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Guide pour la prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte et l'enfant
Copyright MINISANTE KIGALI 2003 |
| Hôpital de référence - Edition 2002 |
Avec le soutien technique et financier de l'OMS
République rwandaise - Ministère de la santé - B.P. 84 - Kigali |
| Tous les dossiers du ministère
de la santé du Rwanda |
| Première partie (suite) |
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Prise en charge clinique et thérapeutique
de l'infection à VIH chez l'adulte
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Chapitre III : Prise en charge des
infections opportunistes
A. Prévention
1. Définition
Les personnes vivant avec le VIH sont sujettes aux infections
opportunistes parce que leur système immunitaire est affaibli
et n'est plus capable de lutter contre tous les autres germes.
On recommande chez ces sujets, des mesures appropriées, afin
qu'elles ne développent pas, les épisodes initiaux ou les rechutes
des infections opportunistes fréquentes et graves. L'ensemble
de ces mesures constitue la prévention ou la prophylaxie.
2. Points importants
Avant l'établissement de la prophylaxie primaire, il est impératif
de faire le bilan pour classer le patient (classification
OMS 1990, classification
CDC 1993), pour rechercher une contre-indication de la prescription
du médicament, telles que la grossesse au premier trimestre,
l'allergie, une infection bactérienne évolutive, une anémie
sévère et une cytolyse hépatique.
Après l'établissement de la prophylaxie primaire, il faut assurer
le suivi du patient pour évaluer la tolérance puisque les médicaments
utilisés présentent de nombreux effets indésirables plus ou
moins graves. Il faut donc les rechercher, évaluer leur importance
et les prendre en charge dès qu'ils sont signalés par les patients.
Il est souhaitable, lorsqu'on prescrit des traitements prophylactiques
de longue durée et à grande échelle, d'établir au niveau national,
une surveillance épidémiologique des résistances bactériennes
notamment celles du pneumocoque et des salmonelles aux bétalactamines,
aux sulfamides et aux macrolides.
Les moyens recommandés sont de trois ordres : l'hygiène, la
chimioprophylaxie primaire et la chimioprophylaxie secondaire.
3. Moyens de prévention
Ce sont essentiellement l'hygiène, la chimioprophylaxie primaire
et la chimioprophylaxie secondaire.
A cela, il convient de retenir l'effet de la restauration immunitaire
engendrée par le traitement antirétroviral et qui diminue de
façon significative la fréquence des infections opportunistes.
4. Mesures d'hygiène
On n'insiste pas assez sur ces mesures qui sont pourtant peu
onéreuses. Il faut faire comprendre aux patients VIH positifs
l'intérêt d'être particulièrement prudents dans leur façon de
vivre, de préparer et de consommer les aliments.
Ces personnes doivent scrupuleusement observer les bonnes conditions
d'hygiène corporelle, alimentaire et d'assainissement. Des mesures
simples peuvent les aider à éviter des maladies graves :
- Consommer des aliments cuits à fond notamment les viandes
et les volailles ; consommer de l'eau potable ; laver soigneusement
les fruits et les légumes avant de les manger ; se laver les
mains avant les repas ;
- Eviter les contacts constants avec les animaux domestiques
notamment le chat ;
- Avoir une alimentation suffisante et variée avec vitaminothérapie
si possible mais sans excès de tabac, de café et d'alcool
;
- Eviter de se re-contaminer par le VIH (usage de préservatifs,
autres mesures) ;
- Usage de moustiquaires pour éviter les piqûres infestantes
des moustiques.
Ces mesures de base doivent être recommandées à tous les niveaux
du système de santé du pays. Leur application n'impose aucune
exploration complémentaire.
5. Chimioprophylaxie primaire
Cette mesure consiste à prescrire, à toute personne séropositive,
la prise journalière orale de médicaments actifs visant à la
protéger contre les épisodes initiaux d'infections opportunistes
à germes sensibles à ces médicament.
Il est démontré que la majorité des infections opportunistes
survient lorsque le chiffre des CD4 est inférieur à 350/mm3
et que la prophylaxie primaire chez les patients sans traitement
antirétroviral entraîne une amélioration du statut nutritionnel
et la réduction du taux de mortalité et d'hospitalisation de
42 %.
On établit la prophylaxie primaire en fonction de l'âge du
patient, du stade clinique de sa maladie, du germe qu'on veut
combattre, des médicaments disponibles et des possibilités locales
de réaliser un comptage des CD4.
Au Rwanda, la prophylaxie primaire fait partie des soins minimums.
Elle doit être proposée aux adultes et enfants vivant avec le
VIH dès qu'elle est indiquée.
Avant de débuter le traitement prophylactique, un bilan clinique
et paraclinique doit être réalisé.
Ce bilan comprend :
- Interrogatoire et examen clinique complet
- Hémogramme
- Transaminases
- Comptage de CD4 si possible
- Cliché pulmonaire
Actuellement, le produit recommandé est
l'association Sulfaméthoxazole-Triméthoprime ou Cotrimoxazole
forte, avec comme objectif, la prévention du risque de
survenue de la toxoplasmose cérébrale, de la pneumocystose voire
des infections bactériennes à germes invasifs telles que les
salmonelles non typhi (S. typhymurium, S. enteriditis, etc).
Pour la tuberculose, des études
pilotes sont en cours pour étudier la faisabilité et les bénéfices
de la prophylaxie primaire par l'isoniazide. Pour le moment,
aucune recommandation ne peut être formulée.
Chez l'adulte (sujet de plus de 15 ans), les
critères pour instituer la prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole
sont :
- Tout sujet dont l'infection à VIH est symptomatique avec
présence de symptômes ou de pathologies classant le patient
aux stades 2 ou 3 ou 4 de la classification
de l'OMS 1990. La disponibilité des CD4 n'est pas nécessaire.
- Sujet asymptomatique ayant un taux de CD4 inférieur ou égal
à 350 /mm3
- La femme enceinte répondant aux critères d'inclusion ci-dessus,
peut bénéficier de la prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole.
Mais celle-ci ne doit être débutée qu'après le premier trimestre
de la grossesse.
La posologie est de :
- Cotrimoxazole adulte forte, (TMP 160 mg + SMZ 800 mg) :
1 comprimé par jour
- Cotrimoxazole adulte simple, (TMP 80 mg + SMZ 400 mg) :
2 comprimés par jour
La prophylaxie devrait être poursuivie à vie, tant que le taux
des CD4 reste toujours inférieur à 350/mm3. Elle doit être régulièrement
suivie puis évaluée tous les mois pour en évaluer la tolérance.
Un bilan biologique devra être fait notamment l'hémogramme,
la créatininémie, les transaminasémies.
La prophylaxie devra être arrêtée en
cas :
- Réactions cutanées sévères : bulles, décollement cutané
et atteinte muqueuse
- Augmentation du taux de CD4 > 350 /mm3 chez les sujets sous
traitement antirétroviral pendant au moins 6 mois
5. Prophylaxie secondaire
Ici, c'est la prévention des rechutes des infections opportunistes
qu'on assure. Les bénéficiaires sont uniquement les patients
VIH positifs ayant été traités curativement pour certaines infections
opportunistes et considérés guéris.
Il s'agit de prescrire à ces patients, des traitements à dose
réduite de moitié tant que leur taux de CD4 reste inférieur
à 350/mm3, de telle sorte qu'ils évitent de faire des rechutes
de leurs infections initiales.
Ici aussi, le Cotrimoxazole peut être utilisé. Mais, en général
le patient garde le schéma thérapeutique qui l'a guéri de l'épisode
initial. Au Rwanda, les pathologies suivantes peuvent faire
l'objet de prophylaxie secondaire comme suit :
- Toxoplasmose
- Indication : Episode antérieur de toxoplasmose
- Traitement de choix : Pyriméthamine (25 mg/j)+ Sulfadiazine
(2 g)+ ac folinique
- Alternatives : Cotrimoxazole forte, 1 comprimé par jour
- Cryptococcose
- Indication : Episode antérieur de cryptococcose
- Traitement de choix : Fluconazole,200 mg par jour
- Alternatives : Amphotéricine B, 0.5 - 1 mg/kg x 1 fois/semaine
- Pneumocystose
- Indication : Episode antérieur de pneumocystose documentée
- Traitement de choix : Cotrimoxazole forte, 1 comprimé
par jour
- Alternatives : Dapsone, 100 mg par jour
B. Traitement des infections opportunistes
1. Diarrhée chronique
Annotations
a) Définition : Emission de
selles liquides (au moins 3 selles/j) depuis plus d'un mois,
de façon continue, permanente ou intermittente.
Etiologies : La diarrhée relève
de germes, dont certains apportés par l'eau, les aliments
:
- Candida albicans
- Salmonelles non typhi, Shigella, E. coli, Campylobacter,
yersinia
- Strongyloïdes stercoralis, Giardia intestinalis, Entamoeba
histolytica
- Cryptosporidium, Isospora belli, Microsporidium
- Cytomégalovirus, VIH, Rotavirus
- Mycobactéries (BK, M. avium intracellulare), Clostridium
difficilae
La diarrhée peut être aussi due à une intolérance, une anomalie
anatomique.
La présence de la diarrhée impose
de rechercher les signes de déshydratation :
- Déshydratation légère (Plan A) : déficit liquide < 5 %
du poids corporel.
Peu de signes ou absence de signes cliniques
- Déshydratation modérée (Plan B) : déficit liquide de 5-10
% du poids corporel.
Soif, pouls rapide (tachycardie), langue sèche, diurèse
réduite (oligurie)
- Déshydratation sévère (Plan C): déficit liquide > 10 %
du poids corporel.
Signes précédents plus intenses + choc, oligoanurie, obnubilation
ou coma.
b) La compensation rapide des pertes,
par voie orale ou par perfusion IV, permet d'éviter le décès
du malade par choc hypovolémique.
- par voie orale : sels de réhydratation orale (SRO) en
cas de déshydratation légère(Plan A) ou infraclinique ;
en donner beaucoup si le patient en demande.
- par perfusion : solution de Ringer lactate ou sérum salé
(2/3) + bicarbonaté (1/3) en cas de déshydratation modérée
ou sévère.
Après la correction des pertes, la
multiplication des examens paracliniques permet de
retrouver un germe et d'adapter le traitement :
- Examen parasitologique standard des selles fraîchement
émises.
- Examen parasitologique avec colorations spécifiques à
la recherche de Cryptosporidium et de Microsporidium
- Coproculture à la recherche de Salmonelles, shigelles,
E. coli.
- Hémocultures en cas de fièvre pour rechercher shigelles,
salmonelles et Mycobacterium avium souvent responsables
de bactériémies.
c) Traitement étiologique, si un germe est
isolé :
- E. histolitica histolitica : Métronidazole, 1 comp (500
mg) 3 fois /j / 7 jours
- Giardia intestinalis : Métronidazole, 1 comprimé 3 fois
/jour / 7 jours
- S. stercoralis : Thiabendazole, 25 mg/kg 3 fois/j pendant
3 jours
- I. belli : Cotrimoxazole forte, 2 cp 4 fois /j pendant
10 jours
- Cryptosporidium : correction des pertes uniquement (SRO)
- Microsporidium : Albendazole, 400 mg 2 fois /jour / 14
jours
- Salmonelles, shigelles
- Ciprofloxacine, : 500 mg x 2 fois par jour pendant
10 jours
- Norfloxacine : 400 mg x 2 fois par jour pendant 10
jours
- Amoxicilline : 500 mg x 2 à 4 fois par jour
- Chloramphénicol : 50 à 75 mg/kg/jour en 3 prises
d) Ralentisseurs de transit,
en l'absence d'amélioration ou du fait du caractère fréquent,
récidivant ou impérieux des selles afin d'éviter la détérioration
de la qualité de vie du patient et la dénutrition :
- Lopéramide (Imodium) : 4 à 8 gélules reparties sur la
journée
- Charbon : 4 g 3 fois par jour
Ne pas prescrire ces médicaments en cas
de diarrhée sanglante.
e) Après la régression de la diarrhée,
du fait des rechutes fréquentes, des mesures sont proposées
pour éviter la survenue d'infections digestives :
- Hygiène corporelle, alimentaire et alimentation suffisante,
variée
- Prophylaxie primaire par le Cotrimoxazole forte, 1 comprimé
par jour
- Traitement antirétroviral, qui assure la guérison de certaines
étiologies de la diarrhée (cryptosporidiose, microsporidiose)
du fait de la restauration immunitaire.
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| Diarrhée chronique |
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2. Fièvre prolongée
Annotations
a) Définition : Température
supérieure à 37°5, continue ou intermittente depuis plus de
7 jours.
Etiologies : La fièvre est liée
aux affections opportunistes, infectieuses ou non infectieuses
:
- Tuberculose
- Bactériémies (S. non typhi, S. pneumoniae, E. coli, Staphylocoque,
P. aeruginosa
- Cryptococcose méningée, et candidémies (C. albicans)
- Toxoplasmose cérébrale
- Méningite bactérienne (S. pneumoniae, H. influenzae),
infection ORL (sinusite)
- Infection à cytomégalovirus, VIH lui-même
- Mycobactéries atypiques disséminées (M. avium intracellulare)
- Autres causes : lymphomes non hodgkiniens
La fièvre peut relever d'une cause intercurrente, notamment
le paludisme, une intolérance aux médicaments, une leucémie.
La présence de la fièvre impose d'apprécier l'état général
du patient et de rechercher les signes associés : céphalées,
convulsions, signes pulmonaires, syndrome méningé, une éruption,
coma qui peuvent orienter vers une étiologie.
Le bilan complémentaire permet de retrouver une étiologie
et d'adapter le traitement :
- Goutte épaisse / frottis sanguin
- Hémogramme, vitesse de sédimentation
- Hémocultures, coprocultures, ECBU
- Cliché thoracique et recherche de BK dans les crachats,
urines et selles
- Echographies, scannographie
- Transaminases, sérologies spécifiques : hépatite B et
C, syphilis
- Analyse du LCR à la recherche de cryptocoque, de BK, trypanosomes
b) Le traitement empirique ou d'épreuve est
la séquence suivante :
- d'abord le traitement antipaludique [cf Directives du
PNLP]. puis, si échec
- Antibiothérapie associative à visée septicémique (fluoroquinolone
+ aminoside)
- Si échec, Traitement antituberculeux [cf Directives
du PNILT]
Les traitements étiologiques sont, en fonction
du germe :
c) Traitement antipaludique [cf Directives
du Protocole National du PNLP],
- Pyriméthamine/Sulfadoxine (fansidar, 3 cp x 1 fois ou
2 amp en IM unique) + amodiaquine (3 cp en 1 fois par jour
pendant 3 jours de suite)
- Quinine orale ou en perfusion : 30 mg/kg/jour pendant
7 jours
d) Antibiothérapie, pour bactériémie
(S. non typhi) pneumonie, infection urinaire.
- Amoxicilline : 200 mg/kg par jour pendant 10 à 20 jours
- Ciprofloxacine : 500 mg 2 fois par jour pendant 10 jours
- Norfloxacine : 500 mg 2 fois par jour pendant 10 jours
e) Traitement antituberculeux
[cf Directives PNILT] :
- INH (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyr (25 mg/kg/j)+
éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis INH + rifampicine
pendant 4 mois.
f) Antibiothérapie pour méningite bactérienne
(Streptocoque, Haemophilus) :
- Amoxicilline IV : 200 mg/kg par jour par voie IV pendant
10 jours
- Chloramphénicol : 50 - 60 mg/kg/j par voie IV pendant
10 jours
- Ampicilline + chloramphénicol
g) Traitement anticryptococcique (Cryptocoque,
Ag dans LCR, dans sang)
- Amphotéricine B : 0.7 - 1 mg/kg/j en perfusion lente pendant
2 mois
- ou Amphotéricine B pendant 14 jrs, puis Fluconazole (400
mg/j) pendant une durée totale de 2 mois (schéma le plus
utilisé)
- ou Fluconazole : 400 mg/j pour une durée totale de 2 mois
Après la guérison de la cryptococcose, prophylaxie secondaire
par Fluconazole gélules (200 mg/j) ou amphotéricine B : 1
mg/kg/j en perfusion 1 fois/semaine.
Chez le sujet VIH positif l'association : fièvre + déficit
moteur (hémiplégie, hémiparésie) suffit pour évoquer le diagnostic
de toxoplasmose cérébrale et instituer le traitement antitoxoplasmique.
La régression des symptômes confirme le diagnostic.
h) Le traitement de la toxoplasmose cérébrale
(déficit moteur ++, et image d'abcès au scanner ++)
- Pyriméthamine (Daraprim, Malocid) : 50-75 mg/j (1 cp 2
fois/j) + Sulfadiazine (adiazine) : 4-6 g/jour (2 cp en
2 à 3 prises) + acide folinique (25 mg/j.
En cas d'allergie à la sulfadiazine, utiliser clindamycine
(Dalacine) : 2.4 g/jour.
Après guérison de la toxoplasmose, prophylaxie secondaire
par soit Pyriméthamine (25 mg/j) + sulfadiazine (3 g/j) et
acide folinique (15 mg/jour) soit par Cotrimoxazole forte,
1 comprimé par jour.
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| Fièvre prolongée |
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3. Candidose buccale
Annotations
a) Définition : La candidose
buccale ou muguet, est constituée par des plaques blanchâtres
plus ou moins épaisses et étendues au palais, à la langue
et parfois à toute la cavité buccale. Il s'agit aussi de fissures
aux coins de la bouche (perlèche ou chéilite angulaire).
Le muguet peut s'accompagner d'une oesophagite qui se signale
par la dysphagie, un pyrosis et les douleurs retrosternales
gênant la déglutition, ce qui peut créer l'anorexie, et les
troubles nutritionnels.
Etiologies :
- Candida albicans est dominant (> 80 % des cas)
- Autres : C. tropicalis, C. pseudotropicalis, C. krusei,
torulopsis, glabrata, etc
L'oesophagite peut relever d'autres causes qu'il faut écarter
: herpes simplex virus type 1, Mycobacterium avium intracellulare
(MAC), cytomégalovirus, Kaposi.
La présence de la candidose buccale
impose d'apprécier les capacités du patient à s'alimenter
et de rechercher les signes d'oesophagite dont la survenue
signe la progression du déficit immunitaire.
b) Le bilan complémentaire permet
de confirmer l'étiologie et d'adapter le traitement :
- Examen mycologique d'un frottis (à l'écouvillon ou raclage
d'une lésion)
- Examen direct pour rechercher des filaments mycéliens
- Culture sur milieu de Sabouraud pour préciser l'espèce
de candida en cause
- Endoscopie en cas d'oesophagite
- Macroscopie : plaques blanchâtres adhérant à la muqueuse,
parfois ulcérée
- Biopsies pour examen histologique, culture sur milieu
de Sabouraud.
En pratique, les examens mycologiques ne sont pas faciles
à réaliser. Ainsi, le diagnostic de la candidose buccale voire
de l'oesophagite demeure clinique.
c) Le traitement local de la candidose
buccale est le bain de bouche avec :
- Solution de bicarbonate, violet de gentiane, 4 à 8 fois/j
;
- Application locales :
- Bleu de méthylène à 1 % (2 fois/j) ;
- Mycostatine (Nystatine) cp à sucer (500 000 UI/6 h)
- Mycostatine (Nystatine) cp gynécologique (100 000
/4 h)
- Mycostatine (Nystatine) solution
d) Le traitement systémique (oral),
en cas d'échec des soins locaux :
- Kétoconazole (Nizoral) : 200 mg/j, soit 1 comprimé 2 fois
/jour /14 jours
- Fluconazole : 100 mg/jour, soit 1 à 2 gélule 2 fois/jour
/14 jours
e) Le traitement de l'oesophagite (oral)
- Kétoconazole (Nizoral) : 200 mg/jour, soit 1 comprimé
2 fois /jour /14 jours
- Fluconazole : 100 mg/jour, soit 1 à 2 gélule 2 fois/jour
/14 jours.
En cas d'échec de ce traitement oral,
il est recommandé de proposer :
- Amphotéricine B : 0.5 - 0.7 mg/kg/jour par voie IV pendant
15 jours.
En cas d'oesophagite, traiter
d'abord la candidose.
En cas d'échec, rechercher et
traiter les autres causes : Herpès, M. avium intracellulaire,
Kaposi.
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| Candidose |
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En pratique les prélèvements sont
rarement réalisés.
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4. Céphalées
Annotations
a) Définition : Maux
de tête persistants, d'intensité rapidement croissante et rebelles
aux traitements antalgiques usuels.
Etiologies : Les céphalées sont
liées à plusieurs affections opportunistes, infectieuses ou
non infectieuses du système nerveux. Ainsi, elles peuvent
s'accompagner de fièvre, de signes neurologiques (déficits,
convulsions, coma, syndrome méningé).
- Toxoplasmose cérébrale
- Cryptococcose neuroméningée
- Tuberculose neuroméningée
- Méningite bactérienne (S. pneumoniae, H. influenzae), neurosyphilis
- Infection ORL (sinusite)
- Encéphalite à cytomégalovirus, à VIH
- Lymphomes
Les céphalées peuvent relever d'une cause intercurrente,
notamment le paludisme, une intolérance aux médicaments.
En présence des céphalées,
il faut rechercher les signes associés tels que la fièvre,
les convulsions, les signes pulmonaires, le syndrome méningé,
des signes neurologiques de focalisation (déficits, ataxie,
aphasie, mouvements anormaux), signes d'hypertension intracrânienne
qui peuvent orienter vers une étiologie.
b) Le bilan complémentaire permet
de confirmer le diagnostic de paludisme ou de méningite (bactéries,
BK, cryptocoque)
- Goutte épaisse / frottis sanguin
- Examen du fond d'œil (si signes d'hypertension intracrânienne,
déficit moteur)
- Analyse du LCR à la recherche de cryptocoque, de BK,
de bactéries
- Hémocultures (si fièvre)
- Cliché pulmonaire
- Scanner cérébral ou Tomodensitométrie cérébrale à la
recherche d'images d'abcès intracrâniens (images en cocarde
avec effets de masse)
c) L'examen du fond d'œil est
pratiqué en cas d'hypertension intracrânienne. L'absence d'œdème
papillaire ou d'hémorragie rétinienne autorise la ponction
lombaire et l'analyse du LCR à la recherche de cryptocoque,
de BK, de bactéries.
d) Traitement antalgique
- Paracétamol (+ codéine) : 50 mg/kg/jour en 3 prises orales
pendant 2 jours
- Acide acétyl salicylique : 50 mg/kg/jour en 3 prises orales
pendant 2 jours
- Dérivé morphinique (cas rebelles).
e) Traitement antipaludique [cf Programme
National]
- Pyriméthamine-sulfadoxine (fansidar 3 cp en 1 fois ou
2 ampoules en IM unique) + amodiaquine (3 cp en 1 fois /
jour / 3 jours
- Quinine orale ou en perfusion pendant 7 jours : 30 mg/kg/jour
f) Traitement de la méningite tuberculeuse
(BK+ dans LCR, Rx miliaire)
- INH (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j) + pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis
INH + rifampicine/ 4 mois [cf Programme de Lutte contre
la tuberculose]
g) Antibiothérapie de méningite bactérienne
(germe, Ag, LCR louche/purulent)
- Amoxicilline : 200 mg/kg/jour par voie IV pendant 10 jours
- Chloramphénicol : 50 - 75 mg/kg/jour par voie IV pendant
10 jours
- Ceftriaxone, céfotaxime : 50 - 100 mg/kg/jour par voie
IV pendant 10 jours
h) Traitement de la cryptococcose (Cryptocoque,
Ag dans LCR)
- Amphotéricine B : 0.7 - 1 mg/kg/j en perfusion lente pendant
2 mois
- ou Amphotéricine B pendant 14 jours, puis Fluconazole
(400 mg/jour) pour une durée totale de 2 mois
- ou Fluconazole (400 mg/j) pendant une durée totale de
2 mois.
Après guérison de la cryptococcose, prophylaxie secondaire
par le Fluconazole (200 mg/jour) ou l'amphotéricine IV (1
mg/kg 1 fois par perfusion par semaine).
Chez le sujet VIH positif, l'association
: céphalées persistantes + fièvre + déficit moteur (hémiplégie,
hémiparésie) suffit pour évoquer le diagnostic de toxoplasmose
cérébrale et instituer le traitement antitoxoplasmique ci-dessous
:
Traitement de la toxoplasmose cérébrale (déficit moteur,
abcès au scanner)
- Pyriméthamine (Daraprim, Malocid) : 50 mg/j (1 cp 2
fois/j) + Sulfadiazine (adiazine) : 6 g/jour (2 cp en
3 prises) + acide folinique (25 mg/jour).
En cas d'allergie à la sulfadiazine, utiliser la clindamycine
(Dalacine) : 2.4 g/jour.
Après guérison de la toxoplasmose, prophylaxie secondaire
par pyriméthamine (25 mg/j) + sulfadiazine (3 g/j) et acide
folinique (15 mg par jour).
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| Céphalées |
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5. Lymphadénopathies
Annotations
a) Définition : Augmentation
de volume de ganglions, de siège divers mais en général cervical
ou intra-abdominal.
Etiologies : Ces adénopathies
sont liées à plusieurs affections opportunistes, infectieuses
ou non infectieuses. Elles peuvent s'accompagner de fièvre,
de splénomégalie et de lésions cutanées selon les étiologies.
- Tuberculose
- Infection à VIH
- Sarcome de Kaposi
- Toxoplasmose
- Lymphome, histoplasmose, syphilis, réaction médicamenteuse
(sulfamides, ARV)
La cause peut être une infection sans rapport avec le VIH
: leucémie.
La présence d'une lymphadénopathie
impose le bilan du patient pour apprécier l'état général et
rechercher les signes associés tels que la fièvre, l'hépatosplénomégalie,
les signes pulmonaires, les lésions cutanées (éruption, nodules)
qui peuvent orienter vers une étiologie.
Le bilan complémentaire doit
avant tout rechercher la tuberculose et la syphilis
- Hémogramme et vitesse de sédimentation
- Cliché pulmonaire
- Analyse du LCR : recherche de cryptoccoque (encre de chine),
BK
- Ponction-aspiration (coloration de Ziehl)
- RPR
b) L'examen physique du patient
doit porter sur toutes les aires ganglionnaires à la recherche
de - lésions de syphilis (éruption papulosquameuse. ulcération
génitale récente) : lésions tuberculeuses (adénopathies fluctuantes,
fièvre, perte de poids).
c) Le bilan complémentaire permet de
retrouver une étiologie et d'adapter le traitement
- Hémogramme et vitesse de sédimentation
- Cliché pulmonaire
- Sérologies : syphilis, toxoplasmose
- Analyse du LCR (recherche de cryptocoque, BK, VDRL)
- Hémocultures (si fièvre)
- Echographie abdominale (ponction téléguidée)
- Scanner abdominal
- Ponction-aspiration, biopsie pour examen anatomopathologique
c) Traitement antisyphilitique (suspicion
d'une syphilis secondaire)
- Benzathine pénicilline : 2.4 millions UI/dose 3 fois à
1 semaine d'intervalle
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois par jour pendant 15 jours
(moins efficace)
- Pénicilline G : 18 à 24 millions UI /j pendant 15 jours,
si neurosyphilis
d) Traitement antituberculeux (clinique,
ponction, biopsie)
- INH (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) pendant 2 mois, puis
INH+ rifampicine / 4 mois (cf Programme de Lutte contre
la tuberculose).
e) Traitement de la toxoplasmose cérébrale
(sérologie, biopsie)
- Pyriméthamine (Daraprim, Malocid) : 50 mg/j (1 cp 2 fois/j)
+ Sulfadiazine (adiazine) : 6 g/jour (2 cp en 3 prises)
+ acide folinique (25 mg/jour).
La durée du traitement est de 6 semaines.
En cas d'allergie à la sulfadiazine, utiliser la clindamycine
(Dalacine) : 2.4 g/jour.
Après guérison de la toxoplasmose, prophylaxie secondaire
par pyriméthamine (25 mg/jour) + sulfadiazine (3 g/jour)
et acide folinique (15 mg/jour).
f) Traitement du lymphome, du sarcome de
Kaposi (contact avec spécialiste)
- Polychimiothérapies seules ou avec traitements antirétroviraux
- Radiothérapie
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| Lymphadénopathies |
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6.Toux chronique
Annotations
a) Définition : Toux persistante
depuis plus de 15 jours, isolée ou associée à des douleurs
thoraciques, une dyspnée, une expectoration, une hémoptysie.
Etiologies : La toux est liée
à plusieurs affections opportunistes :
- Tuberculose et Mycobactéries atypiques
- Pneumopathie bactérienne (pneumocoque, autres)
- Pneumocystose
- Mycoses (Aspergillose, histoplasmose, candidose)
- Tumeurs pleurales, sarcome de Kaposi, lymphome
- Pneumopathie lymphoïde interstitielle
- Cytomégalovirus, toxoplasmose, amibiase, bilharziose.
La présence d'une toux impose de
rechercher les signes associés : fièvre, douleurs thoraciques,
dyspnée, détresse respiratoire (cyanose, sueurs, tachycardie,
tirage intercostal et sus-sternal, battement des ailes du
nez, hypoxie), expectoration, hémoptysie, dysphonie.
b) La correction de la détresse respiratoire
est une urgence : l'oxygénothérapie est indiquée sur
les données (dyspnée, cyanose) ou par la mesure de la concentration
du sang en oxygène (gazométrie) quand cela est possible. L'utilisation
de la ventilation assistée, doit reposer sur les principes
définis en médecine de soins intensifs.
c) Le bilan complémentaire, doit rechercher
avant tout une tuberculose :
- Hémogramme et vitesse de sédimentation (VS)
- Hémocultures (si fièvre)
- Recherche de BAAR dans les crachats pendant 3 jours
- Examen des expectorations avec coloration de Gram, coloration
à l'encre de chine et cultures pour rechercher une bactérie,
une levure. La coloration utilisant le Giemsa et le bleu
de toluidine permet d'identifier P. carinii
- Cliché pulmonaire
- Ponction pleurale si pleurésie : analyse du liquide (cytochimie,
bactériologie, BK)
- Biopsie pleurale si pleurésie pour examen anatomopathologique
- Scanner thoracique
- Fibroscopie (prélèvements, lavage broncho-alvéolaire.
d) Traiter en priorité une tuberculose
pulmonaire à frottis positif
- INH (5 mg/kg/j)+ rifampicine (10 mg/kg/j)+ pyrazinamide
(25 mg/kg/j) + éthambutol (20 mg/kg/j) en 2 mois, puis INH+
rifampicine pendant 4 mois [ cf Programme National].
e) Antibiothérapie de pneumopathie
bactérienne, visant le pneumocoque
- Amoxicilline : 100 mg /kg/jour pendant 10 jours
- Erythromicine : 50 mg /kg/jour en 3 prises orales pendant
10 jours
- Chloramphénicol : 50 m/kg/jour en 3 prises pendant 10
jours
- Pénicilline G : 4 à 6 millions par jour en perfusion pendant
10 jours
f) Traitement de la pneumocystose (fièvre,
dyspnée croissante, image Rx, échec d'antibiothérapie par
l'amoxicilline et/ou l'érythromicine)
- Sulfaméthoxazole-triméthoprime (Cotrimoxazole forte) :
3 comp 2 fois /jour ou 4 ampoules 3 fois/j en perfusion
pendant 4 semaines
- associé à la Corticothérapie (Prednisone: 80 mg/j/5j,
40 mg/j/5j, 20 mg/j/11 j si dyspnée.
Après guérison de la pneumocystose, prophylaxie secondaire
en maintenant le Cotrimoxazole, 2 comprimés 2 fois /jour,
ou dapsone 100 mg/jour.
g) Traitement antifongique : aspergillose,
histoplasmose (suspicion, histologie)
- Amphotéricine B : 1 mg/kg/j en perfusion lente pendant
2 mois
- ou Fluconazole : 400 mg/jour pour une durée totale de
2 mois.
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| Toux chronique |
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7. Pathologies cutanées associées
au VIH
Tableau 1 : Principales lésions associées au
VIH
| Types |
Pathologies |
| Infections |
Furonculose, folliculite, abcès, impétigo, cellulite, pyomyosite
Syphilis, mycobactérioses, angiomatose bacillaire, chancre
mou, Lymphogranulomatose vénérienne
Zona, herpès, molluscum contagiosum, verrues ou condylomes,
Leucoplasie chevelue orale
Candidoses superficielles, dermatophyties, histoplasmose,
Cryptococcose
Gale
|
| Néoplasies |
Maladie de Kaposi, lymphomes,
cancer anal, carcinomes (utérus), Mélanomes |
| Autres |
Dermatite séborrhéique, prurit/prurigo, xérose
(peau sèche), Eczéma, Urticaire, ichtyose, purpura, psoriasis,
acné, Erythrodermie, télangiectasie, hyperpigmentation, toxidermies,
Eruptions médicamenteuses, changement ou vieillissement des
cheveux, syndrome lypodystrophique (antirétroviral, sulfamides |
Tableau 2 : Description des lésions élémentaires
| Types de lésions
|
Diamètre < 1
cm |
Diamètre >
1 cm |
| Plane |
Macules |
Tâches |
| Surélevée |
Papules |
Plaques |
| Contenu fluide |
Vésicules |
Bulles |
| Contenu purulent |
Pustules |
Abcès |
Vu leur nombre important et dans un souci de diagnostic pratique,
il est aisé d'utiliser une approche syndromique pour les arbres
décisionnels.
7.1. Lésions prurigineuses
7.1.1. - Définition :
Ces lésions s'accompagnent d'une sensation permanente de démangeaisons
qui oblige au grattage chronique et répété.
2 - Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
7.1.2.1. Gale : Prurit généralisé,
féroce à prédominance nocturne, notion de contage collectif
et/ou familial, lésions croûteuses et/ou papuleuses excoriées
entre les doigts, sur les fesses, les organes génitaux externes,
les coudes.
Le traitement local :
Benzochloryl ou benzoate de benzyl solution 20 % (Ascabiol)
: une application tout le corps sauf le visage, après le bain
du soir ; ne se laver que le soir, et répéter le badigeonnage
3 jours de suite.
Les mesures d'hygiène par la poudre
de lindane (Aphtiria) : saupoudrer tout le linge et
la literie (draps, matelas), en laissant agir pendant 24 heures,
puis laver
Condition du succès du traitement :
Il faut traiter tous les sujets en contacts en même temps
avec la même rigueur.
7.1.2.2. Prurigo : Lésions papulovésiculeuses,
fermes, prurigineuses, isolées les unes des autres, siégeant
au niveau des membres, du tronc, parfois au visage, parfois
diffuses.
Le traitement associé :
- local : Eurax crème : 1 application x 2 fois par jour
; Eosine à l'eau ;
- général : antihistaminique per os ; Polaramine, Prométhazine
: 1 cp x 3 fois/jour
7.1.2.3. Candidose : Lésions superficielles
à type d'intertrigo, périonyxis, folliculite du cuir chevelu.
Le traitement est le suivant :
- local : Miconazole (Fazol crème, poudre, ovules), violet
de gentiane, Nystatine (mycostatine solution)
- général : Kétoconazole (Nizoral) Antihistaminique ; Polaramine
ou Prométhazine : 1 cp x 3 fois/jour
7.1.2.4. Dermatophyties : Ce sont
des lésions sous forme d'onychomycose (onyxis), d'intertrigo
(inguino-crural, interdigito-plantaire), voire de teigne.
L'examen des prélèvements retrouve souvent Trichophyton rubrum.
Le traitement associe :
- local : Miconazole (Fazol crème, Mycoster crème), whitefield's
pommade
- général :
- Griséofulvine 500 mg à 1 g (adulte); 125 mg/10 kg
(enfant)/6 semaines
- Kétoconazole : 400 mg par jour (2 cp x 2 fois/j) pendant
1 mois.
7.1.2.5. Réactions médicamenteuses :
Ce sont des exanthèmes maculopapuleux (plaques oedémateuses,
des réactions de photosensibilité des syndromes d'hypersensibilité,
des toxidermies (Lyell, Steven-Johnson) survenant au cours
des traitements par les sulfamides, les antibiotiques, les
antirétroviraux, les antituberculeux (thiacétazone).
Le traitement est : arrêt du traitement incriminé.
- local : appliquer des compresses imbibées d'eau vinaigrée,
si urticaire, appliquer de l'éosine à l'eau, si vésicule
ou bulle
- général : Polaramine ou Atarax 1 cp x 2 fois/jour
Les toxidermies graves (syndromes de Lyell, de Steven-Johnson)
imposent l'hospitalisation du patient.
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| Lésions prurigineuses |
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7.2. Lésions vésiculeuses
7.2.1. Définition : Petites
élevures cutanées dont la piqûre par une aiguille ou un vaccinostyle
laisse sourdre une sérosité.
7.2.2 Principaux éléments de diagnostic et
de traitement
7.2.2.1. Zona : Eléments vésiculeux
en bande le long d'un trajet nerveux sensitif, douleurs
vives localisées au niveau des lésions.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 %, 1 application x 2 ; Bétadine
solution dermique
- général :
- Antalgiques : Codéine Paracémotol (2 gélules 2 à
3 fois par jour)
- Erythromycine 30-50 mg/kg/jour si surinfection
Le zona ophtalmique peut entraîner la fonte de l'œil, donc
la perte de vue : il impose donc une consultation d'ophtalmologie
et la prescription d'acyclovir IV (10 mg/kg/8 h pendant
7jours ou valocylovir per os (1 g x 3 fois par jour/ 7 jours).
Le zona généralisé est traité de la même façon : acyclovir
IV (10 mg/kg/8 h pendant 7jours ou valocylovir per os (1
g x 3 fois par jour/ 7 jours).
7.2.2.2. Herpès chronique :
Eléments vésiculeux groupés en bouquet sur les organes génitaux,
les fesses, les lèvres ; aboutissent à des ulcérations polycycliques
; récidives fréquentes précédées de prurit et de brûlures.
Le traitement repose sur :
- local : éosine aqueuse 2 % ; Iode polyvidone (Bétadine
solution dermique ou gynécologique)
- général :
- Acyclovir 200 mg : 2 gélules x 3 par jour pendant
14 jours
- Erythromycine 30 - 50 mg/kg/jour si surinfection.
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| Lésions vésiculeuses |
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7.3. Lésions suppurées
7.3.1. Définition : Ce sont
des infections des parties molles. Elles sont d'origine bactérienne
et évoluent vers la suppuration.
7.3.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.3.2.1. Furonculose : Infection
pilosébacée (centrée par un poil) avec évolution vers l'abcédation
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser
- général : Antibiothérapie antistaphylococcique (Erythromycine
30-50 mg/kg/j ; Cloxacilline 1 g x 2 fois/jour).
7.3.2.2. Pyomyosite : Inflammation
musculaire profonde mal limitée, avec évolution vers des
zones d'abcès.
Le traitement repose sur :
- local : drainage chirurgical,
- général : Antibiothérapie (Erythromicine, Ciprofloxacine
500 mg x 3 fois /jour + aminoside (gentamicine, 3 mg/kg/j
en IM / 5 jours
7.3.2.3. Hydrosadénite : Lésions
pustuleuses douloureuses, localisées aux plis axillaires
et régions inguino-pubiennes.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie (Erythromicine ou Cloxacilline
ou Ciprofloxacine).
7.3.2.4. Folliculite persistante :
Lésions pustuleuses douloureuses de la base des poils, peau
glabre, cuir chevelu.
Le traitement repose sur :
- local : pansements humides de Bétadine solution dermique.
Ne pas inciser.
- général : Antibiothérapie (Erythromicine ou Cloxacilline
ou Ciprofloxacine).
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| Lésions suppurées |
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7.4. Lésions squameuses
7.4.1. Définition :
Ce sont des lésions desquamatives de taille variable, d'origine
non infectieuse.
7.4.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.4.2.1. Psoriasis : Plaques
bien circonscrites de nombreuses squames épaisses, localisées
aux genoux, coudes, cuir chevelu, régions lombaires et aux
ongles avec généralisation possible.
Le traitement est difficile : consultation
du spécialiste.
7.4.2.2. Dermatite séborrhéique :
Macules squameuses au visage (zone médico-faciale) avec
accentuation de la desquamation des ailes du nez et extension
possible au front et au cuir chevelu.
Le traitement est :
- local : Sulfure de sélénium (selsun) Kétoconazole (Kétoderm
crème ou Kétoderm gel moussant pour cuir chevelu pendant
une semaine.
- Antibiothérapie antistaphylococcique (Erythromicine
ou Cloxacilline ou Ciprofloxacine) en cas de surinfection.
7.4.2.3. Syphilis : Macules,
papules annulaires éryhtématosguameuses avec adénopathies
généralisées : transfert dans un hôpital de district/réference.
L'analyse du LCR (VDRL) permet d'exclure l'atteinte neuroméningée
ou neurosyphilis.
Le traitement est :
- Benzathine benzyl pénicilline : 2.4 millions IM unique
/Semaine/3 Semaines
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois /jour/ 14 à 28 jours.
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| Lésions squameuses |
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7.5. Lésions tumorales
7.5.1. Définition : Ce sont
des lésions cutanées en relief et non inflammatoires.
7.5.2. Principaux éléments de diagnostic
et de traitement
7.5.2.1. Sarcome de Kaposi :
Oedèmes des membres inférieurs, placards infiltrés grisâtres,
nodules contenant du sang (test à la piqûre) ou papules
violacées sur le reste du corps.
Le traitement est difficile :
- local (lésions mineures) : Cryothérapie, Radiothérapie,
chimiothérapie par Bléomycine ou vinblastine.
- général (lésions étendues) : interféron (Roferon, Introna)
; Polychimiothérapies seules ou associées aux traitements
antirétroviraux.
Une consultation des spécialistes ayant
l'expérience est recommandée.
7.5.2.2. Molluscum contagiosum :
Tumeur hémisphérique translucide, exubérante ou papules
bombées, blanc rosées en nombre variable, prédominant au
niveau du visage ou du pubis.
Le traitement est local :
Azote liquide ou ablation à la curette Phénol, (solution
5%, à pénétrer après incision) ; Nitrate d'argent.
Ces lésions simulent la cryptococcose cutanée avec des papules,
des nodules et des lésions ulcéronécrotiques, prédominant
au niveau du visage. Le diagnostic est établi par la biopsie
cutanée. On recherche l'atteinte par l'analyse du LCR. Le
traitement est général à base d'amphotéricine et/ou de fluconazole.
7.5.2.3. Condylome accuminé :
Ce sont des végétations vénériennes qui réalisent des tumeurs
génitales plus ou moins saillantes "en crête de coq" d'aspect
végétant et extensif.
Le traitement est local :
- Podophylline (solution 25 %), 5-fluoro-uracile (application
locale)
- Cryothérapie, électrocoagulation voire chirurgie (ablation)
dans un hôpital
7.5.2.4. Angiomatose bacillaire :
Papules, plaques, nodules ressemblant à celles du sarcome
de Kaposi. La lésion peut être unique ou multiple avec parfois
des localisations hépatiques, osseuses, pulmonaires. La
bactérie en cause est Bartonella quintana ou Bartonella
henselae (agent de la maladie des griffes du chat).
Le traitement repose sur :
- Erythromicine : 50 mg/kg/ jour
- Doxycycline : 100 mg x 2 fois par jour pendant 2 semaines
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| Lésions tumorales |
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