|
Il y aurait en France quelques 2000 médecins algérien.
Si quelque uns ont fait tous leurs cursus en France (médecine
générale et spécialité) la plupart d'entre eux ne sont partis
à l'étranger qu'après la fin des étude de médecine générale
en Algérie soit parce qu'ils n'ont pas pu s'inscrire au résidanat
dans la spécialité de leur choix soit pour effectuer une spécialité
non enseignée en Algérie soit enfin pour des raisons personnelles.
Il y a également beaucoup de médecins spécialistes qui ont
quittés le pays après l'obtention du diplôme de spécialiste
(DEMS) dans des spécialités particulièrement demandés en France
(anesthésie-réanimation, psychiatrie, chirurgie etc.).
Ces derniers bien sur ne posent aucun problème d'équivalence
en Algérie mais c'est plutôt en France (ou dans tout autre
pays) que ce problème se posent pour eux.
Outre ces trois cas de figure, il en existe au moins deux
autres :
- cas de médecins algériens ayant effectués des études de
spécialités dans d'autres pays que la France (Europe de
l'ouest, Europe de l'est, Afrique, Moyen-Orient).
- cas de médecins étrangers souhaitant exercer la médecine
générale ou une spécialité médico-chirurgicale en Algérie.
(Ce cas de figure s'est posé à la commission nationale d'équivalence
installée précédemment).
Si la science est universelle et donc peut être acquise partout
dans le monde, le cursus des études dans tous les domaines
de la connaissance varie d'un pays à l'autre selon des critères
pédagogiques, les besoins et le niveau de développement du
pays considéré.
Ainsi la durée des études peut différer d'un pays à l'autre
de 1 à 2 ans pour ce qui est des spécialités médicales.
Selon le profil épidémiologique, certaines spécialités sont
d'avantage développés que d'autres etc.
Pour garantir la qualité de la formation et pour assurer une
sécurité dans la prise en charge des populations, chaque pays
dispose d'une commission d'équivalence chargée de traiter
les cas des médecins désirant venir exercer à titre individuel
dans le pays d'accueil.
Les missions médicales venant exercer pour une période donnée
ne rentrent pas dans ce cas.
|
En Algérie depuis l'indépendance, dans le cadre des relations
d'état à état, plusieurs missions médicales étrangères (Inde,
Chine, Cuba, France, etc.) sont venues exercer dans notre
pays.
De même des missions médicales algériennes ont séjourné dans
d'autre pays (Libye, Mauritanie, Niger, Mali, etc.).
Sans rentrer dans la polémique de l'égalité DIS = DEMS, ce
qui est absolument faux dans plusieurs spécialités, la commission
d'équivalence (comme l'a souligné le ministre) doit être souveraine
et libre de prendre toute les décisions qu'elle jugera utiles
sur la base de l'analyse technique de chaque dossier de candidat.
A charge pour la tutelle de prévoir un recours au cas où le
candidat n'est pas satisfait de la décision.
Parmi les dossiers traités par la commission nationale d'équivalence
en mars 2002 figure le cas :
- de médecines algériens ayant fait des études de spécialités
dans des pays africains ou d'Europe qui ne reconnaissent
pas le diplôme algérien.
- de médecins algériens ayant fait une spécialité n'existant
pas en Algérie (cas de la chirurgie plastique et réparatrice
ou de la chirurgie thoracique mais sans avoir fait le cursus
de chirurgie générale ce qui est obligatoire)
- de médecins algériens ayant séjourné dans différents services
chirurgicaux mais n'ayant fait que de la cœliochirurgie
par exemple.
Ce dernier cas assez caricatural existe vraiment puisque
dans une région du pays un médecin spécialiste a obtenu
l'autorisation d'exercer uniquement la cœliochirurgie !?!
- de médecins étrangers (non francophones) ayant fait leurs
études dans leur pays d'origine et désirant exercer en Algérie.
Comme on peut le voir, les situations sont très différentes
d'un cas à l'autre, et pour les spécialités où existe un savoir
faire (spécialités chirurgicales, radiologie et endoscopie
interventionelles), il est du devoir des experts de la commission
d'évaluer ce savoir faire pour chaque candidat avant de l'autoriser
à exercer.
Professeur Larbi ABID le 8 février 2003
abid@santemaghreb.com
|