TC
- 3TC + d 4T
- d 4T+ ddI
La prophylaxie antirétrovirale doit être rapidement établie
par le médecin référent (un médecin de l'hôpital formé à cette
tâche) si les trois conditions suivantes sont satisfaites
à la fois :
- Sujet source VIH positif, ou suspect cliniquement, ou
inaccessible ou refusant le test sérologique, sous traitement
antirétroviral ou non ;
- Accident réel au lieu du travail : piqûres, coupures,
éclaboussures
- Délai < 48 heures entre le moment de survenue de l'accident
et le moment de la consultation chez le médecin référent
La chimioprophylaxie devra être arrêtée si la sérologie VIH
du sujet-source est négative.
- Conduite à tenir ultérieure :
elle comprend
- La déclaration de l'accident dans les 24 heures (Direction,
Médecine au Travail
- Le suivi de l'accidenté avec :
- Des recommandations pour usage de préservatif, le
respect de la posologie, de la durée du traitement,
la tolérance des médicaments et l'observance
- La sérologie VIH dans les 8 jours après l'accident
et la sérologie des virus B et C chez l'accidenté et
le patient-source.
Si, 1ère sérologie VIH négative chez le soignant accidenté,
faire un contrôle à 3 mois puis à 6 mois
- La délivrance d'un certificat médical final au 6ème mois
du suivi. Le suivi biologique devra être arrêté si la sérologie
VIH du patient-source négative.
NB : En cas de viol sexuel, la même démarche
doit être adoptée.
Services référents actuels :
- CHU/CHK : Service de Médecine interne
- HRF : Service de Médecine interne
- CHU/HUB : Service de Médecine interne
- KMH
- Clinique de référence au sein du TRAC
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