Professeur Ali Gherib

Par M. REGGABI

Professeur Ali GheribLorsque je fis mes premiers pas à l'université d'Alger en octobre 1966, ce fut à la Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie. Le premier cours auquel j'ai été appelé à assister fut celui de chimie organique : à cette époque, il était dispensé en même temps aux étudiants de 1ère et de 2ème année de pharmacie. L'enseignant de cette matière, avait subjugué par son éloquence, ses connaissances, sa pédagogie, l'ensemble des nouveaux étudiants de 1ère et 2ème année, dès le premier cours. Cet enseignant qui préparait son concours d'agrégation arrivait à l'amphithéâtre, les mains dans les poches, sans documents, sans livres ni polycopiés. Son seul instrument : une boite de craie de couleur. Il semblait s'amuser et prendre beaucoup de plaisir à enseigner : au tableau, il jonglait avec les électrons, les arrivées et départs des anions et cations, nucléophiles ou électrophiles…

Après deux ou trois cours, son nom était connu par tous les étudiants : GHERIB Ali. Celui-ci, né le 13 mars 1935 à Guelma, avait commencé par obtenir sa licence en sciences dès juin 1964, parallèlement à son diplôme d'état en pharmacie à l'Université d'Alger. En même temps que ces brillantes études, il avait affûté ses armes d'enseignant comme chef de travaux de chimie dès octobre 1962, participant ainsi à la formation de l'ensemble des promotions de pharmaciens de la Faculté de Médecine d'Alger formées depuis l'accès de notre pays à l'indépendance jusqu'au jour de son décès, sur son lieu même de travail, dans son bureau du CHU Alger-Centre.

En 1967, le professeur GHERIB passe avec tout le brio étalé face à ses étudiants sur les tableaux de "Amphithéâtre C" et du "Grand Amphithéâtre de Médecine" (qui porte son nom aujourd'hui) le concours d'agrégation en chimie organique. Il est, immédiatement après, nommé pharmacien-chef de service au CHU Mustapha, ce qui lui permet, dès le 1er novembre 1967, d'accéder au grade de maître de conférence agrégé, puis de professeur stagiaire à partir de novembre 1970 pour être titularisé en novembre 1971.

Depuis cette date, notre maître, devenu au milieu de la décennie 80 notre ami, a constitué le pilier incontournable de la famille pharmaceutique algérienne. Ses qualités de pédagogue, ses conseils étaient recherchés par l'ensemble des décideurs aussi bien de la santé, que ceux de l'enseignement supérieur. Pour la corporation pharmaceutique, il a été pendant de longues années la cheville ouvrière de la société algérienne de pharmacie, qu'il aimait tant et qu'il souhaitait transformer en "Maison du Pharmacien".
Au sein de la Fédération des Pharmaciens du Maghreb Arabe (FPMA), il avait une audience que nul ne peut remettre en cause. Au bureau permanent de cette FPMA, il a contribué longtemps à souder les liens d'amitié entre les pharmaciens des trois pays du Maghreb. Il a démontré ses qualités de bâtisseur et d'organisateur lors des différents congrès pharmaceutiques maghrébins de la FPMA dont il fut le pilier jusqu'en 1986. Il rendit l'âme le 12 février 1991 au CHU Mustapha, puis son corps fut transféré à Constantine pour y être enterré au milieu des siens.

Adieu ami, adieu Ouahab, dans notre cœur et dans notre esprit, tu es et tu seras toujours présent.