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Guide pour la prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte et l'enfant
Copyright MINISANTE KIGALI 2003 |
| Centre de santé - Edition 2002 |
Avec le soutien technique et financier de l'OMS
République rwandaise - Ministère de la santé - B.P. 84 - Kigali |
| Tous les dossiers du ministère
de la santé du Rwanda |
| Deuxième partie (suite) |
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Prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'enfant
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Chapitre III : Prise en charge des
infections opportunistes
A. Prévention
1. Définition
Les enfants infectés par le VIH ont un système immunitaire affaibli
et incapable de lutter contre tous les autres germes.
On recommande des mesures appropriées, afin que ces enfants ne
développent pas des infections opportunistes fréquentes et graves.
L'ensemble de ces mesures constitue la prévention ou la prophylaxie.
2. Points importants
Avant l'établissement de la prophylaxie primaire, il est impératif
de faire le bilan pour classer le patient (classification
OMS 1990, classification CDC 1994), pour rechercher une contre-indication
de la prescription du médicament, l'allergie, une infection bactérienne
évolutive, une anémie sévère et une cytolyse hépatique.
- Interrogatoire des parents et examen clinique complet de l'enfant
- Hémogramme
- Transaminases
- Pourcentage des CD4
- Cliché pulmonaire et des sinus
Après l'établissement de la prophylaxie primaire, il faut assurer
le suivi du patient pour évaluer la tolérance puisque les médicaments
utilisés présentent de nombreux effets indésirables plus ou moins
graves. Il faut donc les rechercher, évaluer leur importance et
les prendre en charge dès qu'ils sont signalés par les parents.
Les moyens de prévention des infections opportunistes sont peu
nombreux mais complexes et contraignants pour le patient.
3. Mesures d'hygiène
On n'insiste pas assez sur ces mesures qui sont pourtant peu
onéreuses. Il faut faire comprendre aux parents l'intérêt d'une
vie de bonne qualité de leurs enfants infectés par le VIH. Des
conseils seront donnés sur les bonnes conditions d'hygiène corporelle,
alimentaire et d'assainissement.
Les enfants doivent :
- Consommer des aliments cuits à fond, notamment les viandes
et les volailles ; consommer de l'eau potable ; laver soigneusement
les fruits et les légumes avant de les manger ; se laver les
mains avant les repas ;
- Eviter les contacts constants avec les animaux domestiques
notamment le chat,
- Avoir une alimentation suffisante et variée avec vitaminothérapie
si possible
- Usage de moustiquaires pour éviter les piqûres infestantes
des moustiques
4. Chimioprophylaxie primaire
Il s'agit de la prescription à tout enfant séropositif, des médicaments
actifs permettant de le protéger contre la survenue d'infections
opportunistes à germes sensibles à ce médicament.
Il est montré que la prophylaxie primaire chez les patients sans
traitement antirétroviral entraîne une amélioration du statut
nutritionnel et la réduction du taux de mortalité et d'hospitalisation.
Le moment idéal pour commencer la prophylaxie primaire dépend
en général du stade clinique de la maladie, des médicaments disponibles
et des possibilités locales de réaliser un comptage des CD4.
Ainsi, au Rwanda, la prophylaxie primaire devrait être proposée
à tous les nourrissons, dès l'âge de 6 semaines, selon les critères
suivants :
- Enfants nés de mères VIH séropositives, que celles-ci aient
reçu ou non des traitements antirétroviraux pendant la grossesse,
jusqu'à ce que leur sero négativité soit prouvée.
- Enfants dont la séropositivité a été diagnostiquée pendant
la première année de vie, que ce soit par PCR ou par signes
cliniques très suggestifs d'une infection à VIH.
- Enfants âgés de plus de 15 mois ayant développé une pneumocystose,
une pneumonie lymphoïde ou présentant tout autre symptôme lié
à l'infection à VIH ou Enfants asymptomatiques ayant un pourcentage
de CD4 entre 15 % et 24 %.
Le produit recommandé est l'association
Sulfaméthoxazole-Triméthoprime (Cotrimoxazole forte), à
raison de 5 mg/kg pour le TMP + 25 mg/kg pour SMZ ou de 150 mg/m²
de TMP + 50 mg/m² de SMZ tant que le pourcentage de CD4 demeure
en dessous de 24 %. Le sirop de Cotrimoxazole est administré une
fois par jour.
En l'absence de sirop, les comprimés écrasés peuvent être utilisés.
La prophylaxie devrait être poursuivie à vie pour les enfant de
plus de 15 mois. En dessous de cet âge, elle devrait continuer
jusqu'à ce que le diagnostic d'infection à VIH soit écartée et
que le risque d'exposition au VIH ait cessé.
La prophylaxie primaire doit être évaluée tous les mois pour en
évaluer la tolérance. Un bilan biologique devra être fait : hémogramme,
créatininémie, transaminasémie. La prophylaxie devra être arrêtée
en cas de :
- Réactions cutanées sévères : bulles, décollement cutané et
atteinte muqueuse,
- Augmentation de CD4 > 350/mm³ sous ARV pendant au moins 6
mois
5. Prophylaxie secondaire
Il s'agit de la prévention des rechutes des infections opportunistes
qu'on assure chez les enfants VIH positifs traités pour certaines
infections opportunistes.
On prescrit des traitements à doses réduites de moitié, tant que
le pourcentage des CD4 reste inférieur à 15 %, soit les mêmes
médicaments utilisés dans le traitement curatif, soit d'autres
médicaments comme le Cotrimoxazole en raison de son action polyvalente.
Au Rwanda, à l'état actuel des connaissances, seules les pathologies
suivantes peuvent faire l'objet de prophylaxie secondaire comme
suit :
- Toxoplasmose
- Indication : Episode antérieur de toxoplasmose
- Traitement de choix : Pyriméthamine (1 mg/kg/j)+ Sulfadiazine
(40 mg/kg/j)+ acide folinique 5 mg tous les 3 jours
- Cryptococcose
- Indication : Episode antérieur de cryptococcose
- Traitement de choix : Fluconazole 3 - 6 mg/kg par jour
- Alternatives : Amphotéricine B, 0.5 - 1 mg/kg x 2 fois/semaine
- Pneumocystose
- Indication : Episode antérieur de pneumocystose documentée
- Traitement de choix : Cotrimoxazole 5 mg/kg par jour
- Alternatives : Dapsone, 2 mg/kg/jour
- Tuberculose : Concernant la prophylaxie
primaire par l'isoniazide, des études sont en cours dans deux
centres de traitement au Rwanda. Leurs résultats ne seront disponibles
qu'en 2003. Ils permettront d'intégrer ou non cette stratégie.
B. Prise en charge thérapeutique
1. Diarrhée chronique
1.1. Définition : Emission persistante
de selles liquides depuis plus de 14 jours, de façon continue,
permanente ou intermittente chez un enfant VIH positif.
1.2. Etiologies : La diarrhée
relève de germes dont les plus fréquents sont :
- Candida albicans,
- Salmonelles non typhi, Shigella, E. coli, mycobactéries,
yersinia
- Strongyloïdes stercoralis, Giardia intestinalis, E. histolytica,
ascaris
- Cytomégalovirus, VIH et Rotavirus
La diarrhée peut être aussi due à une intolérance, une anomalie
anatomique.
1.3. La présence de la diarrhée impose
d'évaluer le patient : rechercher les signes de déshydratation
dont il existe trois catégories :
- Absence de déshydratation (anciennement appelé plan A)
- Déshydratation modérée (anciennement appelé plan B)
- Déshydratation sévère (anciennement appelé plan C)
La compensation rapide des pertes, par voie orale ou par perfusion
IV, permet d'éviter le décès du malade par choc hypovolémique
:
- par voie orale : sels de réhydratation orale (SRO) en cas
de diarrhée sans signes de déshydratation ou avec signes évidents
de déshydratation.
- par perfusion en cas de déshydratation sévère (plan de traitement
C).
1.4. Il est important de rechercher et
traiter les pathologies associées tels que le paludisme,
l'otite, la bronchopneumopathie, les vomissements :
- Accès palustre : Amodiaquine
plus Fansidar
- Quinine : 25-30 mg/kg par jour pendant 7 jours
- Otite :
- Ampicilline, 100 mg/kg en 3 à 4 prises/jour en 10 jours
- Amoxicilline, 100 mg/kg en 3 à 4 prises /jour en 10
jours
- Angine :
- Pénicilline orale, 50 000 - 100 000 UI/kg/j en 3 prises/10
j
- Amoxicilline, 50 mg/kg/j en 3 prises pendant 10 jours
- Extencilline, ou 600 000-1 000 000 UI IM unique
Centre de santé rural
Accueil, interrogatoire (début, quantité des selles, traitement
pris).
Réhydratation : Correction des pertes en fonction de la catégorie
de la déshydratation.
- Diarrhée sans signes de déshydratation
(plan A)
Maintenir l'état d'hydratation avec le SRO en raison des
pertes liquides qui se poursuivent.
Donner à boire du SRO après chaque selle :
- enfant < 1 an : 100 cc après la selle
- enfant > 1 an : 200 cc après la selle
Maintenir une alimentation correcte.
Conseiller à la mère de revenir dès l'apparition d'un signe
de gravité lié à la diarrhée (soif intense, ne pas boire,
fièvre, selles abondantes, refus de manger, sang dans les
selles).
- Diarrhée avec signes évidents de déshydratation
(plan B)
Donner à boire du SRO à raison de 75 ml/kg en 4 heures
puis évaluer.
Maintenir une alimentation correcte.
Conseiller à la mère de revenir dès l'apparition d'un signe
de gravité lié à la diarrhée (soif intense, ne pas boire,
fièvre, selles abondantes, refus de manger, sang dans les
selles).
- Diarrhée avec déshydratation sévère
(plan C) : par perfusion IV
* Solution de Ringer lactate ou SGI avec des électrolytes Nacl,
Ca, Kcl (si diurèse conservée)
- Enfant < 1 an : 30 cc/kg en 1 heure puis 70 cc/kg en 5 heures
et évaluer
- Enfant > 1 an : 30 cc/kg en 30 mn puis 70 cc/kg en 2 h 30
et évaluer
Traitement des pathologies associées si elles se signalent
par des signes patents : otites, angine, paludisme cf programme
PCIME.
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| Diarrhée |
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2. Fièvre
2.1. Définition : Elévation de
la température corporelle au-dessus de 37°5, Elle peut être
isolée ou associée à d'autres symptômes.
2.2. Etiologies : La fièvre est
liée aux affections opportunistes, infectieuses ou non infectieuses
:
- Tuberculose
- Bactériémies (S. non typhi, S. pneumoniae, E. coli, Staphylocoque,
P. aeruginosa
- Méningite bactérienne (S. pneumoniae, H. influenzae), infection
ORL (sinusite)
- Infection à cytomégalovirus, VIH lui-même,
- Mycobactéries atypiques disséminées (M. avium intracellulare)
La fièvre peut relever d'une cause intercurrente, notamment
le paludisme, une intolérance aux médicaments.
La présence de la fièvre impose d'effectuer le bilan du patient
: apprécier l'état général et rechercher les signes de gravité
: T° > 40°C, convulsions, troubles (somnolence, coma), collapsus,
anémie, malnutrition.
2.3. Traitement antipyrétique
- Environnement frais, bains ou enveloppement humides
- Paracétamol : 20-30 mg/kg/dose toutes les 4-6 h sans dépasser
5 doses
- Maintien de l'état d'hydratation par prises répétées de
boissons (jus de fruits, eau, bouillon de légumes)
2.4. Traitements spécifiques
- Amodiaquine plus Sulfadoxine pyrimethamine
- Antibiothérapie pour otite, pneumopathie, infection urinaire
- Amoxicilline : 50 mg/kg/jour per os en 2 à 3 prises
pendant 10 à 15 jours
- Erythromycine : 50 mg/kg/jour per os en 2 à 3 prises
/10 jours 4.
2.5. Traitements empiriques
- Antibiothérapie pour otite, pneumopathie, infection urinaire,
sinusite
- Amoxicilline : 50 mg/kg/jour per os en 2 à 3 prises
pendant 10 jours
- Sulfaméthoxazole-triméthoprime pour prévenir ou traiter
une pneumonie à Pneumocystis carinii
Centre de santé rural
- Accueil, interrogatoire (début, aspect de la fièvre, signes
associés, traitement).
- Examen physique complet du patient.
a. Bilan à faire :
- Goutte épaisse /frottis sanguin
- Hémogramme (taux d'hémoglobine)
b. Le paludisme doit être traité quel que
soit le résultat de la goutte épaisse
- Traitement antipaludique
- Pyriméthamine-sulfadoxine : 1 cp/20 kg de poids (ou
½ - 1 amp. IM unique) + Amodiaquine
- Quinine orale ou en perfusion pendant 3 jours : 25-30
mg/kg/7 jours
- Traitement antipyrétique à associer aux antipaludiques
- Paracétamol : 20-30 mg/kg/dose toutes les 4-6 h sans
dépasser 5 doses
- Enveloppements humides (draps, serviettes)
- Antibiothérapie, associée ou en cas d'échec du traitement
antipaludique. Elle vise une salmonellose ou une infection
urinaire bactérienne.
- Amoxicilline-acide clavulanique (augmentin) : 50 mg/kg/j
3 fois/j/ 20 j
- Cotrimoxazole enfant : 1 cp 2 fois par jour/20 j
En cas d'échec, le transfert à l'hôpital
de district s'impose.
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| Fièvre |
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3. Candidose buccopharyngée
3.1. Définition : Présence de
plaques blanchâtres plus ou moins épaisses et étendues (muguet)
au palais, à la langue mais pouvant couvrir toute la cavité
buccale. Il s'agit parfois de fissures aux coins de la bouche
(perlèche ou chéilite angulaire).
Le muguet peut s'accompagner d'une oesophagite qui se signale
par la dysphagie, et les douleurs retrosternales gênant la déglutition,
ce qui peut créer des troubles nutritionnels chez l'enfant.
3.2. Etiologies :
- Candida albicans est dominant (> 80 % des cas)
- Autres : C. tropicalis, C. pseudotropicalis, C. krusei,
torulopsis, glabrata, etc
L'oesophagite peut relever d'autres causes qu'il faut écarter
: herpes simplex virus type 1, M. avium intracellulare, cytomégalovirus,
Kaposi.
La présence de la candidose buccale impose
d'effectuer le bilan du patient : apprécier les capacités
de l'enfant à s'alimenter, rechercher les signes d'oesophagite
dont la survenue signe la progression du déficit immunitaire.
3.3. Le bilan complémentaire,
selon le plateau technique local, permet de confirmer l'étiologie
et d'adapter le traitement. Toutefois, le diagnostic de la candidose
oropharyngée demeure clinique :
- Examen mycologique d'un frottis (à l'écouvillon ou raclage
d'une lésion)
- Examen direct pour rechercher des filaments mycéliens
- Culture sur milieu de Sabouraud pour préciser l'espèce
de candida en cause
- Endoscopie en cas d'oesophagite
- Macroscopie : plaque blanchâtre adhérant à la muqueuse,
parfois ulcérée
- Biopsies pour examen histologique, culture sur milieu
de Sabouraud
En pratique, ces examens ne sont pas réalisés. Le diagnostic
de la candidose buccale est clinique et se fait à l'examen de
la bouche.
Centre de santé rural
- Accueil, interrogatoire (début, signes associés, traitements
antérieurs)
- Examen physique complet du patient
a. Bains de bouche
- Solution de bicarbonate, violet de gentiane, 4 à 8 fois/j
; Nystatine (solution)
- Application locale : Bleu de méthylène à 1 % (2 fois/j)
; Xylocaïne gel buccal
Miconazole (Daktarin gel buccal)
Itraconazole (Sporanox solution)
b. Traitement systémique, en deuxième intention
et en cas d'oesophagite
- Kétoconazole (Nizoral) : 3. 6 mg/kg/j, 1 à 2 fois /j pendant
14 jours
- Fluconazole (Triflucan) : 6 mg/kg/j, pendant 14 à 21 jours
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4. Lymphadénopathies
4.1. Définition : Augmentation
de volume de ganglions, de siège divers mais en général cervical
ou intra-abdominal.
4.2. Etiologies : Ces adénopathies
sont liées à plusieurs affections opportunistes, infectieuses
ou non infectieuses. Elles peuvent s'accompagner de fièvre,
de splénomégalie et de lésions cutanées selon les étiologies
:
- Tuberculose
- Infection à VIH
- Sarcome de Kaposi
- Toxoplasmose
- Lymphome, histoplasmose, syphilis, réaction médicamenteuse
(sulfamides, ARV)
La cause peut être une infection sans rapport avec le VIH :
trypanosomiase.
La présence d'une lymphadénopathie impose
le bilan du patient : apprécier l'état général et rechercher
les signes associés tels que la fièvre, l'hépatosplénomégalie,
les signes pulmonaires, les lésions cutanées (éruption, nodules)
qui peuvent orienter vers une étiologie.
4.3. Le bilan complémentaire,
selon le plateau technique local et le contexte clinique, permet
de retrouver une étiologie et d'adapter le traitement :
- Hémogramme et vitesse de sédimentation (VS)
- IDR à la tuberculine
- Cliché pulmonaire
- Sérologies : syphilis (TPHA, VDRL), toxoplasmose
- Analyse du LCR : recherche de cryptocoque, BK, trypanosomes,
TPHA/VDRL
- Hémocultures (si fièvre)
- Echographie abdominale (ponction téléguidée)
- Scanner abdominal
- Ponction-aspiration, biopsie pour examen anatomopathologique
;
Centre de santé rural
Accueil, interrogatoire (début, évolution, signes associés,
traitements utilisés).
a. Examen physique complet du patient (aires
ganglionnaires) à la recherche
- lésions de syphilis (éruption papulosquameuse. ulcération
génitale récente) ;
- lésions tuberculeuses (adénopathies fluctuantes, fièvre,
perte de poids)
b. Hémogramme
- Traitement antisyphilitique si suspicion clinique
- Pénicilline G : 600 000 - 1 200 000 millions UI /sem
en 1 IM /2 à 3 semaines
En l'absence d'amélioration clinique, transfert
à l'hôpital de district.
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5. Manifestations respiratoires
basses
5.1. Définition : On désigne par
infections respiratoires inférieures ou basses chez l'enfant
lorsqu'au se trouve en présence des signes suivants :
5.2. Etiologies : La toux est liée à plusieurs
affections :
- Tuberculose, Mycobactéries atypiques
- Pneumopathie bactérienne (pneumocoque, autres)
- Pneumocystose
- Pneumopathie lymphoïde interstitielle
- Cytomégalovirus, adénovirus, virus respiratoire syncitial
5.3. La présence d'une toux impose le bilan
du patient pour rechercher les signes de gravité :
- Polypnée (FR > 50 avant 1 an et FR > 40 entre 1 - 5 ans)
- Cyanose, Tirage, Incapacité à boire
- Somnolence anormale, Stridor, Agitation
5.4. Le traitement de soutien consiste
à désobstruction les narines. Une première dose d'antibiotique
(Amoxicilline ou Cotrimoxazole) sera donnée avant le transfert.
5.5. Le traitement empirique comprend
: Amoxicilline : 5O mg/kg/jour en 3 prises per os.
L'évolution sera évaluée à J3 du traitement.
5.6. Le bilan complémentaire,
selon le plateau technique local et le contexte clinique, permet
de retrouver une étiologie et d'adapter le traitement :
- Hémogramme et vitesse de sédimentation (VS)
- Hémocultures (si fièvre)
- IDR à la tuberculine, cliché pulmonaire,
- Recherche de BAAR : crachats pendant 3 jours, tubage gastrique
- Examen bactériologique des expectorations (germes pyogènes)
Centre de santé rural
- Accueil, interrogatoire (début, évolution, signes associés,
traitements utilisés)
- Examen physique complet du patient à la recherche de signes
de :
- Détresse respiratoire : dyspnée, cyanose, sueurs, pouls
rapide, battement des ailes du nez, tirage intercostal
et sus-sternal.
L'existence d'une détresse respiratoire impose le transfert
du patient dans un centre équipé pour oxygénothérapie voire
ventilation assistée.
En l'absence de signes de détresse respiratoire
:
- Hémogramme (taux d'hémoglobine)
- Pneumopathie bactérienne (toux, fièvre, expectoration)
- Amoxicilline : 100 mg /kg/j (2 à 3 fois) pendant
10 jours
- Macrolide : 50 mg /kg/j (en 3 prises orales) ou
- Céphalosporines orales : 50 mg/kg/jour pendant 10
jours
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| Toux, dyspnée |
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6. Pathologies cutanées associées
au VIH
| Types |
Pathologies |
| Infections |
Furonculose, folliculite, abcès, impétigo, cellulite, pyomyosite
Syphilis, mycobactérioses, angiomatose bacillaire, chancre
mou, Lymphogranulomatose vénérienne
Zona, herpès, molluscum contagiosum, verrues ou condylomes,
Leucoplasie chevelue orale
Candidoses superficielles, dermatophyties, histoplasmose,
Cryptococcose
Gale
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| Néoplasies |
Maladie de Kaposi, lymphomes,
cancer anal, carcinomes (utérus), Mélanomes |
| Autres |
Dermatite séborrhéique, prurit/prurigo,
xérose, eczéma, Urticaire, ichtyose, purpura, psoriasis, acné,
erythrodermie, télangiectasie, hyperpigmentation, peau sèche,
vieillissement, toxidermies, éruptions médicamenteuses, changement
ou vieillissement des cheveux, syndrome lypodystrophique (ARV) |
6.1. Lésions prurigineuses
6.1.1 Définition : Ces lésions
s'accompagnent d'une sensation permanente de démangeaisons
qui oblige au grattage chronique et répété.
6.1.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
6.1.2.1. Gale : Prurit généralisé,
féroce à prédominance nocturne, notion de contage collectif
et/ou familial, lésions croûteuses et/ou papuleuses excoriées
entre les doigts, sur les fesses, les organes génitaux externes,
les coudes.
Le traitement local :
Benzochloryl ou benzoate de benzyl solution 20 % (Ascabiol)
: une application tout le corps sauf le visage, après le
bain du soir ; ne se laver que le soir, et répéter le badigeonnage
3 jours de suite.
Les mesures d'hygiène par
la poudre de lindane (Aphtiria) : saupoudrer tout le linge
et la literie (draps, matelas), en laissant agir pendant
24 heures, puis laver.
Il faut traiter tous les sujets contacts
en même temps avec la même rigueur, condition du succès
du traitement.
6.1.2.2. Prurigo : Lésions papulovésiculeuses,
fermes, prurigineuses, isolées les unes des autres, siégeant
au niveau des membres, du tronc, parfois au visage, parfois
diffuses.
Le traitement associe :
- local : Eurax crème : 1 application x 2 fois par jour
; Eosine à l'eau ;
- général : antihistaminique per os ; Polaramine 1 mg/kg/j,
clarytine : 5-10 mg/j
6.1.2.3. Candidose : Lésions
superficielles à type d'intertrigo, périonyxis, folliculite
du cuir chevelu.
Le traitement est le suivant :
- local : Fazol crème, poudre, ovules
- général : antihistaminique per os
- Polaramine 1 mg/kg/j
- clarytine : 5-10 mg/j en une fois
6.1.2.4. Dermatophyties : Ce
sont des lésions sous forme d'onychomycose (onyxis), d'intertrigo
(inguino-crural, interdigito-plantaire), voire de teigne.
L'examen des prélèvements retrouve souvent Trichophyton
rubrum.
Le traitement associe :
- local : Fazol crème, Mycoster crème, Lamisyl crème
- général :
- Griséofulvine, 125 mg/10 kg (enfant)
- Kétoconazole : 3 - 6 mg/kg/jour
6.1.2.5. Réactions médicamenteuses
: Ce sont des exanthèmes maculopapuleux (plaques
oedémateuses, des syndromes d'hypersensibilité, des toxidermies
(Lyell, Steven-Johnson) survenant au cours des traitements
par les sulfamides, les antibiotiques, les antirétroviraux,
les antituberculeux (thiacétazone).
Le traitement est : arrêt du traitement
incriminé :
- local : appliquer des compresses imbibées d'eau vinaigrée,
si urticaire appliquer de l'éosine à l'eau, si vésicule,
bulle
- général : Polaramine, Clarytine, Atarax 1/2 cp x 2 fois/jour
Les toxidermies graves (syndromes de Lyell,
de Steven-Johnson) imposent l'hospitalisation du patient.
6.2. Lésions vésiculeuses
6.2.1 Définition : Petites élevures
cutanées dont la piqûre par une aiguille ou un vaccinostyle
laisse sourdre une sérosité.
6.2.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
6.2.2.1. Varicelle : Coexistence
d'éléments d'âge différent (papules, vésicules, croûtes),
diffus avec lésions du cuir chevelu, prurit et fièvre :
le grattage laisse des cicatrices.
Le traitement repose sur :
- local : antiseptiques : éosine aqueuse 2 %, 1 application
x 2 fois /jour
- général :
- Polaramine, Clarytine, 1/2 cp x 2 fois/jour.
- Antibiothérapie si surinfection.
6.2.2.2. Zona : Eléments vésiculeux
en bande le long d'un trajet nerveux sensitif, douleurs
vives localisées au niveau des lésions.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 %, 1 application x 2 ; Bétadine
solution dermique
- général :
- Antalgiques : Paracétamol (20-30 mg/kg/jour).
- Antibiothérapie si surinfection.
Le zona ophtalmique peut entraîner la
fonte de l'œil, donc la perte de vue : il impose donc une
consultation d'ophtalmologie.
6.2.2.3. Herpès chronique :
Eléments vésiculeux groupés en bouquet sur les organes génitaux,
les fesses, les lèvres ; aboutissent à des ulcérations polycycliques
; récidives fréquentes précédées de prurit et de brûlures.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 % ; Bétadine solution dermique
ou gynécologique
- général :
- Acyclovir : 10 mg/kg/dose 2 fois par jour per os.
- Antibiothérapie si surinfection.
6.3. Lésions suppurées
6.3.1 Définition : Ce sont des
infections des parties molles. Elles sont d'origine bactérienne
et évoluent vers la suppuration.
6.3.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
6.3.2.1 Furonculose : Infection
pilosébacée (centrée par un poil) avec évolution vers l'abcédation.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie antistaphylococcique (macrolide,
Péni M).
6.3.2.2 Pyomyosite : Inflammation
musculaire profonde mal limitée, avec évolution vers des
zones d'abcès.
Le traitement repose sur :
- local : drainage chirurgical.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie antistaphylococcique (macrolide,
Péni M).
6.3.2.3 Hydrosadénite : Lésions
pustuleuses douloureuses, localisées aux plis axillaires
et régions inguino-pubiennes.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie antistaphylococcique (macrolide,
Péni M).
6.3.2.4 Folliculite persistante :
Lésions pustuleuses douloureuses de la base des poils, peau
glabre, cuir chevelu.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie antistphyloccique (macrolide,
Péni M).
6.4. Lésions squameuses
6.4.1 Définition : Ce sont des
lésions desquamatives de taille variable, d'origine non infectieuse.
6.4.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
6.4.2.1 Psoriasis : Plaques
bien circonscrites de nombreuses squames épaisses, localisées
aux genoux, coudes, cuir chevelu, régions lombaires et aux
ongles avec généralisation possible.
Le traitement est difficile : consultation
du spécialiste.
6.4.2.2 Dermatite séborrhéique :
Macules squameuses au visage (zone médico-faciale) avec
accentuation de la desquamation des ailes du nez et extension
possible au front et au cuir chevelu.
Le traitement est local :
- Kétoconazole : Kétoderm crème et Kétoderm gel moussant
pour cuir chevelu pendant une semaine ;
- Antibiothérapie antistaphylococcique (macrolide, Péni
M) en cas de surinfection.
6.5. Lésions tumorales
6.5.1 Définition : Ce sont des
lésions cutanées en relief et non inflammatoires.
6.5.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
6.5.2.1 Sarcome de Kaposi :
Oedèmes des membres inférieurs, placards infiltrés grisâtres,
nodules contenant du sang (test à la piqûre) ou papules
violacées sur le reste du corps.
Le traitement est difficile :
- local (lésions mineures) : Radiothérapie, chimiothérapie
(bléomycine, vinblastine
- général (lésions étendues : interféron (Roferon, Introna)
; Polychimiothérapies seules ou associées aux traitements
antirétroviraux.
Une consultation des spécialistes ayant l'expérience de
ces traitements est recommandée.
6.5.2.2 Molluscum contagiosum :
Tumeur hémisphérique translucide, exubérante ou papules
bombées, blanc rosées en nombre variable, prédominant au
niveau du visage ou du pubis.
Le traitement est local :
application d'azote liquide ou ablation à la curette.
6.5.2.3 Condylome accuminé :
Ce sont des végétations vénériennes qui réalisent des tumeurs
génitales plus ou moins saillantes "en crête de coq" d'aspect
végétant et extensif.
Le traitement fait appel à
la cryothérapie, l'électrocoagulation au laser, voire à
la chirurgie (ablation).
7. Troubles de la croissance
Centre de santé
7.1. Définition : On
parle de troubles de la croissance chaque fois qu'un enfant
s'écarte de sa propre courbe de croissance. Sont exclus de
cette définition, les enfants atteints de troubles digestifs
reconus (vomissements persistants ou anomalies du fonctionnement
du transit intestinal).
7.2. Le trouble de croissance est dit sévère
lorsque :
- le poids est : égal à 60 % du poids normal par rapport
à la taille
- ou poids compris entre 60 à 80 % du poids normal en présence
d'oedème
7.3. Les manifestations le plus souvent associées
sont :
- Diarrhée
- Muguet
- Manifestations respiratoires
- Fièvre
- Manifestations cutanées
Ces manifestations associées seront traitées immédiatement
(cf algorithmes de prise en charge).
Pour le régime alimentaire approprié se référer au protocole
national.
Mais avant, il faut conseiller les aliments riches en vitamines
: fruits, carottes, les avocats, les mangues, les ananas,
les papayes, les produits laitiers, les œufs, le poisson,
la viande, la banane.
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| Troubles de la croissance |
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