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MALADIES SEXUELLEMENTS TRANSMISSIBLES / Une ampleur inquiétante - El Watan - Algérie - 16/04/02

On enregistre un peu plus de 300 000 décès par an dans le monde à cause du HPV (Human Papilloma Virus), une maladie qui se déclare notamment dans les pays sous-développés, car 87 % des cas y sont décelés. En Algérie, il n’existe point des statistiques réelles qui sont en mesure de dévoiler l’ampleur du HPV.

Le cancer du col est une sorte de maladie sexuellement transmissible. Un petit groupe de médecins algériens qui exercent au niveau des hôpitaux du centre du pays s’est penché sur cette maladie et suit son évolution. C’est un cancer paradoxalement dépistable, accessible à la vue, à l’examen et au prélèvement. Le HPV participe directement à la formation des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus. C’est une maladie qui émerge, car les patientes se fichent allègrement de leur état de santé. Le Dr Boudriche affirme que la fréquence du HPV durant les deux dernières décennies a connu une ascension fulgurante, d’autant plus que cette maladie évolue avec le temps.

Le HPV, selon notre interlocuteur, médecin spécialiste et enseignant, n’est pas une MST uniquement, mais la maladie peut être contractée au niveau des bains maures, dans les baignoires des hôtels, lors des échanges de sous-vêtements, dans les services de gynécologie. Le cancer du col demeure un problème de santé publique. Dès le dépistage, le traitement des lésions cancéreuses du col est guérissable à 100 %, selon le Dr Boudriche. Bien entendu, le dépistage individuel ne résout point le problème.

Notre interlocuteur cite les exemples des pays qui ont opté pour le dépistage de masse, qui sont arrivés à ramener le cancer du col à sa plus simple expression. Il s’agit du Canada, de la Finlande, de la Suède et de la Grande-Bretagne. Ce n’est pas le cas de la France qui a opté pour une autre forme de dépistage. Dans ce pays, on enregistre 2000 décès par an et le dépistage ne concerne que 40 % de la population. Un dépistage de masse prévoit un frottis tous les deux ans. Il permet de dévoiler les premiers symptômes du HPV. La femme devient partiellement exposée à cette maladie à partir du premier rapport sexuel. Le HPV est dix fois plus petit que le virus du sida. Le partenaire est un sujet porteur. Par conséquent, il doit avoir une consultation pour prendre des mesures si le diagnostic est positif. Une personne atteinte du HPV ne doit rien craindre si la maladie est dépistée au départ.

Beaucoup de femmes algériennes ignorent les premiers symptômes du HPV et évitent de se rendre chez le médecin. Une campagne nationale pour le dépistage en masse s’impose en Algérie. Les pouvoirs publics et les ONG doivent s’y mettre, selon nos interlocuteurs. La Société algérienne de gynécologie compte organiser, en fonction de ses moyens financiers, des journées de sensibilisation sur le HPV à travers les différentes régions du pays. C’est un cancer qui tue, en raison de l’absence de dépistage et les moyens qui font défaut ; pourtant l’Algérie est suffisamment pourvue de pathologistes et de gynécologues. Le HPV se développe insidieusement et le silence observé autour de cette maladie contribue à la souffrance de ces Algériennes mal informées sur les conséquences tragiques du cancer du col. Par M’hamed H.

Lire l'article original : www.elwatan.com/journal/html/2002/04/16/sup_html.htm

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