| Le professeur René Marcel de Ribet |
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1894-1967
par Larbi Abid d’après Jacques Farisse
René Marcel de Ribet est né le 21 mai 1894 à Arzew dans l’Oranie. Son grand-père Alfred Ribet, banquier et propriétaire du vignoble des Barsac du Sauternois à la Réole fit faillite lorsque le phylloxera attaqua son vignoble. Sa situation financière l’obligera à accepter une place de directeur du contentieux des chemins de fer d’Oranie. L’un de ses deux fils, Joseph né à la Réole qui termina ses études en médecine en 1866 à Paris, rejoindra son père à Oran où il prit un poste aux chemins de fer et en même temps ouvrit un cabinet médical à Arzew en 1889 puis à Mohammedia (ex .Perrégaux) où il exercera près de 40 ans. Il épousera Marie Antoinette Vauthier fille du médecin colonel commandant l’hôpital militaire Baudens. De cette union naîtra le 21 mai 1894 René Marcel. Après une enfance et une adolescence marquées par le divorce de ses parents, René Marcel est pensionnaire au Lycée d’Oran où il connut son condisciple Lebon futur professeur de gastro-entérologie et doyen de la faculté de médecine d’Alger reçu avec lui à l’Internat en 1919. Après la déclaration de guerre en 1914, René Marcel est mobilisé et passe 44 mois aux armées dont 10 mois à l’armée d’Orient. Il fut démobilisé en août 1919, cinq ans après son incorporation avec le grade de médecin Capitaine. Il reprit ses études de médecine et fut reçu à l’internat des hôpitaux d’Alger en 1919 en même temps que Lebon, Houel, Gruny et Montero. Il soutiendra sa thèse de médecine en 1923 sur le diaphragme fibreux périnéal et ses annexes, thèse initiée par son maître le professeur Ely Leblanc. Depuis cette date, les titres de ses publications en tératologie, anatomie et anthropologie témoignent de son orientation de plus en plus fondamentaliste. A partir de 1924, la publication des travaux du laboratoire, en fascicules annuels, initiée par le Pr. Leblanc et poursuivie par de Ribet, constitue le miroir des activités anatomiques de recherche d’Alger, dominées par les publications du Pr. Leblanc sur l’anatomie des berbères, les artères ostéo-articulaires et celles des extrémités des membres, les artères méningées, les variations de la crosse aortique etc…où on voit apparaître outre le nom de de Ribet, ceux de Goinard, Ezes, Curtillet Liaras, Seror et Lagrot. Un an avant son décès survenu en 1937, son père Joseph obtint du tribunal de Saint Gaudin le rétablissement du patronyme de Ribet que la famille avait perdu durant la révolution française, mais dès 1924, René Marcel avait ajouté la particule « de » à son nom au sommaire des fascicules du laboratoire d’anatomie. En 1931, le professeur de Ribet est atteint d’une tuberculose pulmonaire bilatérale qui bouleversera sa vie professionnelle et familiale. Il partira à Montreux en France où on lui appliquera des cures de repos, héliothérapie et une thoracoplastie de laquelle il gardera une épaule affaissée. Il reviendra à Alger en 1036 et passera encore une année de convalescence au sanatorium de l’hôtel de l’Olivage avant d’emménager à El Biar sur les hauteurs d’Alger. Le couple de Ribet ne résistera pas à cette épreuve de la maladie et le divorce intervint en 1937 avec séparation des 2 enfants l’aîné restant avec son père tandis que le cadet Pierre est confié à sa mère. En janvier 1939, il est nommé professeur sans chaire avant de succéder en octobre de la même année au professeur Leblanc, à la retraite de ce dernier dans la chaire d’anatomie. Cependant avec la 2eme guerre mondiale qui commençait, de Ribet Médecin Capitaine, rejoignit jusqu’en juillet 1940, l’Etat Major de la direction du service de santé du XIXème Corps d’Armée. Ely Leblanc, bien que retraité, assura l’intérim au laboratoire d’anatomie jusqu’à son retour en 1940. Durant la période 1940-1945, de Ribet dirigera le laboratoire en uniforme avec le grade de commandant en même temps qu’il avait la charge du pavillon 2ème blessé à l’hôpital Maillot de Bab El Oued. Au cours de cette période, il se remariera avec Andrée Gouin, cousine de sa première épouse, et avec l’aide de ses collaborateurs, produira soixante publications. Il prendra également en charge la mission d’enseignement, de formation et d’organisation des examens au niveau de la faculté de médecine de Sain Joseph des jésuites de Beyrouth au Liban vu que ce pays était un territoire sous mandat français et que la France était occupée dans sa totalité par l’armée allemande. De Ribet s’acquitta de cette tâche durant toute la période de la 2ème guerre mondiale et séduit par ce pays y retourna à plusieurs reprises jusqu’en 1957. De 1947 à 1962, le laboratoire d’anatomie sous la conduite de de Ribet, prit son essor et toutes ses dimensions. L’anatomie descriptive et topographique dans la publication, la recherche, l’application pratique et l’enseignement, acquirent le niveau qui devait être le leur. L’application chirurgicale et la radio-anatomie étaient la règle, postulat suivant lequel le chirurgicat passait obligatoirement par l’internat et le prosectorat. Après son départ en France, il est nommé professeur titulaire d’anatomie à la faculté de médecine de Montpellier au 1er octobre 1962 où il succède au professeur Laux. Le laboratoire d’anatomie de la faculté de médecine d’Alger sera dirigé par le Pr. Yves Pheline jusqu’en 1967 avant d’échoir au premier agrégé d’origine musulmane, le Pr. Slimane Chitour. De Ribet décède le 19 Février 1967 à l’âge de 73 ans, à Montpellier où des obsèques solennelles lui sont rendues par la faculté de médecine et l’université de Montpellier, témoignage de la révérence, l’estime, l’amitié et la considération des étudiants et professeurs de cette faculté. A l’issue de la cérémonie religieuse un hommage lui est rendu dans la cour d’honneur de la faculté de médecine par deux de ses anciens élèves, le professeur Henri Liaras, agrégé de chirurgie de la faculté d’Alger puis professeur à la faculté de médecine de Lyon, et le professeur Bourgeon, également agrégé de chirurgie d’Alger puis doyen de la faculté de médecine de Nice. Parmi les ouvrages d’enseignement qu’il rédigea, on peut citer :
Quarante ans après son départ d’Algérie, en 2002, à l’occasion des journées scientifiques du CHU Bab El Oued (ex. hôpital Maillot), le professeur Slimane Chitour lui rendit hommage et rappela, au niveau de l’amphithéâtre Leblanc, à une assistance constituée d’anciens élèves de de Ribet venus de France et d’étudiants algériens ne l’ayant pas connu son œuvre magistrale et conclu son exposé par un proverbe kabyle : « Les lions ne meurent pas, ils disparaissent ». |