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DEUXIEMES RENCONTRES PHARMACEUTIQUES INTERNATIONALES / Malaise dans la pharmacie - El Watan - Algérie - 17/04/02

Organisées par le conseil régional de l’ordre des pharmaciens d’Alger sous l’égide du Conseil national, ces rencontres se sont articulées autour du jumelage entre le conseil régional des pharmaciens d’Alger et celui de Paris.

Ce jumelage a été suivi par le jumelage entre le Conseil national algérien et celui de Guinée, l’accord de principe pour le jumelage entre la région PACA (Marseille) et la région de Blida semble, par ailleurs, acquis. Ces jumelages sont intéressants à plus d’un titre pour ce qu’ils apportent aux deux parties par l’organisation de séminaires, de rencontres et d’échanges de documentation. Le volet formation des pharmaciens et leur recyclage sera pris en compte dans les accords.

En présence du vide-président du Conseil de l’ordre des pharmaciens de France, M. Lerage, et d’éminents spécialistes, ce sont plus de 1000 participants qui ont assisté à ces deux journée s’organisées de façon très rationnelle par l’équipe d’Alger autour du Dr Benbahmed. Tous les problèmes qui gravitent autour du monde de la pharmacie ont été soulevés à cette occasion et les pharmaciens ont affiché leur volonté d’être des acteurs à part entière du monde de la santé et un pivot central des soins dispensés aux malades.

Ainsi, le tarif de référence (tarif de remboursement par la sécurité sociale) a été abordé lors d’un atelier de réflexion ainsi que le rôle joué par le comité de transparence, composé de représentants des ministères de la Santé et de la population, du travail et de la protection sociale et celui du commerce. Ce comité qui ne fait pas appel aux acteurs concernés tels le Conseil national de l’ordre des pharmaciens, l’UNOR, le Snapo et le SAIR (pharmaciens industriels) fixe de façon unilatérale ce tarif de référence. Mais les réalités du terrain (officines) sont tout autres. Le prix public, phase de transition non prise en charge où les produits en stock ne portent pas l’étiquette tarif de référence, pose en effet problème.

L’autre abcès de fixation aura été la marge bénéficiaire du pharmacien. Il semblerait que beaucoup d’officines se soient retrouvées déficitaires, vu le prix élevé de beaucoup de médicaments, un pouvoir d’achat du malade très faible, une marge bénéficiaire trop réduite, des charges sociales et fiscales et un marché du médicament dérégulé. Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) a proposé un éventail de marges allant de 50 % pour les médicaments coûtant jusqu’à 300 DA, de 40 % pour une fourchette de prix allant de 300 DA à 600 DA et 30 % pour un prix du médicament supérieur à 600 DA. Cette proposition qui a semblé satisfaire beaucoup de nos apothicaires situerait leur marge bénéficiaire annuelle entre 35 % et 36 % au lieu de 25 actuellement. L’autre malaise est celui du médicament générique (médicament dont la formulation est tombée dans le domaine public) dont le prix varie du simple au double pour la même molécule.

Enfin, les problèmes que vivent actuellement les conseils de l’ordre régionaux qui sont chargés de l’application et du contrôle des principes des règles et des usages que le pharmacien doit observer dans l’exercice de sa profession. Ainsi, des pharmaciens activent encore illégalement du fait qu’ils ne sont pas inscrits à l’ordre des pharmaciens, les décisions prises par des inspections conjointes DSP (Direction de la santé), Conseil de l’ordre ne sont pas prises en compte et non exécutées par, les responsables locaux et enfin les officines pharmaceutiques de l’Endimed qui fonctionnent toujours sans pharmacien, 40 ans après l’indépendance.

Après ces journées nous avons noté le profond malaise régnant dans le monde pharmaceutique, malade de ses contradictions et de son incohérence et pourtant au centre d’énormes enjeux financiers. Les pharmaciens sont, en tout état de cause, décidés à redorer le blason de leur profession et surtout à se débarrasser d’une étiquette qu’on veut bien leur coller en réinvestissant cet «espace de santé» où ils prodiguent leurs précieux «conseils». C. P.

Lire l'article original : www.elwatan.com/journal/html/2002/04/17/sup_html.htm

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