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Guide pour la prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte et l'enfant
Copyright MINISANTE KIGALI 2003 |
| Centre de santé - Edition 2002 |
Avec le soutien technique et financier de l'OMS
République rwandaise - Ministère de la santé - B.P. 84 - Kigali |
| Tous les dossiers du ministère
de la santé du Rwanda |
| Première partie (suite) |
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Prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte
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Chapitre III : Prise en charge des
infections opportunistes
A. Prophylaxie
1. Définition
Les personnes vivant avec le VIH sont sujettes aux infections
opportunistes parce que leur système immunitaire est affaibli
et n'est plus capable de lutter contre tous les autres germes.
On recommande chez ces sujets, des mesures appropriées, afin
qu'elles ne développent pas les épisodes initiaux et/ou les
rechutes des infections opportunistes fréquentes et graves.
L'ensemble de ces mesures constitue la prévention ou la prophylaxie.
2. Mesures d'hygiène
Il faut faire comprendre aux personnes porteuses de symptômes
cliniques évocateurs d'infection à VIH, l'intérêt d'être particulièrement
prudentes dans leur façon de vivre, de préparer et de consommer
les aliments et l'eau.
Ces personnes doivent scrupuleusement observer les bonnes conditions
d'hygiène corporelle, alimentaire et d'assainissement. Les mesures
à leur conseiller afin d'éviter la survenue de maladies graves
transmises liées à l'eau ou aux aliments sont essentiellement
:
- Consommer des aliments cuits à fond notamment les viandes
et les volailles ; consommer de l'eau potable ; laver soigneusement
à l'eau pure les fruits et les légumes avant de les manger
; se laver les mains avant les repas ; éviter de manger les
viandes, les poissons et les oeufs crus
- Eviter les contacts constants avec les animaux domestiques
notamment le chat
- Avoir une alimentation suffisante et variée avec vitaminothérapie
si possible mais sans excès de tabac, de café et d'alcool
- Eviter de se re-contaminer par le VIH (usage de préservatifs,
autres mesures)
- Usage de moustiquaires pour éviter les piqûres infectantes
des moustiques
Pour une bonne application de ces mesures de base, l'agent
de santé doit nécessairement se référer aux différents programmes
de lutte contre le paludisme, les maladies diarrhéiques, les
infections respiratoires aiguës
3. Chimioprophylaxie primaire par le Cotrimoxazole
On prescrit à toute personne VIH positive, la prise journalière
orale de médicaments visant à la protéger contre les premières
épisodes d'infections opportunistes. C'est la prophylaxie primaire.
Au centre de santé, avant de débuter cette prophylaxie primaire,
les conditions doivent être impérativement respectées :
- la séropositivité annoncée et expliquée au patient
- le suivi régulier du patient dans le centre
- Un interrogatoire et un examen clinique (important pour
rechercher une contre-indication comme la grossesse au 1er
trimestre pour le Cotrimoxazole)
- un hémogramme à la recherche d'une anémie sévère qu'il faut
corriger d'abord
- l'absence de tout foyer infectieux patent
Le produit à prescrire est le Cotrimoxazole,
pour prévenir la toxoplasmose cérébrale, la pneumocystose voire
les infections bactériennes à germes invasifs telles que les
salmonelles non typhi.
Chez l'adulte (sujet de plus de 15 ans), les
critères pour instituer la prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole
sont :
- Tout sujet symptomatique avec présence de symptômes ou de
pathologies classant aux stades 2 ou 3 ou 4 de la classification
de l'OMS 1990
- Sujet asymptomatique ayant un taux de CD4 inférieur ou égal
à 350 /mm3
- La femme enceinte répondant aux critères d'inclusion ci-dessus,
peut bénéficier de la prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole.
Mais celle-ci ne doit être débutée qu'après le premier trimestre
de la grossesse.
La posologie est de :
- Cotrimoxazole adulte forte, (TMP 160 mg + SMZ 800 mg) :
1 comprimé par jour
- Cotrimoxazole adulte simple, (TMP 80 mg + SMZ 400 mg) :
2 comprimés par jour
La prophylaxie doit être régulièrement suivie et évaluée tous
les mois pour en évaluer la tolérance. Un hémogramme doit être
fait.
La prophylaxie devra être arrêtée en
cas de réactions cutanées sévères : bulles, décollement
cutané et atteinte muqueuse.
Devant ces accidents, le transfert du patient à l'hôpital de
district s'impose.
B. Prise en charge thérapeutique
1. Diarrhée chronique
Annotations
a) Définition : Emission de
selles liquides (au moins 3 selles/j) depuis plus d'un mois,
de façon continue, permanente ou intermittente.
Etiologies : La diarrhée relève
de germes, dont certains apportés par l'eau, les aliments
:
- Candida albicans
- Salmonelles non typhi, Shigella, E. coli, Campylobacter,
yersinia
- Strongyloïdes stercoralis, Giardia intestinalis, Entamoeba
histolytica
- Cryptosporidium, Isospora belli, Microsporidium
- Cytomégalovirus, VIH, Rotavirus
- Mycobactéries (BK, M. avium intracellulare), Clostridium
difficilae
La diarrhée peut être aussi due à une intolérance, une anomalie
anatomique.
b) La présence de la diarrhée
impose de rechercher les signes de déshydratation dont il
existe trois catégories :
- Déshydratation légère (infraclinique) : déficit liquide
< 5 % du poids corporel.
Peu de signes ou absence de signes cliniques.
- Déshydratation modérée : déficit liquide de 5 - 10 % du
poids corporel.
Soif, pouls rapide (tachycardie), langue sèche, diurèse
réduite (oligurie)
- Déshydratation sévère : déficit liquide > 10 % du poids
corporel
Signes précédents plus intenses + choc, oligoanurie, obnubilation
ou coma.
L'urgence est de corriger rapidement la
déshydratation qui permet d'éviter la perte du malade par
choc hypovolémique.
- par voie orale : sels de réhydratation orale (SRO) en
cas de déshydratation légère ou non (Plan A) ou modérée
(Plan B) ; en donner beaucoup si le patient en réclame
- par perfusion : solution de Ringer lactate ou sérum salé
(2/3) + bicarbonaté (1/3) en cas de déshydratation sévère
(Plan C). [cf Protocole National]
c) Les examens à faire se limitent
à l'hémogramme et à l'examen parasitologique standard des
selles fraîchement émises à la recherche de E. histolitica,
Giardia, S. stercoralis, I. belli.
d) Si un germe est isolé, le traitement est
fonction de l'étiologie identifiée :
- E. histolitica histolitica : Métronidazole, 500 mg 3 fois
/j / 7 jours
- Giardia intestinalis : Métronidazole, 500 mg 3 fois /j
/ 7 jours
- S. stercoralis : Thiabendazole, 25 mg/kg 3 fois/j pendant
3 jours
- I. belli : Cotrimoxazole 960 mg, 4 cp /j/10-15 jours
- I. belli : Cotrimoxazole 480 mg, 8 cp /j/10-15 jours
e) Le Cotrimoxazole peut guérir
une éventuelle infection parasitaire (Isosporiose) ou bactérienne
(salmonellose, shigellose). La fièvre et les selles sanglantes
sont davantage indicatrices d'une infection bactérienne que
parasitaire. L'association du Métronidazole permet de couvrir
les autres parasites.
f) Mesures symptomatiques, en
l'absence d'amélioration ou du fait du caractère fréquent,
persistant ou impérieux des selles afin d'éviter la détérioration
de la qualité de vie du patient et la dénutrition.
- Lopéramide (Imodium) : 4 à 8 gélules reparties sur la
journée
- Charbon activé : 4 gr 3 fois par jour
Ne pas prescrire ces ralentisseurs de transit
en cas de diarrhée sanglante.
Après la régression de la diarrhée, du fait de rechutes fréquentes,
proposer :
- Hygiène corporelle, alimentaire : eau potable, lavage
des mains, usage des latrines, lavage des fruits et légumes
avant leur consommation
- Alimentation suffisante, variée avec consommation de viande
bien cuite
En cas d'échec, (après anti-helminthique,
Cotrimoxazole, ralentisseurs de transit), adresser le patient
à l'hôpital de district le plus proche.
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| Diarrhée chronique |
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2. Fièvre prolongée
Annotations
a) Définition : Température
supérieure à 37°5, continue ou intermittente depuis plus de
7 jours.
Etiologies : La fièvre est liée
aux affections opportunistes, infectieuses ou non infectieuses
:
- Tuberculose, Mycobactéries atypiques disséminées (M. avium
intracellulare)
- Bactériémies (S. non typhi, S. pneumoniae, E. coli, Staphylocoque,
P. aeruginosa
- Cryptococcose méningée, et candidémies (C. albicans)
- Toxoplasmose cérébrale, Syphilis (neurosyphilis)
- Méningite bactérienne (S. pneumoniae, H. influenzae),
infection ORL (sinusite)
- Infection à cytomégalovirus, VIH lui-même, lymphomes non
hodgkiniens
La fièvre peut relever d'une cause intercurrente, notamment
le paludisme, une intolérance aux médicaments, une leucémie.
En présence de la fièvre, il faut
apprécier le retentissement de la fièvre sur l'état général
et rechercher les signes associés tels que les céphalées,
les convulsions, les signes pulmonaires, le syndrome méningé,
une éruption, l'ictère qui peuvent orienter vers une étiologie.
b) Au centre de santé, il est possible d'effectuer
comme bilan étiologique :
- Goutte épaisse /frottis sanguin
- Hémogramme + vitesse de sédimentation, Culot urinaire
- Examen microscopique des crachats (recherche de BAAR)
c) Traitement antipaludique [cf Directives
du Protocole National],
- Pyriméthamine/sulfadoxine (fansidar, 3 cp x 1 fois ou
2 amp en IM unique) + amodiaquine (3 cp x 1 fois par jour
pendant 3 jours de suite)
- Quinine orale ou en perfusion : 30 mg/kg/jour pendant
7 jours
d) Traitement antipyrétique
- Paracétamol : 50 mg/kg en 3 prises par jour pendant 2
jours
- Acide acétyl salycilique : 30 mg/kg en 2 à 3 prises par
jour pendant 2 jours
e) Antibiothérapie, vise une
salmonellose ou une infection urinaire bactérienne.
- Amoxicilline : 500 mg x 3 à 4 fois par jour pendant 10-20
jours
- Chloramphénicol : 50 mg/kg/jour pendant 10 - 20 jours
- Sulfaméthoxazole-triméthoprime (Cotrimoxazole 960 mg)
: 1 cp x 2 /j/10-20 j
- Sulfaméthoxazole-triméthoprime (Cotrimoxazole 480 mg)
: 2 cp x 2 /j/10-20 j
d) Traitement antituberculeux,
uniquement si tuberculose pulmonaire à BK +
- INH (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyr (25 mg/kg/j)+
éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis INH+ rifampicine
pendant 4 mois [cf Directives du Programme de Lutte contre
la tuberculose]
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| Fièvre prolongée |
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3. Candidose buccopharyngée
Annotations
a) Définition : La candidose
buccale est constituée par des plaques blanchâtres plus ou
moins épaisses et étendues (muguet) au palais, à la langue
mais pouvant couvrir toute la cavité buccale. Il s'agit parfois
de fissures aux coins de la bouche (perlèche ou chéilite angulaire).
Le muguet peut s'accompagner dune oesophagite qui se signale
par la dysphagie, un pyrosis et les douleurs retrosternales
gênant la déglutition, ce qui peut entraîner une anorexie,
des troubles nutritionnels et un amaigrissement.
Etiologies :
- Candida albicans est dominant (> 80 % des cas)
- Autres : C. tropicalis, C. pseudotropicalis, C. krusei,
torulopsis, glabrata, etc
L'oesophagite peut relever d'autres causes qu'il faut écarter
: herpes simplex virus type 1, Mycobacterium avium intracellulare
(MAC), cytomégalovirus, Kaposi
b) Le diagnostic de la candidose buccale
est clinique et se fait à l'examen de la bouche. Aucun prélèvement
n'est nécessaire pour démarrer le traitement.
c) Devant la candidose buccale,
il faut apprécier les capacités du patient à s'alimenter et
rechercher les signes d'oesophagite dont la survenue signe
la progression du déficit immunitaire.
C'est pour quoi, il convient de faire l'examen physique complet
du patient pour rechercher d'autres infections opportunistes.
d) Les soins locaux sont des bains de bouche
par :
- Solution de bicarbonate, violet de gentiane, 4 à 8 fois/j
;
- Application locale : Mycostatine (Nystatine comprimé oral
ou gynécologique) (Nystatine solution)
e) Le traitement systémique, en deuxième
ligne et en cas d'oesophagite
- Kétoconazole (Nizoral) : 200 mg/j, soit 1 comprimé 2 fois
/j/ 14 jours
- Fluconazole : 100 mg/j, soit 1 à 2 gélule 2 fois/j /7-14
jours
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| Candidose buccopharyngée |
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4. Céphalées
Annotations
a) Définition : Maux
de tête persistants, d'intensité rapidement croissante et rebelles
aux traitements antalgiques usuels.
Etiologies : Les céphalées sont
liées à plusieurs affections opportunistes, infectieuses ou
non infectieuses du système nerveux.
- Toxoplasmose cérébrale
- Cryptococcose neuroméningée
- Tuberculose neuroméningée
- Méningite bactérienne (S. pneumoniae, H. influenzae), neurosyphilis
- Infection ORL (sinusite)
- Encéphalite à cytomégalovirus, à VIH
- Lymphomes
Les céphalées peuvent relever d'une cause intercurrente,
notamment le paludisme, une intolérance aux médicaments.
La présence des céphalées impose
d'apprécier l'état général du patient et de rechercher
les signes associés tels que la fièvre, les convulsions,
les signes pulmonaires, le syndrome méningé, des signes
neurologiques de focalisation (déficit moteur, ataxie, aphasie,
mouvements anormaux), signes d'hypertension intracrânienne
(nausées, vomissements, troubles visuels) ;
Le bilan complémentaire utile à faire
se limite à : Goutte épaisse / frottis sanguin à
la recherche du plasmodium.
b) Le traitement antalgique repose sur
l'une des molécules suivantes
- Paracétamol : 50 mg/kg/jour en 3 prises orales pendant
2 jours
- Acide acétyl salicylique : 50 mg/kg/jour en 2 à 3 prises
orales pendant 2 jours
c) Traitement antipaludique
[cf Directives du Programme National]
- Pyriméthamine/sulfadoxine (fansidar, 3 cp x 1 fois ou
2 amp en IM unique) + amodiaquine (3 cp x 1 fois par jour
pendant 3 jours de suite)
- Quinine orale ou en perfusion : 30 mg/kg/jour pendant
7 jours
d) Traitement d'une infection ORL (angine,
sinusite par exemple), urinaire
- Amoxicilline : 200 mg/kg/jour pendant 10 jours
- Erythromicine : 50 mg/kg/jour en 3 prises pendant 10 jours
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois par jour pendant 10 jours
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| Céphalées |
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5. Lymphadénopathie chronique
Annotations
a) Définition : Augmentation
de volume de ganglions, de siège divers mais en général cervical
ou intra-abdominal
Etiologies : Ces adénopathies
sont liées à plusieurs affections opportunistes, infectieuses
ou non infectieuses. Elles peuvent s'accompagner de fièvre,
de splénomégalie et de lésions cutanées selon les étiologies.
- Tuberculose
- Infection à VIH
- Sarcome de Kaposi
- Toxoplasmose
- Lymphome, histoplasmose, syphilis, réaction médicamenteuse
(sulfamides, ARV)
La cause peut être une infection sans rapport avec le VIH
: trypanosomiase.
En présence d'une lymphadénopathie
chronique, il faut apprécier l'état général du patient
et rechercher les signes associés tels que la fièvre, l'hépatosplénomégalie,
les signes pulmonaires, les lésions cutanées (éruptions, nodules)
qui peuvent orienter vers une étiologie.
Le bilan complémentaire à faire se
limite à : Hémogramme et vitesse de sédimentation (VS)
b) L'examen physique doit porter sur
toutes les aires ganglionnaires. Il faut préciser le
siège et les caractères des adénopathies et rechercher les
:
- lésions de syphilis (éruption papulosquameuse. ulcération
génitale récente) ;
- lésions tuberculeuses (adénopathies fluctuantes, fièvre,
perte de poids)
c) Le traitement de la syphilis secondaire
repose sur la suspicion clinique :
- Pénicilline G : 2.4 millions UI en 1 IM unique par semaine
pendant 3 semaines
- Doxycycline : 100 mg 2 fois par jour pendant 15 jours
NB : Au centre de santé, le personnel ne
peut instituer le traitement antituberculeux qu'en cas de
tuberculose pulmonaire à BK +
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| Lymphadénopathie |
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6.Toux chronique
Annotations
a) Définition : Toux persistante
depuis plus de 15 jours, isolée ou associée à des douleurs
thoraciques, une dyspnée, une expectoration, une hémoptysie.
Etiologies : La toux est liée
à plusieurs affections opportunistes, infectieuses ou non.
- Tuberculose, Mycobactéries atypiques
- Pneumopathie bactérienne (pneumocoque, autres)
- Pneumocystose
- Mycoses (Aspergillose, histoplasmose, candidose, )
- Tumeurs pleurales, sarcome de Kaposi, lymphome
- Pneumopathie lymphoïde interstitielle
- Cytomégalovirus, toxoplasmose, amibiase, bilharziose
La présence d'une toux impose de
rechercher les signes associés (fièvre, douleurs, dyspnée,
détresse respiratoire, dysphonie, expectoration, hémoptysie)
- Dyspnée : difficulté respiratoire au repos ou après un
effort minime,
- Détresse respiratoire : dyspnée, cyanose, sueurs, tachycardie
(pouls rapide), battement des ailes du nez, tirage intercostal
et sus-sternal, hypoxie
Le bilan complémentaire recherchera la tuberculose, vu sa
prévalence élevée :
- Hémogramme et vitesse de sédimentation (VS)
- Recherche de BAAR dans 3 crachats pendant 2 jours de suite
b) En cas de détresse respiratoire,
transférer le patient dans un centre équipé pour oxygénothérapie
voire ventilation assistée
c) Le traitement d'une pneumonie (fièvre,
toux, expectoration) fait appel à :
- Amoxicilline : 100 mg /kg/j (2 gélules 500 mg x 2 fois)
pendant 10 jours
- Erythromicine : 50 mg /kg/j en 3 prises orales par jour
- Pénicilline-procaïne : 1 million UI x 2 fois par jour
d) Traitement antituberculeux (si BK +
dans les crachats uniquement) :
Isoniazide (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis
INH+ rifampicine pendant 4 mois [cf Programme National de lutte
contre la lèpre et la tuberculose].
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| Toux chronique |
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7. Pathologies cutanées associées
au VIH
Tableau 1 : Principales lésions associées au
VIH
| Types |
Pathologies |
| Infections |
Furonculose, folliculite, abcès, impétigo, cellulite, pyomyosite
Syphilis, mycobactérioses, angiomatose bacillaire, chancre
mou, Lymphogranulomatose vénérienne
Zona, herpès, molluscum contagiosum, verrues ou condylomes,
Leucoplasie chevelue orale
Candidoses superficielles, dermatophyties, histoplasmose,
Cryptococcose
Gale
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| Néoplasies |
Maladie de Kaposi, lymphomes,
cancer anal, carcinomes (utérus), Mélanomes |
| Autres |
Dermatite séborrhéique, prurit/prurigo, xérose
(peau sèche), Eczéma, Urticaire, ichtyose, purpura, psoriasis,
acné, Erythrodermie, télangiectasie, hyperpigmentation, toxidermies,
Eruptions médicamenteuses, changement ou vieillissement des
cheveux, syndrome lypodystrophique (antirétroviral, sulfamides |
Tableau 2 : Description des lésions élémentaires
| Types de lésions
|
Diamètre < 1
cm |
Diamètre >
1 cm |
| Plane |
Macules |
Tâches |
| Surélevée |
Papules |
Plaques |
| Contenu fluide |
Vésicules |
Bulles |
| Contenu purulent |
Pustules |
Abcès |
7.1. Lésions prurigineuses
7.1.1. - Définition :
Ces lésions s'accompagnent d'une sensation permanente de démangeaisons
qui oblige au grattage chronique et répété.
2 - Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
7.1.2.1. Gale : Prurit généralisé,
féroce à prédominance nocturne, notion de contage collectif
et/ou familial, lésions croûteuses et/ou papuleuses excoriées
entre les doigts, sur les fesses, les organes génitaux externes,
les coudes.
Le traitement local :
Benzochloryl ou benzoate de benzyl solution 20 % (Ascabiol)
: une application tout le corps sauf le visage, après le
bain du soir ; ne se laver que le soir, et répéter le badigeonnage
3 jours de suite.
Les mesures d'hygiène par la poudre
de lindane (Aphtiria) : saupoudrer tout le linge
et la literie (draps, matelas), en laissant agir pendant
24 heures, puis laver
Condition du succès du traitement
: Il faut traiter tous les sujets en contacts en
même temps avec la même rigueur.
7.1.2.2. Prurigo : Lésions papulovésiculeuses,
fermes, prurigineuses, isolées les unes des autres, siégeant
au niveau des membres, du tronc, parfois au visage, parfois
diffuses.
Le traitement associé :
- local : Eurax crème : 1 application x 2 fois par jour
; Eosine à l'eau ;
- général : antihistaminique per os ; Polaramine, Prométhazine
: 1 cp x 3 fois/jour
7.1.2.3. Candidose : Lésions
superficielles à type d'intertrigo, périonyxis, folliculite
du cuir chevelu
Le traitement est le suivant :
- local : Miconazole (Fazol crème, poudre, ovules), violet
de gentiane, Nystatine (mycostatine solution)
- général : Kétoconazole (Nizoral) Antihistaminique ;
Polaramine ou Prométhazine : 1 cp x 3 fois/jour
7.1.2.4. Dermatophyties : Ce
sont des lésions sous forme d'onychomycose (onyxis), d'intertrigo
(inguino-crural, interdigito-plantaire), voire de teigne.
L'examen des prélèvements retrouve souvent Trichophyton
rubrum.
Le traitement associe :
- local : Miconazole (Fazol crème, Mycoster crème), whitefield's
pommade
- général :
- Griséofulvine 500 mg à 1 g (adulte); 125 mg/10 kg
(enfant)/6 semaines
- Kétoconazole : 400 mg par jour (2 cp x 2 fois/j)
pendant 1 mois.
7.1.2.5. Réactions médicamenteuses
: Ce sont des exanthèmes maculopapuleux (plaques
oedémateuses, des réactions de photosensibilité des syndromes
d'hypersensibilité, des toxidermies (Lyell, Steven-Johnson)
survenant au cours des traitements par les sulfamides, les
antibiotiques, les antirétroviraux, les antituberculeux
(thiacétazone).
Le traitement est : arrêt du traitement
incriminé.
- local : appliquer des compresses imbibées d'eau vinaigrée,
si urticaire, appliquer de l'éosine à l'eau, si vésicule
ou bulle
- général : Polaramine ou Atarax 1 cp x 2 fois/jour
Les toxidermies graves (syndromes de Lyell, de Steven-Johnson)
imposent l'hospitalisation du patient qu'il faut référer
dans un hôpital équipé.
7.2. Lésions vésiculeuses
7.2.1. Définition : Petites
élevures cutanées dont la piqûre par une aiguille ou un vaccinostyle
laisse sourdre une sérosité.
7.2.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
7.2.2.1. Zona : Eléments vésiculeux
en bande le long d'un trajet nerveux sensitif, douleurs
vives localisées au niveau des lésions.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 %, 1 application x 2 ; Bétadine
solution dermique
- général :
- Antalgiques : Codéine Paracémotol (2 gélules 2 à
3 fois par jour)
- Erythromycine 30-50 mg/kg/jour si surinfection
Le zona ophtalmique peut entraîner la fonte de l'œil, donc
la perte de vue : il impose donc une consultation d'ophtalmologie
et la prescription d'acyclovir IV (10 mg/kg/8 h pendant
7jours ou valocylovir per os (1 g x 3 fois par jour/ 7 jours).
Le zona généralisé est traité de la même façon : acyclovir
IV (10 mg/kg/8 h pendant 7jours ou valocylovir per os (1
g x 3 fois par jour/ 7 jours) dans un hôpital.
7.2.2.2. Herpès chronique :
Eléments vésiculeux groupés en bouquet sur les organes génitaux,
les fesses, les lèvres ; aboutissent à des ulcérations polycycliques
; récidives fréquentes précédées de prurit et de brûlures.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 % ; Iode polyvidone (Bétadine
solution dermique ou gynécologique)
- général :
- Acyclovir 200 mg : 2 gélules x 3 par jour pendant
14 jours
- Erythromycine 30 - 50 mg/kg/jour si surinfection.
7.3. Lésions suppurées
7.3.1. Définition : Ce sont
des infections des parties molles. Elles sont d'origine bactérienne
et évoluent vers la suppuration.
7.3.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.3.2.1. Furonculose : Infection
pilosébacée (centrée par un poil) avec évolution vers l'abcédation
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser
- général : Antibiothérapie antistaphylococcique (Erythromycine
30-50 mg/kg/j ; Cloxacilline 1 g x 2 fois/jour).
7.3.2.2. Pyomyosite : Inflammation
musculaire profonde mal limitée, avec évolution vers des
zones d'abcès.
Le traitement repose sur :
- local : drainage chirurgical,
- général : Antibiothérapie (Erythromicine, Ciprofloxacine
500 mg x 3 fois /jour + aminoside (gentamicine, 3 mg/kg/j
en IM / 5 jours
7.3.2.3. Hydrosadénite : Lésions
pustuleuses douloureuses, localisées aux plis axillaires
et régions inguino-pubiennes.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie (Erythromicine ou Cloxacilline
ou Ciprofloxacine).
7.3.2.4. Folliculite persistante :
Lésions pustuleuses douloureuses de la base des poils, peau
glabre, cuir chevelu.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie (Erythromicine ou Cloxacilline
ou Ciprofloxacine).
7.4. Lésions squameuses
7.4.1. Définition :
Ce sont des lésions desquamatives de taille variable, d'origine
non infectieuse.
7.4.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.4.2.1. Psoriasis : Plaques
bien circonscrites de nombreuses squames épaisses, localisées
aux genoux, coudes, cuir chevelu, régions lombaires et aux
ongles avec généralisation possible.
Le traitement est difficile : consultation
d'un spécialiste.
7.4.2.2. Dermatite séborrhéique :
Macules squameuses au visage (zone médico-faciale) avec
accentuation de la desquamation des ailes du nez et extension
possible au front et au cuir chevelu.
Le traitement est :
- local : Sulfure de sélénium (selsun) Kétoconazole (Kétoderm
crème ou Kétoderm gel moussant pour cuir chevelu pendant
une semaine.
- Antibiothérapie antistaphylococcique (Erythromicine
ou Cloxacilline ou Ciprofloxacine) en cas de surinfection.
7.4.2.3. Syphilis : Macules,
papules annulaires éryhtématosguameuses avec adénopathies
généralisées : transfert dans un hôpital de district/réference.
L'analyse du LCR (VDRL) permet d'exclure l'atteinte neuroméningée
ou neurosyphilis.
Le traitement est :
- Benzathine benzyl pénicilline : 2.4 millions IM unique
/Semaine/3 Semaines
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois /jour/ 14 à 28 jours
7.5. Lésions tumorales
7.5.1. Définition : Ce sont
des lésions cutanées en relief et non inflammatoires.
7.5.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.5.2.1. Sarcome de Kaposi :
Oedèmes des membres inférieurs, placards infiltrés grisâtres,
nodules contenant du sang (test à la piqûre) ou papules
violacées sur le reste du corps.
Le traitement est difficile et se fait
dans un hôpital équipé :
- local (lésions mineures) : Cryothérapie, Radiothérapie,
chimiothérapie par Bléomycine ou vinblastine.
- général (lésions étendues) : interféron (Roferon, Introna)
; Polychimiothérapies seules ou associées aux traitements
antirétroviraux.
Une consultation des spécialistes ayant
l'expérience est recommandée.
7.5.2.2. Molluscum contagiosum :
Tumeur hémisphérique translucide, exubérante ou papules
bombées, blanc rosées en nombre variable, prédominant au
niveau du visage ou du pubis.
Le traitement est local :
Azote liquide ou ablation à la curette Phénol, (solution
5%, à pénétrer après incision) ; Nitrate d'argent.
Ces lésions simulent la cryptococcose cutanée avec des papules,
des nodules et des lésions ulcéronécrotiques, prédominant
au niveau du visage. Le diagnostic est établi par la biopsie
cutanée. On recherche l'atteinte par l'analyse du LCR. Le
traitement est général à base d'amphotéricine et/ou de fluconazole
dans un hôpital équipé.
7.5.2.3. Condylome accuminé :
Ce sont des végétations vénériennes qui réalisent des tumeurs
génitales plus ou moins saillantes "en crête de coq" d'aspect
végétant et extensif.
Le traitement est local :
- Podophylline (solution 25 %), 5-fluoro-uracile (application
locale)
- Cryothérapie, électrocoagulation voire chirurgie (ablation)
dans un hôpital
7.5.2.4. Angiomatose bacillaire :
Papules, plaques, nodules ressemblant à celles du sarcome
de Kaposi. La lésion peut être unique ou multiple avec parfois
des localisations hépatiques, osseuses, pulmonaires. La
bactérie en cause est Bartonella quintana ou Bartonella
henselae (agent de la maladie des griffes du chat).
Le traitement repose sur :
- Erythromicine : 50 mg/kg/ jour
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois par jour pendant 2 semaines
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