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Santé Tropicale

Conférence sur les dernières actualités thérapeutiques : des traitements ciblés contre le cancer du sein - Le Matin - Maroc - 03/06/2005
Suite au congrès mondial de cancérologie ASCO (American society of clinical oncology) qui s'est tenu dernièrement aux Etats Unis, le Dr Mounir Bachouchi, cancérologue du Centre d'Oncologie «Al Azhar» a donné une conférence de presse à Casablanca pour présenter aux médias les dernières actualités thérapeutiques dans le traitement du cancer du sein et notamment les résultats de l'étude HERA qui promet d'énormes espoirs pour les femmes atteintes des formes les plus graves (métastases détectées et test HER 2 positif.).

A ce propos, ce spécialiste a expliqué que «Aujourd'hui, on peut espérer tant que les progrès et les succès se multiplient : nouveaux médicaments, nouveaux traitements, dépistage plus précoce et personnalisation de la prise en charge, sur tous les fronts, les médecins attaquent et la maladie recule !». Il n'y a pas un seul cancer du sein, mais des cancers du sein. Chaque tumeur présente des caractéristiques particulières qui la rendent plus ou moins dangereuse. Si certaines formes de cette maladie peuvent être traitées avec succès, d'autres sont plus difficiles à combattre.
C'est le cas, lorsque les cellules de la tumeur ont à leur surface de trop nombreuses protéines que les médecins appellent HER2. Cette forme de cancer est particulièrement agressive et touche environ 20 à 30% des femmes souffrant d'un cancer. Le Dr Bachouchi a expliqué que ces protéines qui sont placées à la surface de la cellule agissent comme des interrupteurs. Dans une cellule normale, ces «clés» influent sur la façon dont les cellules poussent, se divisent et se réparent, contribuant à un bon équilibre général.

A l'inverse, dans certaines cellules tumorales, ces «interrupteurs» sont plus nombreux et jouent un rôle important sur le pronostic et le traitement de la maladie. En effet, lorsque les protéines HER2 s'emballent, l'agressivité de la cellule tumorale devient plus importante, les rechutes de la maladie sont plus rapides et la survenue de métastases est plus fréquente.
De plus la tumeur fera de la résistance aux traitements classiques. Bonne nouvelle, ces cancers bien particuliers peuvent bénéficier, aujourd'hui, d'un traitement ciblé : le trastuzumab.
Ce nouveau traitement associé à une chimiothérapie classique donne d'excellents résultats en terme de survie chez les malades souffrant de cancers de sein métastatique. Le Dr Bachouchi a précisé que l' HERA est des plus grandes études randomisées de phase III sur le cancer de sein jamais effectuées à l'échelle mondiale a évalué le recours à une chimiothérapie systémique adjuvante standard et à une radiothérapie suivies ou non par l'administration pendant 12 à 24 mois, chez des femmes atteintes de cancer du sein HER2-positif au stade précoce.

Cette étude a montré que ce traitement a permis de réduire de 46% le risque de récidive à un stade précoce et de prolonger la vie des femmes souffrant de cette forme particulièrement agressive de la maladie. Une grande avancée thérapeutique qui marque un tournant dans l'usage de thérapies ciblées pour mettre fin à la souffrance et à la mortalité provoquées par le cancer.

Il faut rappeler que les femmes atteintes d'un cancer du sein bénéficient aujourd'hui de traitements adaptés à leur pathologie. Ainsi cinq techniques sont principalement utilisées : la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l'hormonothérapie et récemment l'immunothérapie qui est une méthode innovatrice ciblée pour le traitement des cancers du sein avancés. Aujourd'hui, les cancers ne constituent plus une fatalité l'important est de les déceler le plus tôt possible.
C'est pourquoi les spécialistes insistent sur la prévention et le dépistage précoce. Ce sont des termes à la mode en matière de santé en général, et du cancer en particulier. De nombreux cancers peuvent, en effet, être dépistés aujourd'hui, ce qui explique que la moitié d'entre eux ont une survie à 5 ans qui avoisine les 100%. Donc, il faut tenter de détecter le plus tôt possible une tumeur afin de simplifier le traitement et de minimiser les risques de récidive et de dissémination.
Pour cela un examen simple et facile, l'autopalpation en l'occurrence peut être salvateur. En raison de sa situation anatomique, le sein est facile à palper. Une anomalie est rapidement décelée si la femme a pris l'habitude de s'examiner les seins régulièrement.

L'auto-palpation doit être répétée chaque mois avant la ménopause : une semaine après le début des règles (les seins sont alors décongestionnés) ou le jour de la reprise de la pilule. Après la ménopause : un jour fixe de chaque mois. En général, le cancer du sein se manifeste par une petite boule que l'on peut découvrir à partir de 1 cm de diamètre environ, par un écoulement du mamelon en dehors d'un accouchement récent, une rétraction du mamelon ou des ganglions sous l'aisselle, anormalement développés.
Devant ces signes d'appel, le premier examen qui s'impose est la mammographie. C'est en réalité une radiographie qui permet de visualiser la glande mammaire et d'éventuelles lésions dont elle serait le siège. Cet examen de choix a également l'avantage de détecter chez une femme qui n'a aucun symptôme, une tumeur maligne très petite qui ne peut pas être découverte

Premier cancer de la femme
Au Maroc, le cancer du sein occupe la première place de tous les cancers de la femme, a affirmé, jeudi soir à Casablanca, le Dr Mounir Bachouchi, cancérologue du Centre d'Oncologie "Al Azhar" de Rabat.
Ce type de cancer demeure la principale cause de mortalité de la femme âgée de 35 à 59 ans. Ce spécialiste a ajouté qu'une marocaine sur dix sera atteinte de cette forme de cancer au cours de sa vie et que seulement 3.000 cas sont diagnostiqués dont un tiers est soigné.

Souad Ghazi

Lire l'article original : http://www.lematin.ma/mailing/article.asp?an=&id=soc&ida=48470

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