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Les
professionnels de santé s'apprêteront à fêter
le 1er mai, c'est l'occasion pour nous de leur souhaiter plein succès
dans l'exercice de leur fonction et de réitérer une fois
de plus nos appels en faveur de tous les professionnels de santé
dont le rôle n'échappe à personne.
La médecine au Maroc a connu des progrès remarquables, des
malades hier condamnés sont aujourd'hui réinsérés,
des vies sont prolongées et ce dans de meilleures conditions.
Les salles communes sont un souvenir, elles ont disparu dans pratiquement
tous les établissements hospitaliers où les plateaux techniques
ne cessent de se développer. Les centres hospitalo-universitaires
se modernisent et ils innovent, certains sont une image de référence
de notre modernité, ils font même la une des médias.
Au-delà de cette vitrine parfois trop éclairée, ce
sont aussi des situations et des gestes sans cesse répétés
24 heures sur 24 heures, 365 jours sur 365. Chaque jour, une communauté
humaine de plus de 30.000 agents dans la diversité de leurs professions
contribue à soigner, à soulager, à réconforter,
à héberger et aussi à accompagner le malade dans
sa confrontation à la souffrance aussi bien au niveau des dispensaires,
des centres de santé que dans les hôpitaux.
C'est l'infirmier et l'infirmière toujours affairés, mais
disponibles malgré l'accroissement de sa charge de travail car
force est de constater que le problème des ressources humaines
qualifiées est une réalité que nous ne pouvons, hélas,
pas occulter, la responsabilité incombe aujourd'hui à ceux
qui avaient décidé de fermer les écoles de formation.
Et puis, au delà des dispensaires, des centres de santé
et des services de soins et d'investigation, il y a ceux qui, en arrière
plan, font tourner la machine hospitalière : les services administratifs,
l'entretien, les cuisines, les blanchisseries.
Toutes ces catégories de personnel sont devenues de plus en plus
qualifiées et de plus en plus efficaces et il n'est pas déplacé
ici de dire qu'ils portent un intérêt profond à leur
travail.
Mais une grande majorité d'entre eux expriment une forte insatisfaction
quant aux conditions pour la réalisation de leur travail.
parfois le découragement les gagne, les efforts qu'ils déploient
ne leur semblent pas toujours reconnus. Or l'efficacité de nos
structures sanitaires aujourd'hui et demain passe aussi par la reconnaissance
et la motivation de ses personnels, c'est la responsabilité des
décideurs mais aussi de tous les professionnels qui doivent s'impliquer
afin de mieux valoriser leurs potentialités.
Mais pour que tout cela puisse évoluer positivement, il faut que
les relations sociales changent. Les orientations, les choix, les évolutions
doivent être débattus loin de la contrainte et de l'arbitraire.
Il est urgent d'instaurer une politique saine et démocratique au
niveau des différentes instances (comités scientifiques,
comités de gestion, commission médicale consultative). L'efficacité
à tous les niveaux passe par une plus grande responsabilisation
de tous les salariés et une plus grande reconnaissance du rôle
des organisations syndicales loin de toutes les formes partisanes ou de
clientélisme.
Il faut permettre aux professionnels de santé de s'exprimer librement
sur leur travail, son contenu, son organisation, la forme que pourra prendre
ce droit d'expression doit bien sûr être négociée
dans chaque établissement pour éviter tous les dérapages
possibles.
A l'occasion du 1er mais 2002, il est nécessaire de créer
des espaces pour une politique décentralisée, seule capable
de prendre en compte la diversité des situations au niveau de chaque
établissement pour voir sur place les conditions dans lesquelles
se déroulent l'évolution des carrières des professionnels
de santé, les problèmes liés à la formation
et formation continue, ceux en rapport avec l'égalité professionnelle
entre les femmes et les hommes.
Les institutions représentatives doivent être rénovées
et leurs avis doit refléter l'émanation des personnels.
S'agissant des revendications des professionnels de santé, il y
a lieu de rappeler la lenteur chronique qui caractérise tous les
dossiers. Cest notamment le cas pour le volet réservé aux
uvres sociales qui sont quasiment inexistantes au niveau de certaines
régions, les indemnités des gardes et des heures supplémentaires,
la promotion interne, les avancements, les primes et indemnités
de risques... Sans oublier le cahier revendicatif des enseignants, le
T.P.A... Les revendications sont nombreuses et il serait vain de vouloir
ici tout énumérer.
Cependant, nous remarquons et nous notons avec satisfaction que des progrès
ont été réalisés grâce au dialogue fructueux
entre décideurs et syndicats.
De toute évidence, les organisations syndicales interviennent dans
un domaine qui est le leur par vocation dévolu. Il est vrai qu'elles
ont leur mot à dire. Le 1er Mai 2002 est une occasion pour asseoir
sur des bases saines et légitimes les revendications des professionnels
de santé qui méritent notre reconnaissance pour le travail
qu'ils accomplissent dans des conditions parfois difficiles.
Les problèmes sont certes nombreux et sur le terrain, ils concernent
presque tous les domaines : répartition des potentialités
existantes, charge de travail, gardes, les heures supplémentaires,
les repas de garde, la formation continue...
Serier tous les problèmes est relativement aisé, en donner
un exposé exhaustif est par contre difficile et reste un volet
que les organisations syndicales affinent mieux.
Pour notre part, nous ne pouvons que souhaiter Bonne Fête à
toutes ces femmes à tous ces hommes qui se dépensent au
chevet des malades pour y maintenir la dimension humaine qu'aucune technologie
ne supplantera jamais.
par Abdelaziz Ouardighi
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l'article original : albayane.casanet.net.ma/albayane/Detail.asp?article_id=25071
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