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Guide pour la prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte et l'enfant
Copyright MINISANTE KIGALI 2003
Centre de santé - Edition 2002
Avec le soutien technique et financier de l'OMS
République rwandaise - Ministère de la santé - B.P. 84 - Kigali
Tous les dossiers du ministère de la santé du Rwanda

Première partie

Prise en charge clinique et thérapeutique de l'infection à VIH chez l'adulte

Sommaire général
Avant propos
Mode d'utilisation des algorithmes
Première partie : Prise en charge clinique et thérapeutique de l'infection à VIH chez l'adulte

Deuxième partie : Prise en charge clinique et thérapeutique de l'infection à VIH chez l'enfant

Annexes

 


Chapitre I : Diagnostic de l'infection à VIH chez l'adulte

Annotations

a) L 'infection à VIH se définit par plusieurs symptômes cliniques. Elle est confirmée par une sérologie VIH positive.
Les signes définis dans la classification de Bangui (1985) permettent de l'évoquer.

1 - Signes majeurs

  • Diarrhée prolongée ou intermittente depuis plus d'un mois
  • Fièvre prolongée, continue ou intermittente, depuis plus d'un mois
  • Amaigrissement avec perte importante > 10 % du poids corporel

2 - Signes mineurs

  • Toux existant depuis plus d'un mois
  • Lymphadénopathie généralisée chronique
  • Prurit sévère ou prurigo
  • Zona actif récidivant
  • Paralysie faciale
  • Candidose oropharyngée
  • Dermatite séborrhéique
  • Herpès cutanéo-muqueux, récidivant ou disséminé
  • Condylomes

L'association de 2 signes majeurs + 1 signe mineur est fortement évocatrice, de même l'association de 3 ou 4 signes mineurs.

b) L'existence d'un signe cardinal permet d'affirmer ou d'évoquer l'infection à VIH en dehors de tout autre contexte pathologique.

  • Maladie de Kaposi
  • Toxoplasmose cérébrale
  • Cryptococcose méningée
  • Rétinite à cytomégalovirus ; Pneumocystose

c) Il faut rechercher l'existence des facteurs de risque suivants :

  • Antécédents d'IST, notamment les lésions génitales ulcérées
  • Transfusion de sang
  • Décès d'un(e) conjoint(e), ou partenaire suspect(e) ou atteint(e) de SIDA
  • Homosexualité
  • Vagabondage ou multipartenariat sexuel sans usage de préservatif
  • Toxicomanie intraveineuse
  • Partenaire sexuel VIH positif
Diagnostic
Diagnostic

 

Chapitre II : Suivi du patient séropositif

1 - Objectifs

Etape capitale dont les objectifs sont :

  • Apprécier l'évolution de l'infection
  • Détecter précocement les affections associées
  • Mettre en place la prophylaxie primaire si possible
  • Surveiller les traitements prescrits en cours

2 - Bilan d'une première consultation

Pour accomplir efficacement la tâche, le personnel du centre de santé doit être formé aux techniques de conseil et de prise en charge clinique des personnes vivant avec le VIH.

2.1 - Circonstances de découverte

La mise en place des tests rapides de dépistage au centre de santé est utile pour confirmer le diagnostic d'infection à VIH. Ici, on a deux façons de dépister une personne :

  • La personne se présente d'elle-même au centre pour se soumettre au test sérologique VIH.
  • La sérologie VIH est proposée aux patients consultant pour trois symptômes : diarrhée chronique, amaigrissement massif, et fièvre prolongée.

Le personnel de santé ne doit pas demander la sérologie VIH à l'insu du patient. Un conseil pré-test doit être préalablement réalisé en vue de faciliter l'annonce des résultats.

2.2 - Contrôle et annonce des résultats

Avant d'annoncer au client le résultat du test sérologique, le personnel doit s'assurer de la fiabilité de ce résultat. Pour cela, et pour éviter les faux résultats, il est recommandé qu'il suive rigoureusement les Directives nationales en matière de dépistage. Le résultat du test sérologique est rendu par un personnel formé aux techniques de counselling. Mais, cette personne doit observer la confidentialité.

2.3 - Bilan clinique initial

Ce bilan initial permet d'apprécier les capacités physiques du patient, de rechercher et traiter les pathologies intercurrentes.

A l'interrogatoire du patient, on recherche les antécédents de zona, de tuberculose, d'hépatite, de symptôme évocateur de l'infection à VIH et d'allergie aux médicaments. On discute avec le patient de ses conditions de vie sociale, l'obligation de rapports sexuels protégés, la nécessité de mener une vie sociale normale et d'une observance optimale des traitements.

L'examen physique est réalisé. Le poids corporel, la température, le pouls, la fréquence respiratoire et la tension artérielle seront précisés. Il faut examiner la peau, les organes génitaux, les régions ganglionnaires, la cavité buccale et les cheveux à la recherche de cicatrices, d'ulcérations, d'adénopathies, de candidose buccale, du défrisage des cheveux voire la déshydratation.

2.4 - Bilan paraclinique initial

Un bilan paraclinique complète la clinique.
Il doit comprendre :

  • un hémogramme à la recherche d'une anémie qu'il faut corriger
  • un examen parasitologique standard des selles pour rechercher et traiter les parasitoses intestinales susceptibles de provoquer des troubles digestifs

Tableau 1 : Bilan initial, puis à quatre (M4), huit (M8) et douze mois (M12)

Examens complémentaires M0 M4 M6-8 M12
Hémogramme complet X   X X
Examen parasitologique des selles X      

3 - Suivi et bilan ultérieur

Les résultats du bilan précédent permettent de classer le patient selon la classification de l'OMS 1990, et de planifier le suivi ultérieur. Le personnel peut également utiliser l'indice de Karnosfky.

  • Le rythme des consultations ultérieures est établi avec le patient. Cependant, celui-ci peut consulter, en cas d'évènement clinique intercurrent. La répétition des examens biologiques est fonction de l'existence de signes d'appel (cf algorithmes).
  • Au cours du suivi, il convient de proposer aux personnes vivant avec le VIH, des conseils hygiéno-diététiques et une prophylaxie primaire de certaines infections opportunistes majeures, ce en fonction des stades cliniques (OMS, 1990). Le cotrimoxazole est préconisé pour assurer cette prophylaxie.
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