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Une des évidences de la pensée aujourd'hui est
que les fondements de la civilisation actuelle reposent sur ce que
l'intelligence des générations antérieures a réalisé et qui, par
un effet cumulatif, a produit le progrès. Il est apparu que l'évaluation
des divers aspects de la civilisation moderne, de son degré d'avancement
et de son caractère judicieux implique nécessairement l'exploration
des bases sur lesquelles elle s'est construite. L'étude du processus
de développement des sciences, notamment dans le domaine médical,
révèle clairement que les plus simples des règles scientifiques
qui paraissent évidentes aujourd'hui, sont passées par de multitudes
étapes à travers l'histoire et que leur mise au point et leur amélioration
sont le fruit des apports cumulés de civilisations passées. En découvrant
celles-ci, on observe une remarquable continuité dans les découvertes
et les inventions, depuis les toutes premières civilisations dans
la Mésopotamie et la vallée du Nil, une civilisation débutant là
ou celle qui l'a précédée s'est achevée.
La médecine moderne comme toutes les sciences profanes,
est ainsi l'aboutissement d'un long processus d'observations et
de découvertes, de maturation des idées et d'expérimentations, de
questionnements et de certitudes. Chaque époque a vu certains peuples
contribuer à l'accumulation du savoir et à l'invention de nouveaux
moyens d'intervention sur la nature, élargissant ainsi le champ
des connaissances. Dans le domaine médical, le patrimoine de l'humanité
tel que nous le connaissons aujourd'hui s'est constitué au fil du
temps grâce à l'apport des civilisations successives qui se son
mutuellement enrichies. Les savants et médecins arabes ont apporté
une contribution dont le témoigne la somme considérable d'ouvrages
médicaux qu'ils ont légués mais dont malheureusement, un grand nombre
est perdu. Très peu de ceux qui nous sont parvenus sont connus aujourd'hui
du corps médical ou du public cultivé. Grâce aux prestigieux médecins
auxquels elle a donné naissance, l'Andalousie arabo-musulmane a
rayonné sur le monde durant des siècles.
La médecine arabe a commencé à se développer à
partir du 8ème siècle après J.C. dans la partie orientale du monde
arabo-musulman recouvrant l'Iraq, la Syrie, la Palestine, l'Égypte.
L'essor de la médecine arabe a été plus précoce et plus important
dans la partie orientale du monde arabo-musulman que dans sa partie
occidentale. Ceci tient probablement à l'importance de l'héritage
légué par la Mésopotamie, l'Egypte, l'Inde et la Grèce, héritage
dont les Arabes allaient se saisire pour le traduire, l'assimiler
puis l'enrichir de leur apport propre, avant de le transmettre à
leur tour. Sous le règne des Abbassides, à Baghdad, allait en effet
se développer un formidable mouvement de traduction en arabe d'œuvres
médicales étrangères, notamment grecques, ce qui devait mettre à
la disposition des savants et médecins arabes un précieux héritage
qu'ils se chargèrent de féconder.
Le Maghreb et l'Espagne musulmane participèrent,
mais avec un certain décalage chronologique, à cette avancée de
la médecine arabe : à partir du 10ème siècle après J.C., Ibn Al-Jazzâr
à Kairouan, Al Zahraoui et Ibn Rushd à Cordoue, Ibn Zuheir à Séville
vont apporter à la médecine dans le monde arabo-musulman la contribution
de son aile occidentale.
Transmis par le professeur Larbi Abid - le 5 juillet
2004
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