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Le premier rapport de l'OMS sur la santé
bucco-dentaire dans le monde dresse un tableau guère reluisant
de ce volet important de la santé publique. En effet, selon
ce rapport, la carie dentaire constitue vraisemblablement
la maladie la plus répandue, mais pas la plus anodine. Dans
de nombreux pays en voie de développement mais aussi dans
les pays industrialisés, elle touche encore 60 à 90 % de la
population.
Cinq milliards de personnes dans le monde
seraient concernées. Le traitement de ces affections bucco-dentaires
représenterait 5 à 10 % des dépenses de santé dans les pays
industrialisés et n'est pas à la portée de nombreux pays en
voie de développement. C'est ce qu'il ressort de ce premier
rapport publié la semaine dernière par l'OMS qui met l'accent
sur les facteurs de risque telle l'hygiène, mais également
sur les déterminants socioéconomiques et culturels, dont les
mauvaises conditions de vie et le faible niveau d'instruction.
Qu'est-ce que la carie dentaire ?
La carie dentaire est une affection qui détruit
les tissus durs de la dent. Elle survient du fait d'une mauvaise
hygiène bucco-dentaire, notamment par la formation de la plaque
bactérienne, couche mince blanchâtre qui colle aux dents que
l'on ne brosse pas. La pullulation microbienne au niveau de
celle-ci transforme les sucres provenant de l'alimentation
en acides qui attaquent l'émail des dents tout comme le ferait
l'acide des batteries sur le carrelage. Si elle n'est pas
dépistée et traitée, la carie va passer par plusieurs stades
plus ou moins rapidement selon le terrain, c'est-à dire selon
les défenses de l'individu (rôle primordial d'une alimentation
suffisamment équilibrée).
L'attaque de l'enveloppe externe la plus dure, l'émail, est
silencieuse, seul l'examen chez le dentiste pourra la dépister.
Une fois la brèche de l'émail constituée, la carie s'attaque
à l'ivoire ou dentine, c'est la phase des douleurs provoquées
par les sucreries et les liquides chauds ou froids. Abandonnée
à elle-même, la carie aboutit à la pulpe de la dent, c'est
la phase des douleurs spontanées souvent nocturnes et violentes,
c'est " la rage de dent ". A ce stade, la pulpe supposée nourrir
la dent ne nourrit plus que les microbes et n'est plus qu'un
dangereux foyer de bactéries qui peut, à la faveur d'une défaillance
des défenses de l'organisme, brutalement essaimer vers n'importe
quelle partie du corps, stade de complications gravissimes
et mortelles (rhumatisme articulaire aigu, endocardite, insuffisance
rénale, etc.). Une part importante sinon la grande part des
cardiopathies et des néphropathies nécessitant des soins lourds
et coûteux dans nos hôpitaux et souvent à l'étranger serait
due à une banale carie dentaire mal soignée.
Une affection évitable
La carie dentaire vu son incidence et le
coût de la prise en charge des soins dentaires et des complications
malheureusement encore fréquentes constitue un véritable problème
économique et social. Pourtant, elle est l'exemple parfait
d'une affection tout à fait évitable par des mesures très
simples d'hygiène. Un brossage correct des dents permet l'élimination
de la plaque dentaire renfermant l'association dangereuse
microbes-sucres.
Bien qu'il soit tout à fait évident que la prévention reste
la seule arme efficace contre cette maladie, force est de
constater que dans notre pays, les statistiques confirment
son extrême répartition dans la population à tout âge. Selon
les propos du Pr Chouiter, l'état bucco-dentaire de la population
est dramatique. Faute d'un programme de santé bucco-dentaire,
particulièrement d'une éducation sanitaire appropriée longtemps
revendiquée par le précédent Comité national de santé bucco-dentaire
dirigé par le Pr Chouiter, la population est restée livrée
à elle-même ignorant tout des mécanismes de la maladie et
de sa prévention. Un projet de programme de santé bucco-dentaire
a été proposé à cet effet, ciblant particulièrement les enfants
dès leur première année de scolarisation suggérant même de
rendre la consultation chez le dentiste un préalable à l'inscription
scolaire comme l'est la vaccination. Une mesure à la hauteur
de la gravité de cette affection et de ces conséquences sur
la santé publique.
Boualem Tchicha
* Page réalisée avec l'aimable collaboration du Pr M. E.
Chouiter, professeur de chirurgie dentaire Boualem Tchicha
Lire l'article original :
http://www.lematin-dz.net/quotidien/lire.php?ida=16179&idc=48&imageField_x=9&imageField_y=13
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