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Santé Tropicale
A ce propos, ce spécialiste a expliqué que «Aujourd'hui,
on peut espérer tant que les progrès et les succès
se multiplient : nouveaux médicaments, nouveaux traitements, dépistage
plus précoce et personnalisation de la prise en charge, sur tous
les fronts, les médecins attaquent et la maladie recule !».
Il n'y a pas un seul cancer du sein, mais des cancers du sein. Chaque
tumeur présente des caractéristiques particulières
qui la rendent plus ou moins dangereuse. Si certaines formes de cette
maladie peuvent être traitées avec succès, d'autres
sont plus difficiles à combattre.
C'est le cas, lorsque les cellules de la tumeur ont à leur surface
de trop nombreuses protéines que les médecins appellent
HER2. Cette forme de cancer est particulièrement agressive et touche
environ 20 à 30% des femmes souffrant d'un cancer. Le Dr Bachouchi
a expliqué que ces protéines qui sont placées à
la surface de la cellule agissent comme des interrupteurs. Dans une cellule
normale, ces «clés» influent sur la façon dont
les cellules poussent, se divisent et se réparent, contribuant
à un bon équilibre général.
A l'inverse, dans certaines cellules tumorales, ces «interrupteurs»
sont plus nombreux et jouent un rôle important sur le pronostic
et le traitement de la maladie. En effet, lorsque les protéines
HER2 s'emballent, l'agressivité de la cellule tumorale devient
plus importante, les rechutes de la maladie sont plus rapides et la survenue
de métastases est plus fréquente.
De plus la tumeur fera de la résistance aux traitements classiques.
Bonne nouvelle, ces cancers bien particuliers peuvent bénéficier,
aujourd'hui, d'un traitement ciblé : le trastuzumab.
Ce nouveau traitement associé à une chimiothérapie
classique donne d'excellents résultats en terme de survie chez
les malades souffrant de cancers de sein métastatique. Le Dr Bachouchi
a précisé que l' HERA est des plus grandes études
randomisées de phase III sur le cancer de sein jamais effectuées
à l'échelle mondiale a évalué le recours à
une chimiothérapie systémique adjuvante standard et à
une radiothérapie suivies ou non par l'administration pendant 12
à 24 mois, chez des femmes atteintes de cancer du sein HER2-positif
au stade précoce.
Cette étude a montré que ce traitement a permis de réduire de 46% le risque de récidive à un stade précoce et de prolonger la vie des femmes souffrant de cette forme particulièrement agressive de la maladie. Une grande avancée thérapeutique qui marque un tournant dans l'usage de thérapies ciblées pour mettre fin à la souffrance et à la mortalité provoquées par le cancer.
Il faut rappeler que les femmes atteintes d'un cancer du sein bénéficient
aujourd'hui de traitements adaptés à leur pathologie. Ainsi
cinq techniques sont principalement utilisées : la chirurgie, la
radiothérapie, la chimiothérapie, l'hormonothérapie
et récemment l'immunothérapie qui est une méthode
innovatrice ciblée pour le traitement des cancers du sein avancés.
Aujourd'hui, les cancers ne constituent plus une fatalité l'important
est de les déceler le plus tôt possible.
C'est pourquoi les spécialistes insistent sur la prévention
et le dépistage précoce. Ce sont des termes à la
mode en matière de santé en général, et du
cancer en particulier. De nombreux cancers peuvent, en effet, être
dépistés aujourd'hui, ce qui explique que la moitié
d'entre eux ont une survie à 5 ans qui avoisine les 100%. Donc,
il faut tenter de détecter le plus tôt possible une tumeur
afin de simplifier le traitement et de minimiser les risques de récidive
et de dissémination.
Pour cela un examen simple et facile, l'autopalpation en l'occurrence
peut être salvateur. En raison de sa situation anatomique, le sein
est facile à palper. Une anomalie est rapidement décelée
si la femme a pris l'habitude de s'examiner les seins régulièrement.
L'auto-palpation doit être répétée chaque
mois avant la ménopause : une semaine après le début
des règles (les seins sont alors décongestionnés)
ou le jour de la reprise de la pilule. Après la ménopause
: un jour fixe de chaque mois. En général, le cancer du
sein se manifeste par une petite boule que l'on peut découvrir
à partir de 1 cm de diamètre environ, par un écoulement
du mamelon en dehors d'un accouchement récent, une rétraction
du mamelon ou des ganglions sous l'aisselle, anormalement développés.
Devant ces signes d'appel, le premier examen qui s'impose est la mammographie.
C'est en réalité une radiographie qui permet de visualiser
la glande mammaire et d'éventuelles lésions dont elle serait
le siège. Cet examen de choix a également l'avantage de
détecter chez une femme qui n'a aucun symptôme, une tumeur
maligne très petite qui ne peut pas être découverte
Premier cancer de la femme
Au Maroc, le cancer du sein occupe la première place de tous les
cancers de la femme, a affirmé, jeudi soir à Casablanca,
le Dr Mounir Bachouchi, cancérologue du Centre d'Oncologie "Al
Azhar" de Rabat.
Ce type de cancer demeure la principale cause de mortalité de la
femme âgée de 35 à 59 ans. Ce spécialiste a
ajouté qu'une marocaine sur dix sera atteinte de cette forme de
cancer au cours de sa vie et que seulement 3.000 cas sont diagnostiqués
dont un tiers est soigné.
Souad Ghazi
Lire l'article original : http://www.lematin.ma/mailing/article.asp?an=&id=soc&ida=48470
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