| par S. BENDALI AMOR
Le 14 décembre 1975 a disparu prématurément, à
l’âge de 33 ans, notre ami Djamel BENBELKACEM. Cette disparition
prématurée est venue interrompre une carrière pleine
de promesses.
Il effectue ses études primaires à Oued Zenati où
il est né, puis poursuit ses études secondaires à
Constantine et à Annaba. Une grave affection l’oblige à
préparer seul son probatoire avec succès.
Il se destine à la médecine et entre à la faculté
d’Alger en 1961. Dès 1963, il est admis au 1er concours d’externat
des hôpitaux d’Alger. Interne provisoire au concours de 1964,
il est définitivement admis au concours de 1966 et opte immédiatement
pour la chirurgie.
Dès lors, il redouble d’activité : il est moniteur
puis assistant au laboratoire d’anatomie normale, il anime une conférence
d’internat pendant 3 ans, participe à l’enseignement
de la pathologie chirurgicale et effectue avec un sérieux remarquable
ses stages dans les différentes spécialités chirurgicales.
Tout en conservant une attache particulière à la clinique
chirurgicale B, service de son maître le professeur MANSOURI qui
en 1969, lui inspire le sujet de sa thèse de doctorat en médecine
portant sur la place de la vagotomie dans les grandes sténoses
pyloriques atones d’origine ulcéreuse.
Assistant du 1er degré en 1970, il est admis brillamment à
son concours de maîtrise d’assistanat en chirurgie générale
dès l’année suivante.
Il complète alors sa formation déjà solide par un
stage très fructueux de deux années en tant que résident
étranger dans le service du professeur Jean Louis LORTAT JACOB.
Particulièrement apprécié pour son activité,
il travaille avec Maillard, Fauvert, Fékété et s’intéresse
plus spécialement à la chirurgie de l’œsophage,
de l’estomac et de l’hypertension portale.
Il regagne en 1973 la clinique chirurgicale B où très rapidement
il devient l’un des principaux membres de l’équipe
chirurgicale.
Au cours de ses différents stages aussi bien à Alger qu’à
Paris, Djamel Eddine BENBELKACEM a participé à l’élaboration
de nombreux travaux, portant essentiellement sur les différents
aspects de la chirurgie digestive.
Il a été en particulier co-rapporteur du travail sur les
cancers colorectaux au congrès médical maghrébin
de Rabat en 1974. BENBELKACEM ne s’est pas contenté uniquement
à consacrer ses efforts à apprendre avec le sérieux
et la modestie qu’on lui connaît son métier de chirurgien
et d’enseignant. En effet, il n’a pas ménagé
son temps aussi bien au sein du bureau de l’internat qu’au
sein de notre société, depuis deux ans, lorsqu’il
fut unanimement élu au poste de trésorier et lorsqu’il
dut assumer les problèmes financiers du congrès médical
maghrébin d’Alger. De plus bénéficiant de l’estime
et de la confiance de tous les enseignants, il a été élu
pour les représenter au conseil national de la recherche scientifique.
Il était un confrère estimé de tous. Sa compétence,
son sérieux, son honnêteté aussi bien intellectuelle
que morale, sa correction et surtout sa franchise et son courage constituaient
les qualités essentielles que l’on retrouve dans ses rapports
avec ses amis et ses confrères. Son activité professionnelle
ne l’empêche pas de mener une vie familiale sereine commencée
il y a 10 ans. Il était père de 3 enfants.
Aîné d’une famille de 4 enfants, il était celui
qui réglait tous les problèmes. Il était un guide
pour ses frères et sœurs dont 2 sont déjà médecins.
C’est dire que par ses qualités et ce qu’il représentait,
sa disparition a été une perte cruelle pour son épouse,
ses enfants et toute sa famille. Son maître a perdu un précieux
élève et collaborateur. Nous avons perdu un ami très
cher. L’Algérie a perdu un cadre en pleine maturité.
Au nom de la communauté chirurgicale, le bureau de la société
algérienne de chirurgie renouvelle à son épouse et
à ses parents ses condoléances les plus attristées
et toute se sympathie.
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