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Guide pour la prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte et l'enfant
Copyright MINISANTE KIGALI 2003 |
| Hôpital de district - Edition 2002 |
Avec le soutien technique et financier de l'OMS
République rwandaise - Ministère de la santé - B.P. 84 - Kigali |
| Tous les dossiers du ministère
de la santé du Rwanda |
| Première partie (suite) |
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Prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte
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Chapitre III : Prise en charge des
infections opportunistes
A. Prévention
1. Définition
Les personnes vivant avec le VIH sont sujettes aux infections
opportunistes parce que leur système immunitaire est affaibli
et n'est plus capable de lutter contre tous les autres germes.
On recommande chez ces sujets, des mesures appropriées, afin
qu'elles ne développent pas, les épisodes initiaux ou les rechutes
des infections opportunistes fréquentes et graves. L'ensemble
de ces mesures constitue la prévention ou la prophylaxie.
2. Points importants
Avant l'établissement de la prophylaxie primaire, il est impératif
de faire le bilan pour classer le patient (classification
OMS 1990, classification
CDC 1993), pour rechercher une contre-indication de la prescription
du médicament, telles que la grossesse au premier trimestre,
l'allergie, une infection bactérienne évolutive, une anémie
sévère et une cytolyse hépatique.
Après l'établissement de la prophylaxie primaire, il faut assurer
le suivi du patient pour évaluer la tolérance puisque les médicaments
utilisés présentent de nombreux effets indésirables plus ou
moins graves. Il faut donc les rechercher, évaluer leur importance
et les prendre en charge dès qu'ils sont signalés par les patients.
Il est souhaitable, lorsqu'on prescrit des traitements prophylactiques
de longue durée et à grande échelle, d'établir au niveau national,
une surveillance épidémiologique des résistances bactériennes
notamment celles du pneumocoque et des salmonelles aux bétalactamines,
aux sulfamides et aux macrolides.
Les moyens recommandés sont de trois ordres : l'hygiène, la
chimioprophylaxie primaire et la chimioprophylaxie secondaire.
3. Mesures d'hygiène
Il faut faire comprendre aux patients VIH positifs l'intérêt
d'être particulièrement prudents dans leur façon de vivre, de
préparer et de consommer les aliments.
Ces personnes doivent scrupuleusement observer les bonnes conditions
d'hygiène corporelle, alimentaire et d'assainissement. Des mesures
simples peuvent les aider à éviter des maladies graves :
- Consommer des aliments cuits à fond notamment les viandes
et les volailles ; consommer de l'eau potable ; laver soigneusement
à l'eau pure les fruits et les légumes avant de les manger
; se laver les mains avant les repas.
- Eviter les contacts constants avec les animaux domestiques
notamment le chat
- Avoir une alimentation suffisante et variée avec vitaminothérapie
si possible mais sans excès de tabac, de café et d'alcool
- Eviter de se re-contaminer par le VIH (usage de préservatifs,
autres mesures)
- Usage de moustiquaires pour éviter les piqûres infestantes
des moustiques
Ces mesures de base doivent être recommandées à tous les niveaux
du système de santé du pays. Leur application n'impose aucune
exploration complémentaire.
4. Chimioprophylaxie primaire
Cette mesure consiste à prescrire, à toute personne séropositive,
la prise journalière orale de médicaments actifs visant à la
protéger contre les épisodes initiaux d'infections opportunistes
à germes sensibles à ces médicament.
Il est démontré que la majorité des infections opportunistes
survient lorsque le chiffre des CD4 est inférieur à 350/mm3
et que la prophylaxie primaire chez les patients sans traitement
antirétroviral entraîne une amélioration du statut nutritionnel
et la réduction du taux de mortalité et d'hospitalisation de
42 %.
On établit la prophylaxie primaire en fonction de l'âge du
patient, du stade clinique de sa maladie, du germe qu'on veut
combattre, des médicaments disponibles et des possibilités locales
de réaliser un comptage des CD4.
Au Rwanda, la prophylaxie primaire fait partie des soins minimums.
Elle doit être proposée aux adultes et enfants vivant avec le
VIH dès qu'elle est indiquée.
Avant de débuter le traitement prophylactique, un bilan clinique
et paraclinique doit être réalisé.
Ce bilan comprend :
- Interrogatoire et examen clinique complet
- Hémogramme
- Transaminases
- Comptage de CD4 si possible
- Cliché pulmonaire
Le produit recommandé est l'association
Sulfaméthoxazole-Triméthoprime ou Cotrimoxazole, avec
comme objectif, la prévention du risque de survenue de la toxoplasmose
cérébrale, de la pneumocystose voire des infections bactériennes
à germes invasifs telles que les salmonelles non typhi (S. typhymurium,
S. enteriditis, etc).
Pour la tuberculose, des études
pilotes sont en cours pour étudier la faisabilité et les bénéfices
de la prophylaxie primaire par l'isoniazide. Pour le moment,
aucune recommandation ne peut être formulée.
Chez l'adulte (sujet de plus de 15 ans), les
critères pour instituer la prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole
sont :
- Tout sujet dont l'infection à VIH est symptomatique avec
présence de symptômes ou de pathologies classant le patient
aux stades 2 ou 3 ou 4 de la classification
de l'OMS 1990. La disponibilité des CD4 n'est pas nécessaire.
- Sujet asymptomatique ayant un taux de CD4 inférieur ou égal
à 350 /mm3
- La femme enceinte répondant aux critères d'inclusion ci-dessus,
peut bénéficier de la prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole.
Mais celle-ci ne doit être débutée qu'après le premier trimestre
de la grossesse.
La posologie est de :
- Cotrimoxazole adulte forte, (TMP 160 mg + SMZ 800 mg) :
1 comprimé par jour
- Cotrimoxazole adulte simple, (TMP 80 mg + SMZ 400 mg) :
2 comprimés par jour
La prophylaxie devrait être poursuivie à vie, tant que le taux
des CD4 reste toujours inférieur à 350/mm3. Elle doit être régulièrement
suivie puis évaluée tous les mois pour en évaluer la tolérance.
Un bilan biologique devra être fait notamment l'hémogramme,
la créatininémie, les transaminasémies.
La prophylaxie devra être arrêtée en
cas :
- Réactions cutanées sévères : bulles, décollement cutané
et atteinte muqueuse
- Augmentation du taux de CD4 > 350 /mm3 chez les sujets sous
traitement antirétroviral pendant au moins 6 mois
4. Prophylaxie secondaire
Il s'agit ici de la prévention des rechutes des infections
opportunistes. Les bénéficiaires sont uniquement les patients
VIH positifs ayant été traités curativement pour certaines infections
opportunistes et considérés guéris.
Cette prévention consiste à prescrire aux patients, des traitements
à dose réduite de moitié tant que leur taux de CD4 reste inférieur
à 350/mm3, de telle sorte qu'ils évitent de faire des rechutes
de leurs infections initiales.
Ici aussi, le Cotrimoxazole peut être utilisé. Mais, en général
le patient garde le schéma thérapeutique qui l'a guéri de l'épisode
initial. Au Rwanda, les pathologies suivantes peuvent faire
l'objet de prophylaxie secondaire comme suit :
- Toxoplasmose
- Indication : Episode antérieur de toxoplasmose
- Traitement de choix : Pyriméthamine (25 mg/j)+ Sulfadiazine
(2 g)+ ac folinique
- Alternatives : Cotrimoxazole forte, 1 comprimé par jour
- Cryptococcose
- Indication : Episode antérieur de cryptococcose
- Traitement de choix : Fluconazole,200 mg par jour
- Alternatives : Amphotéricine B, 0.5 - 1 mg/kg x 1 fois/semaine
- Pneumocystose
- Indication : Episode antérieur de pneumocystose documentée
- Traitement de choix : Cotrimoxazole forte, 1 comprimé
par jour
- Alternatives : Dapsone, 100 mg par jour
B. Traitement des infections opportunistes
1. Diarrhée chronique
Annotations
a) Définition : Emission de
selles liquides (au moins 3 selles/j) depuis plus d'un mois,
de façon continue, permanente ou intermittente.
Etiologies : La diarrhée relève
de germes, dont certains apportés par l'eau, les aliments
:
- Candida albicans
- Salmonelles non typhi, Shigella, E. coli, Campylobacter,
yersinia
- Strongyloïdes stercoralis, Giardia intestinalis, Entamoeba
histolytica
- Cryptosporidium, Isospora belli, Microsporidium
- Cytomégalovirus, VIH, Rotavirus
- Mycobactéries (BK, M. avium intracellulare), Clostridium
difficilae
La diarrhée peut être aussi due à une intolérance, une anomalie
anatomique.
La présence de la diarrhée impose
de rechercher les signes de déshydratation dont il existe
trois catégories :
- Déshydratation légère (infraclinique) : déficit liquide
< 5 % du poids corporel.
Peu de signes ou absence de signes cliniques.
- Déshydratation modérée : déficit liquide de 5 - 10 % du
poids corporel.
Soif, pouls rapide (tachycardie), langue sèche, diurèse
réduite (oligurie)
- Déshydratation sévère : déficit liquide > 10 % du poids
corporel
Signes précédents plus intenses + choc, oligoanurie, obnubilation
ou coma.
b) La compensation rapide des pertes,
par voie orale ou par perfusion IV, permet d'éviter le décès
du malade par choc hypovolémique. C'est une urgence ++
- par voie orale : sels de réhydratation orale (SRO) en
cas de déshydratation légère ou non (Plan A) ou modérée
(Plan B) ; en donner beaucoup si le patient en réclame
- par perfusion : solution de Ringer lactate ou sérum salé
(2/3) + bicarbonaté (1/3) en cas de déshydratation sévère
(Plan C). [cf Directives nationales
en matière de réhydratation]
c) La multiplication des examens suivants
permet de retrouver une étiologie
- Examen parasitologique standard des selles fraîchement
émises à la recherche de parasites opportunistes ; à répéter
si possible
- Recherche dans les selles de globules blancs (en faveur
des bactéries telles que salmonelles, shigelles, E. coli)
et de globules rouges (en faveur de parasites comme E. histolytica
ou parfois de bactéries comme les shigelles)
- Hémogramme pour rechercher une anémie.
d) Le traitement étiologique est fonction
du germe retrouvé :
- E. histolitica histolitica : Métronidazole, 500 mg 3 fois
/j / 7 jours
- Giardia intestinalis : Métronidazole, 500 mg 3 fois /j
/ 7 jours
- S. stercoralis : Thiabendazole, 25 mg/kg 3 fois/j pendant
3 jours
- I. belli : Cotrimoxazole
- 960 mg, 4 cp /j/10-15 jours
- 480 mg, 8 cp /j/10-15 jours
Une antibiothérapie active sur salmonelles,
shigelles voire E. coli :
- Ciprofloxacine : 500 mg x 2fois par jour pendant 10
jours
- Norfloxacine : 400 mg x 2 par jour pendant 10 jours
- Amoxicilline : 500 mg x 3 à 4 fois par jour pendant
10 jours
- Chloramphénicol : 50 mg/kg x 2 à 3 fois par jour pendant
10 jours
Un traitement antifongique actif sur Candida
albicans :
- Kétoconazole : 200 mg x 2 fois par jour pendant 19 jours
- Nystatine : 500 000-600 000 UI x 4 fois par jour/ 10
jours
e) Ralentisseurs de transit,
en l'absence d'amélioration ou du fait du caractère fréquent,
récidivant ou impérieux des selles afin d'éviter la détérioration
de la qualité de vie du patient et la dénutrition
- Lopéramide (Imodium) : 4 à 8 gélules reparties sur la
journée
- Charbon activé : 4 g 3 fois par jour
Ne pas prescrire ces produits en cas de diarrhée sanglante.
f) Après la régression de la diarrhée,
du fait des rechutes fréquentes, des mesures sont proposées
pour éviter la survenue d'infections opportunistes digestives
- Hygiène corporelle, alimentaire et alimentation suffisante,
varié
- Prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole si elle n'est
pas déjà en cours
- Proposition de traitement antirétroviral, qui permet la
guérison de certaines étiologies de la diarrhée (cryptosporidiose,
microsporidiose) du fait de la restauration immunitaire.
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| Diarrhée chronique |
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2. Fièvre prolongée
Annotations
a) Définition : Température
supérieure à 37°5, continue ou intermittente depuis plus de
7 jours.
Etiologies : La fièvre est liée
aux affections opportunistes, infectieuses ou non infectieuses
:
- Tuberculose
- Bactériémies (S. non typhi, S. pneumoniae, E. coli, Staphylocoque,
P. aeruginosa
- Cryptococcose méningée, et candidémies (C. albicans)
- Toxoplasmose cérébrale
- Méningite bactérienne (S. pneumoniae, H. influenzae),
infection ORL (sinusite)
- Infection à cytomégalovirus, VIH lui-même
- Mycobactéries atypiques disséminées (M. avium intracellulare)
- Autres causes : lymphomes non hodgkiniens
La fièvre peut relever d'une cause intercurrente, notamment
le paludisme, une intolérance aux médicaments, une leucémie.
En présence de la fièvre, il faut
apprécier le retentissement de la fièvre sur l'état général
et rechercher les signes associés tels que les céphalées,
les convulsions, les signes pulmonaires, le syndrome méningé,
une éruption, l'ictère qui peuvent orienter vers une étiologie.
Le bilan étiologique vise à
rechercher la tuberculose pulmonaire et le paludisme :
- Goutte épaisse / frottis sanguin
- Hémogramme, vitesse de sédimentation
- Culot urinaire
- Cliché thoracique
- Examen microscopique pour BK : 3 crachats sur 2 jours
de suite
Les résultats permettent de prescrire des traitements spécifiques.
b) Traitement antipaludique [cf Directives
du Protocole National]
- Pyriméthamine/sulfadoxine (fansidar, 3 cp x 1 fois ou
2 amp en IM unique) + amodiaquine (3 cp x 1 fois par jour
pendant 3 jours de suite)
- Quinine orale ou en perfusion : 30 mg/kg/jour pendant
7 jours
c) Traitement antipyrétique
- Paracétamol : 50 mg/kg en 3 prises par jour pendant 2
jours
- Acide acétyl salycilique : 30 mg/kg en 2 à 3 prises par
jour pendant 2 jours
d) Antibiothérapie, vise une
salmonellose ou une infection urinaire bactérienne.
- Ciprofloxacine : 500 mg x 2 fois par jour pendant 10 jours
- Norfloxacine : 400 mg x 2 par jour pendant 10 jours
- Amoxicilline : 2 g x 3 à 4 fois par jour pendant 10-20
jours
- Chloramphénicol : 50 mg/kg x 3 fois par jour pendant 10-20
jours
- Ampi + gentamicine : 200 mg/kg/j (Ampi/10-20 jours) +
genta 3 mm/kg/j/5 jrs
e) Traitement antituberculeux,
pour tuberculose pulmonaire et extrapulmonaire :
- Isoniazide (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis
Isoniazide+ rifampicine pendant 4 mois [cf Programme National
de Lutte contre la tuberculose]
f). L'antibiothérapie pour méningite
bactérienne (Streptocoque, Haemophilus) :
- Amoxicilline IV : 200 mg/kg par jour par voie IV pendant
10 jours
- Chloramphénicol : 50 - 60 mg/kg/j par voie IV pendant
10 jours
Chez le sujet VIH positif l'association : fièvre + déficit
moteur (hémiplégie, hémiparésie) suffit pour évoquer le diagnostic
de toxoplasmose cérébrale et instituer le traitement antitoxoplasmique
ci-dessous si les médicaments sont disponibles :
- Pyriméthamine (Daraprim, Malocid) : 50 mg/j (1 cp 2 fois/j)
+ Sulfadiazine (adiazine cp à 500 mg) : 6 g/jour (2 cp en
3 prises) + acide folinique à raison de 15 mg/jour.
En cas d'allergie, la sulfadiazine peut être remplacée par
la clindamycine (Dalacine) : 2.4 g/jour
Après guérison de la toxoplasmose, proposer la prophylaxie
secondaire par pyriméthamine (25 mg/j) + sulfadiazine (3 g/j)
et acide folinique (15 mg par jour).
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| Fièvre prolongée |
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3. Candidose buccopharyngée
Annotations
a) Définition : La candidose
buccale ou muguet, est constituée par des plaques blanchâtres
plus ou moins épaisses et étendues au palais, à la langue
et parfois à toute la cavité buccale. Il s'agit aussi de fissures
aux coins de la bouche (perlèche ou chéilite angulaire).
Le muguet peut s'accompagner d'une oesophagite qui se signale
par la dysphagie, un pyrosis et les douleurs retrosternales
gênant la déglutition, ce qui peut créer l'anorexie, et les
troubles nutritionnels.
Etiologies :
- Candida albicans est dominant (> 80 % des cas)
- Autres : C. tropicalis, C. pseudotropicalis, C. krusei,
torulopsis, glabrata, etc
L'oesophagite peut relever d'autres causes qu'il faut écarter
: herpes simplex virus type 1, Mycobacterium avium intracellulare
(MAC), cytomégalovirus, Kaposi.
En présence de la candidose buccale,
il faut apprécier les capacités du patient à s'alimenter et
rechercher les signes d'oesophagite dont la survenue signe
la progression du déficit immunitaire.
b) Le bilan étiologique (examen
direct, culture sur milieu de Sabouraud) est difficile à réaliser.
Aussi, le diagnostic de la candidose buccale demeure clinique
: plaques blanchâtres adhérant à la muqueuse, parfois ulcérée.
c) L'oesophagite se caractérise
par la dysphagie, un pyrosis et les douleurs retrosternales
gênant la déglutition. Il existe le plus souvent un muguet.
d) Le traitement antifongique local est le
bain de bouche par :
- Solution de bicarbonate, violet de gentiane, 4 à 8 fois/j;
Nystatine (solution)
- Application locales :
- Bleu de méthylène à 1 % (2 fois/j)
- Mycostatine (Nystatine)
- cp à sucer (500 000 UI/6 h)
- cp gynécologique (100 000 /4 h)
e) Traitement systémique, en deuxième intention
et en cas d'oesophagite :
- Kétoconazole (Nizoral) : 200 mg/j, soit 1 comprimé 2 fois
/jour / 14 jours
- Fluconazole : 100 mg/j, soit 1 à 2 gélules 2 fois/jour
/ 14 jours
- Amphotéricine : 0.5-0.7 mg/kg/j par voie IV en cas de
forme résistante
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| Candidose buccopharyngée |
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4. Céphalées
Annotations
a) Définition : Maux
de tête persistants, d'intensité rapidement croissante et rebelles
aux traitements antalgiques usuels.
Etiologies : Les céphalées sont
liées à plusieurs affections opportunistes, infectieuses ou
non infectieuses du système nerveux. Ainsi, elles peuvent
s'accompagner de fièvre, de signes neurologiques (déficits,
convulsions, coma, syndrome méningé).
- Toxoplasmose cérébrale
- Cryptococcose neuroméningée
- Tuberculose neuroméningée
- Méningite bactérienne (S. pneumoniae, H. influenzae), neurosyphilis
- Infection ORL (sinusite)
- Encéphalite à cytomégalovirus, à VIH
- Lymphomes
Les céphalées peuvent relever d'une cause intercurrente,
notamment le paludisme, une intolérance aux médicaments.
En présence des céphalées,
il faut rechercher les signes associés tels que la fièvre,
les convulsions, les signes pulmonaires, le syndrome méningé,
des signes neurologiques de focalisation (déficits, ataxie,
aphasie, mouvements anormaux), signes d'hypertension intracrânienne
qui peuvent orienter vers une étiologie.
b) Le bilan complémentaire permet
de confirmer le diagnostic de paludisme ou de méningite (bactéries,
BK, cryptocoque)
- Goutte épaisse / frottis sanguin
- Analyse du LCR à la recherche de cryptocoque (encre
de chine), BK, et bactérie
- Cliché pulmonaire
Les résultats permettront de retrouver une étiologie et
de la traiter.
c) Le traitement antalgique fait appel à
l'une des molécules :
- Paracétamol ( + codéine) : 50 mg/kg/jour en 3 prises orales
pendant 3 jours
- Acide acétyl salicylique : 30-50 mg/kg/jour en 2 prises
orales pendant 3 jours
d) Traitement antipaludique [cf Directives
Programme National]
- Pyriméthamine/sulfadoxine (fansidar, 3 cp x 1 fois ou
2 amp en IM unique) + amodiaquine (3 cp x 1 fois par jour
pendant 3 jours de suite)
- Quinine orale ou en perfusion : 30 mg/kg/jour pendant
7 jours
e.) Traitement antituberculeux
(BK+ dans LCR, clinique, Rx image de miliaire)
- Isoniazide (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis
Isoniazide+ rifampicine pendant 4 mois [cf Directives Programme
National]
f.) Antibiothérapie pour méningite
bactérienne (germe ou LCR louche/purulent)
- Amoxicilline : 200 mg/kg/jour par voie IV pendant 10 jours
- Chloramphénicol : 50 - 60 mg/kg/j par voie IV pendant
10 jours
g.) Traitement de la cryptococcose
méningée (Cryptocoque ou Ag dans LCR)
- Amphotéricine B : 0.7 - 1 mg/kg/j en perfusion lente pendant
2 mois
- Amphotéricine B pendant 14 jours, puis Fluconazole (400
mg/jour) pour une durée totale de 2 mois (schéma plus efficace)
- ou Fluconazole : 400 mg/j/ 15 jours, puis per os pour
une durée totale de 2 mois
Chez le sujet VIH positif l'association
: céphalées persistantes + fièvre + déficit moteur (hémiplégie,
hémiparésie) suffit pour évoquer le diagnostic de toxoplasmose
cérébrale et instituer le traitement antitoxoplasmique ci-dessous
si les médicaments sont disponibles :
- Pyriméthamine (Daraprim, Malocid) : 50 mg/j (1 cp 2 fois/j)
+ Sulfadiazine (adiazine cp à 500 mg) : 6 g/jour (2 cp en
3 prises) + acide folinique à raison de 15 mg/jour.
En cas d'allergie, la sulfadiazine peut être remplacée
par la clindamycine (Dalacine) : 2.4 g/jour.
Après guérison de la toxoplasmose, proposer la prophylaxie
secondaire par pyriméthamine (25 mg/j) + sulfadiazine (3
g/j) et acide folinique (15 mg par jour).
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| Céphalées |
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5. Lymphadénopathies
Annotations
a) Définition : Augmentation
de volume de ganglions, de siège divers mais en général cervical
ou intra-abdominal.
Etiologies : Ces adénopathies
sont liées à plusieurs affections opportunistes, infectieuses
ou non infectieuses. Elles peuvent s'accompagner de fièvre,
de splénomégalie et de lésions cutanées selon les étiologies.
- Tuberculose
- Infection à VIH
- Sarcome de Kaposi
- Toxoplasmose
- Lymphome, histoplasmose, syphilis, réaction médicamenteuse
(sulfamides, ARV)
La cause peut être une infection sans rapport avec le VIH
: trypanosomiase.
La présence d'une lymphadénopathie
impose le bilan du patient pour apprécier l'état général et
rechercher les signes associés tels que la fièvre, l'hépatosplénomégalie,
les signes pulmonaires, les lésions cutanées (éruption, nodules)
qui peuvent orienter vers une étiologie.
Le bilan complémentaire doit
avant tout rechercher la tuberculose et la syphilis
- Hémogramme et vitesse de sédimentation
- Cliché pulmonaire
- Analyse du LCR : recherche de cryptoccoque (encre de chine),
BK
- Ponction-aspiration (coloration de Ziehl)
- RPR
b.) L'examen physique doit être complet
(toutes les aires ganglionnaires) à la recherche de
- lésions de syphilis (éruption papulosquameuse. ulcération
génitale récente)
- lésions tuberculeuses (adénopathies fluctuantes, fièvre,
perte de poids)
c) Le traitement antisyphilitique (suspicion
clinique d'une syphilis secondaire)
- Benzathine benzylpénicilline : 2.4 millions UI/dose en
IM par semaines pendant 3 semaines
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois par jour pendant 15 jours
(moins efficace)
d.) Traitement antituberculeux
(clinique, ponction-aspiration BK + )
- Isoniazide (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis
Isoniazide + rifampicine pendant 4 mois [cf Programme National
de Lutte contre la tuberculose]
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| Lymphadénopathies |
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6.Toux chronique
Annotations
a) Définition : Toux persistante
depuis plus de 15 jours, isolée ou associée à des douleurs
thoraciques, une dyspnée, une expectoration, une hémoptysie.
Etiologies : La toux est liée
à plusieurs affections opportunistes, infectieuses ou non.
- Tuberculose
- Pneumopathie bactérienne (pneumocoque, haemophilus, autres)
- Mycobactéries atypiques
- Pneumocystose
- Mycoses (Aspergillose, histoplasmose, candidose)
- Tumeurs pleurales, sarcome de Kaposi, lymphome
- Pneumopathie lymphoïde interstitielle
- Cytomégalovirus, toxoplasmose, amibiase, bilharziose
La présence d'une toux impose le bilan
du patient pour :
- Apprécier l'état général, rechercher les signes associés
: fièvre, douleurs thoraciques, dyspnée (difficulté respiratoire),
détresse respiratoire, expectoration, hémoptysie, dysphonie
- Rechercher les signes de la détresse respiratoire : dyspnée,
cyanose, sueurs, tachycardie, tirage intercostal et sus-sternal,
battement des ailes du nez, hypoxie)
b) L'existence d'une détresse respiratoire
impose le transfert du patient en urgence dans un centre
équipé pour oxygénothérapie voire ventilation assistée.
c) Le bilan complémentaire doit
être orienté vers la recherche de la tuberculose pulmonaire,
première infection opportuniste :
- Hémogramme et vitesse de sédimentation
- Recherche de BAAR dans les crachats (3 prélèvements sur
2 jours)
- Cliché pulmonaire
d) Antibiothérapie pour pneumonie bactérienne
(toux, fièvre, expectoration, images Rx) visant avant tout
le pneumocoque (> 70 % des cas) :
- Amoxicilline : 100 mg /kg/jour (3 fois par jour) pendant
10 jours
- Erythromicine : 50 mg /kg/jour (en 3 prises orales)
- Pénicilline G : 2 à 4 millions UI par jour pendant 10
jours
e.) Traitement pour tuberculose pulmonaire
(BK +, ou Consensus 3 médecins)
- Isoniazide (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis
Isoniazide+ rifampicine pendant 4 mois [cf Programme National
de Lutte contre la tuberculose].
f.) Traitement de la pneumocystose
(fièvre, dyspnée croissante, image Rx, échec d'antibiothérapie)
- Sulfaméthoxazole-triméthoprime (Cotrimoxazole forte) :
3 comp 4 fois /jour ou 4 ampoules 3 fois/j en perfusion
pendant 4 semaines, avec :
- Corticothérapie (Prednisone : 80 mg/j/5j, 40 mg/j/5j,
20 mg/j/11 j si dyspnée.
On peut utiliser la méthylprednisolone (Solumédrol)
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| Toux chronique |
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7. Pathologies cutanées associées
au VIH
Tableau 1 : Principales lésions associées au
VIH
| Types |
Pathologies |
| Infections |
Furonculose, folliculite, abcès, impétigo, cellulite, pyomyosite
Syphilis, mycobactérioses, angiomatose bacillaire, chancre
mou, Lymphogranulomatose vénérienne
Zona, herpès, molluscum contagiosum, verrues ou condylomes,
Leucoplasie chevelue orale
Candidoses superficielles, dermatophyties, histoplasmose,
Cryptococcose
Gale
|
| Néoplasies |
Maladie de Kaposi, lymphomes,
cancer anal, carcinomes (utérus), Mélanomes |
| Autres |
Dermatite séborrhéique, prurit/prurigo, xérose
(peau sèche), Eczéma, Urticaire, ichtyose, purpura, psoriasis,
acné, Erythrodermie, télangiectasie, hyperpigmentation, toxidermies,
Eruptions médicamenteuses, changement ou vieillissement des
cheveux, syndrome lypodystrophique (antirétroviral, sulfamides |
Tableau 2 : Description des lésions élémentaires
| Types de lésions
|
Diamètre < 1
cm |
Diamètre >
1 cm |
| Plane |
Macules |
Tâches |
| Surélevée |
Papules |
Plaques |
| Contenu fluide |
Vésicules |
Bulles |
| Contenu purulent |
Pustules |
Abcès |
Vu leur nombre important et dans un souci de diagnostic pratique,
il est aisé d'utiliser une approche syndromique pour les arbres
décisionnels.
7.1. Lésions prurigineuses
7.1.1. - Définition :
Ces lésions s'accompagnent d'une sensation permanente de démangeaisons
qui oblige au grattage chronique et répété.
2 - Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
7.1.2.1. Gale : Prurit généralisé,
féroce à prédominance nocturne, notion de contage collectif
et/ou familial, lésions croûteuses et/ou papuleuses excoriées
entre les doigts, sur les fesses, les organes génitaux externes,
les coudes.
Le traitement local :
Benzochloryl ou benzoate de benzyl solution 20 % (Ascabiol)
: une application tout le corps sauf le visage, après le
bain du soir ; ne se laver que le soir, et répéter le badigeonnage
3 jours de suite.
Les mesures d'hygiène par la poudre
de lindane (Aphtiria) : saupoudrer tout le linge
et la literie (draps, matelas), en laissant agir pendant
24 heures, puis laver
Condition du succès du traitement
: Il faut traiter tous les sujets en contacts en
même temps avec la même rigueur.
7.1.2.2. Prurigo : Lésions papulovésiculeuses,
fermes, prurigineuses, isolées les unes des autres, siégeant
au niveau des membres, du tronc, parfois au visage, parfois
diffuses.
Le traitement associé :
- local : Eurax crème : 1 application x 2 fois par jour
; Eosine à l'eau ;
- général : antihistaminique per os ; Polaramine, Prométhazine
: 1 cp x 3 fois/jour
7.1.2.3. Candidose : Lésions
superficielles à type d'intertrigo, périonyxis, folliculite
du cuir chevelu
Le traitement est le suivant :
- local : Miconazole (Fazol crème, poudre, ovules), violet
de gentiane, Nystatine (mycostatine solution)
- général : Kétoconazole (Nizoral) Antihistaminique ;
Polaramine ou Prométhazine : 1 cp x 3 fois/jour
7.1.2.4. Dermatophyties : Ce
sont des lésions sous forme d'onychomycose (onyxis), d'intertrigo
(inguino-crural, interdigito-plantaire), voire de teigne.
L'examen des prélèvements retrouve souvent Trichophyton
rubrum.
Le traitement associe :
- local : Miconazole (Fazol crème, Mycoster crème), whitefield's
pommade
- général :
- Griséofulvine 500 mg à 1 g (adulte); 125 mg/10 kg
(enfant)/6 semaines
- Kétoconazole : 400 mg par jour (2 cp x 2 fois/j)
pendant 1 mois.
7.1.2.5. Réactions médicamenteuses
: Ce sont des exanthèmes maculopapuleux (plaques
oedémateuses, des réactions de photosensibilité des syndromes
d'hypersensibilité, des toxidermies (Lyell, Steven-Johnson)
survenant au cours des traitements par les sulfamides, les
antibiotiques, les antirétroviraux, les antituberculeux
(thiacétazone).
Le traitement est : arrêt du traitement
incriminé.
- local : appliquer des compresses imbibées d'eau vinaigrée,
si urticaire, appliquer de l'éosine à l'eau, si vésicule
ou bulle
- général : Polaramine ou Atarax 1 cp x 2 fois/jour
Les toxidermies graves (syndromes de Lyell, de Steven-Johnson)
imposent l'hospitalisation du patient.
7.2. Lésions vésiculeuses
7.2.1. Définition : Petites
élevures cutanées dont la piqûre par une aiguille ou un vaccinostyle
laisse sourdre une sérosité.
7.2.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
7.2.2.1. Zona : Eléments vésiculeux
en bande le long d'un trajet nerveux sensitif, douleurs
vives localisées au niveau des lésions.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 %, 1 application x 2 ; Bétadine
solution dermique
- général :
- Antalgiques : Codéine Paracémotol (2 gélules 2 à
3 fois par jour)
- Erythromycine 30-50 mg/kg/jour si surinfection
Le zona ophtalmique peut entraîner la fonte de l'œil, donc
la perte de vue : il impose donc une consultation d'ophtalmologie
et la prescription d'acyclovir IV (10 mg/kg/8 h pendant
7jours ou valocylovir per os (1 g x 3 fois par jour/ 7 jours).
Le zona généralisé est traité de la même façon : acyclovir
IV (10 mg/kg/8 h pendant 7jours ou valocylovir per os (1
g x 3 fois par jour/ 7 jours).
7.2.2.2. Herpès chronique :
Eléments vésiculeux groupés en bouquet sur les organes génitaux,
les fesses, les lèvres ; aboutissent à des ulcérations polycycliques
; récidives fréquentes précédées de prurit et de brûlures.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 % ; Iode polyvidone (Bétadine
solution dermique ou gynécologique)
- général :
- Acyclovir 200 mg : 2 gélules x 3 par jour pendant
14 jours
- Erythromycine 30 - 50 mg/kg/jour si surinfection.
7.3. Lésions suppurées
7.3.1. Définition : Ce sont
des infections des parties molles. Elles sont d'origine bactérienne
et évoluent vers la suppuration.
7.3.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.3.2.1. Furonculose : Infection
pilosébacée (centrée par un poil) avec évolution vers l'abcédation
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser
- général : Antibiothérapie antistaphylococcique (Erythromycine
30-50 mg/kg/j ; Cloxacilline 1 g x 2 fois/jour).
7.3.2.2. Pyomyosite : Inflammation
musculaire profonde mal limitée, avec évolution vers des
zones d'abcès.
Le traitement repose sur :
- local : drainage chirurgical,
- général : Antibiothérapie (Erythromicine, Ciprofloxacine
500 mg x 3 fois /jour + aminoside (gentamicine, 3 mg/kg/j
en IM / 5 jours
7.3.2.3. Hydrosadénite : Lésions
pustuleuses douloureuses, localisées aux plis axillaires
et régions inguino-pubiennes.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie (Erythromicine ou Cloxacilline
ou Ciprofloxacine).
7.3.2.4. Folliculite persistante :
Lésions pustuleuses douloureuses de la base des poils, peau
glabre, cuir chevelu.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie (Erythromicine ou Cloxacilline
ou Ciprofloxacine).
7.4. Lésions squameuses
7.4.1. Définition :
Ce sont des lésions desquamatives de taille variable, d'origine
non infectieuse.
7.4.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.4.2.1. Psoriasis : Plaques
bien circonscrites de nombreuses squames épaisses, localisées
aux genoux, coudes, cuir chevelu, régions lombaires et aux
ongles avec généralisation possible.
Le traitement est difficile : consultation
du spécialiste.
7.4.2.2. Dermatite séborrhéique :
Macules squameuses au visage (zone médico-faciale) avec
accentuation de la desquamation des ailes du nez et extension
possible au front et au cuir chevelu.
Le traitement est :
- local : Sulfure de sélénium (selsun) Kétoconazole (Kétoderm
crème ou Kétoderm gel moussant pour cuir chevelu pendant
une semaine.
- Antibiothérapie antistaphylococcique (Erythromicine
ou Cloxacilline ou Ciprofloxacine) en cas de surinfection.
7.4.2.3. Syphilis : Macules,
papules annulaires éryhtématosguameuses avec adénopathies
généralisées : transfert dans un hôpital de district/réference.
L'analyse du LCR (VDRL) permet d'exclure l'atteinte neuroméningée
ou neurosyphilis.
Le traitement est :
- Benzathine benzyl pénicilline : 2.4 millions IM unique
/Semaine/3 Semaines
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois /jour/ 14 à 28 jours
7.5. Lésions tumorales
7.5.1. Définition : Ce sont
des lésions cutanées en relief et non inflammatoires.
7.5.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.5.2.1. Sarcome de Kaposi :
Oedèmes des membres inférieurs, placards infiltrés grisâtres,
nodules contenant du sang (test à la piqûre) ou papules
violacées sur le reste du corps.
Le traitement est difficile :
- local (lésions mineures) : Cryothérapie, Radiothérapie,
chimiothérapie par Bléomycine ou vinblastine.
- général (lésions étendues) : interféron (Roferon, Introna)
; Polychimiothérapies seules ou associées aux traitements
antirétroviraux.
Une consultation des spécialistes ayant
l'expérience est recommandée.
7.5.2.2. Molluscum contagiosum :
Tumeur hémisphérique translucide, exubérante ou papules
bombées, blanc rosées en nombre variable, prédominant au
niveau du visage ou du pubis.
Le traitement est local :
Azote liquide ou ablation à la curette Phénol, (solution
5%, à pénétrer après incision) ; Nitrate d'argent.
Ces lésions simulent la cryptococcose cutanée avec des papules,
des nodules et des lésions ulcéronécrotiques, prédominant
au niveau du visage. Le diagnostic est établi par la biopsie
cutanée. On recherche l'atteinte par l'analyse du LCR. Le
traitement est général à base d'amphotéricine et/ou de fluconazole.
7.5.2.3. Condylome accuminé :
Ce sont des végétations vénériennes qui réalisent des tumeurs
génitales plus ou moins saillantes "en crête de coq" d'aspect
végétant et extensif.
Le traitement est local :
- Podophylline (solution 25 %), 5-fluoro-uracile (application
locale)
- Cryothérapie, électrocoagulation voire chirurgie (ablation)
dans un hôpital
7.5.2.4. Angiomatose bacillaire :
Papules, plaques, nodules ressemblant à celles du sarcome
de Kaposi. La lésion peut être unique ou multiple avec parfois
des localisations hépatiques, osseuses, pulmonaires. La
bactérie en cause est Bartonella quintana ou Bartonella
henselae (agent de la maladie des griffes du chat).
Le traitement repose sur :
- Erythromicine : 50 mg/kg/ jour
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois par jour pendant 2 semaines
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