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MALADIES NON TRANSMISSIBLES EN ALGERIE / Des statistiques qui font peur - El Watan - Algérie - 11/04/02

La Journée mondiale de la santé a été placée cette année sous le slogan «Pour votre santé, bougez». Il a été choisi dans le cadre de la lutte contre les maladies non transmissibles que compte mener cette année l’OMS à travers tous les pays du monde.

C’est la sédentarité qui est la source principale des maladies cardiovasculaires, du diabète et de l’obésité. Elle augmente, en outre, les risques d’hypertension, de dépression et d’angoisse. L’OMS estime que la sédentarité est à l’origine de plus de 2 millions de décès. Les maladies non transmissibles résultent progressivement du régime alimentaire et du mode de vie. L’organisation estime que d’autres facteurs sont à l’origine de ce genre de maladies. La pauvreté, la violence, les rapides mutations socioéconomiques, le manque d’instruction, l’insuffisance des services de santé et l’absence d’orientations politiques claires contribuent à faire augmenter les cas de cancers, de diabète ou de maladies cardiovasculaires ainsi que ceux du sida et du paludisme. En plus du comportement individuel, l’inactivité physique est le résultat de plusieurs autres contraintes comme le surpeuplement, la criminalité, la circulation, la mauvaise qualité de l’air, l’absence de parcs, d’infrastructures sportives et de loisirs.

Selon la lettre de l’OMS pour cette année, l’activité physique offre directement ou indirectement bon nombre d’avantages sur le plan de la santé. Elle permettrait d’enrayer la violence chez les jeunes, de promouvoir un mode de vie sans tabac et d’éviter les autres comportements à risque tels que les rapports sexuels non protégés ou la consommation de drogues. Elle contribue également à atténuer le sentiment d’isolement et de solitude chez les personnes âgées et développer l’agilité physique et mentale. Les décideurs doivent miser sur la prévention dont les résultats ne sont pas immédiatement visibles. Cependant, cette prévention constitue rarement une priorité pour les gouvernements. Le premier constat à faire sur la situation de ces maladies dites non transmissibles est relatif à l’insuffisance de structures et de personnels pour leur prise en charge.

Pour la santé mentale par exemple, seulement 20 wilayas sont pourvues de services spécialisés en psychiatrie. Le nombre de 140 000 handicapés mentaux que comptait le pays en 1998 semble être en nette progression au vu de la situation de violence et d’anxiété qui s’installe. La dépression nerveuse représente, à elle seule, plus de 50 % des consultations en psychiatrie. La situation géographique de l’Algérie ne l’a pas gâtée en matière de consommation de drogues illicites. Cela sans oublier l’effet de la crise sociale et économique, l’insécurité, le chômage et bien d’autres facteurs. Les statistiques judiciaires et de la sûreté nationale montrent une augmentation des quantités de drogues saisies à travers le territoire national. L’asthme et les bronchites chroniques sont deux pathologies qui, associées au cancer bronchique, supplantent le plus souvent la tuberculose dans les services de pneumo-phtisiologie. Les maladies cardiovasculaires sont des pathologies qui constituent la première cause de mortalité hospitalière.

Selon les statistiques, 25 % des décès ont pour cause les maladies cardiovasulaires. L’hypertension artérielle (HTA) occupe la première place parmi les maladies chroniques. La recrudescence des maladies tel l’infarctus du myocarde est due principalement aux changements négatifs du mode de vie notamment la sédentarisation, l’urbanisation et le tabagisme. En ce qui concerne l’insuffisance nutritionnelle, les anémies touchent 3 % des hommes et 20 % des femmes alors que la carence la plus fréquente est celle en fer. Le diabète occupe la quatrième place parmi les maladies chroniques. C’est incontestablement l’un des problèmes majeurs de la santé publique. La prévalence du diabète de type insulinodépendance (DID) pour les enfants et de celui dit de type non insulinodépendance (DNID) pour les adultes avoisine les 7 %. L’augmentation constante de l’incidence des cancers est très inquiétante. Chez l’homme, ce sont les localisations pulmonaires et digestives qui sont les plus fréquentes alors que chez les femmes, ce sont surtout les seins et l’utérus. Ils sont plus de 30 000 cas de cancers à prendre en charge annuellement. Des raisons comme le vieillissement qui poussent les spécialistes à prédire une augmentation rapide et inquiétante de cette pathologie dans les années à venir.

L’insuffisance, voire l’absence des soins palliatifs rendent encore plus pénible la détresse des malades ainsi que celle de leur entourage. L’insuffisance rénale chronique est en nette progression, elle aussi. Plus de 4000 malades sont traités dans près de 70 centres à travers le territoire national. En attendant la greffe rénale, présente seulement en nombre très réduit à Alger et Constantine, la liste d’attente des malades s’allonge tous les jours. Ce constat est très inquiétant mais cette journée sera-t-elle alors un déclic pour une meilleure prise en charge ? Avec la privatisation du secteur sanitaire qui pointe, l’amélioration de la santé des Algériens est placée désormais sous le signe de l’incertitude. Par H. I. M.

Lire l'article original : www.elwatan.com/journal/html/2002/04/11/sup_html.htm

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