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1er Mai 2002 : Sous le signe de la valorisation et de la motivation des professionnels de santé - Al Bayane - Maroc - 29/04/02

Les professionnels de santé s'apprêteront à fêter le 1er mai, c'est l'occasion pour nous de leur souhaiter plein succès dans l'exercice de leur fonction et de réitérer une fois de plus nos appels en faveur de tous les professionnels de santé dont le rôle n'échappe à personne.
La médecine au Maroc a connu des progrès remarquables, des malades hier condamnés sont aujourd'hui réinsérés, des vies sont prolongées et ce dans de meilleures conditions.
Les salles communes sont un souvenir, elles ont disparu dans pratiquement tous les établissements hospitaliers où les plateaux techniques ne cessent de se développer. Les centres hospitalo-universitaires se modernisent et ils innovent, certains sont une image de référence de notre modernité, ils font même la une des médias.
Au-delà de cette vitrine parfois trop éclairée, ce sont aussi des situations et des gestes sans cesse répétés 24 heures sur 24 heures, 365 jours sur 365. Chaque jour, une communauté humaine de plus de 30.000 agents dans la diversité de leurs professions contribue à soigner, à soulager, à réconforter, à héberger et aussi à accompagner le malade dans sa confrontation à la souffrance aussi bien au niveau des dispensaires, des centres de santé que dans les hôpitaux.
C'est l'infirmier et l'infirmière toujours affairés, mais disponibles malgré l'accroissement de sa charge de travail car force est de constater que le problème des ressources humaines qualifiées est une réalité que nous ne pouvons, hélas, pas occulter, la responsabilité incombe aujourd'hui à ceux qui avaient décidé de fermer les écoles de formation.
Et puis, au delà des dispensaires, des centres de santé et des services de soins et d'investigation, il y a ceux qui, en arrière plan, font tourner la machine hospitalière : les services administratifs, l'entretien, les cuisines, les blanchisseries.
Toutes ces catégories de personnel sont devenues de plus en plus qualifiées et de plus en plus efficaces et il n'est pas déplacé ici de dire qu'ils portent un intérêt profond à leur travail.
Mais une grande majorité d'entre eux expriment une forte insatisfaction quant aux conditions pour la réalisation de leur travail.
parfois le découragement les gagne, les efforts qu'ils déploient ne leur semblent pas toujours reconnus. Or l'efficacité de nos structures sanitaires aujourd'hui et demain passe aussi par la reconnaissance et la motivation de ses personnels, c'est la responsabilité des décideurs mais aussi de tous les professionnels qui doivent s'impliquer afin de mieux valoriser leurs potentialités.
Mais pour que tout cela puisse évoluer positivement, il faut que les relations sociales changent. Les orientations, les choix, les évolutions doivent être débattus loin de la contrainte et de l'arbitraire. Il est urgent d'instaurer une politique saine et démocratique au niveau des différentes instances (comités scientifiques, comités de gestion, commission médicale consultative). L'efficacité à tous les niveaux passe par une plus grande responsabilisation de tous les salariés et une plus grande reconnaissance du rôle des organisations syndicales loin de toutes les formes partisanes ou de clientélisme.
Il faut permettre aux professionnels de santé de s'exprimer librement sur leur travail, son contenu, son organisation, la forme que pourra prendre ce droit d'expression doit bien sûr être négociée dans chaque établissement pour éviter tous les dérapages possibles.
A l'occasion du 1er mais 2002, il est nécessaire de créer des espaces pour une politique décentralisée, seule capable de prendre en compte la diversité des situations au niveau de chaque établissement pour voir sur place les conditions dans lesquelles se déroulent l'évolution des carrières des professionnels de santé, les problèmes liés à la formation et formation continue, ceux en rapport avec l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Les institutions représentatives doivent être rénovées et leurs avis doit refléter l'émanation des personnels.
S'agissant des revendications des professionnels de santé, il y a lieu de rappeler la lenteur chronique qui caractérise tous les dossiers. Cest notamment le cas pour le volet réservé aux œuvres sociales qui sont quasiment inexistantes au niveau de certaines régions, les indemnités des gardes et des heures supplémentaires, la promotion interne, les avancements, les primes et indemnités de risques... Sans oublier le cahier revendicatif des enseignants, le T.P.A... Les revendications sont nombreuses et il serait vain de vouloir ici tout énumérer.
Cependant, nous remarquons et nous notons avec satisfaction que des progrès ont été réalisés grâce au dialogue fructueux entre décideurs et syndicats.
De toute évidence, les organisations syndicales interviennent dans un domaine qui est le leur par vocation dévolu. Il est vrai qu'elles ont leur mot à dire. Le 1er Mai 2002 est une occasion pour asseoir sur des bases saines et légitimes les revendications des professionnels de santé qui méritent notre reconnaissance pour le travail qu'ils accomplissent dans des conditions parfois difficiles.
Les problèmes sont certes nombreux et sur le terrain, ils concernent presque tous les domaines : répartition des potentialités existantes, charge de travail, gardes, les heures supplémentaires, les repas de garde, la formation continue...
Serier tous les problèmes est relativement aisé, en donner un exposé exhaustif est par contre difficile et reste un volet que les organisations syndicales affinent mieux.
Pour notre part, nous ne pouvons que souhaiter Bonne Fête à toutes ces femmes à tous ces hommes qui se dépensent au chevet des malades pour y maintenir la dimension humaine qu'aucune technologie ne supplantera jamais.
par Abdelaziz Ouardighi

Lire l'article original : albayane.casanet.net.ma/albayane/Detail.asp?article_id=25071

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