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Etude statistique sur le diagnostic bactériologique de la tuberculose au Laboratoire Universitaire de Butare
sur une période de 9 ans(1992-2000) A propos de 10451 échantillons
Par : Dr NKURIKIYINFURA J.Baptiste et BAYINGANA Claude
RESUME

La mise en évidence des bacilles acido-alcoolo-résistants à l'examen microscopique, la culture et l'antibiogramme sur milieu à l'œuf de Löwenstein-Jensen sont encore les piliers et les méthodes de référence du diagnostic bactériologique de la tuberculose.

L'étude que nous avons réalisée porte sur le statistique sur le diagnostic bactériologique de la tuberculose au Laboratoire Universitaire de Butare(Rwanda) sur une période de 9 ans(de janvier 1992 à décembre 2000).
Le comptage des échantillons s'est effectué à partir des registres du service. Ainsi les résultats suivants ont été obtenus: de 1992 à 2000 le pourcentage de positivité a été respectivement de 6.55, 8.18, 4.86, 16.55, 18.58, 18.85, 16.80, 16.34 et 15.31.

Nous pouvons conclure que la montée du pourcentage de positivité à partir de 1995 serait due à l'infection VIH, aggravée par le génocide de 1994. Les tranches d'âge les plus touchées ( 21-30 ans et 31-40 ans) qui forment à elles deux 60% des échantillons positifs et qui concernent les groupes les plus actifs sexuellement, plaident pour cette conclusion. Le pourcentage élevé de cas positifs à l'examen de contrôle s'expliquerait d'une part par la mauvaise prise des médicaments par les patients, et probablement par l'émergence de souches résistantes d'autre part.
Cette dernière hypothèse devrait être confirmée ou infirmée bientôt, quant nous allons commencer à faire le mycobiogramme.

I. INTRODUCTION

La tuberculose est une infection causée par M. tuberculosis et parfois par M. bovis ou encore par M. africanum principalement en Afrique de l'Ouest pour ce dernier germe. Ces microorganismes sont également appelés bacilles " tuberculeux ", à cause des lésions qu'ils entraînent au niveau des organes atteints : des nodules ou " tubercules ", ou encore bacilles acido-alcoolo-résistants(BAAR), c-à-d. qu'une fois colorés par la fuchsine, ils ne sont plus décolorables ni par les acides, ni par l'alcool(O.M.S.,1996).

Selon une estimation fait par l'O.M.S. près de 1.9 million de décès par tuberculose serait survenus dans le monde en 1997: plus de 1 million en Asie du Sud-Est, moins de 42000 cas dans les pays industrialisés de l'Est et de l'Ouest, tous les autres cas étant répartis dans les autres régions du monde. La tuberculose est le cinquième cause de décès dans le monde par maladie contagieuse et la deuxième cause de décès dû à un seul agent infectieux (NADIA A. et DONALD E.,1999).

La fréquence annuelle des nouveaux cas de tuberculose maladie(incidence) varie selon les pays :

  • 300 à 500 pour 105 habitants dans certains pays d'Asie ou d'Océanie
  • 250 cas pour 105 habitants en Afrique
  • 25 cas pour 105 habitants en France
  • Moins de 20 cas pour105 habitants en Australie,Canada, Danemark, U.S.A., Pays bas(J.L. Avril et Al 1992)

Cette maladie s'est encore répandue avec la pandémie VIH. Le VIH en effet accroît la sensibilité d'un sujet à l'infection par M. tuberculosis. Chez une personne déjà infectée par M.tuberculosis, le VIH est un facteur puissant d'évolution de l'infection vers la maladie.

En 1995 un tiers environ des 15 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde entier l'étaient également par M. tuberculosis. 70% des sujets présentant une co-infection vivent en Afrique subsaharienne, 20% en Asie et 8% en Amérique latine et aux Caraïbes(O.M.S. ;1996).

C'est dans cette optique que nous nous sommes proposés de mener une " étude statistique sur le diagnostic bactériologique de la tuberculose au laboratoire universitaire de Butare sur une période de 9 ans( 1992-200) "

II. MATERIEL ET METHODES

Notre étude porte sur 10451 échantillons diagnostiqué au Laboratoire Universitaire de Butare, de janvier 1992 à Décembre 2000. Le comptage des échantillons s'est effectué à partir des registres du service. Les paramètres que nous avons étudiés sont les suivants :

  1. Répartition des résultats positifs, négatifs à la coloration de Ziehl-Nelseen
  2. Répartition des cas positifs selon les tranches d'âges
  3. Répartition des cas positifs selon les unités de traitement
  4. Répartition des cas positifs selon le type d'échantillons . Ce paramètre a été étudié de 1992 à 1998, parce que pour les deux dernières années l'origine des échantillons n'a pas été indiquée
  5. Résultats de la culture sur les cas positifs à l'examen de Ziehl. Ce paramètre n'a été étudié que deux ans(1992 et 1993) parce que pour les autres années on ne faisait pas de culture pour les B.K.
  6. Résultats de la culture sur les cas négatifs à l'examen de Ziehl.
    Ce paramètre n'a été étudié aussi que pour les années 1992 et 1993
  7. Répartition des cas positifs selon sexes. Ce paramètre n'a été étudié que sur trois ans( 1998 à 2000), parce que les registres des années précédentes ne possédaient pas une colonne réservée pour le sexe
  8. Répartition des résultats positifs et négatifs selon les examens de contrôle ; ce paramètre a été étudié aussi sur trois ans suite aux raisons évoquées précédemment.

N.B. : Il faut noter que pour les années 1992,1993 et 1994, les trois échantillons qui sont exigés normalement chez un même patient pour confirmer la positivité ou la négativité de l'examen, ont été notés dans le registre différemment et non sur un même numéro comme nous le faisons actuellement .
Ceci explique le nombre élevé d'échantillons observé pour ces trois années, exception faite pour 1994 en raison de la guerre.

III. RESULTATS ET COMMENTAIRES
III.1 SYNTHESE SUR LES RESULTATS POSITIFS A LA COLORATION DE ZIEHL

III.2. REPARTITION DES CAS POSITIFS SELON LES TRANCHES D'AGE

III.3 SYNTHESE SUR LA REPARTITION DES CAS POSITIFS SELON LES UNITES DE TRAITEMENTS

III.4 REPARTITION DES CAS POSITIFS SELON LE TYPE D' ECHANTILLONS

III.5. RESULTATS DE LA CULTURE POUR LES CAS POSITIFS A LA COLORATION DE ZIEHL

III.6 RESULTATS DE LA CULTURE POUR LES CAS NEGATIFS A LA COLORATION DE ZIEHL

III.7 REPARTITION DES CAS POSITIFS SELON LES SEXES

III.8 REPARTITION DES CAS POSITIFS ET NEGATIFS A L'EXAMENS CONTROLE

IV. CONCLUSIONS ET COMMENTAIRES

De 1992 à 2000 le pourcentage de positivité a été respectivement de 6.55, 8.18, 4.86, 16.55, 18.58, 16.85, 16.80, 16.34 et 15.31.
La tranche d'âge la plus affectée est celle qui va de 21 à 30 ans avec 33.5% de cas positifs, suivie par la tranche de 31 à 40 ans avec 28.55% de cas positifs.
Vient ensuite la tranche 41 à 50 ans avec 10.55% de cas positifs.

Les échantillons provenant de Médecine Interne représentent 78.65% des échantillons positifs, 11.88% proviennent des centres de santé périphériques, 5.53% viennent du CUSP, 2.61% de la pédiatrie et enfin 0.50% de gynéco obstétrique.
Répartis par nature, 98.78% des échantillons positifs sont des crachats, 0.44% reviennent au tubage gastrique, 0.33% sont les urines, et 0.22% sont les liquides pleuraux.

La culture sur Löwenstein-Jensen ne s'est faite que pour les années 1992 et 1993. Sur 100 échantillons positifs à la coloration, 81.87% ont poussé à la culture, ceci ne concorde pas aux résultats trouvés au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière(France) en 1992: sur 430 produits pathologiques à culture positive, 218 étaient positives à l'examen microscopique (Jacque G, 1996).

Sur 100 échantillons négatifs à la coloration, 2.51% ont poussé à la culture, ceci s'explique par le faite que la culture est un moyen très sensible qui permet d'apporter la preuve bactériologique de la tuberculose pulmonaire dans deux fois plus de cas que l'examen microscopique(Jacques G, 1996).

Répartis par sexe, 58.89% des échantillons positifs sont masculins, contre 41.11% de féminins. A l'examen contrôle, 20.44% de cas se sont encore révélés positifs. D'une façon globale, nous pouvons conclure que la montée du pourcentage de positivité à partir de 1995 serait due à l'infection VIH, aggravée par les évenements de 1994.

Les tranches d'âge les plus touchées ( 21-30 ans et 31-40 ans) qui forment à elles deux 60% des échantillons positifs et qui concernent les groupes les plus actifs sexuellement, plaident pour cette conclusion. Le pourcentage élevé de cas positifs à l'examen de contrôle s'expliquerait d'une part par la mauvaise prise des médicaments par les patients, et probablement par l'émergence de souches résistantes d'autre part.
Cette dernière hypothèse devrait être confirmée ou infirmée bientôt, quant nous allons commencer à faire le mycobiogramme.

V. BIBLIOGRAPHIE

1. ANTHONY H et al, Tuberculose et VIH Manuel clinique, Organisation Mondiale de la Santé, Genève, 1996.

2. AVRIL J.-L. et al, Bactériologie clinique, edition marketing, Paris, 1992.

3. JACQUES G, Diagnostic bactériologique de la tuberculose, revue du praticien, Paris, 1996.

4. NADIA A. et DONALD E., Tuberculose manuel pour les étudiants en médecine, Organisation Mondial de la Santé, Genève, 1996.

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Dossier transmis le 22 novembre 2001 par Marc TWAGIRUMUKIZA - twamarc@yahoo.fr

 

 
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